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JOSEPH KESSEL, L’ARMEE DES OMBRES
I)Présentation de l’auteur
-10 février 1898 : il naît en Argentine à Clara ; il est le fils de Samuel Kessel, un médecin juif d’origine lituanienne ; il vit en Argentine ses toutes premières années
-de 1905 à 1908 : il réside à Orenbourg, dans l’Oural
-de 1909 à 1914 : il fait ses études au lycée Masséna à Nice et ensuite à Paris
-1914 : il est infirmier brancardier
-1915 : il obtient sa licence de lettres et est engagé au Journal des Débats au service de politique étrangère
-1916 : il est tenté par le théâtre, et fait quelques apparitions sur scène
-1916 : il s’engage dans l’artillerie et ensuite il s’engage dans l’aviation ; il va décrire cette expérience dans l’Equipage ; il a servi dans l’Escadrille S 39
-1918 : il commence à parcourir le monde ; à la fin de la guerre, il termine une mission en Sibérie ; il a été décoré de la Croix de guerre et de la médaille militaire
-1919 : il reprend sa collaboration avec le Journal des Débats ; il écrit aussi à La Liberté, au Figaro, et au Mercure de France ; il suit la guerre d’indépendance en Irlande et la naissance d’Israël
-1922 : la Steppe rouge : recueil de nouvelles sur la révolution bolchevique
-1923 : l’Equipage
-1928 : il fonde un hebdomadaire politique et littéraire : le Gringoire, dans lequel Romain Gary publie deux nouvelles ; il fera partie du jury du prix Gringoire, sous la présidence de Marcel Prévost, mais l’orientation à droite du journal, puis à l’extrême-droite feront fuir Gary
-1928 : Nuits de Princes
-1929 : Vent de sable, Belle de jour
-1930 : Fortune carrée
-1936 : La Passante du sans-souci
-1939-40 : il est correspondant de guerre ; il rejoint la résistance au sein du réseau Carte avec son neveu Maurice Druon ; il s’est engagé dans les Forces françaises libres
-mai 1943 : il compose les paroles du Chant des partisans avec M. Druon dans un pub de Coulsdon : « the White Swan » ; il publie l’Armée des ombres ; il finit la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui survole la France pour maintenir la liaison avec la résistance et lui donner des consignes
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-1945 : il reprend son activité de grand reporter, il voyage en Palestine
-1948 : il se pose à Haïfa car il avait obtenu un visa ; il voyage beaucoup en Afrique, en Birmanie et en Afghanistan
-1950 : la Tour du malheur : livre en 4 volumes ; il s’agit d’une fresque épique contenant de nombreux éléments autobiographiques ; il y décrit les tourments d’une époque, et présente des personnages excessifs ; il y analyse très finement les relations humaines
-1956 : Témoin parmi les hommes où il raconte son expérience de journaliste
-1958 : le lion
-1962 : il est élu à l’Académie française ; il fait orner sur son épée une étoile de David
-1967 : les Cavaliers, inspiré de son voyage en Afghanistan
-1979 : il meurt d’une rupture d’anévrisme
II)Résumé du livre
-le livre a été écrit à Londres en septembre 1943
-il est composé de 8 chapitres
*chapitre I-L’évasion
-le héros du livre s’appelle Philippe Gerbier, le livre commence par son arrestation ; il est présenté comme un membre actif de la résistance ; il a participé à l’installation d’une ligne de force ; il possède un éternel demi-sourire et parfois il se fige en un pli sévère quand il observe les gens avec qui il parle ; il était dans l’état-major d’un mouvement ; il a été arrêté à Toulouse sur dénonciation
-il passe peu de temps dans le camp de concentration, très rapidement, il organise son évasion
-il observe et discute avec les prisonniers
-il se lie avec Roger Legrain et lui propose de s’échapper avec lui, mais celui-ci s’occupe d’un autre prisonnier et il apprend qu’il est trop malade pour penser à sortir du camp
*chapitre II-L’exécution
-le chapitre raconte comment un traître a été exécuté : l’auteur ne cache pas cet aspect des choses ; il explique qu’il est nécessaire pour la survie du mouvement de tuer ceux qui trahissent la cause
-ici Paul Donnat est tué froidement par ses anciens compagnons ; on découvre son histoire, lui revoit la femme qu’il a aimée
*chapitre III-L’embarquement pour Gibraltar
-ce chapitre est consacré à Jean-François ; il est engagé comme nouvelle recrue ; d’emblée il présente de grandes aptitudes pour cette activité ; il sera un des personnages majeurs du roman ; il apprendra par la suite que son frère est très engagé à ses côtés, pourtant il ne l’aurait jamais imaginé
*chapitre IV-Ces gens-là sont merveilleux
-le frère de Jean-François livre dans ce chapitre tous les éléments qui font qu’il est partie prenante dans la résistance ; il parle de Mathilde, des résistants en général ; il raconte aussi l’histoire d’un jeune homme, qui malgré sa santé fragile, a participé activement à la résistance
*chapitre V-Notes de Philippe Gerbier
-les carnets du héros sont constitués autant des faits de résistance que de réflexions générales sur l’acte de résister en lui-même ; il s’interroge sur la nécessité de tuer, sur les conséquences qu’ont forcément des actions qui se révèlent violentes
*chapitre VI-Une veillée de l’âge hitlérien
-ce court chapitre présente l’histoire des six prisonniers qui attendent leur exécution ; ils échangent leurs souvenirs et racontent l’atrocité des autres prisons
*chapitre VII-Le champ de tir
-ce chapitre est particulièrement poignant parce que Philippe Gerbier après son arrestation attend son exécution et le lecteur croit assister à ses derniers moments ; le personnage réfléchit intensément à ce qu’il doit faire dans cette situation si difficile, il veut se comporter en héros, ne pas agir par peur et par lâcheté comme les autres ; il a peur de mourir, il finit par courir et cet instinct de survie va justement lui sauver la vie ; il s’aperçoit que derrière la butte se trouve une corde placée à son intention par ses amis ; cet épisode révèle encore une fois, l’inhumanité des allemands, ces hommes aux « yeux vides ».
*chapitre VIII-La fille de Mathilde
-c’est l’autre personnage important du livre, les carnets soulignent à quel point elle s’est investie dans la résistance ; on comprend à demi-mots qu’elle a eu une liaison avec Gerbier, ou tout au moins ce dernier lui est très attaché ; cet ultime chapitre commence par l’arrestation de Mathilde ; très vite on apprend le chantage que lui proposent les Allemands : soit elle parle, soit sa fille est envoyée dans une maison close ; bien sûr, elle va parler ; et ensuite l’organisation va la tuer, parce qu’elle l’a fait
III)Mon avis sur le livre
Ce roman est vraiment un monument et même s'il est surtout connu grâce au film de Melville, il faut l'avoir lu. L'auteur retrace sur une courte période la vie d'un résistant. On découvre Philippe Gerbier au début du roman. Il vient d'être arrêté suite à une dénonciation et il est conduit dans un camp de concentration. Bien vite, il s'évade. Ensuite, on le voit agir en chef responsable, il recrute de nouveaux éléments, il change d'identité, il est obligé de fuir à nouveau. Un chapitre entier est consacré à ses notes. Il y livre ses impressions au quotidien et dans une sorte de journal intime, il raconte très précisément les faits de résistance. Il donne aussi ses sentiments, ses pensées, ses réflexions sur la nécessité de tuer et sur l'utilité de résister. Au fond de lui, il veut punir ces hommes aux yeux vides, mais est-ce que tuer est le seul moyen? Le quotidien des résistants et de tous ceux qui les aident est ici décrit avec réalisme mais aussi avec poésie. L'auteur utilise de fréquentes métaphores pour qualifier la résistance, elle apparaît tantôt comme un arbre, tantôt comme une fleur. Chacun des résistants est avant un homme "merveilleux". Mais il ne cache pas les épisodes moins glorieux, comme les exécutions des résistants par d'autres, sous prétexte qu'ils ont trahi les leurs en les dénonçant sous la torture.
Le livre est un témoignage poignant qui donne un point de vue sur l'histoire. Le style est simple mais efficace. L'auteur ne fait que peu de commentaires et seul le personnage principal donne réellement son avis. Les moments sont riches en émotions. La force du récit réside dans une apparente simplicité. Tous les événements s'enchaînent rapidement et la mort guette chacun des membres.
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