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dmitri
381 mots d'ancien français (2ème partie)ImprimerEnvoyer
Dimanche, 05 Août 2007 13:05
Écrit par dmitri

 

 

 

 

 

 

 

   Seconde partie des 381 mots

 

 

190-Gesir

? Du latin jacere : être étendu.
? En Ancien Français :
- Etre couché, se coucher.
- Etre en couches, accoucher.
- Coucher (avec une personne de l’autre sexe).
- Persévérer.
- Etre situé.
? En Français Moderne :
- Gésir a garder le sens premier d’être couché, être étendu par terre et de se trouver.
- Sens passif : ‘’le monde gît au pouvoir du méchant’’.
? Paradigmes morphologiques :
- gesine : couche d’une femme.
- gisier : être couché.
- gisement : action de se coucher.
? Synonymes : Colchier, acolchier, persévérer.


191-Remanoir

? Du latin manere : rester (en AF : manoir : séjourner, rester, s’arrêter).
? En Ancien Français :
- Demeurer, rester.
- Dépendre de : remanoir en…
- s’arrêter, rester debout : remanoir en estant.
- Ne pas se faire, ne pas avoir lieu.
- Résister.
- Cesser, finir.
- Attendre, tarder. Sans remanoir : sans hésitation, à l’instant même.
? En Français Moderne :
- Il ne subsiste que dans remanent : le reste le surplus. C’est la substantivation du participe présent du verbe qui couvrait tout le champ sémantique de rester avent de céder la place à ce dernier + remanence : fait de rester quelque part, séjour, demeure te concrètement tout ce qui reste : la persistance.
? Paradigmes morphologiques :
- remanoir : retard, délai.
- remanois : arrêt.
? Synonymes : Rester.


192-adeser

? Du latin adhaesare qui a donné addensare : être attacher à.
? En Ancien Français :
- Toucher à…
- Approcher une chose d’une autre.
- Avoir un contact charnel.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue, supplanté par ses synonymes.
? Synonymes : Ferir, puindre ; aprochier ; douner, acuintier.


193-ardoir

? Du latin ardere : brûler.
? En Ancien Français :
- Brûler.
? En Français Moderne :
- Il ne subsiste que dans le substantif ardeur, ardent et ardemment. Il disparaît au profit de brûler.
? Paradigmes morphologiques :
- ardeur, ardent, ardemment.
? Synonymes : Bruire, enfoer.


194-ardanz

? Du latin ardens ; participe de ardere : brûler.
? En Ancien Français :
- Qualifie le feu de l’enfer.
- Participe présent de ardoire qui signifie brûler=brûlant.
? En Français Moderne :
- Qui est en feu, qui dégage de la chaleur.
- Chapelle ardente où des cierges brûlent autour d’un cercueil.
- Qui a de l’ardeur dans les sentiments.
- Qui est très vif.
? Paradigmes morphologiques :
- ardeur, ardoire, ardemment.
? Synonymes : Feu.


195-ardor

? Du latin ardor : feu, embrasement.
? En Ancien Français :
- Brûlure ; chaleur.
- Désir ardent. Il est alors synonyme de destrece.
- Ardeur au sens moderne : énergie.
? En Français Moderne :
- Chaleur vive.
- Energie dans l’action, dans le sentiment.
- Au pluriel il désigne un comportement passionnel.
? Paradigmes morphologiques :
- ardent, ardoire, ardemment.
? Synonymes : Chaure/chalor ; destrece ; espleit.

196-bouter

? Du francique botan : pousser, frapper.
? En Ancien Français :
- Frapper, renverser.
- Pousser, heurter, refouler dehors.
- Germer pour une plante, croître.
? En Français Moderne :
- Seul le sens 2 subsiste mais en emploi historique ou littéraire. Dérivations exceptionnellement abondante et riche.
? Paradigmes morphologiques :
- bot : coup.
- boteor : celui qui a l’habitude de frapper.
- boteis : choc.
- boton : bourgeon, bouton (de fleur, d’habit).
? Synonymes : Ferir.


197-brochier

? Du latin populaire brocchum ou broccha : saillant, pointu.
? En Ancien Français :
- Piquer avec une pointe, éperonner.
- Passer l’aiguille, brocher, broder.
- Mettre en pièce.
? En Français Moderne :
- Relier sommairement.
- Tisser de manières à former des dessins en relief.
- On retrouve le sémantisme de l’AF dans une broche ou brochette et embrocher : enfiler une viande sur une broche ; transpercer d’un coup d’épée.
? Paradigmes morphologiques :
- brochette : broche, éperon.
- broche : objet pointu, arme pointue, aiguillon du hérisson.
? Synonymes : Ferir, poindre, coitier, aiguiller.


198-poindre

? Du latin pungere : piquer, d’où moralement : faire souffrir, tourmenter.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique : piquer en particulier éperonner un cheval (sens qui disparaît au 17ème).
- Commencer à pousser (plantes), à paraître, pointer.
- Tourmenter, blesser, faire souffrir : ce sens subsiste jusqu’au 19ème).
- Coudre, broder.
- Paraître.
? En Français Moderne :
- Il ne s’utilise plus qu’en emploi littéraire : commencer à paraître en parlant du jour.
- Commencer à sortir de terre en parlant des plantes.
- Tous les autres sens disparaissent.
? Paradigmes morphologiques :
- poindre : attaque, combat, course.
- poignant : piquant, pointu, actif, efficace.
- poigneor : celui qui pique, qui coud.
? Synonymes : Travailler, navrer.


199-POignanz

? Du latin pungere : piquer et tourmenter.
? En Ancien Français :
- Piquant.
- Pointu.
- Actif.
- A poignant : en se précipitant.
? En Français Moderne :
- Il a progressivement pris un sens figuré et moral : qui cause une impression vive et pénible.
? Paradigmes morphologiques :
- pointier : graveur.
- pointer : marquer les points, marquer, chercher des chicanes.
- poindre : piquer, éperonner, charger, paraître…
- pointe, point…
? Synonymes : Picois, aguillonos.


200-point

? Du latin punctum : piqûre, action de piquer. Puis par métonymie : petit trou fait par une piqûre, ouverture, signe de ponctuation, petite tâche, petite coupure + valeur abstraite : très petite portion temporelle, vote, suffrage et aussi moment d’équilibre de la balance, coup de dés.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique : piqûre, action de piquer.
- Endroit fixe et déterminé par extension spatiale (ex : point d’intersection en géométrie).
- Par extension temporelle : moment précis ou quelque chose a lieu, instant, occasion.
- Par métonymie, douleur piquante.
- Petite quantité (ne point : nullement).
- Comme adverbe : nullement.
? En Français Moderne :
- Piqûre, entrelacement de fils en couture et en chirurgie.
- Endroit, position déterminée (en géométrie).
- Instant précis (a point nommé ; à propos).
- Signe graphique : ponctuation, musique, math….
- Unité utilisée pour la notation scolaire ou le score sportif.
- Question, situation : être mal en point, soulever tel point…
- Comme adverbe il est synonyme de pas.
? Paradigmes morphologiques :
- pointel : point de la lance.
- pointe : pointe, piqûre, charge, attaque, petite chandelle.
- pointillon : petite pointe.
- pointeer : marquer des points, noter.
? Synonymes : ?

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201-pointe

? Du latin punctum : piqûre, point.
? En Ancien Français :
- Pointe d’un objet.
- Piqûre.
- Charge, attaque.
- Petite chandelle de cire : cierge.
? En Français Moderne :
- Extrémité servant à piquer ou à percer.
- Partie plus fine, extrémité aiguë.
- Objet pointu (clou, outil servant à gratter, perceuse…).
- Partie extrême qui s’avance.
- Pousser une pointe, se lancer des pointes : légères agressions verbales. On retrouve dans cet emploi le sens moral de souffrance.
- Petit quantité, soupçon.
- Moment où une activité atteint un maximum d’intensité (heure de pointe).
? Paradigmes morphologiques :
- cf. poignant (mot n°199).
? Synonymes : Pic, assalt, cierge.


202-combatre

? Du latin battuere : se battre contre.
? En Ancien Français :
- Lutter.
- En emploi réfléchi : se battre avec quelqu’un.
? En Français Moderne :
- Se battre, lutter contre.
- S’opposer à ; en particulier dans le domaine de l’argumentation.
- Aller vers, s’efforcer d’arrêter (un incendie).
? Paradigmes morphologiques :
- combateor : combattant, guerrier.
- combatement : combat, assaut.
? Synonymes : Lutier, fraper.


203-Ferir

? Du latin ferire : frapper.
? En Ancien Français :
- Frapper.
- Ferir un tournoi : soutenir un tournoi.
- Piquer de l’éperon, charger.
- Se précipiter avec ardeur.
- Aboutir, toucher, atteindre.
? En Français Moderne :
- Grande restriction d’emploi puisqu’il ne s’emploie plus que dans l’expression ‘’sans coup férir’’ = sans frapper un coup, sans combattre + sens figuré (sans obstacle).
? Paradigmes morphologiques :
- ferue : coup, blessure.
- feru : blessé.
- fereis : combat.
? Synonymes : Fraper, chargier, tochier.


204-ruer

? Du latin rutare de ruere : pousser violemment.
? En Ancien Français :
- Lancer violement, précipiter.
- Jeter.
- Rejeter.
? En Français Moderne :
- Se précipiter.
- Lancer une ruade (cf. ruer dans les brancards).
? Paradigmes morphologiques :
- rueor : celui qui lance.
- ruee : portée d’un objet lancé.
? Synonymes : Juster, geter, lancier.


205-tirer

? Probable altération de martirier : martyriser ; mar- étant senti comme un préfixe péjoratif.
? En Ancien Français :
- Tirer.
- Tirer vers, se diriger.
- Tire le vilain : un jeu de hasard.
? En Français Moderne :
- Grande extension de sens puisqu’il prend progressivement en charge les sens les plus proches de traire.
- Amener vers soi.
- Tire l’attention : attirer.
- Subir une tension : la peua qui tire.
- Aller, s’approcher, passer.
- Tirer sur : se raprocher de.
Tirer avec une arme dans la volonté de blesser ou tuer.
? Paradigmes morphologiques :
- tirant : qui tire sur les rênes, opiniâtre.
- à tirant : à la file.
? Synonymes : Traire.


206-Traire

? Du latin vulgaire tragere : tirer, traîner ; refait sur le latin classique trahere. On note également de nombreux emplois au sens figuré comme entraîner, attirer, solliciter, extraire, rassembler, contracter...
? En Ancien Français on retrouve la même polysémie qu’en latin. Traire recouvrait en Ancien Français une grande part des emplois qu’à aujourd’hui tirer.
- Tirer en général, arracher quelque chose, faire sortir.
- En particulier, lancer, tirer à l’arc.
- Aller, s’acheminer, se diriger qque part et aussi arriver, aboutir.
- Ressembler à.
- Endurer des souffrances.
- Tracer (une ligne).
- Soutirer (du vin).
? Chacune de ces acceptions a donné lieu à de très nombreux emplois extensifs ou figurés.
- Par spécialisation, restriction du verbe au sens de tirer le lait de la femelle d’un animal (dés le 12ème).
? En Français moderne :
- Seul le dernier sens perdure.
- A l’époque classique traire a été employé par métaphore au sens de soutirer (de l’argent ; Molière).
? Paradigmes morphologiques :
- traieor : celui qui tire, celui qui trait.
- traiement : action de tirer.
- traioir : celui qui extrait la houille.
- traierie : tir à l’arc.
? Synonymes : Lancier.


207-bataille

? Du latin battere : battre ; battalia : combat d’escrime.
? En Ancien Français :
- Bataille.
- Corps de troupe. Il est alors synonyme d’armée.
- Meurtrière, créneau.
? En Français Moderne :
- Combat, échange de coup.
- Jeu de carte.
- Bataillon a pris en charge le sème de troupe militaire.
? Paradigmes morphologiques :
- bastaillier : combattre, fortifier.
- bataillos : belliqueux, qui se rapporte à la guerre.
? Synonymes : Estrif, meslee, armée.


208-estrif

? Du germanique strit : lutte, querelle (cf.allemand streitt).
? En Ancien Français :
- Querelle, combat, guerre.
- Force, violence, impétuosité.
- Tourment.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- estriver : disputer, débattre, lutter, faire des efforts, résister.
- a lor estriveis : de toutes leurs forces.
? Synonymes : Bataille, noise, travail.


209-joste

? Du latin justum : conforme au droit, équitable, dérivé de jus, juris : le droit..
? En Ancien Français :
- Combat singulier.
- Il peut également être employé comme préposition : proche, le long de / selon, suivant.
? En Français Moderne :
- Combat singulier à la lance ou au cheval en particulier dans les sports aquatiques ou de combats.
- Combat verbal par extension de sens.
? Paradigmes morphologiques :
- jostee : joute, combat.
- joster : se rassembler, réunir, frapper, lancer, jouter.
? Synonymes : Combateis.


210-Joster

? Du latin justum : conforme au droit, équitable, dérivé de jus, juris : le droit.
? En Ancien Français :
- Ajuster.
- Vérifier une mesure.
- Joste a soi : gagner pour soi, faire entrer dans son parti.
? En Français Moderne :
- Le mot a été remplacé par ajuster d’abord utilisé au sens de rendre conforme à un étalon puis sens figuré de mettre en accord à ; près du corps.
? Paradigmes morphologiques :
- just, juz, jus : juste, sincère, droit (opposé à courbe).
- justee, justeté : justice.
- réajuster, injuste, juste…
? Synonymes : ?


211-meslee

? Du latin misculare de miscere : mélanger, bouleverser.
? En Ancien Français :
- Combat, bataille.
- Querelle.
? En Français Moderne :
- Combattants mêlés corps à corps par métonymie.
- Lutte, conflit.
- Phase du jeu au rugby.
? Paradigmes morphologiques :
- mesler : mélanger, brouiller, battre, perdre connaissance.
- mesle : mélange, anneau.
- meslin : querelleur, brouillon.
- pesle-mesle : pêle-mêle.
? Synonymes : Estrif, bataille, noise.


212-presse

? Du latin populaire pessare de premere : presser, harceler, faire sortir.
? En Ancien Français :
- Action de presser.
- Machine à presser.
? En Français Moderne :
- Machine destinée à l’impression typographique.
- Mécanisme qui exerce une pression pour comprimer.
- Par extension il désigne le fait d’imprimer un texte.
- Ensemble des publications puis moyens de diffusion de l’information.
? Paradigmes morphologiques :
- presor : pressoir.
- presser : presser, pressurer, tourmenter.
- presseure : ce qui opprime, violence, souffrance, angoisse, instrument qui comprime.
? Synonymes : Apresser.


213-tornoiement

? Du latin tornare : tourner, façoneer autour.
? En Ancien Français :
- Tournoi, combat.
- Circuit, tour.
? En Français Moderne :
- Le sens 1 subsiste dans le substantif tournoi.
- Dans el langage littéraie et en particulier poétique il désigne le fait de tourner.
? Paradigmes morphologiques :
- tournoi : action de tourner, tournoi.
- tournoier : tourner de tous côtés, tourner, contourner, retourner, tordre, secouer, participer à un tournoi.
? Synonymes : Meslee, estrif, bataille.


214-desconfit

? Du latin conficere ; cum+facere : faire entièrement, achever d’où réaliser, façonne, élaborer.
? En Ancien Français :
- Mis en déroute.
- Vaincu, détruit, brisé.
- Découragé, rebuté.
? En Français Moderne :
- Battu, défait.
? Paradigmes morphologiques :
- desconfiteor : celui qui met en déroute.
- confit : confiture.
? Synonymes : ?


215-desconfiture

? Du latin conficere ; cum+facere : faire entièrement, achever d’où réaliser, façonne, élaborer.
? En Ancien Français :
- Anéantissement.
- Déconfiture.
? En Français Moderne :
- Défaite.
- Faillite.
? Paradigmes morphologiques :
- cf. mot n°214
? Synonymes : ?


216-ocirre

? Du latin occidere : tuer.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique de tuer.
- Massacrer.
- En emploi réfléchi il signifie mourir de chagrin.
? En Français Moderne :
- Il n’existe plus qu’à l’infinitif où il conserve son sens étymologique de tuer. Emploi littéraire, langue soutenue.
? Paradigmes morphologiques :
- ocise : meurtre, massacre.
- ocisore : meurtrier.
? Synonymes : Tuer.


217-tuer

? Du latin vulgaire tutare de tutari : éteindre, garder, conserver.
? En Ancien Français :
- Eteindre.
- Etourdir, assommer.
- Construction réfléchie : être ivre mort.
- Abattre, tuer.
? En Français Moderne :
- Faire mourir (violement), volontairement. Causer la mort.
- Epuiser.
- Se tuer : se suicider.
- Se tuer à : épuiser ses forces à…
? Paradigmes morphologiques :
- tuaison : tuerie.
- tueis : action d’égorger, tuerie.
? Synonymes : Ocirre, aterrer.


218-Besoign

? Du francique biscennia ou bisunnia.
? En Ancien Français :
- Affaire.
- Nécessité.
- Lutte, combat.
- Avoir veu petit besoing : avoir peut d’expérience.
? En Français moderne :
- Sentiment de manque, d’insatisfaction lié à une nécessité psychologique non contrôlée.
- Ce qui est nécessaire.
- Etat de pauvreté (être dans le besoin).
- En psychanalyse, forme de désir humain.
? Paradigmes morphologiques :
- besoigner : faire besoin, être nécessaire.
- besoigne : travail, nécessité, pauvreté.
- besoignable/ besoignos : qui a besoin.
- besoigneor : travailleur, ouvrier.
? Synonymes : Travail, cure (soucis),mestier.


219-besoign

? Du francique *bisunnia : soin, souci formé sur le francique *sunnja : souci. Le préfixe bi- a d’abord exprimé la proximité puis a renforcé le sens du mot.
? En Ancien Français :
- Nécessité en général.
- Plus particulièrement : nécessité vitale, physiologique, disette, misère et s’applique à toute chose ou personne nécessaire, indispensable.
- Par restriction : querelle, combat guerrier.
- Travail exigé.
- Souci.
? En Français Moderne :
- Acte sexuel usuel au 17ème et 18ème. Il disparaît ensuite.
- Par métonymie du sens 4 : ouvrage effectué ou à faire : aller vite en besogne = travailler rapidement et au figuré : brûler les étapes. Seul ce dernier sens est vivant.
? Paradigmes morphologiques :
- besoignier : avoir besoin, être nécessaire, travailler.
- besoing : affaire, nécessité, lutte.
- besoigneor : travailleur, ouvrier.
? Synonymes : Cure, souci, mestier.


220-emprise

? Du latin populaire prendere, pour prehendere : saisir.
? En Ancien Français :
- Entreprise, projet.
- Entreprise hostile, attaque.
? En Français Moderne :
- Domination intellectuelle ou morale, influence.
- Sens particulier dans le droit administratif de prise de possession par l’administration d’une propriété privée immobilière. Il fait doublet avec le terme entreprise.
? Paradigmes morphologiques :
- emprendre : entreprendre.
- emprenant : entreprenant, hardi.
- empris : un associé.
? Synonymes : Entrepresure, besoign, aatison.


221-essoignes

? Du latin populaire exonia, probablement issu du germanique.
? En Ancien Français :
- Excuse en justice, délai légal.
- Empêchement, obstacle.
- Peine, fatigue, difficulté.
- Souci, besoin urgent, danger.
? En Français Moderne :
- Il disparaît, supplanté par excuse, empêchement, peine.
? Paradigmes morphologiques :
- essoignier : excuser.
- essoing : empêchement juridique.
- essoniement : excusé.
? Synonymes : Escusement, besoigne, peril.


222-peril

? Du latin periculum : essai, expérience, épreuve d’où risque, danger puis procès et en latin médiéval : danger de l’âme, damnation.
? En Ancien Français :
- Danger, état, situation où l’on est menacé.
- Acceptions particulières : tempête en mer, malheur, nouvelle d’un désastre et risque que fait courir quelque chose.
- Locutions particulières : péril d’enfant = travail d’enfant ; au péril de = au pouvoir de…
? En Français Moderne :
- Seul le sens initial s’est maintenu, propre à la langue écrite, le mot usuel étant danger + de nombreuses expressions : au péril de sa vie, il y a péril en la demeure, à ses risques et périls.
? Paradigmes morphologiques :
- perillier : mettre en danger, faire périr, périr, faire naufrage.
? Synonymes : Dangier.


223-perillex

? Du latin periculum : l’épreuve.
? En Ancien Français :
- Dangereux.
- Qui fait périr.
? En Français Moderne :
- Où il y a du péril, dangereux.
? Paradigmes morphologiques :
- peril : danger.
- perillier : mettre en danger, périr, faire naufrage.
- perillement / pericule / périculosité : péril, danger.
? Synonymes : Dangereux.


224-façon

? Du latin factionem : action de faire, confondu souvent avec face dont il est peut être un dérivé.
? En Ancien Français :
- Visage.
- Vue.
- Travail, chose faite. Manière dont une chose est faite.
? En Français Moderne :
- Il a pris le sens de manière d’être ou d’agir.
- Travail de l’artisan ou de l’artiste.
? Paradigmes morphologiques :
- façoner : travailler, modeler.
- facer : faire.
? Synonymes : Travail, guise, oevre.


225-guise

? Du francique wisa.
? En Ancien Français :
- Manière, façon.
? En Français Moderne :
- Manière, façon, goût, fantaisie. : il est souvent employé dans l’expression ‘’à ta guise’’ : comme il te plaît.
- En guise de : à la manière de, comme.
? Paradigmes morphologiques :
- guiser : se déguiser.
? Synonymes : Maniere, façon, oevre.


226-Mestier

? Du latin populaire misterium pour ministerium : service.
? En Ancien Français :
- Besoin, nécessité.
- Profit, utilité.
- Service, office.
- Métier.
- Office de salle à manger.
- Usine, fabrique.
? En Français Moderne :
- Grande restriction d’usage car le FM a uniquement conserver le sens 4 (profession dont on peut tirer ses moyens d’existence) + idée de machine dans ‘’métier à tisser’’.
? Paradigmes morphologiques : ?
? Synonymes : Besoing, nécessité, service.


227-oevre

? Du latin opera, pluriel de opus, operis ; utilisé depuis Plaute au féminin. Travail, activité puis ouvrage, produit concret du travail. Le terme très général se spécialise dans des usages techniques : travail des champs, ouvrages militaires, écrits d’un auteur, ce que fait un artiste, bonnes actions dans la langue de l’église.
? En Ancien Français :
- Objet crée par l’activité, le travail de quelqu’un ainsi que l’action et les opérations qui aboutissent à cet objet.
- Production artistique ou littéraire.
- Action considérée dans sa valeur morale ou religieuse. Bonnes œuvres = action méritoires pour le salut.
- Union charnelle entre l’homme et la femme : œuvre de la chair.
- Fabrique d’une église.
? En Français Moderne :
- Organisation religieuse ou laïque : œuvre de bienfaisance.
- Au masculin, en emploi littéraire : ensemble de la production d’un écrivain, d’un artiste avec un caractère plus technique que le féminin.
- Au masculin en alchimie : entreprise capitale : le grand œuvre.
- Dans le vocabulaire de l’architecture : ouvrages constituants la structure d’une construction : le gros œuvre.
- Dans le vocabulaire de la marine : œuvres vives : parties immergées d’un navire. Œuvres mortes = parties émergées.
- Le FM conserve également les trois premiers sens de l’AF.
? Paradigmes morphologiques :
- ouvrage, œuvrer…
? Synonymes : Labor, travail.


228-Covenir

? Du latin covenire : venir ensemble.
? En Ancien Français :
- S’assembler, se réunir.
- Faire une chose selon sa volonté. Metre a covenir : laisser à le décision de…
- Falloir.
? En Français Moderne :
- Faire un accord, s’arranger à l’amiable.
- Avouer, reconnaître.
- Etre approprié à, agréer.
- Verbe impersonnel : être utile, à propos.
? Paradigmes morphologiques :
- covent : convention, engagement, promesse.
- coventer : faire un convention, permettre.
- convenable, convenablement, convenance….
? Synonymes : Falloir.


229-estovoir

? Origine incertaine.
? En Ancien Français :
- Falloir, être nécessaire, convenir.
? En Français Moderne :
- Il disparaît de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- estovoir : nécessité.
? Synonymes : Necessité, covenir.


230-faille

? Du latin fallere : tromper, manquer à…
? En Ancien Français :
- Faute, manque.
- Mensonge, tromperie.
? En Français Moderne :
- Cassure le long de laquelle un terrain a été surélevé d’un côté ou abaissé de l’autre.
- Sens figuré de fissure, point faible, manque.
? Paradigmes morphologiques :
- faillir : manquer à.
- faillance : manque, faute.
- faillement : manque, faute.
? Synonymes : Manquement, faussé, mente, trompe.


231-Faillir

? Du latin fallere, trompert, manquer à...
? En Ancien Français :
- Manquer.
- Manquer à, décevoir.
- Finir, terminer.
- ‘’Faillir de compagnie’’ : fausser compagnie.
? En Français moderne :
- Faillir : on retrouve les premiers sens de l’ancien français : manquer.. mais aussi être sur le point de....
- Falloir : être nécessaire, obligatoire.
- Comme il faut : qui est bien, convenable.
- Il s’en faut de peu : manquer.
? Paradigmes morphologiques :
- faille : faute, manque.
- faillance/défaillance : manque, privation.
- failli : fini, terminé, faible, lâche, perfide.
- falue/faloise : tromperie, erreur, bourde.
? Synonymes : Manquer.


V- L’éthique : les qualités et les défauts


232-amender

? Du latin classique emendare avec changement de préfixe : corriger les fautes, rectifier, châtier, punir.
? En Ancien Français :
- Corriger une faute, réparer un tort : amender un oltrage.
- Avec le pronom neutre le : s’amender, se racheter : il peut référer plus généralement à toute amélioration matérielle physique ou morale.
- Plan matériel : améliorer, arranger.
- Plan physique : guérir, soigner, se porter mieux, grandir (pour un enfant).
- Plan moral : rendre meilleur, devenir meilleur.
? En Français Moderne :
- A propos d’une terre : l’améliorer.
- Sens juridique : modifier un texte de loi.
- Corriger, améliorer.
? Paradigmes morphologiques :
- amende : punition corporelle puis pécuniaire, contravention.
- amendeur : réformateur.
- amandise : réparation.
- amendement : dédommagement, réparation puis seulement dans le domaine juridique et agricole.
? Synonymes : ?


233-amendement

? Du latin emendare, avec changement de préfixe.
? En Ancien Français :
- Réparation.
- Dommages et intérêts.
? En Français Moderne :
- Modification apportée à un projet ou à une proposition de loi par l’assemblée législative.
- Substance incorporée au sol pour le rendre plus fertile.
? Paradigmes morphologiques :
- amender : réparer une faute, aider, s’améliorer.
- amende/-ance/-ise : réparation qui rachète une faute, une injure
? Synonymes : ?


234-Bel

? Du latin bellus : diminutif familier et ancien de bonus. Bellus : charmant, élégant, aimable.
? En latin classique l’adjectif s’applique uniquement aux femmes et aux enfants au sens de mignon, gentil. Il devient ironique appliqué aux adultes.
? En latin populaire, bellus tend à remplacer pulcher et decorus : beauté parée, décente et entre en concurrence avec formosus : beau, bien fait, de belles formes, élégant.
? En Ancien Français :
- il conserve les sens latins mais s’étend à des domaines et objets divers : sainteté, richesse, corps humain, qualités morales, animés et non animés.
- Il peut accompagner des termes d’adresse : cher (Bel ami).
- Avant le 12ème l’idée de beauté est rarement liée à l’idée de sensualité : beauté plus morale qu’esthétique, il s’applique également aux hommes.
- Sensualité, érotisme.
- Au 13ème ‘bel’ se différencie de ‘’bien/bon’’ sauf dans ‘il est bel’.
? En Moyen Français l’adjectif ‘’beau’’ est très fréquent.
? En Français moderne :
- Au 15ème d’autres adjectifs se développent : splendide, somptueux, avenant, gracieux, plaisant, joli.
- Du coup ‘’beau’’ se banalise et perd parfois toutes valeurs comme dans ‘’un beau jour ; à belles dents..’’
- Emploi adverbial se développe : avoir beau, tout beau, de plus belle. Puis ‘’beaucoup’’ le supplante dans ces emplois adverbiaux.
? Paradigmes morphologiques :
- abelir/embellir/belesse/embeleter : rares en AF.
- Peu de termes expriment le sentiment esthétique en AF (joli : gaieté, frivolité mais pas beauté).
? Synonymes : Cointe, faitis, gent, jointe.


235-avenant

? Du latin venire : venir.
? En Ancien Français :
- Nom : celui qui arrive d’un pays étranger.
- Adjectif : qui convient bien, joli, agréable.
- Mérite, valeur, prix.
? En Français Moderne :
- Agréable, aimable.
- A l’avenant : en accord, en rapport.
? Paradigmes morphologiques :
- avenir : arriver, venir, convenir…
- avenue : rencontre.
- avenable : joli, qui convient bien.
- avenance : estimation.
? Synonymes : Agréable, vertu.


236-Bon

? Du latin bonus : convenable, estimable, brave en contexte militaire.
? En Ancien Français :
- Être possédant les qualités jugées propre à sa nature (ex : bon chrétien).
- Fort, courageux, preux pour le chevalier.
- Personne qui fait le bien (ex : le bon Dieu) ; mais affaiblissement de ce sens qui signifie plutôt agréable (ex : une bonne femme).
? En Français moderne :
- Au 16ème : ce qui fait plaisir, bon plaisir, volonté (a vostre bon : selon votre désir) + important (bon feu) + comme adverbe il signifie bien, heureusement
- Au 18ème, la bonne = domestique.
- En FM quelques sens disparaissent mais d’autres apparaissent : très grand enrichissement sémantique avec des sens comme doué pour, bien, qui fait le bien...etc.
? Paradigmes morphologiques :
- bone : bonnes dispositions, bienfait, aumône.
- bonable : plein de bonté.
? Synonymes :


237-Bonté

? Du latin bonitas, -atis : qualité de ce qui est bon, bienveillance.
? En Ancien Français :
- Vertu non individuelle mais sociale.
- Qualité de guerrier courageux et de haute naissance.
- Qualité du chrétien.
- Avec la courtoisie, bonté caractérise de manière positive et individuelle le héros.
- Qualité de celui qui est bon, charitable.
? En Français moderne :
- Au 16ème : laïcisation du mot : faveur, caresses + terme de politesse (ex : avoir la bonté de...).
- Les derniers sens subsistent.
? Paradigmes morphologiques :
- Mêmes paradigmes que pour ‘’bon’’.
? Synonymes :


238-charite

? Du latin carum de caritas : l’aumône, l’amour du prochain dans le vocabulaire chrétien.
? En Ancien Français :
- Amour, affection.
- Charité paternelle : amour filial.
- Bienveillance dévotion envers quelqu’un ou quelque chose.
- Prester des charités à : calomnier.
- Mauvaise charité : traitrise.
? En Français Moderne :
- Amour du prochain, vertu.
- Bienfaits envers les pauvres.
? Paradigmes morphologiques :
- charitable : effectueux, qui suscite des sentiments affectueux.
? Synonymes : Vertu.


239-humilite

? Du latin humilis : humble. Qui vient de sol : près du sol, bas, modeste.
? En Ancien Français :
- Modestie.
- Humilité.
- Bonté, douceur, affabilité.
? En Français Moderne :
- Modestie.
- Grande déférence, soumission.
- Caractère humble, modeste.
? Paradigmes morphologiques :
- umele : humble.
- umeliance : humilité, courtoisie, rapport amical.
? Synonymes : Umblece, bonté.


240-vertu

? Du latin virtutem : la force virile, le mérite, perfection, qualité.
? En Ancien Français :
- Force, courage, travail physique ou moral.
- Qualité, propriété, mérite.
- Pratique habituelle du bien.
- Remède.
- Miracle.
? En Français Moderne :
- Force avec laquelle l’homme tend au bien.
- Vie, conduite vertueuse.
- Chasteté, fidélité (ex : femme de petite vertu).
- Disposition à accomplir des actes moraux.
- Pouvoir, propriété.
- En vertu de : par le pouvoir de…
- Cf. les 4 vertus cardinales : courage, justice, prudence, tempérance.
? Paradigmes morphologiques :
- vertuos : fort, vigoureux, valeureux, efficace.
- vertuoseté : vertu.
? Synonymes : Force, avenant, bonté.
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241-chastee

? Du latin castus : chaste, qui se conforme aux règles.
? En Ancien Français :
- Chasteté : sens moderne.
? En Français Moderne :
- Pureté.
- Pudeur.
- Innocence.
? Paradigmes morphologiques :
- chaste : pur, chaste.
? Synonymes : Pur.


242-Debonere

? Réfection graphique de deboneres qui résulte de la soudure de l’expression ‘’de bon aire’’ ; aire étant pris au sens d’origine, souche.
? En Ancien Français :
- A l’origine il qualifie celui qui est de bonne souche, noble : ce sens a peu à peu disparu).
- Comme noble, il s’est orienté vers une valeur psychologique et signifie alors bon bienveillant, doux.
? En Français Moderne :
- Le sens 2 se conserve et par affaiblissement l’adjectif désigne une personne accommodante, facile à vivre, quelquefois avec la nuance péjorative de sot, faible.
? Paradigmes morphologiques :
- debonerie : caractère doux et agréable.
- debonairie : dresser un faucon, rendre bon, pacifier.
? Synonymes : Gent, contraire de ‘’de put’aire’’.


243-Frans

? Du francique frank : libre car le peuple franc était un peuple de seigneurs.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique de libre…
- Par extension, homme de naissance noble, issu de l’aristocratie chevaleresque.
-Par extension il évoque des qualités morales et intellectuelles possédées par les nobles c'est-à-dire la courtoisie, vallant, bon, généreux….
? En Français Moderne :
- A partir du 15ème sens nouveau de sincère d’où l’expression ‘’franc parler’’.
- Au sens de libre il ne subsiste que dans les expressions ‘’un coup franc’’, ‘’zone franche’’.
- Quand il est antéposé il signifie fieffé, vrai : un franc coquin.
? Paradigmes morphologiques :
- franchir : affranchir, donner la liberté.
- franchise : la liberté.
? Synonymes : Gentil, debonere, preu ; contraire de serf, vilain…


244-Gentils

? Du latin gentilis : qui appartient à la famille.
? En Ancien Français :
- Noble de race mais aussi noble de caractère, à la fois généreux et courtois (=gentilhomme en FM). Pas d’idée de beauté physique.
- Puis sens concret : qui plaît par ses manières.
- Aimable, gracieux et jolie (physique et moral).
? En Français moderne :
- Sage, agréable pour un enfant (seulement sens moral).
? Paradigmes morphologiques :
- gentils : les païens.
- gentillesce.
? Synonymes : ?


245-haut

? Du latin altus : haut, élevé.
? En Ancien Français :
- Haut en général.
- Haut moralement et socialement.
? En Français Moderne :
- Elevé.
- Situer sur un plan supérieur (culminant, aigu).
- Dans le temps : ancien.
- Fort, grand ; sonore, retentissant.
- Grand, éminent, important (haut lieu).
- Altitude, hauteur.
- Partie, région haute.
- Il entre dans la formation de nombreuses locutions.
? Paradigmes morphologiques :
- hautece, hautal : haut, élevé.
- haussage : fierté, arrogance.
? Synonymes : ?


246-hautesce

? Du latin altus : haut, élevé.
? En Ancien Français :
- Hauteur, élevation physique.
- Grandeur, divinité, gloire.
- Au pluriel : honneurs, dignités.
- En grant hautesse : à pleine voix.
? En Français Moderne :
- Il est supplanté par hauteur au sens de taille, supériorité…
- Il ne subsiste que dans le vocabulaire historique où il désigne le titre honorifique donné autrefois à certains hauts personnages et notamment au sultan de Turquie.
? Paradigmes morphologiques :
- haut : élevé, noble
- haussage : fierté, arrogance.
? Synonymes : Gloire, honor.


247-Riche

? Du francique *riki : puissant.
? En Ancien Français :
- Puissant, important.
- Valeur figurée : considérable.
- Valeur psychologique : courageux, intrépide. Vocabulaire religieux, mauvais riche : hautain, arrogant, orgueilleux.
- Par spécialisation : qui possède de grands biens (riche en... : pers. qui a bcp de qualités personnelles.
- Par métonymie : chose de valeur
- Au 12ème et par extension : terre fertile ; et plus généralement qui contient de nombreux éléments.
- Au 16ème : choses de l’esprit ayant une large possibilité de développement (ex : rimes en poésie, idée riche).
? En Français moderne :
- Puissant, qui a de grands biens.
- Qui contient bcp + sens du 16ème.
? Paradigmes morphologiques :
- subst. riche : personne puissante qui a de grands biens.
- richesse : même valeur sémantique que riche.
? Synonymes : Noble.


248-Honneur

? Du latin classique honor, honoris : témoignage de considération, hommage ; charge de magistratum ; par métonymie sentiment de l’honneur.
? En Ancien Français :
- Honneur rendu à quelqu’un ou que l’on mérite (ex : faire onor = rendre hommage ou faire preuve de largesse, de générosité).
- Fonction administrative ou salaire attaché à la charge et en particulier terre accordée par le suzerain pour honorer son détenteur.
- Comportement honorable.
? En Français moderne :
- Tous les sens médiévaux subsistent.
- Titre et charge (être comblé d’honneur).
- Marque de considération (rendre honneur à qq’un).
- Gloire.
- Estime dont on jouit.
? Paradigmes morphologiques :
- déshonneur, honorer, déshonorer...
- honorement : action de faire honneur.
- honorance : honneur, respect.
- honoraire.
? Synonymes : Renom, loance : gloire.


249--LOIAL

? Du latin legalis : conforme à la loi.
? En Ancien Français :
- Qui a le sens de l’honneur, de la probité.
- Légal.
- Qui est de bonne foi.
- De bonne qualité.
- Fidèle, chrétien.
? En Français Moderne :
- Qui a le sens de l’honneur. Les autres sens ont vieilli ou disparu.
? Paradigmes morphologiques :
- loyauté : qualité d’une personne loyale.
- loyalment…
? Synonymes : ?


250-loiaute

? Idem mot n°249.
? En Ancien Français :
- Légalité, légitimité.
- Bonne foi, loyauté.
- Bonne qualité.
? En Français Moderne :
- Qualité d’une personne loyale.
? Paradigmes morphologiques :
- cf loial : lot n°249
? Synonymes : ?


251-verai

? Du latin populaire veracus : vrai de verus : vrai, réel.
? En Ancien Français :
- Conforme au réel.
- Personne qui dit la vérité.
- Ce qui n’est pas feint.
- Substantivé pour désigner ce qui est vrai, la vérité.
? En Français Moderne :
- Tous les sens subsistent.
? Paradigmes morphologiques :
- vraisemblable : qui a l’apparence de la vérité.
- vraisemblance…
? Synonymes : Voir, vérité.


252-Preu

? Du bas latin prodis, de prode (profit) : utile.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique : utilité qui amène celle de vaillant. Appliqué à un élément non humain il en souligne l’utilité, la qualité. Par extension il désigne pour l’être humain les hautes qualités du comportement (au sommet de la hiérarchie des valeurs morales).
- Ensuite sa signification évolue dans les romans antiques : il y est employé avec une autre série d’adjectifs : courtois, sage, gentil, bel, franc…. : vertu morale de sagesse, de bonté ; sage et vertueux.
- Bon.
? En Français Moderne :
- Le sens est usuel en tant qu’adjectif jusqu’au 17ème et vieillit par la suite. Il n’est guère plus utilisé que dans une visée ironique, dans des expressions lexicalisées : preux chevalier. Il devient progressivement un terme archaïque.
? Paradigmes morphologiques :
- proece : exploit courageux.
- prodome : homme de valeur, homme probe, sage, loyal, homme expert dans tel ou tel domaine.
? Synonymes : Vaillant, courtois, sage, gentil, bel, franc.


253-Preuz

? Du latin prode : le profit.
? En Ancien Français :
- Employé comme substantif il reprend tous les sème de l’adjectif preu (mot 252).
? En Français Moderne :
- Il survit en FM dans l’emploi adverbial : peu ou prou.
? Paradigmes morphologiques :
- cf. preu.
? Synonymes : ?


254-preudefame

? Du latin prodis : utile + substantif femme.
? En Ancien Français :
- Femme probe, sage, sérieuse et modeste.
? En Français Moderne :
- Il disparaît de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- preu : vaillant, vertueux.
- proece : exploit courageux.
- Montoire : montée, colline.
- Monton : troupe.
- Monticole : montagnard.
? Synonymes : ?


255-Preudome

? Du bas latin prodis, de prode : profit
? En Ancien Français :
- Homme de valeur.
- Homme probe, sage, loyal.
- Homme expert dans tel ou tel domaine.
? En Français Moderne :
- Il n’est plus employé sauf dan l’expression prud’homme : membre d’un conseil réglant les problèmes des contrats de travail.
- A donné l’adjectif prude qui caractérise celle qui affecte une vertu, une sagesse excessive.
? Paradigmes morphologiques :
- preu : vaillant, sage.
- predefame : femme sage.
- preudometé : qualité du prud’homme.
- proosement : vaillament.
? Synonymes : Debonaire, gentis, franc, chevalier.


256-proesce

? Du latin prodis : le profit ; prodesse : être utile.
? En Ancien Français :
- Exploit courageux.
? En Français Moderne :
- Exploit, acte courageux.
- Action remarquable ; emploi le plus souvent ironique.
? Paradigmes morphologiques :
- proos : vaillant.
- preu : vaillant, vertueux, bon, habile, expert.
- preudhomme, preudefame…
? Synonymes : Esploit, vaillance.


257-vaillanz

? Du latin classique valere : être fort, vigoureux, puissant ; s’établir, équivaloir, coûter, signifier.
? En Ancien Français :
- Qui vaut, qui a de la valeur.
- Courageux, valeureux.
- Synonyme de preux, courtois. Adjectif très valorisant qui renvoie à la haute qualité d’un être humain ou d’un inanimé.
? En Français Moderne :
- Il garde ses sens médiévaux mais qualifie surtout une personne en bonne santé et vigoureuse.
? Paradigmes morphologiques :
- vaillance, valoir, valable.
? Synonymes : Bon, preuz, gentil, courtois, baron, chevalier, vassal.


258-hardi

? Du francique *hardjan : devenir ou rendre dur. Participe passé de hardir.
? En Ancien Français :
- Courageux.
- Audacieux.
? En Français Moderne :
- Audacieux, aventureux.
- Effronté, impudent.
- Original (des pensées hardies).
? Paradigmes morphologiques :
- hardir : oser, encourager.
- hardier : pourchasser.
? Synonymes : Prou, vassal.


259-hardement

? Du francique *hardjan : devenir ou rendre dur.
? En Ancien Français :
- Audace. Il est alors un nom masculin.
- Force.
? En Français Moderne :
- Courageusement.
- Impudement.
? Paradigmes morphologiques :
- hardir : oser, encourager.
- hardier : pourchasser.
? Synonymes : Vertu.


260-bobant

? C’est une onomatopée à l’origine.
? En Ancien Français :
- Arrogance.
- Faste, luxe.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- bobancif : hautain, fastueux.
- bobancier : vivre dans le faste, dans la débauche.
? Synonymes : Orgueil, richor.


261-orgueil

? Du francique *urgôli : fierté.
? En Ancien Français :
- Fierté, orgueil.
- Témérité.
- Action, parole outrageante.
- Combat, joute.
- Guerrier vaillant.
- Homme présomptueux (= cuideor).
? En Français Moderne :
- Arrogance, présomption.
- L’orgueil de : fierté, gloire / vanité.
? Paradigmes morphologiques :
- orgoillir : rendre orgueilleux, se gonfler.
- orguillier : s’enorgueillir, se révolter.
? Synonymes : Fierté, honte, joste…


262-orgueilleux

? Du francique *urgôli : fierté.
? En Ancien Français :
- Orgueilleux.
- Energique, vigoureux.
- Enorme.
- Rapide.
? En Français Moderne :
- Arrogant, fier.
? Paradigmes morphologiques :
- orgoillir : rendre orgueilleux, se gonfler.
- orguillier : s’enorgueillir, se révolter.
? Synonymes : Fier, vigoros.


263-desloial

? Du latin legalis : conforme à la loi.
? En Ancien Français :
- Déloyal, traite.
? En Français Moderne :
- Faux, trompeur, non loyal.
? Paradigmes morphologiques :
- desloier : se conduire déloyalement.
- desloi : acte déloyal, crime, infidélité.
? Synonymes : Falve, traitor.


264-desloiaute

? Du latin legalis : conforme à la loi.
? En Ancien Français :
- Traîtrise déloyauté.
? En Français Moderne :
- Emploi littéraire ou archaïque pour fausseté, perfidie, malhonnêteté.
? Paradigmes morphologiques :
- desloier : se conduire déloyalement.
- desloi : acte déloyal, crime, infidélité.
? Synonymes : Traîtrise.


265-Felon(esse)

? Du bas latin fello, onem ; du francique fillo. C’est le cas régime de fel.
? En Ancien Français :
- Rebelle, traître.
- Cruel, impitoyable, pervers.
- Impie.
- Furieux, terrible.
? En Français Moderne :
- Celui qui est déloyal. Le sens de traître n’est plus utilisé. En revanche on emploie toujours le substantif félonie au sens de trahison.
? Paradigmes morphologiques :
- felonis/felor : trahison, perfidie, méchanceté, péché, colère.
- felenes : perfide , cruel, méchant, violent.
? Synonymes : Fier, vil, vilain, de put’aire ; contraire de debonaire, preuz, gentil, cortois, franc…


266-recreant

? Du bas latin se recredere : se rendre : être rendu (participe présent).
? En Ancien Français :
- Celui qui se rend à la merci de quelqu’un, se déclare vaincu.
- Epuisé, à bout de force.
- Lâche.
- Fourtou.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- recreance : réparation d’un tort, répit, possession provisoire.
- recreantise : lâcheté.
? Synonymes : Las, lastre.


267-deshonor

? Du latin honor (mot n°248) + dés-.
? En Ancien Français :
- Perte de l’honneur, état d’une personne qui a perdu son honneur d’où la locution presser quelqu’un de son déshonneur > lui faire commettre des actes qui le déshonorent. Sortie d’usage.
- Paroles ou actes outrageants.
- Etat d’une femme qui s’est laissé séduire.
? En Français Moderne :
- Perte de l’honneur, la honte (être souillé par le déshonneur).
? Paradigmes morphologiques :
- cf honor : mot n°248
? Synonymes : Honte.


268-honte

? Du francique *haunita : dédain, raillerie ; déshonneur humiliant.
? En Ancien Français :
- Déshonneur, outrage.
- Faire honte, affliger un affront.
- Mettre à honte : traiter outrageusement.
? En Français Moderne :
- Opprobre.
- Sentiment d’infériorité, humiliation.
- Croire honte : avoir des regrets.
- Faire honte : humilier / Fausse honte : réserve, retenue.
? Paradigmes morphologiques :
- honter : déshonorer.
- hontoier : outrager, rougir de honte.
- honir : deshonorer, maltraiter, salir.
? Synonymes : Deshonor, afronter.


269-honir

? Du francique *haunjan.
? En Ancien Français :
- Déshonorer, maudire, en particulier dans les formules de malédiction.
- Maltraiter.
- Salir.
? En Français Moderne :
- Rejeter avec mépris. On ne le retrouve guère que dans l’expression ‘’honni soit qui mal y pense’’ : honte à celui qui y voit du mal.
? Paradigmes morphologiques :
- honi : humiliation, honte.
- honte : déshonneur, outrage.
? Synonymes : Deshonorer ; malbaillir.


270-mauvés

? Du latin populaire malifatius, composé de malum : mal et de fatum : oracle, destinée > qui est affecté d’un mauvais sort. S’oppose à bonifatius : affecté d’un sort heureux, fortuné.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique : infortuné, malencontreux, funeste.
- Nuisible, malveillant à l’égard de quelqu’un.
- Etre enclin à faire la mal : mauvais garçon.
- Imparfait, défectueux.
? En Français Moderne :
- Tous les sens subsistent.
? Paradigmes morphologiques :
- malvaistié : qualité de ce qui est mauvais, méchanceté, lâcheté.
- malvé : mauvais.
? Synonymes : Mal, vilain.


271-mauvestie

? Du latin malifatium : mauvais sort.
? En Ancien Français :
- Ce qui est mauvais.
- Méchanceté.
- Lâcheté.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- malvais : malheureux, défectueux, méchant.
? Synonymes : Félonie.


272-ort

? Du latin horridum : qui fait horreur.
? En Ancien Français :
- Ruse, machination.
- En adjectif il signifie ignoble, repoussant.
? En Français Moderne :
- On ne retrouve le sème de ‘’repoussant’’ que dans le substantif ordure.
? Paradigmes morphologiques :
- order : salir.
- ort : sale, ignoble.
- ordee: souillure.
- ordure: saleté.
? Synonymes : Fauvain, vilain.


273-Vil

? Du latin vilem : à bas prix.
? En Ancien Français :
- Vil, méprisable.
- Vil, déshonorant.
- De basse condition.
? En Français Moderne :
- De peu de valeur, peu élevé.
- Sens figuré : méprisable, abjecte.
? Paradigmes morphologiques :
- vilté : bassesse, état méprisable, abjection, mépris.
- viltance : mépris, violence, affront.
- viltage/vilterer : insulter, mépriser.
? Synonymes : Vilain, felon, de put’aire.


274-Vilaine

? Du latin tardif villanus : habitant de la campagne (du latin classique villa : ferme).
? En Ancien Français :
?Substantif
- Paysan, manant, homme de basse condition, paysan libre par opposition à serf.
- Poltron par rapprochement avec vil < du latin vilis : bon marché d’où peu de valeur, commun.
?Adjectif
- Laid moralement, méprisable, déshonorant puis désagréable, déplaisant, mauvais, voire dangereux.
- Laid physiquement.
? En Français moderne :
?Substantif
- Sens archaïque, uniquement comme terme d’histoire.
?Adjectif
- Laid physiquement.
- Sens 1 un peu vieilli
- S’emploie aussi comme intensif de désagrément (ex : un vilain rhume des foins).
? Paradigmes morphologiques :
- villenie, vilener : traiter avec mépris, agir comme un vilain.
? Synonymes : Divers, faus.


275-pechier

? Du latin peccatum : la faute, l’action coupable.
? En Ancien Français :
- Pêcher, commettre un péché.
- Etre en faute.
? En Français Moderne :
- Vocabulaire religieux : acte interdit par la loi divine ; péché mignon = faiblesse.
- Etat où se trouve le pêcheur.
? Paradigmes morphologiques :
- pecheor : pêcheur.
- pechable : pêcheur, malheureux.
- pechié : faute, péché, mauvaise action.
? Synonymes : ?


276-pecheor

? Du latin peccatum : la faute, l’action coupable.
? En Ancien Français :
- Personne qui est en état de péché. Mot qui appartient au vocabulaire religieux.
? En Français Moderne :
- On le retrouve dans ‘’peu chère !’’ qui s’est francisé. < pécaïre.
? Paradigmes morphologiques :
- cf. mots n° 275 et 277.
? Synonymes : ?


277-Péchié

? Du latin chrétien peccatum : faute contre la loi divine, spécialisation du latin classieque : faute, action coupable, erreur.
? En Ancien Français :
- Faute commise contre la loi divine.
- Sens plus général de faute souvent dans le domaine moral et aussi tort, injustice, chose regrettable.
? En Français moderne :
- Sens religieux et sens général de faute.
? Paradigmes morphologiques :
- péchier : pêcher, être en faute.
- pechable : coupable, malheureux.
? Synonymes : Mal, meffait.


278-vice

? Du latin vitium : défaut physique puis défaut en général et faute, vice : violence commise, viol et dans la langue des augures : présage défavorable fourni par un animal qui présenté des défauts.
? En Ancien Français :
- Défaut grave que réprouve la morale, vice.
- Injure, reproche.
- Mauvaise action, crime.
- Imperfection grave qui rend une personne ou une chose impropre à sa destination.
? En Français Moderne :
- Dérèglement dans la conduite, dans le mœurs et par métonymie, ensemble des personnes qui ont des vices (sens vieilli).
- Mauvaise habitude qu’on ne peut réprimer et aussi perversion sexuelle.
- Sens 4 reste. Sens 1 et 3 vieillis. La valeur morale a vieillie sauf dans l’opposition vice / vertu. Il s’emploie soit avec des connotations sexuelles, soit avec l’idée d’habileté retorse par exemple en affaire.
? Paradigmes morphologiques :
- vice (adj.) : rusé, habile.
- vicieux : gâté, corrompu, défectueux.
? Synonymes : Péchié, mal, meffait.


VI- La vie affective et sentimentale


279-ame

? Du latin anima : âme.
? En Ancien Français :
- L’âme.
- Quelqu’un.
- Avec une négation : personne.
? En Français Moderne :
- Principe spirituel de l’être humain.
- Sensibilité, pensée, cœur : se donner corps et âme.
- Conscience morale : la paix de l’âme.
- Psychisme, esprit : état d’âme.
- Etre vivant.
- Personne qui anime une entreprise : il était l’âme de la conjuration.
? Paradigmes morphologiques :
- animor : âme, courage.
- almes : jour où l’on prie pour l’âme des morts.
- animosité : ardeur, courage.
? Synonymes : Cuer, nul.


280-cuer

? Du latin classique cor,cordis : organe de la circulation ; estomac ; siège des sentiments.
? En Ancien Français :
- Cœur, âme, sentiment, goût, entendement, mémoire et esprit dans La Chanson de Roland.
- Organe de la circulation, de la respiration.
- Siège des sentiments.
- Siège aussi de l’intelligence et de la mémoire.
- Volonté, désir, intention : faire de bon cœur.
- Disposition d’esprit particulière : le courage.
? En Français Moderne :
- Garde le sens du MA : organe de la circulation, disposition du cœur, siège de la mémoire, siège des sentiments, courage, ardeur, envie, désir.
- Centre dans les emplois concrets ou figurés.
? Paradigmes morphologiques :
- corage : siège des sentiments ; plus que courage en AF. Disposition du cœur, sentiments puis bravoure et ardeur aujourd’hui.
- coraigeus.
? Synonymes : Talent, désir.
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281-Talent

? Réfection de talant > talentum : un poids, une somme d’argent en Grèce. Le latin talentum est utilisé uniquement en contexte évangélique.
? En Ancien Français :
- Humeur, état d’esprit.
- Désir, volonté.
- Avoir en talent : désirer / dire son talent : dire son avis.
- Le sens de don, aptitude est issu de l’étymologie latine scolastique.
? En Français Moderne :
- Seul le dernier sens perdure : disposition naturelle ou acquise pour réussir quelque chose ; aptitude particulière dans une activité appréciée par le groupe social.
? Paradigmes morphologiques :
- talentueux ; talentueusement…
- talente : désir.
- talentif : désireux, empressé, ardent.
? Synonymes : Contraire de mautalent.


282-mautalent

? Du latin talentum : la monnaie.
? En Ancien Français :
- Irritation, colère, dépit.
- Raison de la colère.
- Mauvaise intention.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- maltalenter : irriter, courroucer.
- maltalentif : de mauvaise humeur.
- cf. les dérivés de talent (mot n°281).
? Synonymes : Ire, contraire de talent.


283-Gré

? Du latin gratum : substantif de l’adjectif ‘’gratus’’ : accueilli avec faveur ; agréable, bienvenu, aimable, reconnaissant.
? En Ancien Français :
- Consentement, permission, accord, volonté (sens le plus courant) : ‘’de son gré’’ = spontanément, de sa propre initiative ; ‘’au gré de’’ = selon sa volonté ; ‘’bon gré / mal gré’’ = volontiers / contre sa volonté.
- ‘’Savoir gré’’ = être reconnaissant ; donc remerciement, action de grâce.
- Rarement : plaisir, amitié, don.
- Puissance, droit seigneurial.
? En Français moderne :
- On conserve les acception 1 et 2 de l’A.F.
- 1-Consentement : ‘’bon gré, mal gré, de bon gré’’.
- 2-Reconnaissance : ‘’savoir gré’’.
? Paradigmes morphologiques :
- gréer : accorder volontiers, approuver, consentir.
- agréer : être agréable, plaire.
- agréablement : de manière agréable.
- agréable : qui convient, qui plaît.
- maugréer : manifester son déplaisir.
? Synonymes : Plaisir, soulas, aise, déduit, délit.


284-volente

? Du latin voluntas : volonté, vœu, désir.
? En Ancien Français :
- Volonté, désir.
- A volonté : d’un commun accord.
? En Français Moderne :
- Dessein, intention.
- Bonne volonté : disposition à bien faire.
- Faculté de vouloir, énergie, fermeté.
? Paradigmes morphologiques :
- volentiers : volontiers.
- volenterain : volontaire.
- volentif : qui a de la bonne volonté, empressé, désireux.
? Synonymes : Gré, talent.


285-covoiter

? Du latin cupiditas : avidité, désirer intensément.
? En Ancien Français :
- Désirer ardemment.
- Convoiter.
? En Français Moderne :
- Désirer avec avidité.
? Paradigmes morphologiques :
- covoitise : désir, convoitise.
- coveitos : désirable, égoïste.
? Synonymes : Quere.


286-coi

? Du latin quetum : calme.
? En Ancien Français :
- Calme, silencieux, en repos.
- Tranquille, paisible.
- Paresseux, lent (coi de).
- Cesser, rester tranquille (seoir coi).
? En Français Moderne :
- Tranquille, silencieux : il ne s’emploi plus que dans l’expression rester coi.
? Paradigmes morphologiques :
- coieté : tranquillité, repos.
- coisier : rester tranquille.
? Synonymes : Reposable, finer.


287-chaloir

? Du latin calere : être chaud, ardent.
? En Ancien Français :
- Avoir chaud.
- Préoccuper.
- Importer, falloir.
? En Français Moderne :
- On ne le retrouve que dans l’expression ‘’peu me chaut’’ : peu m’importe.
? Paradigmes morphologiques :
- chalt : chaud, brûlant, vif.
- chaut de : désirer de.
? Synonymes : Curer.


288-Cure

? Du latin curare : prendre soin.
? En Ancien Français :
- Soin, soucis : avoir cure = se soucier de ; ma cure = objet de mes soucis, de mon amour.
- Désir.
- Charge, office.
- Fonction de curé.
? En Français Moderne :
- Traitement médical (cure thermale). Par extension il désigne l’établissement prévu pour le traitement de certaines maladies.
- Fonctions à laquelle sont attachées la direction spirituelle et l’administration d’une paroisse. C’est aussi l’habitation du curé.
- Sens 1 de l’AF subsiste dans l’expression ‘’n’avoir cure de’’ : ne pas se préoccuper de…
? Paradigmes morphologiques :
- curer : soigner, guérir, nettoyer, se soucier de.
- curé : celui qui prend soin, gouverneur.
- curie : maladie repoussante.
- cureor : celui qui soigne, qui nettoie.
? Synonymes : Soucis.


289-garde

? Du francique *wardôn : veiller.
? En Ancien Français :
- Sujet de crainte, peur.
- Souci.
- Poste.
? En Français Moderne :
- Action de garder, de surveiller.
- Attitude d’une personne qui se protège.
- Groupe de personnes qui gardent par métonymie.
- Chose qui sert à garder, à protéger (page de garde).
? Paradigmes morphologiques :
- garder : prendre garde, se garder.
- gardement/-age : action de garder.
- gardeor : gardien, celui qui conserve.
- garde cors : habit de dessus pour le voyage.
? Synonymes : ?


290-Garder

? Du francique wardôn : veiller.
? En Ancien Français :
- Prendre garde, se garder.
- Regarder.
- Etre charger de garde.
- Soigner.
? En Français Moderne :
- Il garde le sens 1 et surtout le sens 3 de l’AF = surveiller.
? Paradigmes morphologiques :
- gardement : action de garder.
- gerdeor : gardien.
? Synonymes : Regarder, esgarder, soigner (veiller à).


291-joie

? Du latin classique gaudia, de gaudium : contentement, plaisir et notamment plaisir des sens, volupté et objet de plaisir.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique : contentement, plaisir et en particulier plaisir des sens, volupté et objet de plaisir.
- Plus particulièrement, en contexte courtois : bonheur intense ressenti par l’amant quand il est auprès de sa dame, extase.
- Mener joie, demener joie, tenir joie : manifester sa joie.
? En Français Moderne :
- Plaisir physique dans fille de joie.
- Sens étymologique + de nombreuses expressions : fausse joie, s’en donner à cœur joie, mettre en joie, feu de joie.
? Paradigmes morphologiques :
- joir : se réjouir, tirer plaisir de la possession de quelqu’un ou quelque chose, accueillir chaleureusement quelqu’un.
- joiant : joyeux.
? Synonymes : Plaisance, délit, déduit, aise, gré, leesse, soulas.


292-joianz

? Du latin gaudia : contentement, aise, plaisir.
? En Ancien Français :
- Joyeux, réjouissant. On peut le trouver sous les formes joios/joiel/joiable.
? En Français Moderne :
- Il a été rapidement supplanté par joyeux.
? Paradigmes morphologiques :
- joiance : joie, bon accueil.
- joiete : jouissance, usufruit.
- joieler : accueillir joyeusement, s’amuser.
- joi : joie, jouissance.
? Synonymes : Joi : adjectif du verbe jouir.


293-lie(e)

? Du latin laetitia : fertilité, fécondité puis joie, liesse. Verbe laetare : engraisser a terre, laetus : gras, fertile.
? En Ancien Français :
- Joyeux, gai, réjoui.
- Content.
? En Français Moderne :
- L’adjectif lié disparaît. Il subsiste uniquement dans le substantif liesse qui désigne une foule qui manifeste une joie débordante.
? Paradigmes morphologiques :
- leesse : joie lié à un évènement particulier, bonheur céleste, réjouissance.
- leecier : réjouir.
- liement : joyeusement.
? Synonymes : Joiant.


294-Conforter

? Du latin chrétien confortare : renforcer et consoler, réconforter > cum+fortis. Sens étymologique d’encourager quelqu’un à faire quelque chose ; effet d’une confusion entre confortare et cohortari.
? En Ancien Français :
- Soutenir moralement, affermir.
- Réconforter, consoler.
- Réfléchi : prendre courage.
? En Français Moderne :
- Concurrencé par réconforter, il disparaît au 16-17ème.
- Il est réintroduit au 20ème avec le sens de sonner des forces à ; raffermir quelqu’un dans sa position.
? Paradigmes morphologiques :
- confort : bien être, conditions nécessaires.
- confortance : encouragement.
- conforteor : soutien, consolateur.
- confortable : secourable, fortifiant.
? Synonymes : Contraire de desconforter.


295-desconforter

? Même étymologie que conforter (mot n°294).
? En Ancien Français :
- Désolé.
? En Français Moderne :
- Contraire de conforté adjectif.
? Paradigmes morphologiques :
- cf. mot n°294
? Synonymes : ?


296-aeise

? Du latin adjacens : qui se trouve à proximité.
? En Ancien Français :
- Sens local : un espace libre à coté de quelqu’un.
- Par extension : une situation agréable, une jouissance ; bonheur des amants (en concurrence avec déduit, délit, soulas…).
- Par Glossary Link synecdoque : chose dont on a le droit d’user ou de céder (aise de ville : chemin communal, vase, ustensile).
- Adjectif : qui est à l’aise, tranquille, apaisé, content // aisé, facile (en concurrence avec joyeux, liez).
- Adverbe : facilement, aisément.
? En Français Moderne :
- L’adjectif est uniquement utilisé en emploi littéraire.
- Substantif : confort, bien être, en emploi littéraire : la joie. C’est le sens 2 de l’AF qui subsiste.
- Locution adverbiale ‘’à l’aise’’ : en éprouvant aucune gêne.
? Paradigmes morphologiques :
- aisier : satisfaire, devenir facile.
- aisance : libre disposition de quelque chose.
- Espérer, espoir….
? Synonymes : Déduit, délit, soulas, plaisance, joie/joyeux, liez. Contraire de malaise.


297-Malaise

? Du latin adjacere : être situé auprès de ; mal+aisier (situation agréable).
? En Ancien Français :
- Etat contraire à l’aise (situation agréable).
- Difficulté.
- Etat de gêne matérielle.
? En Français Moderne :
- Les sens de l’Af disparaissent progressivement et au 16ème il prend le sens de sensation pénible tant morale que physique.
- 19ème : trouble de la santé puis au figuré trouble dans la société, l’opinion (crise).
? Paradigmes morphologiques :
- malaisier : être gêné.
- malaisu : impétueux.
- malaisif : mauvais, mauvais de caractère.
- malaisibilité : diffiulté.
? Synonymes : Contraire de aise.


298-esperance

? Du latin sperare : considérer quelque chose comme devant se réaliser, lui-même issu de spes : espoir, attente d’un évènement heureux.
? En Ancien Français :
- D’abord attesté (1080) dans l’expression ‘’n’aveir esperance de ‘’ : ne pas s’attendre à ce que.
- A partir du 12ème : sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce qu’on désire. De ce sens découle l’emploi d’espérance dans la théologie religieuse.
- Espérer une chose et par métonymie la personne, la chose, l’objet de l’espérance.
- Emploi spécialisé au pluriel : avoir des espérances : bien qu’on attend d’un héritage.
? En Français Moderne :
- Le FM garde le sens 2, 3 et 4 ainsi que le sens théologique.
- Au 20ème : terme de statistique (espérance mathématique) et démographique (espérance de vie).
? Paradigmes morphologiques :
- espérer, espoir …
- désespérance : désespoir, qui n’a pas d’espérance.
? Synonymes : Espoir.


299-desesperance

? Même étymologie que ‘’esperance’’ mot n°298 + préfixe dé-.
? En Ancien Français :
- Attesté vers 1160. Emploi littéraire, il se dit de l’état d’une personne qui n’a aucune espérance.
? En Français Moderne :
- Il est inusité au 17ème et au 18ème puis repris à partir de 1801. Aujourd’hui il est uniquement usité en emploi littéraire mais il garde le même sens que qu’en AF ( plus abstrait et plus négatif que ‘’désespoir’’).
? Paradigmes morphologiques :
- esperance : mot n°298.
- Inesperance : absence d’espérance.
- Espérer, espoir….
? Synonymes : Désespoir.


300-esbahi

? Participe passé du verbe esbahir : préfixe es- + baer <*batare (latin populaire) : être ouvert, attendre, regarder attentivement ce qu’on désire, rêver.
? En Ancien Français :
- Effrayé.
- Transporté.
- Affligé, troublé.
? En Français Moderne :
- Frappé d’un grand étonnement.
- Abasourdi, éberlué.
? Paradigmes morphologiques :
- esbair : étonner, effrayer.
- esbaissement…
? Synonymes : ?

301-Merveille

? Du latin vulgaire mirabilia : choses étonnantes ; admirables. En latin chrétien il a le sens fort de miracle.
? En Ancien Français :
- Ce qui fait écart à la norme, qui réfère à une altérité temporelle, géographique ou culturelle. On retrouve cette idée dans les romans antiques (merveille du savoir humain).
- Ce qui produit de l’étonnement.
- On l’utilise dans de nombreuses expressions : à merveille : extraordinairement ; avoir merveille : s’étonner.
? En Français moderne :
- En langue classique le sème d’étonnement recule au profit du sème d’admiration.
- Les sens restent les mêmes en français moderne. La connotation est presque toujours positive contrairement au moyen âge.
? Paradigmes morphologiques :
- merveillier : admirer.
- merveillance : matière à étonnement.
- merveillos : étonné, terrible, impétueux.
- merveillable : étonnant.
? Synonymes : Miracle.


302-merveilleus

? Du latin mirabilis : étonnant.
? En Ancien Français :
- Chose ou animal hors du commun.
- Fait étranger au monde humain, surnaturel.
- Chose ou évènement monstrueux, effrayant (combat).
? En Français Moderne :
- Même sens de surnaturel, d’extraordinaire.
- Genre littéraire.
- Sens le plus souvent laudatif aujourd’hui.
? Paradigmes morphologiques :
- cf. merveiller, merveille…
? Synonymes : ?


303-merveillier

? Du latin mirari : s’étonner.
? En Ancien Français :
- Admirer.
- Etonner, émerveiller.
? En Français Moderne :
- Inspirer une très vive admiration.
? Synonymes : ?


304-miracle

? Du latin miraclum : chose étonnante. En latin chrétien il signifie prodige.
? En Ancien Français :
- Etonnement. Il est alors en concurrence avec merveille. Sens religieux : fait inexplicable par des causes naturelles et attribué à une attribution divine.
- Par métonymie : composition dramatique populaire mettant en scène les miracles de la vierge ou des saints.
- Par extension : sens profane de fait extraordinaire entrant dans locutions (crier au miracle, tenir du miracle).
- Chose digne d’admiration : proche de merveille.
? En Français Moderne :
- Par extension hyperbolique : réussite exceptionnelle, inattendue.
? Paradigmes morphologiques :
- miraculeux, miraculeusement.
- miraculer : guérir par un miracle.
? Synonymes : Merveille.


305-angoisse

? Du latin *augustiare, de angustia : lieu resséré.
? En Ancien Français :
- Lieu resséré, défilé, étroitesse.
- Etreinte, embarras.
- 13ème : sens abstrait d’embarras, de gêne.
- Violente colère, violence.
- Tourment, angoisse.
- Impulsion, instigation.
? En Français Moderne :
- Malaise physique : douleur.
- Sens moral : oppression, état mental pénible : affliction mêlée de crainte. Il est maintenant synonyme d’anxiété. Mot considéré comme archaÏque au 17ème puis réutilisé au 18ème.
? Paradigmes morphologiques :
- angoisser : s’acharner contre quelqu’un.
- angoissant : pénible, cruel.
- désangoissé ; angoissos (mot n°306à).
? Synonymes : Anxiété.


306-angoisseus

? Issu du dérivé latin tardif angustius (même sens que pour angoisse mot n°305).
? En Ancien Français :
- Plein d’angoisse.
- Douloureux, dangereux.
- Beaucoup d’emplois au sens passif : qui souffre, pressé de faim, de désir…
? En Français Moderne :
- Tous ces emplois ont disparus ou sont devenus archaïques au 17ème. Il survit dans un usage littéraire ou par allusion au passé au sens de ‘’qui cause l’angoisse’’ + quelques emplois littéraires au 19ème.
? Paradigmes morphologiques :
- angoissement : adverbe (13ème).
- angoisse, angoisser, angoissant…
? Synonymes : Angoissable.


307-Crieme

? Du latin populaire *tremere : craindre.
? En Ancien Français :
- Crainte.
- Effroi.
- Terreur.
? En Français Moderne :
- Il disparaît de la langue à cause de l’homophonie avec crime (de crimen criminis) et qui a le sens de manquement grave à la loi a la morale puis de meurtre et assassinat.
? Paradigmes morphologiques :
- cremer : craindre, vénérer.
- cremos : peureux, timide.
- cremetos : craintif, timide.
? Synonymes : Crainste.


308-doute

? Du latin dubitare. Quand le sujet est animé > balancer, être indécis, hésiter à ; quand inanimé > être incertain, ne pas être sûr.
? En Ancien Français :
- Crainte, peur.
- Incertitude, hésitation, soupçon.
? En Français Moderne :
- Incertitude quant à la réalité d’un fait.
- Manque de confiance dans la sincérité de quelqu’un, soupçon, méfiance.
? Paradigmes morphologiques :
- douter, doutance…
- dotos : qui a peur, qui inspire de la crainte.
? Synonymes : Paour.


309-doutance

? Du latin *dubitare : hésiter entre deux choses.
? En Ancien Français :
- Crainte, peur.
- Hésitation, doute, soupçon.
? En Français Moderne :
- Disparission progressive du terme.
? Paradigmes morphologiques :
- douter, doute…
- dotif, dotos : craintif, peureux, redoutable.
? Synonymes : Doute.


310-douter

? Du latin dubitare.
? En Ancien Français :
- Craindre, redouter (transitif direct et sujet animé).
- Sème de doute dans ‘’n’en dotez pas’’ qui permet de renforcer une affirmation.
? En Français Moderne :
- Sème d’hésitation et d’incertitude domine. Le sème de crainte est assumé par redouter. Vocabulaire religieux et philosophique de la renaissance : n’être sûr de rien.
? Paradigmes morphologiques :
- doubtance : crainte, peur, doute, hésitation.
? Synonymes : Resongier.


311-douteuse

? Du latin dubitare : douter.
? En Ancien Français :
- Craintif, peureux.
- Redoutable.
- Incertain, variable (14ème).
? En Français Moderne :
- Affaiblissement sémantique, seul le sens 3 de l’AF persiste.
- Incertain, dont l’exactitude n’est pas établie.
- De valeur contestable.
- Qui manque de netteté, de fraîcheur.
- Indigne de confiance, suspect.
? Paradigmes morphologiques :
- doter : mot 310.
- doutance : mot 309.
- doute : mot 308.
? Synonymes : ?


312-efreer

? Du latin populaire *exfridare : faire sortir de la paix, de la tranquillité. Lui-même formé de ex+*fridu (mot francique qui signifie paix).
? En Ancien Français :
- Sens étymologique de troubler, s’agiter, se mettre en mouvement.
- Par extension : frapper de terreur (12ème ²).
- Provoquer de l’inquiétude.
- Mettre en défiance, choquer.
- Faire du bruit.
? En Français Moderne :
- A peu près les mêmes sens qu’en AF. Remplir de frayeur.
- Causer des soucis, rebuter, décourager.
- A noter l’emploi pronominal du verbe ‘’s’effrayer’’ : éprouver de la frayeur, s’alarmer.
? Paradigmes morphologiques :
- esfroi : agitation, trouble.
- esfreement : action d’effrayer.
- esfreor : effroi, frayeur.
? Synonymes : Poor, doute.


313-esmaier

? Du bas latin exmagare. Ex (préfixe privatif) + magare : pourvoir, priver quelqu’un de ses forces.
? En Ancien Français :
- Effrayer, inspirer de la crainte.
- Troubler, inquiéter.
- Être en émoi, défaillir.
- Craindre dans s’esmaier de.
? En Français Moderne :
- Il est remplacé par émouvoir à la fin du MA. Cependant le terme esmai reste dans ‘’émoi’’ : trouble agréable d’ordre sentimental ou esthétique ; trouble provoqué par une émotion vive. Sens littéraire.
? Paradigmes morphologiques :
- esmai : souci, trouble.
- esmaiement : émotion, frayeur.
- esmaiable : qui se laisse effrayer.
? Synonymes : Esfroi, paor.


314-poor

? De paor : effroi, épouvante puis par affaiblissement : sentiment de crainte.
? En Ancien Français :
- Sentiment d’un danger physique ou moral, peur. Moins fort que frayeur, effroi donc affaiblissement par rapport au sens étymologique. Crainte, appréhension (avoir peur). En concurrence avec doubte.
? En Français Moderne :
- Affaiblissement sémantique : le sens de frayeur a disparu. Nombreuses locutions : de peur, sans peur, avoir peur que….. appréhension latente…
? Paradigmes morphologiques :
- paorance : peur.
- paoros : peureux, effrayant.
? Synonymes : Doubte, doubtance, resongnier, effroi, esmai.


315-ennuier

? Du latin inodiare : être odieux.
? En Ancien Français :
- Participe passé : recru de fatigue.
- Causer des tourments, être insupportable + nuire, contrarier, fâcher.
- Être importun, chagriner.
? En Français Moderne :
- Être importun.
- Eprouver du dégoût pour.
- Sens affaibli : se lasser.
? Paradigmes morphologiques :
- ennuieuse : mot n°316.
- enui : peine, tourment.
- enoiement, enoiance : peine, chagrin, contrariété.
- enoiable : nuisible, malfaisant, faché, ennuyé.
? Synonymes : ?


316-anuiex/ennuieuse

? Du bas latin inodiosus : très désagréable.
? En Ancien Français :
- Qui cause de la peine, désagréable, contrariant, importun.
- 12ème fin : qui procure de l’ennui, qui lasse l’intérêt.
? En Français Moderne :
- Qui cause de l’ennui, des soucis.
? Paradigmes morphologiques :
- ennuier : mot n°315.
- enui : peine, tourment.
- enoiement, enoiance : peine, chagrin, contrariété.
- enoiable : nuisible, malfaisant, faché, ennuyé.
? Synonymes : Las, triste.


317-Grever

? Du latin gravare : charger ; de gravis.
? En Ancien Français :
- Accabler, tourmenter, nuire à.
- Blâmer sévèrement.
- Se donner de la peine, s’épuiser de fatigue.
? En Français Moderne :
- Sens nouveau de charger quelque chose d’onéreux, de pénible.
- Sens 1er de l’AF : causer un grief, un dommage.
? Paradigmes morphologiques :
- grevance : tourment.
- greval : nuisible.
- grevos : pénible, lourd, difficile.
? Synonymes : Travailler, nuire, peiner.



318-Peser

? Du latin pesare issus de pensare, intensif de pendere.
- Sens propre : Déterminer le poids de quelque chose
- Sens figuré : Apprécier, estimer, évaluer, contrebalancer.
? En Ancien Français :
- Avoir un poids déterminé.
- Etre lourd.
- Mesurer le poids de...
- Apprécier en comparant, examiner attentivement, estimer.
- Tournure impersonnel : il me pèse : être pénible, désagréable.
- Peser sur la conscience, gêne,oppression physique ou morale.
- Acheter
? Le Français moderne conserve tous les sens de l’ancien français sauf le dernier : acheter.
? Paradigmes morphologiques :
- pesant : qui est lourd.
- pesance : peine, chagrin.
- pesanture, pesage...
? Synonymes : enoier


319-corroz

? Du latin déverbal de corruptus : corrompu, aigri.
? En Ancien Français :
- Chagrin.
- Courroux, indignation.
- Vexation.
? En Français Moderne :
- Il est quasiment sorti de l’usage au 16ème mais il reste employé dans un vocabulaire noble (tragédie ou poésie lyrique) au sens de ‘’vive colère’’. Il est d’ailleurs supplanté dans le langage courant par colère.
? Paradigmes morphologiques :
- corrociez : mot 320.
- corrocier : mot 321.
- corroçable : emporté, colère.
? Synonymes : Colère, ire.


320-corrociez

? Cf. étymologie de corrocier ou de corroz.
? En Ancien Français :
- Courroucé, indigné.
- Affligé.
? En Français Moderne :
- Affaiblissement. Il suit la même évolution que le verbe (mot n°321). En emploi littéraire uniquement.
? Paradigmes morphologiques :
- corroz : mot 319.
- corroucier : mot 321.
- corroçable : colère, ire.
? Synonymes : ?
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321-corroucier

? Du bas latin *corruptiare, dérivé du supin de corrumpere : détruire, altérer.
? En Ancien Français :
- Sens physique : endommager, maltraiter.
- Sens moral : facher, vexer, irriter, aigrir.
? En Français Moderne :
- Seul le sens moral persiste mais il est concurrencé par ‘’irriter’’, il déclinne au 17èmze où il n’est toléré qu’en emploi métaphorique. Aujourd’hui il est employé en emploi littéraire au sens de ‘’mettre en colère’’.
? Paradigmes morphologiques :
- cooroz : mot 319.
- corrocié : mot 320.
- corroçable : emporté, colère.
? Synonymes : Irriter.


322-dolor

? Du latin dolor, dolorem : douleur, souffrance.
? En Ancien Français :
- Souffrance, chagrin.
- Deuil, expression de la douleur.
- Douleur physique.
? En Français Moderne :
- Douleur physique et morale.
? Paradigmes morphologiques :
- dolent : qui souffre.
- doloreus : qui souffre, malheureux.
- duel : souffrance, deuil.
? Synonymes : Tristesse, chagrin, doel.


323-doloreus(e)

? Du bas latin dolorosus : qui souffre ou qui provoque la souffrance.
? En Ancien Français :
- Misérable, malheureux, sens sorti d’usage.
- Qui souffre : sens moral + sens physique. Même progression que dolor.
? En Français Moderne :
- Le sens 2 de l’AF subsiste.
- Douloureuse a été substantivé et désigne la note, l’addition en langage familier.
? Paradigmes morphologiques :
- doloir : faire souffrir, faire mal.
- dol/dolour : souffrance, chagrin, deuil.
- doliance : tristesse, affliction.
- dolent : qui souffre, qui se lamente.
? Synonymes : Triste, las.


324-Dolenz

? Du latin vulgaire *dolentus formé sur dolens (participe présent de dolere : qui souffre).
? En Ancien Français :
- Qui souffre.
- Qui se lamente.
? En Français moderne :
- Qui est dans un état de souffrance pénible.
- Qui est mou, sans énergie, qui exprime la douleur d’une manière plaintive.
? Paradigmes morphologiques :
- doloreus : qui souffre, malheureux.
- duel : souffrance.
- doliance : tristesse, affliction.
- doloser : plaindre, déplorer.
? Synonymes :Tristesse, chagrin.


325-Duel

? Du latin dolere : souffrir.
? En Ancien Français :
- Souffrance, chagrin.
- Deuil expression de la douleur. Il a exactement les mêmes sens que dolour mais ils évoluent différemment. Deuil va se spécialiser avec le sème de décès.
? En Français Moderne :
- Souffrance due à un décès.
- Le décès en lui-même.
? Paradigmes morphologiques :
- dolent : qui souffre.
- douloureux, endeuillé, douloureusement….
? Synonymes : Dolour.


326-triste

? Du latin*trsistis refait en tristus en bas latin par analogie avec maestus et laetus. IL désigne une personne affligée, sombre ou sévère, renfrognée. Il peut aussi s’appliquer au visage, à la parole, aux choses au sens de funeste.
? En Ancien Français :
- Qui éprouve du chagrin.
- désigne un évènement funeste et malheureux.
? En Français Moderne :
- Même sens + ajout d’une nuance de mélancolie.
- Placé devant le nom : méprisable, vil.
- Qui marque ou qui évoque le chagrin.
- Obscur, sombre, sans éclat (couleurs tristes).
- Dont la médiocrité a quelque chose d’affligeant.
- Extension de sens en particulier au niveau psychologique. Attention : bien différencié quand l’adjectif s’applique à une chose ou à une personne.
? Paradigmes morphologiques :
- tristesse, tristement, tristounet…
- trister : attrister, affliger.
- tristor, tristance : tristesse, affliction, horreur.
- tristoier : s’attrister, s’affliger.
- Tristan : personnage triste.
? Synonymes : Las ?


327-las

? Du latin lassus : harassé, fatigué, épuisé.
? En Ancien Français :
- Fatigué.
- Malheureux, misérable.
- En substantif il désigne un roturier, un paysan, un serf.
? En Français Moderne :
- Sens 1 de l’AF se conserve + extension au domaine psychologique au sens de ‘’dégouté’’.
- Sens 2 de l’AF est abandonné. On le retrouve plus ou moins dans l’expression ‘’hélas’’.
- De guerre las : expression lexicalisée.
? Paradigmes morphologiques :
- lasset : malheureux.
- lasté/lassesse : grande fatigue, défaillance.
- lasser : se fatiguer puis être dégoûter de…
? Synonymes : Triste.


328-PEINE

? Du latin classique poena : rançon destinée à racheter un meurtre puis par extension : punition, châtiment, réparation puis souffrance, chagrin dans la langue courante.
? En Ancien Français :
- Châtiment, souffrance infligée. Dans le contexte religieux : punition infligée pour l’expiation des péchés en enfer. Contexte juridique : châtiment infligé par la justice.
- Sens habituel : douleur, souffrance physique ou morale comme duel ou dolor. Dans contexte courtois : douleur des amants dont l’amour est contrarié ; tache, labeur.
- Souffrance que l’on s’impose pour parvenir à un résultat, effort.
- A peine : difficilement ; sans peine : facilement.
? En Français Moderne :
- Châtiment en contexte juridique.
- Dans domaine psychologique, par affaiblissement : tristesse légère insatisfaction.
- Effort, fatigue.
- A peine : difficilement.
? Paradigmes morphologiques :
- peinner et soi peinner : travailler, faire des efforts.
? Synonymes : Amende, dolor, tristesse, duel, ire, ennui, desconforter.


329-sofrir

? Du latin populaire *sufferire issu de sufferre : supporter, endurer.
? En Ancien Français :
- S’abstenir, se passer de …
- Différer, attendre.
- Se modérer.
- Patienter.
- Souffrir.
- Résister.
- Dispenser.
- Permettre, tolérer, supporter : sens étymologique.
? En Français Moderne :
- Sens 8, sens étymologique employé uniquement en emploi littéraire.
- Affaiblissement de sens : aujourd’hui il est surtout employé au sens de supporter, endurer avec une notion de douleur soit physique soit morale.
? Paradigmes morphologiques :
- soferre : souffrir, supporter.
- sofrance : souffrance, patence, permission.
- soferte : armistice, trêve.
- sofrant : qui supporte courageusement.
? Synonymes : ?


330-Travailler

? Du latin populaire *tripaliare qui signifie torturer avec le tripalium (instrument servant à immobiliser les chevaux puis instrument de torture.
? En Ancien Français :
- Molester, tourmenter, importuner en parlant des personnes ou des choses.
- Amener quelqu’un à se décider.
- Souffrir une peine, souffrir l’agonie.
- Enfanter
- Employer tous ses efforts, se tourmenter.
? En Français moderne :
- Exercer un métier, une activité.
- Se donner de la peine, s’efforcer.
- Se déformer, se disjoindre (une poutre qui travaille)
- Fonctionner activement, produire un revenu.
- Façonner (pétrir une pâte).
- Causer de la souffrance, du trouble, de la douleur.
? Paradigmes morphologiques :
- travail : travail, fatigue, tourment.
- travaillerie/travaillement : grand travail, fatigue.
- travailleor : celui qui fait souffrir, qui tourmente, ennemi.
- travaillos : pénible, fatiguant.
? Synonymes :Peiner, faire.


331-Travaus

? Déverbal de travailler. Du latin populaire *tripaliare qui signifie torturer avec le tripalium (instrument servant à immobiliser les chevaux puis instrument de torture).
? En Ancien Français :
- Le tourment, la peine (notamment les douleurs de l’enfantement).
- Fatigue.
- Au 13ème il désigne par extension la peine qu’on éprouve à son métier, notamment l’artisanat : activité en tant que source de revenu.
? En Français Moderne :
- On a conservé uniquement le dernier sens qui s’impose au 17ème. Activité quotidienne permettant de subsister.
- Par métonymie la façon dont l’activité est accomplie.
? Paradigmes morphologiques :
- travailler : se tourmenter.
- trvaillement/travaillerie/travaille : travail.
- travaillos : pénible, fatigant.
- travailleor : celui qui fait souffrir, qui tourmente, l’ennemi.
? Synonymes : Dolour.


332-tribulations

? Du latin impérial ecclésiastique tribulatio : tourment, détresse ; lui-même issu de tribulare (vocabulaire agricole) : battre avec une herse pour séparer le grain de la balle. Valeur morale des le latin : éprouver un tourment.
? En Ancien Français :
- Sens religieux : adversité voulues par Dieu.
- Ce sens s’est laïcisé : épreuve physique ou morale. Ce sens est sorti d’usage à l’époque classique.
? En Français Moderne :
- Le sens religieux persiste toujours dans le vocabulaire ecclésiastique.
- Par extension et avec un affaiblissement de sens, il désigne des aventures plus ou moins désagréables.
? Paradigmes morphologiques :
- tribuler/triboler : tourmenter, vexer.
- tribler : broyer, piler.
? Synonymes : ?


VII- La vie intellectuelle et juridique


333-deresnier

? Du verbe raisnier : raisonner, discourir.
? En Ancien Français :
- Réciter, énumérer, raconter.
- Discourir, enseigner.
- Soutenir une cause par les armes ou par la justice.
- Disputer.
- Gagner en disputant, en luttant, se disculper.
? En Français Moderne :
- Le verbe a peu à peu disparu, supplanté par ‘’déraisonner’’.
? Paradigmes morphologiques :
- deraisne/-ement/-ie : récit, discours, plaidoirie, justification.
- deraisneor : orateur, celui qui soutien, qui affirme.
? Synonymes : Deviser, conter.


334-Deviser

? Du latin populaire devisare pour devidere : diviser
? En Ancien Français :
- Diviser, distinguer, énumérer.
- Choisir, tracer un plan.
- Mettre en ordre, ranger, ordonner.
- Méditer.
- Désirer, souhaiter.
- Décrire, raconter, dicter.
? En Français Moderne :
- Restriction de sens puisque le français moderne n’a gardé que le dernier sens de l’AF. Désormais, il a le sens d’échanger avec quelqu’un des menus propos.
? Paradigmes morphologiques :
- Devis : division.
- Devisement : conte.
- Devisable : qu’on peut diviser.
? Synonymes : Choisir, araisnier, conter.


335-Conter

? Du latin computare : calculer
? En Ancien Français :
- Calculer, compter.
- Calculer, supputer.
- Conter, raconter, réciter.
? En Français Moderne :
- Le verbe en a donné deux en français moderne : compter (sens 1 et 2 de l’AF ; et conter (sens 3 de l’AF).
? Paradigmes morphologiques :
- conte : calcul, compte, conte.
- conteor : celui qui compte, celui qui raconte.
- comptable : qui peut être compter.
? Synonymes : araisnier, noveler, deviser.


336-Conte

? Déverbal de conter du latin computare : calculer puis narrer, relater (10ème) = deux notions souvent confondues à cause de l’idée commune d’énumérer, dresser la liste de...
? En Ancien Français :
- Calcul, compte par confusion avec le sens de compter.
- Récit, narration de choses vraies avec fonction de distraction.
- Plainte.
? En Français moderne :
- Au 17ème fin de la confusion avec compter = calculer.
- Au 16/17ème acceptions péjoratives : récit fait pour abuser, récit inventé. En concurrence avec ‘histoire’.
? Paradigmes morphologiques :
- conter : calculer, énumérer puis raconter.
- conteor : celui qui compte, trésorier, conteur.
? Synonymes : estoire


337-Escharnir

? Du francique *shirnjan : railler.
? En Ancien Français :
- Railler, tourner en dérision.
- Outrager, injurier.
? En Français Moderne :
- Il a complètement disparu de la langue, et ce dès la fin du MA.
? Paradigmes morphologiques :
- eschar : moquerie, dérision.
- escharnissement : mépris, outrage.
? Synonymes : Gaber.


338-Gaber

? De l’ancien scandinave gabba : railler = ouvrir grand la bouche, étymologie assez incertaine.
? En Ancien Français :
- Plaisanter, jouer des farces.
- Se moquer de...
- Tourner en dérision.
? En Français moderne :
- Mot archaïque à partir du 15ème Siècle ; sortie d’usage au 17ème mais certains écrivains du 19ème l’utilise en emploi littéraire.
? Paradigmes morphologiques :
- gab, gas : plaisanterie, moquerie, ruse, tromperie.
- gabeor : railleur, plaisantin.
- gabement, gaberie, gabois, gabance, gabel :plaisanterie.
? Synonymes : Moquerie, plaisanterie.


339-mander

? Du latin classique mandare : donner mandat à, donner en mission. Evolution en latin impérial : faire savoir à l’aide d’un messager ; envoyer chercher quelqu’un ; faire connaître l’ordre de quelqu’un.
? En Ancien Français :
- Ordonner que.
- Faire savoir à quelqu’un que.
- Ordonner de faire une action.
- Envoyer (une lettre).
- Faire dire.
- Mander quelqu’un : faire venir, convoquer, notamment dans contexte militaire : convoquer des troupes, des soldats = appeler.
- En emploi absolu : envoyer un message.
? En Français Moderne :
- Mot archaïque remplacé par faire savoir.
? Synonymes : Commander.


340-Enseigne

? Du latin populaire *insignare de signare : indiquer.
? En Ancien Français :
- Marque, tache.
- Banderole de la lance ou la lance elle-même.
- Signe, signal, indication.
- Preuve.
- Cri de ralliement dans la Chanson de Rolland : ‘’Carles crie Munjoie, l’enseigne renumee’’
? En Français Moderne :
- Sème étymologique : marque distinctive d’un commerce.
- Drapeau, étendard. Donc restriction sémantique : le mot enseigne ne s’emploi que dans des emplois spécialisés + expression ‘’être logé à la même enseigne’’.
? Paradigmes morphologiques :
- enseignier : marquer, montrer, faire signe.
- enseignement : renseignement, avis, conseil.
- enseing : signe, enseignement.
- enseignable : docile.
? Synonymes : Signe, lance.


341-Signe

? Du latin signum : signe.
? En Ancien Français :
- Signe, marque.
- Enseigne, cri de guerre.
- Enseigne de pèlerinage.
- Miracle.
- Suaire.
? En Français Moderne :
- Sens 1 de l’AF : signe, marque qui permet de deviner ou de prévoir. Les autres sens disparaissent.
- Par métonymie, mot geste, mimique permettant de faire connaître, de communiquer.
- Sens nouveau : unité linguistique constitué d’un signifiant et d’un signifié.
- Signe mathématique : + - ….
? Paradigmes morphologiques :
- signerie : signe, marque.
- signeportant : le Zodiaque.
- signet : signe, sceau, empreinte.
? Synonymes : Enseigne.


342-Enseignier

? Du latin populaire insignare de signare : indiquer, désigner.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique de faire connaître par un signe ; supplanté renseigner.
- Marquer.
- Montrer.
- Faire signe.
- Faire la preuve.
- Instruire.
? En Français Moderne :
- Seul le sens d’instruire perdure. Il prend ensuite la valeur d’apprendre à quelqu’un d’où au 17ème transmettre des connaissances.
- Fin 18ème en emploi absolu : être enseignant.
? Paradigmes morphologiques :
- enseignement : renseignement, avis, conseil.
- enseigne : marque, banderole.
- enseignable : docile.
? Synonymes : Marquer, instruire.


343-Senefier

? Du latin signifiare : signifier.
? En Ancien Français :
- Signifier : sens moderne > ce que révèle le sens.
? En Français Moderne :
- Sens étymologique : vouloir dire, avoir le sens de…
- Faire connaître d’une manière expresse : signifier ses intentions.
- En droit : notifier par huissier ;
? Paradigmes morphologiques :
- senefiance : signification, signe, marque + signe divin.
- senefiement : signe, indice, notification d’un acte juridique.
? Synonymes : ?


344-sens

? Du latin sensus : sensation mais aussi organe des sens, manière de pensée, idée, signification d’un mot (de sentire : percevoir par les sens, par l’intelligence). Attention ne pas confondre avec sen issu du francique *sin : direction, dessein, projet. L’AF élimine progressivement sen.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique : organe des sens, action de sentir, sensation.
- Sens étymologique : manière de penser, bon sens, sagesse souvent associé à la mesure. Sens = bon sens.
- Action sensée.
- Direction spatiale.
?Ces trois derniers sens sont dus à l’influence de sin : chemin, direction, sagesse, intelligence, bon sens.
? En Français Moderne :
- Fonction de perception (5 sens).
- Il garde le sens 4 de l’AF : direction spatiale.
- Signification d’un mot, d’un acte.
? Paradigmes morphologiques :
- sensement : avis.
- sensable : raisonnable, majeur.
- sensu : sensé.
- sensif : sensible.
? Synonymes : ?


345-Raison

? Du latin ratio,rationem :
- Calcul, proportion, mesure.
- Logique, raisonnement, explication.
- Discours ; débat.
? En Ancien Français :
- Comme en latin, conformité avec les notions de vérité et d’équité : par raison>aisonnablement ; avoir raison >< avoir tort.
- Compte, calcul ; puis par glissement de sens faculté de compter, puis de juger, de penser et de discerner. Ce sens se restreint par la suite au domaine de l’évaluation. Il est alors remplacé par compte, parole, discours, cause, moyen, justice.
- C’est également la cause, l’argument, l’explication (sens latin).
- Discours, parole, propos, langage, façon de s’exprimer, sujet d’une conversation, d’un récit. Ce sens disparaît au XIIIe.
- Domaine juridique : justice droit (déraison : injustice)
? En Français moderne :
- Conformité à la vérité. Proportion, rapport. (1er sens AF)
- Facultés intellectuelles.
? Paradigmes morphologiques :
- raisnier : parler, déclarer, défendre en justice.
- raisonable : juste, légitime, valable.
- raisonel : raisonnable.
- raisnableté : chose juste et raisonnable.
- raisne : argument.
? Synonymes :Mesure.


346-Escient

? Du latin sciente , à partir des locutions me, te, sciente : moi, toi sachant.
? En Ancien Français :
- Intelligence, raison.
- Connaissance, sagesse.
- ‘’Mon escient’’ : par ma foi ; ‘’a escient’’ : avec certitude, ‘’choisir escient’’ : prendre conscience de ses actes.
? En Français moderne :
- Disparition progressive du terme qui n’est plus employé que dans des expressions lexicalisées : ‘’a bon escient’’ : à raison, avec discernement ; ‘’à mauvais escient’’ : à tort.
? Paradigmes morphologiques :
- escientre : bonne foi, sagesse.
- escientos : savant, habile, sage.
- escience : savoir, intelligence.
? Synonymes : Raison.


347-engin

? Du latin ingenium : dispositions naturelles, intelligence, talent, créativité. En bas latin, valeur concrète : produits conçus par l’intelligence et les machines.
? En Ancien Français :
- Sens abstrait : intelligence puis par spécialisation, ruse, artifice, subterfuge. Perfidie ou tromperie en emploi péjoratif.
- Sens concret : machine, ustensile, dispositif et notamment piège pour capturer le gibier, machine de guerre.
? En Français Moderne :
- Sens 1 de l’AF est remplacé par adresse, talent, ingéniosité.
- Sens 2 se spécialise : instrument conçu par l’intelligence humaine puis il désigne n’importe quel type d’instrument (guerre, spatial…).
? Paradigmes morphologiques :
- engigneur : concepteur, inventeur, trompeur, traître.
- engignos : intelligent, adroit, trompeur, perfide.
- engigner : obtenir par la ruse, tromper, duper.
? Synonymes : Sens, entendement, decevance.


348-Engignier

? Du latin populaire *ingeniare, de ingenium : caractère, talent.
? En Ancien Français :
- Imaginer, inventer.
- Fabriquer avec art (sème étymologique).
- Tromper.
- Séduire avec art.
? En Français Moderne :
- Engignier a progressivement disparu de la langue, supplanté par inventer.
? Paradigmes morphologiques :
- engin : habileté, adresse, moyen, tricherie.
- engigne/engignance : tromperie, ruse.
- engignent/engignart : trompeur.
- engignier : ingénieur, architecte.
? Synonymes : Tromper.


349-Conseil

? Du latin consilium : la délibération, l’avis.
? En Ancien Français :
- Comme en latin, délibération intérieure, considération.
- Décision : Prendre conseil certain>prendre une décision définitive ; Perdre son consoil>ne pas savoir quel parti prendre.
- Sagesse.
- Conseil, avis, sentiment.
- Aide, secours, appuis.
- Le conseil peut également être un secret.
? En Français moderne :
- C’est l’avis ou la personne qui donne cet avis sur ce qu’il convient de faire ou non.
- Par extension c’est une assemblée de personnes délibérant sur une affaire (conseil de classe, de sécurité).
? Paradigmes morphologiques :
- conseillier : conseillier, aider, délibérer, gouverner.
- conseillement : conseil, avis, conférence, résolution.
- conseillier/conseilleor : le conseiller, le conseilleur.
- conseillable : de bon conseil.
- (a) consillons : en secret.
? Synonymes : Avis.


350-Conseillier

? Du latin consilium : délibération, avis.
? En Ancien Français :
- Conseiller quelqu’un ou quelque chose.
- Secourir, aider.
- Diriger, gouverner.
- Tenir conseil, délibérer.
- Décider, arrêter après délibération.
- Parler à voix basse, à part, en secret
- Réfléchir (construction réfléchie).
? En Français Moderne :
- Recommander.
- Donner un avis, des suggestions ; guider. Donc grande restriction sémantique.
? Paradigmes morphologiques :
- conseil : délibération, décision, sagesse…
- conseillement : action de conseiller, avis, conseil.
- conseillier/conseillieor : conseiller, conseilleur.
- conseillable : de bon conseil.
- a consillons : en secret.
? Synonymes : Loer, contraire de engignier.


351-Desconseillié

? Même étymologie que conseillier + préfixe privatif.
? En Ancien Français :
- Qui est sans conseil, désemparé, découragé.
- Sans direction, égaré.
? En Français Moderne :
- Qu’on conseil de ne pas faire, dissuader.
? Paradigmes morphologiques :
- desconseillier : mal conseiller, priver de protction, priver des lumières de la foi.
- cf. tous les paradigmes de conseillier.
? Synonymes : Descouragé.


352-Loer

? Du latin laudare : faire l’éloge. Attention il ne s’agit pas ici de louer au sens de mettre en location (<locare).
? En Ancien Français :
- Louer, faire l’éloge.
- Approuver, conseiller.
- Se loer de/a : suivre son avis, se rapporter à…
- Ordonner.
? En Français Moderne :
- Sens étymologique.
- Louer Dieu : célébrer sa grandeur, ses bienfaits.
- Changement de sens pour l’expression se louer de : se satisfaire de…. Donc perte du sème de conseil.
? Paradigmes morphologiques :
- loement : conseil, avis, approbation.
- loance : louange, conseil.
- loé : célebre, renommé.
- loange, loangement : louange.
? Synonymes : Conseillier.


353-Letres

? Du latin littera: lettre de l’alphabet, puis missive (au pluriel), ouvrage écrit et littérature d’ou plus généralement culture et instruction.
? En Ancien Français :
- Sens latin : signe graphique, caractère ; texte comme composé d’une suite de lettres + sens littéraire ‘à la lettre’.
- Missive.
- Ecrit officiel et plus particulièrement bien possédé en vertu d’un acte public.
- Littérature, savoir contenu dans les ouvrages écrits
? En Français moderne :
- Ce dernier sens abstrait se développe au 16ème avec l’humanisme (‘’homme de lettres’’), opposition à science.
- Correspondance publiée, genre littéraire très prisé au 17/18ème.
? Paradigmes morphologiques :
- lettré : couvert d’inscription, écrit, inscrit, versé dans les lettres.


354-novele

? Du latin novellus : jeune, récent. Diminutif de novus : neuf.
? En Ancien Français :
- Neuf : nouveau né, chose fraîche, personne sans expérience, qui a acquis un titre ou une fonction qu’elle n’avait pas.
- Valeur caractérisante : inédit, original, hardi, singulier, inattendu.
- Succession à une personne ou à une chose de même espèce : la lune novele.
- L’adjectif s’est substantivé : annonce d’une chose arrivée récemment ; par métonymie l’évangile = la bonne nouvelle.
- Œuvre littéraire et par métonymie genre littéraire : récit concernant un évènement présenté comme réel et récent.
? En Français Moderne :
- L’adjectif se spécialise au 17ème : qui a les mêmes caractéristiques qu’un personnage célèbre.
- Adjective substantivé : la nouvelle = personne nouvelle dans une collectivité déjà formée.
- Substantif : ce que l’on apprend par la rumeur publique, infos diffusées au public par différents canaux.
? Paradigmes morphologiques :
- novelement : récemment, de nouveau, bientôt.
- novelier : conteur, celui qui débite des fables.
- noveler : changer, raconter, se renouveler.
- renouveler : changer, machiner, recommencer.
? Synonymes : ?


355-parole

? Du latin parabola : récit du Christ puis parole du Christ et faculté d’exprimer par le langage parlé en général.
? En Ancien Français :
- Expression orale, verbale des contenus de ka conscience.
- Action de faire parler.
- Voix.
- Promesse.
- Par spécialisation : enseignement de l’Ecriture Sainte, expression de la volonté de Dieu.
? En Français Moderne :
- 17ème : art de parler, éloquence.
- Droit de parler.
- 20ème : en opposition à langue pour Saussure : réalisation observable du système linguistique.
? Paradigmes morphologiques :
- parler : discourir, converser, fait de parler.
- parlement : entretien, conversation, discours, conférence, assemblée législative.
- Parleor : parloir, prétoire.
? Synonymes : Voiz, son.


356-Essample

? Du latin exemplum : exemple.
? En Ancien Français :
- Modèle que l’on tente d’imiter.
- Signe, présage.
? En Français Moderne :
- Sens 1 de l’AF reste le sens dominant. Le sens 2 disparaît.
- Ce qui peut servir de leçon, d’avertissement.
- Chose précise, évènement qui sert à illustrer, prouver.
- Employer dans l’interjection ‘’ah ça par exemple !’’ : marque de la surprise.
? Paradigmes morphologiques :
- essamplarie, -aire : exemple, modèle, type, preuve.
? Synonymes : Modèle.


357-Sages

? Altération du latin classique sapidus : qui a du goût, de la saveur et au figuré sage et vertueux.
? En Ancien Français :
- Instruit, savant (sens vieilli).
- Par extension personne prudente, judicieuse.
- Raisonnable, intelligent.
- Par extension il s’applique aux conduites, aux paroles (personne experte, habile de son art).
- Par extension : ceux qui se sont distingués par leur connaissance de la philosophie et de sciences de l’antiquité grecque.
? En Français moderne :
- Le substantif disparaît sauf en emploi littéraire (philosophe).
- La notion de modération prédomine (17ème) : fille chaste, par extension enfant calme docile.
- Le sens d’instruit est repris au 18ème : savant, libre penseur, philosophe.
- A partir du 20ème personne appelé pour sa compétence et sa réputation d’objectivité comme conseiller d’un gouvernement ou d’un organisme en matière économique et social (ex : comité des sages).
? Paradigmes morphologiques :
- sagement : judicieusement.
- sagetement : sagement, en bon ordre.
? Synonymes : Subtile.


358-fol

? Du latin follis : le soufflet pour le feu : sac, ballon gonflé et par métaphore ironique sot, idiot par Glossary Link comparaison des divagations du fou avec celles d’un ballon gonflé d’air.
? En Ancien Français :
- Sens étymologique de soufflet qui subsiste jusqu’au 15ème.
- Sens dominant : personne atteinte de troubles mentaux.
- Personne hors normes, extrême, qui se conduit comme un fou.
- Personne dont le comportement est jugé extravagant : léger, futile, frivole. Contraire à la raison, dévergondé.
? En Français Moderne :
- Le sens 2 a disparu de la terminologie médicale, supplanté par psychotique.
- Les sens 3 et 4 subsistent.
? Paradigmes morphologiques :
- foler : être / devenir fou, se conduir en fou, tromper.
- folet : un peu fou.Zodiaque.
? Synonymes : ?


359-folie

? Même étymologie que fol dont il suis l’évolution sémantique.
? En Ancien Français :
- Trouble mental en médecine.
- Par extension : manque de jugement, de bon sens (c’est folie ; à la folie : extrêmement).
- Par extension : toute idée ou action estimée extravagante.
- Par exagération : état d’exaltation.
- Par extension : ce qui échappe ou semble échapper au contrôle de la raison.
? En Français Moderne :
- Tous les sens subsistent sauf le premier qui sort du vocabulaire médical.
? Paradigmes morphologiques :
- fol : mot n°358.
? Synonymes : Enfance, conardie.


360-Penser

? Fréquentatif. Du latin pendere:
- Peser au propre comme au figuré.
- Puis par extension réfléchir, évaluer, penser (lié à l’appréciation du poids des mots, des arguments).
? En Ancien Français il n’y a pas de distinction sémantique entre panser et penser avant le 17ème Siècle.
- Intransitif : Sens uniquement intellectuel : méditer, réfléchir. Le plus souvent se sont des pensées pesantes pénibles, car le notion de poids et de douleur est présente dans l’étymon.
- Transitif indirect (avec la proposition à ou de) : il a toujours le même sens intellectuel que précédemment. S’y ajoute un sens matériel : prendre soin de, s’occuper de et appliquer un pansement, soigner.
- Transitif direct : Sens intellectuel : concevoir, songer, analyser, juger, imaginer (toujours des préoccupations pénibles). Il est alors synonymes de cuidier et de croire. Il a également le sens matériel de soigner et panser.
- Construction réfléchie : sens uniquement intellectuel de réfléchir.
? En Français moderne : Dès le 17ème panser assume le sens matériel et penser le sens intellectuel.
- Penser garde les sens médiévaux même si le sème de douleur n’apparaît plus aussi clairement.
- Panser s’est restreint au domaine médical.
? Paradigmes morphologiques :
- pensif : préoccupé, inquiet.
- pensement : pensée, méditation puis soin, pansement.
- pensée : projet, réflexion, esprit.
- porpenser : réfléchir longuement, évaluer, méditer.
- apenser: imaginer, projeter.
? Synonymes :Imaginer.
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361-porpenser

? Même étymologie que penser (mot n°360).
? En Ancien Français :
- Penser, réfléchir.
- Chercher par réflexion, projeter.
- Former telle résolution, compléter.
- Se purpenser : se rappeler.
? En Français Moderne :
- Il disparaît progressivement de la langue.
? Paradigmes morphologiques :
- porpens : réflexion, projet.
- porpensif a : qui pense attentivement à…
- porpensement : pensée, complot.
? Synonymes : Penser.


362-Creance

? Du latin credere : croire.
? En Ancien Français :
- Croyance, conviction.
- Foi et confiance (sens religieux).
- Confiance, crédit.
- Epreuve, essai.
? En Français Moderne :
- Croyance a gardé les trois premiers sens de l’ancien français.
? Paradigmes morphologiques :
- croire : croire.
- creable : qui croit.
- creableté : crédibilité.
? Synonymes : Cuidance, foi, essaie.


363-Mescreance

? Du latin credere : croire.
? En Ancien Français :
- Incroyance, incrédulité.
- Fausse croyance.
- Méfiance, soupçon.
? En Français Moderne :
- Mecreance disparaît progressivement de la langue ; il est remplacé par incroyance.
? Paradigmes morphologiques :
- mescroire : ne pas croire, refuser de croire.
- mescroiement : incrédulité.
- mescreant : mécréant, incrédule.
- mescreable : qui ne croit pas.
? Synonymes : ?


364-Mescreanz

? Du latin credere : croire.
? En Ancien Français :
- Mécréant.
- Incrédule.
? En Français Moderne :
- Sens 1 de l’AF : irréligieux ou infidèle, personne qui n’a pas de religion. Sens vieilli.
? Paradigmes morphologiques :
- mescroire : ne pas croire, refuser de croire.
- mescroiement : incrédulité.
- mescreance : incroyance.
- mescreable : qui ne croit pas.
? Synonymes : Incroyant.


365-Croire

? Du latin credere : croire.
? En Ancien Français :
- Croire.
- Avoir confiance.
- Faire crédit, donner à crédit.
- Se fier, se confier.
? En Français Moderne :
- Croire a uniquement gardé les deux premiers sens de l’AF.
? Paradigmes morphologiques :
- creance : croyance
- creable : qui croit.
- creableté : crédibilité.
? Synonymes : Cuidier, fier (avoir confiance).


366-Foi

? Du latin fidem.
? En Ancien Français :
- Foi, croyance : dimension religieuse mais pas forcément.
- Fidélité envers son suzerain.
- Parole, engagement de fidélité.
- Confiance.
? En Français Moderne :
- Les trois grands sens de l’AF perdurent : croyance mais spécialisation au domaine religieux : fait de croire en Dieu + le dogme lui-même.
- Fidélité à remplir ses engagements (+ expressions lexicalisées : faire foi, ma foi…).
- Confiance en quelqu’un ou quelque chose (digne de foi).
? Paradigmes morphologiques :
- feel/feal/fiel/feol : fidèle, loyal, sincère.
- feel : sujet fidèle et ami.
- feelté : foi et hommage du vassal, serment.
- feable : à qui on peut se fier, sûr.
? Synonymes : Creance.


367-Cuidier

? Du latin cogitare: (cum+agitare).
- Agiter
- Penser > méditer > réfléchir.
? En Ancien Français :
- Hésiter, peser le pour et le contre (sens très rare) : sans cuidier : sans hésiter.
- Penser quelque chose à tort, s’imaginer. C’est le sens dominant qui implique une opinion erronée. Il est alors synonyme de croire que + complétive au subjonctive (croyance fausse).
- Vouloir, espérer quelque chose.
- Prétendre à la présomption de... ex : outrecuidance.
- Etre sur le point de, manquer de...
? En Français moderne :
- Cuidier disparaît au 17ème Siècle. On ne le retrouve guerre que dans outrecuidant.
? Paradigmes morphologiques :
- cuideor : outrecuidant, vaniteux.
- cuidier (subst.) : pensée, sentiment, crainte, ambition.
- cuidart : crédule.
- cuides : bourses dépouillées de testicules.
? Synonymes : Croire, imaginer, penser (associé au sème de douleur ou activité matérielle).


368-Error

? Du latin error, erroris : action d’errer ça et là et au figuré incertitude, ignorance. En latin chrétien il désigne l’hérésie.
? En Ancien Français :
- Imposture.
- Action de se tromper.
- Action regrettable, maladroite et se dit spécialement d’un écart de conduite.
- Doctrine, opinion fausse (issu du latin chrétien).
? En Français Moderne :
- 16ème : terme de droit : erreur judiciaire.
- Il garde tous les sens de l’AF. A noter que erreur a été en conflit homonymique avec erreur de errer au sens d’errance. Error a influencé tous les mots en er- et leur valeur de voyage s’est effacée au profit de celle e ‘’se tromper’’.
? Paradigmes morphologiques :
- erroné : faux, qui est dans l’erreur.
- erronément : par erreur.
? Synonymes : Faute.


369-Amentevoir

? Du latin populaire *mentehabere : avoir à l’esprit.
? En Ancien Français :
- Rappeler.
- Avertir.
- Recommander.
- Amentevoir un jugement : le prononcer.
? En Français Moderne :
- Amentevoir a progressivement disparu de la langue, supplanté par rappeler.
? Paradigmes morphologiques :
- amentevance : souvenir.
- amenteument : avertissement, investigation.
? Synonymes : Rappeler, remembrer.


370-Remembrance

? Du latin rememorare : remettre en mémoire.
? En Ancien Français :
- Mémoire.
- Tout ce qui est destiné à conserver le souvenir : écrit, image, portrait, etc….
? En Français Moderne :
- Remembrance a progressivement disparu de la langue, supplanté par mémoire ou souvenir.
? Paradigmes morphologiques :
- remembrer : se souvenir.
- remembrement : souvenir, mémoire.
- remembraille : remémoration.
- remembrable : qui se souvient, dont on doit se souvenir.
? Synonymes : Sovenir, mémoire.


371-Sovenir

? Du latin subvenire : venir à l’esprit.
? En Ancien Français :
- Rappeler quelque chose à quelqu’un.
- Tournure impersonnel : se souvenir.
- Substantif masculin (emploi tardif, 13ème) : souvenir, moment que l’on retient en mémoire.
? En Français Moderne :
- Substantif : survivance dans la mémoire, objet qui rappelle la mémoire de quelque chose + sens nouveau d’objet que l’on vend aux touristes.
- Verbe uniquement pronominal : avoir présent à l’esprit quelque chose du passé + emploi impersonnel ‘’vous souvient-il ?’’= revenir à la mémoire + ‘’je m’en souviendrai’’ = je me vengerai.
? Paradigmes morphologiques :
- sovenant : souvenir.
- sovenue : fait de se rappeler une promesse.
- sovenier : qui se souvient, qui pense à…
- sovenable : qui se souvient, dont on se souvient.
? Synonymes : Remembrer, remembrance.


372-Aseür

? Du latin securum : sûr.
? En Ancien Français :
- Sûr, rassuré, certain.
? En Français Moderne :
- Il est supplanté par assuré :ferme décidé et certain // persone garantie par un contrat d’assurance.
? Paradigmes morphologiques :
- asseurer : garantir la sûreté, être certain, avoir confiance.
- asseurement : sûreté, garantie, sauf-conduit.
- asseurance : arangement, trêve.
? Synonymes : ?


373-Creanter

? Du latin *credentare , de credere : croire.
? En Ancien Français :
- Promettre, garantir, cautionner.
- Approuver, ratifier.
- Accorder.
? En Français Moderne :
- Il a complètement disparu de la langue, mais on le retrouve dans la créance : droit d’un personne à exiger quelque chose.
? Paradigmes morphologiques :
- creant/craant/grant : promesse, garantie, agrément.
- creante : consentement, promesse, autorisation.
- creantor : le garant, le protecteur, le bienfaiteur.
? Synonymes : Assurer, garantir.

374-droit

? Du latin directus : sans courbure, direct, à angle droit, d’où sans détour, direct, juste (au figuré).
? En Ancien Français :
- Adjectif : Sens concret : qui suis la ligne droite.
- Sens figuré : juste honnête, loyal, exact, vrai, digne de foi.
- Valeur spatiale : qui est du côté droit.
- Ci-droit : ici même, immédiat.
- Adverbe : directement, sans détour ; au propre comme au figuré.
- Substantif : morale, justice.
- Ce qui est convenable.
- Par métonymie : redevance perçue en échange d’un droit.
- Ce qui donne une légitimité. Dire droit : rendre un jugement.
? En Français Moderne :
- Adjectif : vertical ; angle droit.
- Juste, régulier, bon.
- Sens spatial : du côté droit.
- Spécialisation en politique.
- Adverbe : même sens que l’AF : directement, sans détour.
- Substantif : nombreux syntagmes dans un sens comptable : droits de l’homme…. + locution avoir le droit de…
? Paradigmes morphologiques :
- droitier : savant en droit.
? Synonymes : Contraire de tort.


375-Droiture

? Du latin populaire *d(i)rectum.
? En Ancien Français :
- Direction en ligne droite.
- Direction, règle.
- Droit, justice, droits.
- Recevoir ses droitures : recevoir les sacrements de l’église.
- Faire la droiture : donner les sacrements.
? En Français Moderne :
- Qualité d’une personne droite.
- Honnêteté, loyauté.
? Paradigmes morphologiques :
- droit : sui suit une ligne droite, vrai, digne…
- droitfait : action droite, justice.
- droiturer : redresser, faire droit, rendre justice.
- droiturier : droit, direct, qui agit selon le droit et la justice.
? Synonymes : ?


376-Tort

? Du latin tortum, du verbe tordre.
? En Ancien Français :
- Ce qui est tordu.
- Acte contraire au droit et à la justice.
- Détour.
? En Français Moderne :
- Action ou état contraire au droit, à la vérité, à la raison.
- Dommage, préjudice.
- A tort : injustement.
? Paradigmes morphologiques :
- tort (adj.) : tordu, contrefait, détourné.
- torte : espèce de pain commun de forme ronde.
- torteure : action contraire à la justice, à la droiture.
? Synonymes : Contraire de droit.


377-Garant

? Du germanique wërenta du verbe wëren : fournir une garantie.
? En Ancien Français :
- Garantie.
- Protection.
- Défense. A garant : en sûreté.
? En Français Moderne :
- Adjectif : qui répond des actes de quelqu’un et notamment de ses dettes.
- Nom : Nom : personne ou chose qui sert de garantie, d’assurance, de caution.
? Paradigmes morphologiques :
- garantir : fournir une garantie, une caution, protéger.
- garantissement/age/ison/ise : préservation, exemption, garantie, guérison.
- garantier : garantir.
? Synonymes : Asseur.


378-Garantie

? Du germanique wërenta du verbe wëren : fournir une garantie.
? En Ancien Français :
- Préservation, exemption.
- Garantie.
- Guérison.
? En Français Moderne :
- Ce qui assure l’exécution, le respect des termes d’un contrat.
- En droit : obligation incombant à l’un des cocontractants d’assurer la jouissance de quelque chose ou la protection contre un dommage.
- Constatation légale du titre des matières et ouvrages de métal précieux.
? Paradigmes morphologiques :
- cf. garant : mot n°377.
? Synonymes : ?


379-Otroier

? Du latin populaire *auctoridiare pour le latin impérial auctorare : accorder.
? En Ancien Français :
- Donner son consentement, autoriser.
- Consentir à, être d’accord sur quelque chose.
- Approuver.
- Concéder, donner.
- Emploi réfléchi : se donner.
? En Français Moderne :
- Concéder, accorder à titre de faveur. En emploi réfléchi : prendre sans permission. Restriction de sens par rapport à l’AF.
? Paradigmes morphologiques :
- otroi : action d’autoriser, accord.
- otroiance : action d’accorder, permission.
- otroiement : octroi, permission, don.
- otroiage/otrise : octroi, don.
? Synonymes : ?


380-Escondire

? Du bas latin excondicere : convenir de.
? En Ancien Français :
- Refuser, dénier.
- Refuser, éconduire.
- Contredire, s’opposer à, combattre.
- Excuser, justifier.
- Escondire quelqu’un de : l’excuser de, alléguer comme excuse.
? En Français Moderne :
- Il bne s’emploi plus qu’en contexte littéraire : refuser de recevoir, de ne pas accéder à la demande de quelqu’un ; repousser les avances d’un amoureux, d’un soupirant.
? Paradigmes morphologiques :
- escondit : refus, excuse.
- escondite : refus, défaut de comparaître, amende, réparation.
? Synonymes : ?


381-Escondit

? Du bas latin excondicere : convenir de.
? En Ancien Français :
- Refus.
- Excuse.
? En Français Moderne :
- Le substantif a disparu mais le participe se maintient en emploi littéraire.
? Paradigmes morphologiques :
- sf.escondir (mot n°380).
? Synonymes : ?

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