![]() |
|
SAINT-JOHN PERSE
I. L’AUTEUR :
De son vrai nom Marie rené Auguste Alexis Léger. Ecrivit sous les pseudonymes de SaintLeger Leger puis de Saint John Perse, à partir d’Anabase en 1924. S’inventa un mythique lieu de naissance : Saint-Leger-des-Feuilles.
Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) 1887- Giens (Var) 1975).
Prix Nobel.
Une enfance tropicale
Né en Guadeloupe, Alexis Léger passa une enfance heureuse à Pointe-à-Pitre, où son père était avocat, un îlet de la rade, et les plantations de ses oncles maternels. Il ne cessa de se tourner « en songe » vers ces « Grandes Indes occidentales » où le monde avait pris pour lui forme et sens.
Ses premiers poèmes publiés, Images à Crusoé (1909), Pour fêter une enfance (1910), Histoire du Régent (1910), Eloges (1911), parus alors qu’il avait quitté sa terre natale depuis une dizaine d’années, furent directement inspirés par cette enfance passée dans une nature tropicale et un monde colonial. Mais déjà l’expérience était mise à distance et se chargeait d’une valeur plus générale.
En effet, premier exil assez mal vécu par l’enfant. En 1899, la famille Léger craignant l’évolution d’une situation économique et politique incertaine, avait quitté la Guadeloupe pour la Métropole. A Pau, où le jeune Alexis fut lycéen jusqu’à son baccalauréat et où il rencontra Francis Jammes en 1904.
Etudes de médecine et de droit à Bordeaux. Mort de son père en 1907. Il acheva sa licence en droit en 1910 et voyagea en Espagne , en Allemagne et en Angleterre, où ils e lia d’amitié avec Tagore.
Celui qui signait encore Saintleger Leger avait recours aux archétypes de l’Enfance, de l’île heureuse et du paradis perdu ; il utilisait la médiation du mythe de Robinson Crusoé : « vieil homme aux mains nues, remis entre les mains des hommes » (Les Cloches, in Eloges). Enfin, il organisait peu à peu, suivant un ordre signifiant, les composantes diverses du recueil qui comprit Eloges et La Gloire des Rois.
Reçu en 1914, au concours des affaires étrangères, Alexis Léger choisit de partir en Chine où il devient secrétaire d’ambassade à Pékin, de 1915 à 1921. Il en rapporta sous le pseudonyme définitif de Saint John Perse, Anabase (1924) et Amitié du Prince (1924), dialogue entre le prince et le poète. Ce poème difficile proposait, dans ses 10 « chants » et 2 « chansons », le schéma d’une aventure qu’on retrouva d’œuvre en œuvre : un homme, insatisfait des étroites limites spatiales et temporelles qui lui sont allouées, décidait de partir vers un ailleurs plus vaste, à la recherche d’un sens universel. A force de violence et d’ascèse, il parvenait au cœur du désert_ ailleurs, ce lieu devint sur « les plus hautes cimes de la terre » (Amers)_ où, enfin dénué, il s’ouvrait au monde et à ses messages de vie. Il pouvait alors intégrer ce destin étroit à une signification qui le joignait à tt l’espace et à ts les temps_ tous les continents, ttes les époques historiques étaient mobilisés ds les poèmes _, au mouvement vital en cours depuis la création.
Ses premiers poèmes publiés, Images à Crusoé (1909), Pour fêter une enfance (1910), Histoire du Régent (1910), Eloges (1911), parus alors qu’il avait quitté sa terre natale depuis une dizaine d’années, furent directement inspirés par cette enfance passée dans une nature tropicale et un monde colonial. Mais déjà l’expérience était mise à distance et se chargeait d’une valeur plus générale.
En effet, premier exil assez mal vécu par l’enfant. En 1899, la famille Léger craignant l’évolution d’une situation économique et politique incertaine, avait quitté la Guadeloupe pour la Métropole. A Pau, où le jeune Alexis fut lycéen jusqu’à son baccalauréat et où il rencontra Francis Jammes en 1904.
Etudes de médecine et de droit à Bordeaux. Mort de son père en 1907. Il acheva sa licence en droit en 1910 et voyagea en Espagne , en Allemagne et en Angleterre, où ils e lia d’amitié avec Tagore.
Celui qui signait encore Saintleger Leger avait recours aux archétypes de l’Enfance, de l’île heureuse et du paradis perdu ; il utilisait la médiation du mythe de Robinson Crusoé : « vieil homme aux mains nues, remis entre les mains des hommes » (Les Cloches, in Eloges). Enfin, il organisait peu à peu, suivant un ordre signifiant, les composantes diverses du recueil qui comprit Eloges et La Gloire des Rois.
Reçu en 1914, au concours des affaires étrangères, Alexis Léger choisit de partir en Chine où il devient secrétaire d’ambassade à Pékin, de 1915 à 1921. Il en rapporta sous le pseudonyme définitif de Saint John Perse, Anabase (1924) et Amitié du Prince (1924), dialogue entre le prince et le poète. Ce poème difficile proposait, dans ses 10 « chants » et 2 « chansons », le schéma d’une aventure qu’on retrouva d’œuvre en œuvre : un homme, insatisfait des étroites limites spatiales et temporelles qui lui sont allouées, décidait de partir vers un ailleurs plus vaste, à la recherche d’un sens universel. A force de violence et d’ascèse, il parvenait au cœur du désert_ ailleurs, ce lieu devint sur « les plus hautes cimes de la terre » (Amers)_ où, enfin dénué, il s’ouvrait au monde et à ses messages de vie. Il pouvait alors intégrer ce destin étroit à une signification qui le joignait à tt l’espace et à ts les temps_ tous les continents, ttes les époques historiques étaient mobilisés ds les poèmes _, au mouvement vital en cours depuis la création.
Du poète au diplomate
Saintleger Leger s’était effacé derrière Saint John Perse qui occulta tte résonance personnelle. Mais celui-ci céda la place à son tour à Alexis Léger pour une carrière diplomatique de premier plan. De 1921 à 1932, il fut secrétaire ouis chef de cabinet de Briand. Puis de 1933 à 1940, il succéda à Philippe Berthelot comme secrétaire général du Quai d’Orsay où il assura la continuité d’une politique étrangère fondée sur des pactes entre nations, tandis que montaient les fascismes et que se succédaient les ministres : dès 1936, année où Hitler proclama l’abolition du pacte de Locarno, il prôna une intervention armée contre lui ; en 1938, il accompagna son ministre à Munich. Limogé par Paul Reynaud à l’arrivée des allemands, déchu de la nationalité française, radié de la légion d’Honneur et privé de ses biens sous Vichy en octobre 1940, enfin refusant de se rallier pr autant à De Gaulle, il s’exila aux Etats-Unis et revêtit pr tjrs le statut d’étranger qu’il convoitait comme homme et comme poète_ malgré la citoyenneté française recouvrée ap la guerre, comme l’ensemble de ses droits. Il s’y rendit avec sa compagne cubaine installée en France, Lilita Abreu, rencontrée en 1932 : leur liaison prit fin en 1944.
L’exil américain
1941- 1945 : emploi redistribué par la Fondation Carnegie au Library of Congress de Washington
1946-1957 : contrat avec la Fondation Bollingen
Il écrivit alors les 4 poèmes du recueil Exil : Exil (1941), Pluies (1943), Neiges (1944), Poème à l’étrangère (1942), et Vents (1946).
Redevenu poète, le diplomate aimait se tenir ds une position insulaire ; et même à New York, sa « chambre d’angle qu’environne un océan de neiges » (Neiges, IV) retrouvait la forme d’un îlot. C’est que ds les îles se faisait entendre, mieux qu’ailleurs, le souffle originel et tjrs en cours du Verbe qui créa le monde. De même que les gdes étendues désertes, les grèves recelaient encore les signes d’une écriture primitive qu’il appartenait au poète d’entendre, son rôle étant de déchiffrer les « écritures nouvelles, aux feuilles jointes des grands schistes » (Vents, II, 6). Aux tps les plus durs de l’exil, il arriva cpdt qu’un ton + personnel se fît entendre : Neiges évoquait la mère du poète, et Poème à l’étrangère, l’amante cubaine Lili Abreu. Amers (1957), immense poème savamment construit, reflétait un équilibre enfin retrouvé. Par la médiation d’une femme « née de la mer, […] femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre », l’homme poète en s’unissant à elle ds l’amour (Strophe, IX, « étroits sont les vaisseaux », 2) s’unissait au mouvement universel où poète, mer et poème se rejoignaient enfin.
1957 : retour en France ap 17 ans d’exil. Désormais avec sa femme américaine Dorothy Milburn Russel (rebaptisée par lui Diane et qu’il épousa en 1958), il partagea son tps entre les Etats-Unis et la France.
1946-1957 : contrat avec la Fondation Bollingen
Il écrivit alors les 4 poèmes du recueil Exil : Exil (1941), Pluies (1943), Neiges (1944), Poème à l’étrangère (1942), et Vents (1946).
Redevenu poète, le diplomate aimait se tenir ds une position insulaire ; et même à New York, sa « chambre d’angle qu’environne un océan de neiges » (Neiges, IV) retrouvait la forme d’un îlot. C’est que ds les îles se faisait entendre, mieux qu’ailleurs, le souffle originel et tjrs en cours du Verbe qui créa le monde. De même que les gdes étendues désertes, les grèves recelaient encore les signes d’une écriture primitive qu’il appartenait au poète d’entendre, son rôle étant de déchiffrer les « écritures nouvelles, aux feuilles jointes des grands schistes » (Vents, II, 6). Aux tps les plus durs de l’exil, il arriva cpdt qu’un ton + personnel se fît entendre : Neiges évoquait la mère du poète, et Poème à l’étrangère, l’amante cubaine Lili Abreu. Amers (1957), immense poème savamment construit, reflétait un équilibre enfin retrouvé. Par la médiation d’une femme « née de la mer, […] femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre », l’homme poète en s’unissant à elle ds l’amour (Strophe, IX, « étroits sont les vaisseaux », 2) s’unissait au mouvement universel où poète, mer et poème se rejoignaient enfin.
1957 : retour en France ap 17 ans d’exil. Désormais avec sa femme américaine Dorothy Milburn Russel (rebaptisée par lui Diane et qu’il épousa en 1958), il partagea son tps entre les Etats-Unis et la France.
Du retour d’exil au prix Nobel
En 1960, le poète publia Chronique, poème du « grand âge » qui renouait avec l’enfance, peu de tps avant de se voir attribuer le prix Nobel de littérature_ ds l’indifférence hexagonale. Puis il publia Oiseaux (1963), d’abord conçu pr accompagner des dessins de Braque, et plusieurs courts poèmes destinés à s’intégrer ds un ensemble qu’il comptait intituler Terre ou Gaïa mais qui ne fut pas mené à terme : Chanté par celle qui fut là (1969), Chant pour un équinoxe (1971), Nocturne (1973), Sécheresse (1974). Entre temps, il publia Pour Dante (1965), texte de l’hommage officiel qu’il prononce à Florence, la même année pr le 700e anniversaire du poète de La Divine Comédie. Surtout, il usa ses dernières forces à préparer lui-même l’édition de ses œuvres ds la « Bibliothèque de la Pléiade » (1972) _ que l’on peut considérer comme son chef-d’œuvre.
Homme de d’île et d’exil, le poète diplomate, ap une vie passée de part et d’autre de l’Atlantique, mourut sur les bords de la Méditerranée ; le « béké » de Guadeloupe finit ses jours sur la presqu’île de Giens, à plus de 88 ans, ap avoir été ss doute le poète français le plus célébré de son siècle_ en ts cas hors de France.
Parfois jugée emphatique, sa poésie célèbre l’épopée de l’homme et la marche du monde, ds une alliance unique d’élévation sacrée et de sensualité païenne.
Homme de d’île et d’exil, le poète diplomate, ap une vie passée de part et d’autre de l’Atlantique, mourut sur les bords de la Méditerranée ; le « béké » de Guadeloupe finit ses jours sur la presqu’île de Giens, à plus de 88 ans, ap avoir été ss doute le poète français le plus célébré de son siècle_ en ts cas hors de France.
Parfois jugée emphatique, sa poésie célèbre l’épopée de l’homme et la marche du monde, ds une alliance unique d’élévation sacrée et de sensualité païenne.
II. ETUDE DE L’OEUVRE:
Palmes !
Alors on te baignait dans de l’eau-de-feuilles-vertes ; et
l’eau était du soleil vert… (Eloges, 17)
Enfance et protection
Dès les 1ers mots qui ouvrent le 1er recueil, Eloges, de Saint John Perse, s’élève ainsi comme une act° de grâce au simple bonheur de sentir. Ailleurs et de ttes parts ds les 1er poèmes, se prodigueront de tels bains, de telles exclamations glorieuses. Comme l’univers de Rimbaud ou celui de Gauguin, à qui on l’a qqfois comparé, l’univers de Perse manifeste dès sa naissance, et à un étonnant degré, les qualités primitives de vigeur, de verdeur et de fertilité. L’objet y semble exploser aux yeux, aux mains et à la bouche, vouloir y surprendre et attaquer exquisement l’explorateur : « flèches lancées par la mer de couleurs » (Eloges, 29), « Fruits de bois qui éclate[nt] » (Eloges, 30), « enfance agressive du jour » (Eloges, 4Cool , tt ici _élément, matière, lumières_ vient violer et combler l’attente de nos corps.
Prenons-y garde, cpdt : cette vivacité sait rester maîtresse d’elle-même, et cette intensité ne dégénère pas en frénésie. Chez Rimbaud, dit à peu près Sartre, la sensation est comme un œuf que serrerait la main et dont le contenu giclerait soudain aux 4 coins du monde. Rien de tel chez le Perse d’Eloges : qqch de lourd, d’un peu huileux lie le bonheur sensible et l’empêche de s’égarer en un lointain. L’univers se recourbe ; à peine la sensation a-t-elle déchargé son évidence qu’elle s’infléchit, revient sur soi, comme pr mieux s’offrir à nous. Si bien que, loin de ns projeter en un plaisir de dispersion ou de tonitruance, l’exubérance paraît ici annoncer la lenteur, préparer la caresse.
Tel l’enfant de notre citat° 1ère, la conscience baigne immédiatement ds la joie d’éprouver, elle se découvre elle-même plongée ds l’épaisseur du monde dt l’arrondi lui fournit un merveilleux abri. L’enfant ne s’expose pas vraiment à l’extérieur, il reste à l’ombre de qq gdes divinités tutélaires, servantes rieuses aux longues jambes luisantes, mères « parfumées avec l’herbe-à-Madame dépeign-Lalie » (Eloges, 66), oncles, « grandes figures blanches », comme des « Anges dépeignés » (Eloges, 32). « La terre se courbait ds nos jeux comme fait la servante » (Eloges, 31), et sa tendre courbure semble alors engager à un bonheur ss terme. Car tt continue tjrs et recommence, la joie n’est pas ds l’instant ms ds la protect° et le prolongement de l’instant, ds le tps qui distille lentement l’enfance : « et la maison durait sous les arbres à plumes » (Eloges, 34). « il fait si calme,et puis si tiède, il fait si continuel aussi » (Eloges,46).
Prenons-y garde, cpdt : cette vivacité sait rester maîtresse d’elle-même, et cette intensité ne dégénère pas en frénésie. Chez Rimbaud, dit à peu près Sartre, la sensation est comme un œuf que serrerait la main et dont le contenu giclerait soudain aux 4 coins du monde. Rien de tel chez le Perse d’Eloges : qqch de lourd, d’un peu huileux lie le bonheur sensible et l’empêche de s’égarer en un lointain. L’univers se recourbe ; à peine la sensation a-t-elle déchargé son évidence qu’elle s’infléchit, revient sur soi, comme pr mieux s’offrir à nous. Si bien que, loin de ns projeter en un plaisir de dispersion ou de tonitruance, l’exubérance paraît ici annoncer la lenteur, préparer la caresse.
Tel l’enfant de notre citat° 1ère, la conscience baigne immédiatement ds la joie d’éprouver, elle se découvre elle-même plongée ds l’épaisseur du monde dt l’arrondi lui fournit un merveilleux abri. L’enfant ne s’expose pas vraiment à l’extérieur, il reste à l’ombre de qq gdes divinités tutélaires, servantes rieuses aux longues jambes luisantes, mères « parfumées avec l’herbe-à-Madame dépeign-Lalie » (Eloges, 66), oncles, « grandes figures blanches », comme des « Anges dépeignés » (Eloges, 32). « La terre se courbait ds nos jeux comme fait la servante » (Eloges, 31), et sa tendre courbure semble alors engager à un bonheur ss terme. Car tt continue tjrs et recommence, la joie n’est pas ds l’instant ms ds la protect° et le prolongement de l’instant, ds le tps qui distille lentement l’enfance : « et la maison durait sous les arbres à plumes » (Eloges, 34). « il fait si calme,et puis si tiède, il fait si continuel aussi » (Eloges,46).
Le désir de l’inconnu
Il faudrait pourtant être juste et relever ds Eloges les signes d’1 tentat° contraire : diverses rêveries semblent vouloir ns engager à un dépassement de ce si tendre bonheur d’intimité. Telle est par ex, la rêverie de vent, de ces souffles alizés qui viennent brusquement secouer et crever « l’amer feuillage où, ds la crudité d’un soir au parfum de Déluge, les lunes roses et vertes pendaient comme des mangues » (Eloges,33).
Mais les voiles surtout ns dynamisent. Perse dira + tard leur magie multiple, il célèbrera ttes les vibrures de leur plan, leur blancheur, « vélin du songe » où le vent et l’idée inscriront mystérieusement leur « spéculation très chaste » (Amers, 258). Dès Eloges, la rêverie sur la voile avait rassemble ses dominantes : la toile du navire y apparaissait tantôt comme une espace de recueillement et de repli (« toute l’intimité de l’eau se resonge en silence aux contrées de la toile », Eloges, 54), tantôt comme un lieu d’éclatement (« les toiles enthousiastes » Eloges, 13) où se dénonce soudain l’irrupt° d’une vie inconnue.
Mais les voiles surtout ns dynamisent. Perse dira + tard leur magie multiple, il célèbrera ttes les vibrures de leur plan, leur blancheur, « vélin du songe » où le vent et l’idée inscriront mystérieusement leur « spéculation très chaste » (Amers, 258). Dès Eloges, la rêverie sur la voile avait rassemble ses dominantes : la toile du navire y apparaissait tantôt comme une espace de recueillement et de repli (« toute l’intimité de l’eau se resonge en silence aux contrées de la toile », Eloges, 54), tantôt comme un lieu d’éclatement (« les toiles enthousiastes » Eloges, 13) où se dénonce soudain l’irrupt° d’une vie inconnue.
La cité
Le poète va bientôt désirer établir le bonheur en une nvelle dimension de l’expérience : non + individuelle celle-ci, mais collective , point naturelle, mais sociale, et même, explicitement, urbaine. Eloges déployait déjà dvt nous la chronique fabuleuse d’un village. La Gloire des rois précise et développe une rêverie de l’ordre : le monde s’y organise autour d’une autorité centrale, dt le poète se fait le laudateur.
Loin du « souvenir cuisant des champs de poivriers et des grèves où croît l’arbre-à-cendre » (G, 105), les rêveries des jeunes hommes convergent vers le « haut nombril » musqué et d’ailleurs inaccessible de la reine-trop-grasse : onction sacrale et immobile où s’apaise leur soif, certitude « légale » d’un éternel commandement.
- Reine-trop-grasse : formes féminines exubérantes, grosse / Prince « très maigre, très subtil », « plus maigre qu’il ne sied au tranchant de l’esprit » (G, 111).
- Le prince sec est « fécond en maximes et sentences »/ la reine trop grasse est vierge et nul fruit ne pend à « son ventre infécond ».
Le roi s’installe alors au milieu même d’un vaste territoire ds tte l’étendue duquel il irradie tranquillement de sa loi : « Et le pays est gouverné, la lampe brille sous son toit » (G, 125).
Anabase, enfin, exalte dès ses 1ère lignes le geste royal de la fondation. « Maître du grain, maître du sel » (A, 150) l’homme y saisit et domine l’objet premier sa jouissance ; il y fixe aussi son vieux désir d’errance, de délire, tente d’y oublier l’élan des palmes ou le frisson des voiles, et pr cela il essaie de se trouver à lui-même des racines, y donne « à l’idée pure comme un sel » ses « assises dans le jour » (A, 150). Le voici dc qui se met à trancher, cloisonner, construire, circonscrire : la fondation réclame la clôture, elle veut la délimitation des lieux et le tracé des murs ; elle exige aussi que le paysage autrefois lyrique, s’organise selon quelques directions majeures, que le constructeur, par exemple, discerne « le sens et la destinat° des bâtiments… ». Sa joie n’est + alors d’enfoncement ni de surgissement mais d’équilibre ; ts ces bâtiments finiront par former une seule ville, ils abritent , où les fonct° les + diverses , les gestes les + apparement incongrus se répondront et se compenseront les uns les autres : joie de « la chose publique » « établie sur de justes balances ». Plus juste alors sera cette balance, et plus délicieusement aiguë l’arête de son fléau : « arrêter l’éclat d’un siècle sur sa pointe au fléau des balances » (A, 152) , tel est le grand bonheur des fondateurs.
Eclat beau et profondément conforme à la logique interne d’une rêverie que le tranchant puisse se faire aussi l’immobile soutien d’un équilibre, et que tte la machine sociale s’établisse_ailleurs front, narine ou nombril_ sur l’acuité d’un point focal.
La ville est dc équilibre et fixité. Sa fondat° obéit à un instinct d’ordre, ms + encore peut être à un besoin d’installat°. Cavalier ou marin , l’ho décide un jour de s’arrêter, d’attacher l’amarre ou le licol, d’oublier son errance. La vie trouve son lit, et ce n’est pas un hasard si bien souvent aussi ds ce lit dort une femme. C’est que pr Perse, la femme et la citéont contracté une obscure alliance, par bien des côtés, la vocat° charnelle répond ici au besoin de la loi.
Loin du « souvenir cuisant des champs de poivriers et des grèves où croît l’arbre-à-cendre » (G, 105), les rêveries des jeunes hommes convergent vers le « haut nombril » musqué et d’ailleurs inaccessible de la reine-trop-grasse : onction sacrale et immobile où s’apaise leur soif, certitude « légale » d’un éternel commandement.
- Reine-trop-grasse : formes féminines exubérantes, grosse / Prince « très maigre, très subtil », « plus maigre qu’il ne sied au tranchant de l’esprit » (G, 111).
- Le prince sec est « fécond en maximes et sentences »/ la reine trop grasse est vierge et nul fruit ne pend à « son ventre infécond ».
Le roi s’installe alors au milieu même d’un vaste territoire ds tte l’étendue duquel il irradie tranquillement de sa loi : « Et le pays est gouverné, la lampe brille sous son toit » (G, 125).
Anabase, enfin, exalte dès ses 1ère lignes le geste royal de la fondation. « Maître du grain, maître du sel » (A, 150) l’homme y saisit et domine l’objet premier sa jouissance ; il y fixe aussi son vieux désir d’errance, de délire, tente d’y oublier l’élan des palmes ou le frisson des voiles, et pr cela il essaie de se trouver à lui-même des racines, y donne « à l’idée pure comme un sel » ses « assises dans le jour » (A, 150). Le voici dc qui se met à trancher, cloisonner, construire, circonscrire : la fondation réclame la clôture, elle veut la délimitation des lieux et le tracé des murs ; elle exige aussi que le paysage autrefois lyrique, s’organise selon quelques directions majeures, que le constructeur, par exemple, discerne « le sens et la destinat° des bâtiments… ». Sa joie n’est + alors d’enfoncement ni de surgissement mais d’équilibre ; ts ces bâtiments finiront par former une seule ville, ils abritent , où les fonct° les + diverses , les gestes les + apparement incongrus se répondront et se compenseront les uns les autres : joie de « la chose publique » « établie sur de justes balances ». Plus juste alors sera cette balance, et plus délicieusement aiguë l’arête de son fléau : « arrêter l’éclat d’un siècle sur sa pointe au fléau des balances » (A, 152) , tel est le grand bonheur des fondateurs.
Eclat beau et profondément conforme à la logique interne d’une rêverie que le tranchant puisse se faire aussi l’immobile soutien d’un équilibre, et que tte la machine sociale s’établisse_ailleurs front, narine ou nombril_ sur l’acuité d’un point focal.
La ville est dc équilibre et fixité. Sa fondat° obéit à un instinct d’ordre, ms + encore peut être à un besoin d’installat°. Cavalier ou marin , l’ho décide un jour de s’arrêter, d’attacher l’amarre ou le licol, d’oublier son errance. La vie trouve son lit, et ce n’est pas un hasard si bien souvent aussi ds ce lit dort une femme. C’est que pr Perse, la femme et la citéont contracté une obscure alliance, par bien des côtés, la vocat° charnelle répond ici au besoin de la loi.
La femme
Le merveilleux appel féminin de la douceur , auquel Perse est si évidemment sensible, risque alors d’entraîner chez l’homme amollissement et lâcheté. D’où l’ambiguïté même de la notion de bonheur, tantôt présentée comme bénéfique, tantôt refusée comme malfaisante. « Touts-puissants dans nos grands gouvernements militaires, avec nos filles parfumées qui se vêtaient d’un souffle, ces tissus, nous établîmes en haut lieu nos pièges au bonheur » (A, 169)
Chante joyeusement le conquérant d’Anabase.
Ms ce bonheur justement parce qu’il dure et veut tjrs s’accroître, risque vite de ns enliser ds sa pléthore, de ns engluer ds sa durée. Perse peut parler des « pays infesté de bien-être » (A,172).
Pourquoi ce retournement, sinon parce que le bonheur, raison d’être de la ville et fruit naturel de la femme, a pr 1ère conséquence notre clôture ds le bonheur ? La civilisation urbaine a perdu le sens des horizons : peut-elle accoucher d’autre chose que d’une race « d’hommes de venelles et d’impasses » (Vents,434) ? Peut-elle fabriquer un homme qui ne soit pas « l’homme usuel aveuglé d’astres domestiques » ? Et l’amour qu’elle nourrit en elle, est-ce autre chose que « les ruelles de l’amour » ? Perse ne paraît pas le croire.
Dégoût de cet ordre trop facile qui lui devient prison.
Echec du bonheur.
Ailleurs, par exemple en un célèbre passage de Vents (435), c’est la mollesse, à la fois matérielle et sociale, de tout le cossu bourgeois qui se trouve encore dénoncée et liquidée.
Chante joyeusement le conquérant d’Anabase.
Ms ce bonheur justement parce qu’il dure et veut tjrs s’accroître, risque vite de ns enliser ds sa pléthore, de ns engluer ds sa durée. Perse peut parler des « pays infesté de bien-être » (A,172).
Pourquoi ce retournement, sinon parce que le bonheur, raison d’être de la ville et fruit naturel de la femme, a pr 1ère conséquence notre clôture ds le bonheur ? La civilisation urbaine a perdu le sens des horizons : peut-elle accoucher d’autre chose que d’une race « d’hommes de venelles et d’impasses » (Vents,434) ? Peut-elle fabriquer un homme qui ne soit pas « l’homme usuel aveuglé d’astres domestiques » ? Et l’amour qu’elle nourrit en elle, est-ce autre chose que « les ruelles de l’amour » ? Perse ne paraît pas le croire.
Dégoût de cet ordre trop facile qui lui devient prison.
Echec du bonheur.
Ailleurs, par exemple en un célèbre passage de Vents (435), c’est la mollesse, à la fois matérielle et sociale, de tout le cossu bourgeois qui se trouve encore dénoncée et liquidée.
L’image de l’étang croupi
La tentat° de l’univers-nid si profondément ressentie par Perse (chantée dès Eloges) va être repoussée avec brutalité. Cet engorgement que rien du dehors ne pourra venir soulager, puisque ns lui interdisons d’emblée tte ouverture, tte aventure, débouche fatalement enfin sur une nausée de la fermentat° et de la pourriture.
Essentielle ainsi chez Perse l’image écoeurante de l’étang croupi : « A la queue de l’étang dort la matière caséeuse. Et la boue de feuilles mortes au bas d’Apollon. Qu’on nous débonde tout cela ! Qu’on nous divise ce pain d’ordure et de mucus. Et tout ce sédiment des âges sufr leurs phlegmes ! » (Vents, 329).
La tendresse y a peu à peu tourné à la viscosité, puis à la mucosité ; elle y a abouti enfin au dégoût glissant et mort du sédiment. Une seule ressource alors : mettre en mouvement cette eau dormante et, sans l’émouvoir en profondeur, ce qui causerait en elle un trouble répugnant, provoquer sa lente évacuation.
Ex, la Tamise à Londres : « la ville par le fleuve coule à la mer comme un abcès » (Eloges, 82) « car tte la ville ceint l’ordure ».
-« Laisser peser, à fond de toile, sous le gruau des pluies, le fleuve gras qui trait, en son milieu, toute la fonte d’un pays bas, comme aux plus basses lunaisons, sous la pesée du ciel gravide, toute l’entraille femelle hors de ses trompes, de ses cornets et de ses conques » (V,363).
A faire le tour des diverses répugnances persiennes, l’on rencontrera enfin un dégoût qui paraît tt d’abord opposé à l’obsession dt nous venons de dire les symptômes, mais qui procède en réalité de la même origine : c’est la nausée du sec pulvérulent, le malaise de la poudre morte en laquelle s’éventent les principes et se dissipent les structures.
Essentielle ainsi chez Perse l’image écoeurante de l’étang croupi : « A la queue de l’étang dort la matière caséeuse. Et la boue de feuilles mortes au bas d’Apollon. Qu’on nous débonde tout cela ! Qu’on nous divise ce pain d’ordure et de mucus. Et tout ce sédiment des âges sufr leurs phlegmes ! » (Vents, 329).
La tendresse y a peu à peu tourné à la viscosité, puis à la mucosité ; elle y a abouti enfin au dégoût glissant et mort du sédiment. Une seule ressource alors : mettre en mouvement cette eau dormante et, sans l’émouvoir en profondeur, ce qui causerait en elle un trouble répugnant, provoquer sa lente évacuation.
Ex, la Tamise à Londres : « la ville par le fleuve coule à la mer comme un abcès » (Eloges, 82) « car tte la ville ceint l’ordure ».
-« Laisser peser, à fond de toile, sous le gruau des pluies, le fleuve gras qui trait, en son milieu, toute la fonte d’un pays bas, comme aux plus basses lunaisons, sous la pesée du ciel gravide, toute l’entraille femelle hors de ses trompes, de ses cornets et de ses conques » (V,363).
A faire le tour des diverses répugnances persiennes, l’on rencontrera enfin un dégoût qui paraît tt d’abord opposé à l’obsession dt nous venons de dire les symptômes, mais qui procède en réalité de la même origine : c’est la nausée du sec pulvérulent, le malaise de la poudre morte en laquelle s’éventent les principes et se dissipent les structures.
La poussière
La poussière dt le responsable en est le temps ou plutôt la trop longue histoire qui pèse sur les hommes. Mais, au lieu d’alourdir, de sédimenter et de pourrir en profondeur la sensat° , il l’a cette fois futilisée, détachée de sa source, puis l’a éparpillée, l’obligeant à flotter, gratuite, en un espace vain.
- « Car tout un siècle s’ébruitait dans la sécheresse de sa paille, parmi d’étranges désinences : à bout de cosses, de siliques, à bout de choses frémissantes…comme un grand arbre tressaillant dans ses crécelles de bois mort et ses corolles de terre cuite » (V, 299)
Et voici que ce dégoût bientôt se moralise, que poussière se met à recouvrir les images de l’esprit épuisé, qu’elle devient le symbole d’une pensée stérile, close sur elle-même, coupée du réel et de l’origine. Elle possède mythologiquement son temple, c’est la bibliothèque, église solennelle et dérisoire où, parmi les « carrières de marbre jaune », s’abat lentement la « pruine de vieillesse » (V, 312).
Calfeutré sur lui-même, inaéré, le savoir y tourne au radotage. Et tt cela se dépose matériellement en vétusté sur la tranche jamais essuyée des livres : « Et qu’est-ce encore, à mon doigt d’os, que ce talc d’usure et de sagesse, et tout cet attouchement des poudres du savoir ? Comme aux fins de saison poussière et poudre de pollen, spores et sporules de lichens…toutes choses faveuses à la limite de l’infime, dépôts d’abîmes sur leurs fèces, limons et lies à bout d’availissement_cendres et squames de l’esprit » (V, 313).
Refus de la clôture et de l’investissement, dégoût de la graisse érotique et de la sensation trop lourde, répugnance de la poussière et de l’usé, à travers ces divers réflexes humoraux se traduit en somme chez Perse une méfiance essentielle : celle de la durée quand, au lieu d’adhérer à un être ou de fonder un ordre, elle se voue à accumuler, à conserver indéfiniment un avoir.
C’est à partir de cette expérience négative que tte l’œuvre de Perse va prendre son élan.A côté d’un hymne aux grands elmts lavants et salvateurs, on trouvera chez lui qqch de + actif, et ss doute de + précieux : tte une zone de rêveries, à la fois morales, formelles et matérielles, qui tenteront, contre les nausée précédemment décrites, de définir en nous l’utopie d’un homme responsable et délivré.
- « Car tout un siècle s’ébruitait dans la sécheresse de sa paille, parmi d’étranges désinences : à bout de cosses, de siliques, à bout de choses frémissantes…comme un grand arbre tressaillant dans ses crécelles de bois mort et ses corolles de terre cuite » (V, 299)
Et voici que ce dégoût bientôt se moralise, que poussière se met à recouvrir les images de l’esprit épuisé, qu’elle devient le symbole d’une pensée stérile, close sur elle-même, coupée du réel et de l’origine. Elle possède mythologiquement son temple, c’est la bibliothèque, église solennelle et dérisoire où, parmi les « carrières de marbre jaune », s’abat lentement la « pruine de vieillesse » (V, 312).
Calfeutré sur lui-même, inaéré, le savoir y tourne au radotage. Et tt cela se dépose matériellement en vétusté sur la tranche jamais essuyée des livres : « Et qu’est-ce encore, à mon doigt d’os, que ce talc d’usure et de sagesse, et tout cet attouchement des poudres du savoir ? Comme aux fins de saison poussière et poudre de pollen, spores et sporules de lichens…toutes choses faveuses à la limite de l’infime, dépôts d’abîmes sur leurs fèces, limons et lies à bout d’availissement_cendres et squames de l’esprit » (V, 313).
Refus de la clôture et de l’investissement, dégoût de la graisse érotique et de la sensation trop lourde, répugnance de la poussière et de l’usé, à travers ces divers réflexes humoraux se traduit en somme chez Perse une méfiance essentielle : celle de la durée quand, au lieu d’adhérer à un être ou de fonder un ordre, elle se voue à accumuler, à conserver indéfiniment un avoir.
C’est à partir de cette expérience négative que tte l’œuvre de Perse va prendre son élan.A côté d’un hymne aux grands elmts lavants et salvateurs, on trouvera chez lui qqch de + actif, et ss doute de + précieux : tte une zone de rêveries, à la fois morales, formelles et matérielles, qui tenteront, contre les nausée précédemment décrites, de définir en nous l’utopie d’un homme responsable et délivré.
- Le vœu d’aridité
1) Il ne s’agit pas ici de louer la pulvérulence sèche dt on sait au contraire qu’elle cause à Perse un vrai malaise. Non. La sécheresse qu’il exalte, et qu’il dresse contre la nausée du gras, c’est celle de l’essence ou de la nudité, càd d’un principe tt monolithique, lié aux qualités de concentrat° et de rayonnement dc parfaitement opposé au sec poudreux que ns savons à la fois dispersé, flatulent.
« Aux soirs de grande sécheresse sur terre, nous deviserons des choses de l’esprit » écrit le Prince de La Gloire des rois. C’est que l’esprit s’accorde naturellement à la soif de la terre : il est pure rigueur, feu abstrait, jeu dénudé d’élans ou d’articulat°.
2) Que cette rêverie du sec abandonne l’ordre de la substance pr se transporter en une zone + charnelle, et elle deviendra cet étrange songe si persien de la maigreur.
Perse cherche à dépasser l’opposit° Ho/fem et pr cela cherche à viriliser, à volontariser la femme. Type de filles « plus étroites des hanches et du front plus aigües » (Amers, 210)
Cette minceur possède svt d’ailleurs ici une garantie et un soutien interne, c’est l’os, qui ss-tend avec évidence l’anatomie volontaire de la chair. L’ascétisme du sec veut en effet chez Perse que la virilité soit moins énergique que rigide et plus osseuse que musclée : à la femme le mâle opposera sa linéarité et son tranchant, non vraiment sa puissance.
3) ……schème d’une avancée horizontale. Quête qui voudrait indéfiniment tendre et étirer l’humain, le pousser jusqu’à sa dernière pointe.
Maigreur, sécheresse, acuité, ces essences bénéfiques n’ont pas le seul mérite de permettre à Perse un ressaisissement de soi et une délivrance : elles lui donnent aussi les moyens de s’inscrire ds le monde extérieur, lui fournissant des instruments d’act°, bientôt des armes.
« Aux soirs de grande sécheresse sur terre, nous deviserons des choses de l’esprit » écrit le Prince de La Gloire des rois. C’est que l’esprit s’accorde naturellement à la soif de la terre : il est pure rigueur, feu abstrait, jeu dénudé d’élans ou d’articulat°.
2) Que cette rêverie du sec abandonne l’ordre de la substance pr se transporter en une zone + charnelle, et elle deviendra cet étrange songe si persien de la maigreur.
Perse cherche à dépasser l’opposit° Ho/fem et pr cela cherche à viriliser, à volontariser la femme. Type de filles « plus étroites des hanches et du front plus aigües » (Amers, 210)
Cette minceur possède svt d’ailleurs ici une garantie et un soutien interne, c’est l’os, qui ss-tend avec évidence l’anatomie volontaire de la chair. L’ascétisme du sec veut en effet chez Perse que la virilité soit moins énergique que rigide et plus osseuse que musclée : à la femme le mâle opposera sa linéarité et son tranchant, non vraiment sa puissance.
3) ……schème d’une avancée horizontale. Quête qui voudrait indéfiniment tendre et étirer l’humain, le pousser jusqu’à sa dernière pointe.
Maigreur, sécheresse, acuité, ces essences bénéfiques n’ont pas le seul mérite de permettre à Perse un ressaisissement de soi et une délivrance : elles lui donnent aussi les moyens de s’inscrire ds le monde extérieur, lui fournissant des instruments d’act°, bientôt des armes.
-Les armes
L’oeuvre de Perse exalte la guerre_mobilisat°, soulèvement, conquête ; elle fait l’éloge de ses instruments les + cruellement aigus, lances, flèches, épées ou éperons. Une puissante rêverie de l’arme blanche s’y lie en profondeur.
-tantôt le tranchant des lames s’associe à l’effilement des péninsules et à la griffe des oiseaux de proie tantôt l’acuité de l’arme s’inspire de la rigueur pierreuse.
L’aiguisement aboutit alors à une pointe où s’assemble et s’annule tt l’avoir antérieur. La rigueur physique du glaive, c’est encore la nudité, la nudité tranchante de l’esprit. Comme la lame, l’esprit est fulgurance, division, subversion, agression. L’idée dit Perse est « plus nue qu’un glaive au jeu des factions ». (Eloges, 239).
-tantôt le tranchant des lames s’associe à l’effilement des péninsules et à la griffe des oiseaux de proie tantôt l’acuité de l’arme s’inspire de la rigueur pierreuse.
L’aiguisement aboutit alors à une pointe où s’assemble et s’annule tt l’avoir antérieur. La rigueur physique du glaive, c’est encore la nudité, la nudité tranchante de l’esprit. Comme la lame, l’esprit est fulgurance, division, subversion, agression. L’idée dit Perse est « plus nue qu’un glaive au jeu des factions ». (Eloges, 239).
-Le seuil
Ce qui sensibilise à un tel point le seuil ds cette poésie, c’est probablement son ambiguïté et son dble visage : car il est à la fois tourné vers le dedans et le dehors… Seuil qu’on peut franchir ds les 2 sens. De l’intérieur à l’extérieur (appel de horizons) et de l’extérieur à l’intérieur (intimité).
Passer le seuil c’est se purifier ss doute et devenir vraiment homme ; mais c’est en même temps rompre un tabou, commettre un sacrilège, l’homme accède aux désert de la liberté.
Mais cette liberté à quoi sert-elle ?
La poésie persienne relève de ce qui est convenu d’appeler la littérature engagée : mais cet engagement celui de la guerre ou de la résistance est en fait qu’un infini dégagement …Car l’acuité nouvelle de l’insurgé, du sage ou du guerrier sert essentiellement à soutenir l’élan d’une impatience, à faciliter le mvt tt romantique qui vise tjrs à un plus loin, et à un au-delàde plus loin.
Cet ailleurs que dissimule-t-il en vérité ? Une plénitude ? Un être ? Plutôt un vide, une absence d’être. Ce que veut atteindre ici la quête, l’anabase persienne, ce n’est rien, ou plutôt, ss doute est-ce le rien : un rien qui peut humainement revêtir le masque affectif de la monotonie_ et c’est l’image d’un tps sans vibrat° , « l’éternité qui bâille sur les sables », « l’ennui des sables aux limites du monde » (A, 170)
Maigreur, acuité, angularité, sécheresse, viduité, ttes ces essences bénéfiques dt ns avons successivement estimé la valeur, et qui constituent, prises ensemble, le climat d’une certaine virilité ascétique, elles visaient simplement à conjurer ds l’homme la fatale léthargie de l’être.
Images significatives de la poésie persienne:
- La pierre
- Le sel
- L’éclair
- La mer
Passer le seuil c’est se purifier ss doute et devenir vraiment homme ; mais c’est en même temps rompre un tabou, commettre un sacrilège, l’homme accède aux désert de la liberté.
Mais cette liberté à quoi sert-elle ?
La poésie persienne relève de ce qui est convenu d’appeler la littérature engagée : mais cet engagement celui de la guerre ou de la résistance est en fait qu’un infini dégagement …Car l’acuité nouvelle de l’insurgé, du sage ou du guerrier sert essentiellement à soutenir l’élan d’une impatience, à faciliter le mvt tt romantique qui vise tjrs à un plus loin, et à un au-delàde plus loin.
Cet ailleurs que dissimule-t-il en vérité ? Une plénitude ? Un être ? Plutôt un vide, une absence d’être. Ce que veut atteindre ici la quête, l’anabase persienne, ce n’est rien, ou plutôt, ss doute est-ce le rien : un rien qui peut humainement revêtir le masque affectif de la monotonie_ et c’est l’image d’un tps sans vibrat° , « l’éternité qui bâille sur les sables », « l’ennui des sables aux limites du monde » (A, 170)
Maigreur, acuité, angularité, sécheresse, viduité, ttes ces essences bénéfiques dt ns avons successivement estimé la valeur, et qui constituent, prises ensemble, le climat d’une certaine virilité ascétique, elles visaient simplement à conjurer ds l’homme la fatale léthargie de l’être.
Images significatives de la poésie persienne:
- La pierre
- Le sel
- L’éclair
- La mer
| < Précédent | Suivant > |
|---|








