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Les fleurs bleues, Queneau, fiche de lectureImprimerEnvoyer
Samedi, 06 Septembre 2008 20:17
Écrit par Flora
         



1 Auteur :


Biographie :


« Le plus savant des mystificateurs, le plus gai des érudits » Jean D’Ormesson

il est un acrobate : entre écriture littéraire et mathématiques, malice et gravité, tendresse et dérision, érudition et humour.

Raymond Queneau est né en 1903 et est mort en 1976. Il est romancier mais aussi poète, dramaturge et mathématicien. Il est le co-fondateur du groupe l’OULIPO.

Il monte à Paris pour faire des études de philosophie.
Il adhère en 1924 au groupe des surréalistes mais il en sera exclu en 1930 en réaction il participera à l’écriture d’un pamphlet Un Cadavre contre André Breton.
Il a comme expérience quelques piges de journalisme puis entre aux éditions Gallimard où il exerce les activités de lecteur, de traducteur d’anglais, puis de membre du Comité de lecture.
En 1954 il deviendra directeur de la collection de La Pléiade. Il fonde aussi une revue Volontés.

A la libération il fréquente la jeunesse de Saint Germain des Prés qui est devenu le haut lieu de la vie intellectuelle et culturelle de Paris : on y retrouve des philosophes, des auteurs, des acteurs et des musiciens.

1950 : il entre comme Satrape (le corps des Satrapes symbolise la gratuité du collège : « il n’est soumis à aucune règle et ne s’en donne aucune (…) ne se réunit quà son escient et nul n’y est tenu à une présence indispensable, ni aucun enseignement ou activité. »)  au collège de ‘Pataphysique  .
1951 : élu à l’Académie Goncourt.



Oeuvres importantes :


Le Chiendent 1933 : 1er roman qui est pour lui construit comme illustration littéraire du Discours de la Méthode de Descartes.

Pierrot mon am
i 1942 : premier succès.

Exercices de style
1947 : il s’agit d’un court récit décliné en une centaine de styles, dont certains seront adoptés au cinéma par Yves Robert. Cette œuvre a été inspirée de l’Art de la Fugue de Bach.

Certains de ces textes seront mis en musique, chantés par Juliette Gréco (Si tu t’imagines) et les Frères Jacques. Il écrit pour des comédies musicales, des dialogues de films et le commentaire du court-métrage d’Alain Resnais Le chant du Styrène. Il réalise et interprète le film le Lendemain.

1959 : Zazie dans le Métro, l’œuvre s’ouvre sur une expression : « Doukipudonktant ! » grand succès, l’œuvre sera adaptée au théâtre et au cinéma.

1961 : Cent Mille Milliards de Poèmes. Il réussit un exploit littéraire et éditorial. C’est un livre-objet qui offre au lecteur la possibilité de combiner lui-même des vers de façon à composer des poèmes répondant à la forme classique du sonnet régulier : 2 quatrains suivis de 2 tercets : soit 14 vers. « C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité : il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant 24H/24) »

1965 : Les Fleurs Bleues : ce roman illustre l’apologue taoïste chinois Tchouang-Tseu se demandant s’il est Tchouang-Tseu rêvant d’un papillon ou un papillon rêvant qu’il est Tchouang-Tseu…

Théories littéraires :

 

L’oulipo :

groupe fondé à l’occasion d’un colloque en 1960 avec François Le Lionnais. Il s’agit d’un groupe de recherche littéraire appelé Ouvroir de Littérature Potentielle. C’est le laboratoire littéraire préconisant l’utilisation de structures mathématiques dans la création littéraire.
Il s’intéresse aussi aux sciences, c’est pourquoi il entre à la Société Mathématique de France en 1948. Il crée des règles arithmétiques pour la construction de ses œuvres littéraires.
    La règle de « s + 7 » consiste à prendre un texte, n’importe lequel, prendre un dictionnaire, n’importe lequel, généraliste ou thématique, et remplacer tous les mots  de ce texte par d’autres mots trouvés dans le dictionnaire choisi et situés sept places plus loin ou sept places avant par rapport à la place initialement occupée par le mot à remplacer (à l’exception des mots-outils) : 1950 Petite Cosmogonie portative.

Il transforme la fable de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi en la Cimaise et la Fraction.
« La Cimaise ayant chaponné tout l’éternueur
Se tuba fort dépurative quand la bisaxée fut verdie
Pas un sexué pétrographique morio de mouffette ou de verrat.
Elle alla cocher frange
Chez la fraction sa volcanique. »

Le surréalisme

Il ne veut pas que la langue littéraire s’éloigne de la langue parlée : pour lui danger si séparation.






2 Résumé de l’œuvre


Les Fleurs Bleues est un roman qui comporte 21 chapitres. La construction de chaque chapitre est plus ou moins toujours la même, c'est-à-dire l’alternance entre les deux personnages principaux : le Duc d’Auge et Cidrolin.
Dès que l’un s’endort, nous avons les actions ou les non-actions de l’autre.


Structure détaillée du Premier Chapitre :
A : représente les parties qui parlent du Duc D’auge
B : représente les parties qui parlent de Cidrolin

A

Le roman s’ouvre avec le Duc d’Auge (A) : la scène se passe le 25 septembre 1264 dans un château. Ainsi il sort de son château pour considérer la « situation historique »… tout le roman repose sur des jeux de mots, de langues et sur des réflexions sur la langue même. Ainsi nous avons des jeux sur les chiffres lorsqu’il énumère les différents peuples qu’il aperçoit : « Deux Huns, Un Gaulois, Eduen »

De même pour les jeux de mots (quelques fois au ras des paquerettes…)
« les Huns préparaient des stèques tartares […] le Gaulois fumait une gitane […] les Normands buvaient du calva » cette dernière proposition sera répétée.

Le Duc se parle à lui-même et joue sur les sens du mot « battre »

Le duc parle aussi à son cheval (ce dernier lui répond et parle…)
Pendant ce dialogue nous trouvons cette réplique :
« Ici la boue est faite de nos fleurs.
-    …bleues, je le sais »

il est dit que le duc s’endort …

B

Nous passons alors au deuxième personnage : Cidrolin (B)
Lui habite « une péniche amarrée à demeure »
Ce personnage se parle aussi à lui-même et vient de se réveiller…
Il a fait un rêve : il était sur un cheval, suite à cela, il cherche des explications.

Exemple d’un de ses repas : fromage, plâtre ??, fruit…

Une phrase : « encore un de foutu » mais de quoi parle-t-il ??

Puis s’endort

On pourra remarquer qu’il n’y a presque pas, voire pas du tout d’actions !

A

Retour au Duc d’Auge qui se trouve près des murailles.

Il a rêvé qu’il a fait un mauvais repas… cf Cidrolin. On s’aperçoit alors que les deux personnages sont liés. Sont-ils une même personne ? dans ce cas là qui est le personnage éveillé et qui est le personnage rêvé ??
Le duc habite Larche près du pont : lien aussi avec la péniche.

Lorsqu’un personnage dort, l’autre se réveille.

B

Cidrolin est réveillé par deux nomades.

A nouveau, il y a des jeux de mots : sur le sens de « entendre ».
Il est donc réveillé par deux étrangers. C’est pourquoi il y a une réflexion sur le langage, la compréhension et il se demande « parle-t-il l’européen vernaculaire ou le néo-babélien ? » il existerait alors une langue européenne ?!

Il propose à boire : de l’essence de fenouil.

Il y a aussi la question de la liberté car Cidrolin dit à la femme que l’homme qui l’accompagne est bien dressé, elle lui répond alors « Il reste parce qu’il est libre, pas parce qu’il est dressé. »

Nous trouvons aussi une réflexion sur les rencontres, car à part partis, Cidrolin ne se souvient plus d’eux…

Puis il s’endort.

C’est la fin du Premier Chapitre.

Chapitre 2

A

Le duc d’Auge a une femme qui est morte et des triplées… il n’a donc aucun héritier.
Le roi veut se rendre à Carthage mais le duc ne connaît pas l’endroit. Nous avons quelques mots en ancien frs dans le texte. « ord cuard »
Il veut mener la 8eme croisade, comme le duc refuse, il reçoit sur lui des tomates pourries et une pluie d’insultes…
Il se baigne et d’endort.

B

Il y a des travaux en face de chez lui : construction d’immeubles.
Cidrolin n’arrive pas à suivre une conversation nomale.
   
Et termine en disant « encore un de foutu »

A

Il mange du bortch et de la liqueur ecphratique…

Un serviteur vient dire que le cheval parle.
S’ensuit une énumération de proverbes « Animal qui a parlé, âme damnée » Ils appellent ça des « prouverbes »

Ils veulent le tuer c’est pourquoi il se bat et tue 16 personnes « hommes, femmes, enfants et autres »

Et dit aussi cette phrase « encore un de foutu ».

Chapitre 3

B

Cidrolin se fait réveiller par 2 campeuses canadiennes : spécificité de leur langage : elles utilisent la 1ere personne du sg pour le sujet et la 1ere personne du pluriel pour le verbe…

A

Va écouter la messe et pose des questions à l’abbé Onésiphore Biroton au sujet des rêves, du langage et de l’histoire. Il veut que l’abbé lui réponde au sujet de ces 3 questions en même temps, l’abbé lui fait savoir que son discours ne peut être que linéaire…
Le duc rêve souvent qu’il est sur une péniche et qu’il fait une sieste … il dit qu’il a inventé ces mots pour désigner les états et les choses qu’il voit dans ses rêves. Il voit aussi des houatures.
L’abbé s’endort

B

Cidrolin se réveille.

Chapitre 4

B

Lamélie rend visite à Cidrolin.

A

Les céhéresses sont là (CRS) car il a tué des hommes. Le duc ne veut pas payer l’amende.

Chapitre 5

B

Cidrolin reçoit du monde (dont sa fille Lamélie) et parle de la « tévé » : pour l’un d’entre eux, l’actualité devient histoire « aussitôt dit, aussitôt fait ». L’histoire « c’est quand c’est écrit »
Puis le dialogue recommence à la première phrase…et c’est reparti avec les mêmes mots. Cidrolin leur fait comprendre qu’ils doivent partir pour qu’il puisse faire sa sieste.

A

Le duc est compagnon de Gilles de Rais, il plaisante en disant que rien n’est meilleur qu’un enfant de 5 ans rôti… et il défend Gilles de Rais « on lui cherche des noises à ce cher ami. Mettons qu’il ait violé une dizaine de petits garçons et qu’il en ait zigouillé trois ou quatre, il n’y a tout de même pas là de quoi fouetter un maréchal de France. »


Chapitre 6

A

Le duc veut aller trouver le roi à Paris mais on lui apprend qu’il se trouve sur les bords de la Loire.

B

Cidrolin, comme s’il continuait le dialogue du Duc, mais lui, il parle à un passant.
Lamélie veut se marier, Cidrolin ne lui donnera rien et doit remplacer Lamélie par une autre femme pour l’aider sur la péniche.

A

Le duc va essayer de libérer Gilles de Rais.

Chapitre 7

A

Ils viennent d’exécuter Gilles de Rais… donc le duc raconte qu’il s’est révolté.
Le duc va marier ses trois filles. (des triplées comme les filles de Cidrolin, et l’épouse est morte.)

B

Il prend le bus et se dirige vers le centre ville de la capitale. Description très précise de la casquette du patron du bar dans lequel il va.

Chapitre 8

B

Le patron du bar s’appelle Onésiphore comme l’abbé du duc.

A

Se perd en forêt et arrive dans une chaumière dans laquelle ne se trouve qu’une jeune fille car son père est parti en ville. Il a faim mais le repas est précipité ds le feu… donc il songe un instant à manger la fille… ce qu’il ne fait pas ! ils vont faire un jeu : l’enjeu : le père, sera-t-il pendu ou non ??!

Chapitre 9

B

Cidrolin a fait 18 mois de prison.

A

Le Duc est comparé à Don Quichotte par l’abbé Bironton alors qu’il s’agit d’un livre de 1614. Il se marie avec Russule Péquet, manante, fille d’un bûcheron.

Chapitre 10

A

Le duc voyage, il va dans la capitale.

B

Cidrolin a été dîné dans un très grd restaurent et pout une fois s’exclame « un de réussi » en parlant du repas.

A

Le duc d’Auge, lors d’une grde pluie, va s’abriter chez un alchimiste.

Chapitre 11

B

Cidrolin est surpris car depuis plusieurs jours, il n’a plus d’inscriptions que sa clôture.

A

La femme du duc annonce qu’il aura un héritier car elle a consulté un astrologue.
Mais le duc a ramené l’alchimiste et il ne veut en garder qu’un …

Chapitre 12

B

Lalix est la nouvelle femme qui s’occupe de lui. Il veut lui raconter son rêve, mais elle trouve que cela ne se fait pas, pourtant il dit que s’il écrivait ses rêves, cela ferait un roman.
Il y a des insultes sur la barrière… correspond avec le retour du duc dans son pays.

Chapitre 13

A

Chronologie : on est en 1789 … et son page vient de crier « vive le  roi » alors le Duc l’a rossé.
Il se dispute avec tous les autres membres de sa cour : l’abbé, son serviteur, sa femme au sujet de théologie : il explique que les saintes écritures se contredisent et que le monde existe depuis des milliers et des milliers d’années. Veut battre sa femme : Empoigne se met entre, ils sortent leurs épées, le duc tue Empoigne. Il décide alors de voyager à travers le pays.

Chapitre 14

B

Cidrolin dit qu’il aime les films de capes et d’épées, mais Lalix lui dit que le film était sûrement un ouesterne … dit qu’il a dormi et elle aussi : en fait il s’agissait de Spartacus et Frankenstein contre Hercule et Dracula…

A

Russule (la femme du duc) est morte pendant son absence, un mois après Empoigne.

Chapitre 15

B

Cidrolin monte la garde la nuit pour surprendre la (ou les) personne(s) qui écri(ven)t sur sa clôture. Il parle au gardien du camping et lui dit qu’il fait un rêve continue à travers les époques et là il est  « aux premiers jours de l’Assemblée Constituante » comme le duc d’Auge !

A

Le duc d’Auge part avec l’abbé dans une grotte où se trouve la pierre philosophale.
Il y a des choses sur les murs.

Chapitre 16

A

Il montre à l’abbé des grottes dans lesquelles se trouvent des dessins, puis arrive le valet qui annonce la prise de la Bastille : part en Espagne.

B

Lamélie a fait un voyage aux grottes de Lascaux. Cidrolin dit que c’est un type du XVIIIe siècle qui a peint tout ça pour emmerder les curés (Auge !)

A

En Espagne, il veut peindre : il l’a vu en rêve.

Chapitre 17

Première rencontre entre Auge et Cidrolin ! Auge veut faire du camping, mais ses chevaux ne sont pas acceptés. Cidrolin les invite à boire de l’essence de fenouil. Le duc parle d’un certain Riphinte et Timoleo …Cidrolin en a déjà entendu parlé…

Chapitre 18

Le duc a tjrs rêvé d’habiter sur une péniche… pense qu’ils sont « arrivés » là où ils devaient aller.
Cidrolin fait un sieste… Sans rêve !

Chapitre 19

Maintenant qu’ils se connaissent, le duc veut que Cidrolin l’appelle par son prénom … Joachim qui est aussi le prénom de Cidrolin ! ils sont tous les 2 les 5 mêmes prénoms…
C’est Cidrolin lui-même qui inscrivait les injures sur la clôture.

Chapitre 20

Lalix décide de quitter la péniche et Cidrolin, mais elle revient bien vite. Apparition de Riphinte et Biroton.

Chapitre 21

Tout le monde est sur la péniche, ils coupent les cardages et commencent à voyager. Cidrolin et Lalix montent dans le canot et disparaissent.
Fin : il pleut pendant des jours et des jours … ils échouent sur le sommet d’un donjon… après le déluge, sur le sol, des fleurs bleues apparaissent.

3 L’œuvre :

 

Son esthétique :


Les fleurs Bleues est une œuvre qui montre le talent de Queneau dans l’expérience de l’OULIPO, il fait l’expérience du langage, de l’absurde et des croyances. Le duc voyage à travers le temps et l’espace alors que Cidrolin ne bouge pas, ni dans le temps, ni dans l’espace. Il n’avance pas, ses journées sont rythmées par les siestes, l’essence de fenouil, les repas et les inscriptions sur la clôture.

Les personnages :


Les deux personnages principaux sont Cidrolin vivant à notre époque et le duc d’Auge vivant au Moyen-Âge et voyageant dans le monde et dans le temps (commence en 1264, mais parle aussi de Don Quichotte 1614). Ils sont les exemples de l’apologue chinois de Tchouang-Tseu : est-ce que Cidrolin rêve qu’il est le Duc d’Auge ou est ce que le duc d’Auge rêve qu’il est Cidrolin ? l’un garde à chaque fois des souvenirs de l’autres : il y a alors des anachronismes : le duc d’auge parle de voitures alors que Cidrolin parle de houatures.

Cidrolin vit sur une péniche et ses principales occupations sont de boire de l’essence de fenouil, de faire la sieste, de repeindre la balustrade devant sa péniche.

Le duc D’Auge voyage dans le temps et dans l’espace.

Ils ont tous les deux une épouse décédée et trois filles (des triplées). Tous les deux marient leurs filles respectives.

Les passages clés:

 

L’incipit :

« Le vingt-<cinq septembre douze cent soixante-quatre, au petit jour, le duc d’Auge se pointa sur le sommet du donjon de son château pour y considérer, un tantinet soit peu, la situation historique. Elle était plutôt floue. Des restes du passé traînaient encore çà et là, en vrac. Sur les bords du ru voisin, campaient deux Huns ; non loin d’eux un Gaulois, Eduen peut-être, trempait audacieusement ses pieds dans l’eau courante et fraîche. Sur l’horizon se dessinaient les silhouettes molles de Romains fatigués, de Sarrasins de Corinthe, de Francs anciens, d’Alains seuls. Quelques Normands buvaient du calva.
    Le duc d’Auge soupira mais n’en continua pas moins d’examiner attentivement ces phénomènes usés.
    Les Huns préparaient des stèques tartares, le Gaulois fumait une gitane, les Romains dessinaient des grecques, les Sarrasins fauchaient de l’avoine, les Francs cherchaient des sols et les Alains regardaient cinq Ossètes. Les Normands buvaient du calva.
- Tant d’histoire, dit le duc d’Auge au duc d’Auge, tant d’histoire pour quelques calembours, pour quelques anachronismes. Je trouve cela misérable. On n’en sortira donc jamais ?
    Fasciné, il ne cessa pendant quelques heures de surveiller ces déchets se refusant à l’émiettage : puis, sans cause extérieure décelable, il quitta son poste de guet pour les étages inférieurs du château en se livrant au passage à son humeur qui était de battre.
    Il ne battit point sa femme parce que défunte, mais il battit ses filles au nombre de trois ; il battit des serviteurs, des servantes, des tapis, quelques fers encore chauds, la campagne, monnaie et, en fin de compte, ses flancs. Tout de suite après, il décida de faire un voyage et de se rendre dans la ville capitale en petit arroi, accompagné seulement de son page Mouscaillot.
    Parmi ses palefrois, il choisit son percheron favori nommé Démosthène parce qu’il parlait, même avec les mors entre les dents.
-    Ah ! mon brave Démo, dit le duc d’Auge d’une voix plaintive, me voici bien triste et bien mérancolieux.
-    Toujours l’histoire ? demanda Sthène.
-    Elle flétrit en moi tout ébaudissement, répondit le duc.
-    Courage, messire ! Courage ! Mettez-vous donc en selle que nous allions promener.
-    C’était bien là mon intention et même plus encore.
-    Quoi donc ?
-    Partir pendant quelques jours.
-    Voilà qui me réjouit fort. Où, messire, voulez-vous que je vous emmène ?
-    Loin ! Loin ! I<ci la boue est faite de nos fleurs.
-    … bleues, je le sais. Mais encore ?
-    Choisis.
Le duc d’Auge monta sur le dos de Sthène qui fit la proposition suivante :
-    Que diriez-vous d’aller voir où en sont les travaux à l’église Notre-Dame ? »



Chapitre 5 :

« - C’est vrai, dit tout à coup Lucet, pourquoi que vous avez pas la tévé ? Ça distrait.
-    ça instruit même, dit Yoland.
-    Alors, Lamélie, dit Cidrolin, en attendant de te marier, veux-tu te distraire ou t’instruire ?
-    Non, papa, ce que je veux, c’est baiser.
-    A la tévé on ne baise guère, remarqua Lucet.
-    On ne baise même pas du tout, dit Yoland.
-    Vous êtes bêtes, dit Bertrande, c’est parce qu’il y a les mômes qui regardent.
-    Les tiens, demande Sigismonde, tu les laisseras regarder tant qu’ils voudront ?
-    Rien que ce qui est instructif, répond Yoland. Surtout les actualités. Ça leur apprendra l’histoire de France, l’histoire universelle même.
-    Comment ça ? dit Lucet.
-    Eh bien oui, les actualités d’aujourd’hui, c’est l’histoire de demain. C’est ça de moins qu’ils auront à apprendre à l’école, puisqu’ils la connaîtront déjà.
-    Là, mon vieux, tu déconnes, dit Lucet. L’histoire ça n’a jamais été les actualités et les actualités c’est pas l’histoire. Faut pas confondre.
-    Mais si, justement ! au contraire !! faut confondre !!! Regarde un peu voir. Suppose que tu es devant la tévé, tu vois, je dis bien et je répète : tu vois, Lucien Bonaparte qui agite sa sonnette, son frère dans un coin, les députés qui gueulent, les grenadiers qui se ramènent, enfin quoi tu assistes au dix-neuf brumaire. Après ça, tu vas te coucher, tu dors pendant cent ans et puis tu te réveilles ; alors, à ce moment là, le dix-neuf brumaire c’est devenu de l’histoire et tu n’as pas besoin de regarder dans les livres pour savoir cexé. »



Les thèmes importants développés dans l’œuvre.
Les thèmes abordés sont la religion avec l’évocation de la péniche de cidrolin qui s’appelle l’Arche, et qui, à la fin, se transforme en Arche du duc. Après le déluge, il y a des fleurs bleues qui poussent sur le sol.
Les idées des abbés sont remises en question par Cidrolin et le duc, notamment avec l’évocation des grottes, des hommes préhistoriques avant Adam et Eve.

Il y a de nombreuses réflexions sur l’homme, sur la langue, la communication entre les hommes.

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