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Henri de Gondi (son oncle) obligé
de rompre le traité de mariage entre le duc de Mercoeur (= Louis de Bourbon,
petit fils de Henri IV) et sa fille, Catherine ; il vient trouver le père
le Retz en lui annonçant qu’il donne sa fille aînée Catherine à son fils aîné
(= le frère aîné de Retz) ; Retz voudrait en profiter pour épouser la sœur
de Catherine parce qu’elle a 80000 livres de rente ; il sait que son père
n’y songe pas, alors il feint d’avoir envie d’entrer dans l’Eglise pour ne pas
éveiller les soupçons ; confiant, son père le mène en Bretagne. Retz forme
des chimères par rapport à la jeune fille, Melle de Scepeaux. Petit portrait de
Melle de Scépaux et intentions intéressées de Retz.
§
8 – page 58-59
(l’incident
en question)
Réussit à feindre le dévot ;
il est écouté de Melle de Scepeaux, mais pour l’être davantage, il paie cent
pistoles à une vieille fille de chambre (appréciée d’elle) pour qu’elle lui fasse
croire qu’elle est vouée à entrer dans les ordres ; lui-même lui dit qu’on
le destine à être prêtre. Ca marche, il envisage de la mener en Hollande. Mais
il lui faut de l’argent : il fait alors croire à son père qu’il doit aller
s’occuper de l’économat de ses abbayes.
§
9 – page 59
(l’incident
en question)
Part dès le lendemain à Busai (5
lieues de Machecoul) pour affermer Busai ; traite avec un marchand de
Nantes qui profite de sa précipitation ; reçoit 4000 écus. Arrive un
accident.
§10
– page 59-60
(l’incident
en question)+ (l’accident)
Les yeux de Melle de Retz ;
un jour, elle montre « tout ce que la morbidezza des Italiens a de plus
tendre… »; dans un miroir, le comte de Palluau le remarque : il va
tout raconter à Mme de Retz (= la sœur aînée de la jeune fille ) et il a dit
depuis à Retz que la conduite de Melle de Scépeaux prouvait qu’elle n’en
était pas à sa première conduite
amoureuse.
§
11 – page 60
(l’incident
en question)+ (l’accident)
Mme de Retz en informe son père,
qui le dit au père de Retz : le lendemain, sous un faux prétexte, Retz est
conduit à Paris (via Nantes, Tours, Orléans) ; comme son père lui prend son argent de peur qu’il ne tente de
s’échapper, il comprend qu’il a été découvert.
§
12 – page 60-61
(l’incident
en question)+ (l’accident)
A Paris, retrouve Equilli (son
cousin, 20 ans de plus) qui souhaite l’aider dans son projet d’enlever Melle de
Retz pour l’épouser ; il lui prête de l’argent. Retz emprunte aussi au
président Barillon. Equilli lui mande un pilote de sa galère. Retz avoue son
projet d’enlèvement à Mme de Lesdiguière.
.
§
13 – page 61
« Ce
nom m’oblige à interrompre le fil de mon discours, et vous en verrez les
raisons dans la suite. »
§
14 – page 61
(Digression :
Interruption du discours)
Il querelle Praslin : duel
dans le bois de Boulogne : grands coups échangés ; ils sont séparés
par Meillancour (son second) et le chevalier Du Plessis (second de Praslin) ;
Retz aurait voulu que ce duel soit mis sur la place publique, mais il n’en fut
rien.
§
15 – page 61
On
le met en garde contre Mlle de Roche.
§
16 – page 62
M. le cardinal de Richelieu hait
Mme la princesse de Guéméné (car sûr que c’est elle qui a transmis à Marie de
Médicis une lettre d’amour qu’il avait écrite pour la reine, sa belle fille
(Anne d’Autriche), via Mme du Fargis, dame d’atour) ; par vengeance il
voulut que M. le maréchal de Brézé rende publiques
les lettres de Mme de Guéméné trouvées dans la cassette de M. de Montmorenci
(qd il fut pris à Castelnaudari) ; mais Brézé les rend à Mme de Guéméné.
Or le cardinal craint Brézé, parce qu’il est apprécié du Roi. Il pouvait
tout en France, à la réserve de ce dernier point ; car Brézé déteste
M.de La Meilleraie et ne supporte pas que Richelieu l’apprécie.
§
17 – page 62
Mais Richelieu apprécie beaucoup M. de la Meilleraie.
« Enfin, il le destinait à la place que nous avons vu avoir été tenue
depuis si glorieusement par M. de Turenne. » (1ere fois que Turenne
est cité).
§
18 – page 62-63
Pour
démêler cette brouillerie dans sa famille, Richelieu réunit les 2 chefs de
cabale (Brézé et M.de La Meilleraie) dans la confidence de ses galanteries,
confidence qu’il n’eut que pour eux deux. A savoir pour Marion de Lorme et Mme
de Fruges : paix fourrée entre les deux hommes, dont Mme de Guéméné fut
sur le point d’être la victime.
§
19 – page 63
M.
de La Meilleraie (= le Grand Maître) amoureux de Mme de Guéméné (non
réciproque) ; il enrage. Il croit pouvoir la menacer car Richelieu avait
enfin obligé Brézé à lui remettre les lettres (écrites à Montmorenci) [Retz a
dit, page 62, que le maréchal de Brézé les avait rendues à Mme de
Guéméné : inadvertance ?] ; Richelieu donne lettres à La
Meilleraie qui en laisse échapper quelque chose à Mme de Guéméné : elle
tombe dans mélancolie et s’en va à Couperai, où elle ne veut voir personne.
_ _ _ _ _ _ _
§
20 – page 63-64
Retz
se met à l’étude et entreprend d’imiter Richelieu. Ses proches s’y opposent
parce que c’est bon pour les pédants, mais il poursuit, avec succès. Cela plaît
à Richelieu ; de plus, M. de La Meilleraie parle en bien de lui à
Richelieu qui ordonne même à M. de Lingendes de le mener chez lui.
§
21 – page 64
Voici
la source de ma première disgrâce ;
il ne se rend pas chez Richelieu pour lui faire la cour, il refuse de devenir
sa créature, son domestique. Pourtant, défaut signalé de Richelieu :
« [il] avait au souverain degré le faible de ne point mépriser les
petites choses. »
D’ailleurs,
Retz en fait les frais à ce moment là : autrefois, à 18 ans, [en vrai 25],
il avait écrit La Conjuration de Jean-Louis de Fiesque ; il avait
prêté son livre à Lozières, qui l’a passé à Boisrobert, qui lui-même l’a
transmis à Richelieu ; après sa lecture, Richelieu dit en présence du
maréchal d’Estrées et de Senneterre : « Voilà un dangereux
esprit ». Senneterre le rapporte au père de Retz ; malgré cela,
Retz continue à ne pas aller voir Richelieu, par solidarité avec Mme de Guéméné
qui le hait.
§
22 – page 64-65
Réussit
dans les actes de Sorbonne ; veut réussir dans les sermons. On lui
conseille de commencer par de petits couvents, il fait l’inverse : il prêche
les gdes fêtes en présence de la Reine + cour ; cela lui attira un
second éloge de la part de Richelieu : comme on le complimente,
Richelieu dit : « Il ne faut pas juger des choses par
l’événement ; c’est un téméraire. » Retz a alors 22 ans.
_ _ _ _ _
§
23 – page 65
M.
le Comte (Louis de Bourbon, comte de Soisson) part à Sedan de crainte d’être
arrêté et lui demande de cacher Vanbroc, un joueur de luth. Retz le cache dans
la soupente, mais arrivée du prévôt de l’Ile ; personne ne lui révèle la
présence de Vanbroc. Risque une nouvelle contusion à l’égard de la cour. En
voici une autre.
§
24 – page 65-66
Fin
de la licence à la Sorbonne ; il prétend à la première place dans les
actes (le classement final) Il a en effet, dit-il, été meilleur que l’abbé de
La Mothe-Houdancourt.
§
25 – page 66
Richelieu
reconnaît l’abbé de La Mothe-Houdancourt comme son parent : il envoie à en
Sorbonne le Grand Prieur de La Porte pour le recommander ; dès que Retz
l’apprend, il va trouver M. de Raconis (évêque de Lavaur) pour le prier
d’annoncer à Richelieu qu’en raison du respect qu’il lui devait, il s’était désisté de sa prétention à la
première place aussitôt qu’il avait appris que Richelieu y prenait part.
Le
lendemain, Lavaur vient le trouver pour lui dire que Richelieu disait que
l’abbé de La Mothe obtiendrait la première place non en raison du désistement
de Retz, mais par son mérite. Retz est outré par la réponse. Finalement il
gagne la première place de 84 voix : Richelieu furieux et « fit mon
éloge, tout de nouveau, avec une aigreur incroyable. »
§
26 – page 66-67
Toute
ma famille s’épouvanta. Tous
souhaitent l’éloigner et l’envoyer en Italie. Il part à Venise jusqu’à mi-août.
Fait galanterie à la signora Vendranina, noble Vénitienne. Le président de
Maillié (ambassadeur pour le Roi) lui recommande de sortir car il y a là péril
dans ces aventures. Il fait le tour de la Lombardie et se rend à Rome fin septembre.
M. le maréchal d’Estrées, qui y est ambassadeur, lui dit comment vivre ;
il se résout, à tout hasard, d’acquérir de la réputation dans une cour
ecclésiastique où l’on me verrait avec la soutane.
§
27 – page 67
J’exécutai fort bien ma
résolution. Se comporte très bien. Pas de galanterie et beaucoup de
modestie dans ses habits. Il dispute
dans les Ecoles de Sapiens où « la fortune contribua encore à me
relever. »
§
28 – page 67
Le
prince de Schemberg (ambassadeur d’obédience de l’Empire) lui fait dire, alors
qu’il joue au ballon dans les thermes de lui quitter la place. Il fait répondre
qu’il l’aurait fait si cela lui avait été demandé par civilité, mais que, comme
s’il s’agit d’un ordre, il ne peut en recevoir d’aucun ambassadeur que de celui
du Roi. L’autre insiste ; il se met sur la défensive. Les Allemands ne
poussent pas l’affaire. La victoire d’un abbé sur un ambassadeur fait grand
éclat à Rome ; si grand que Roze (secrétaire du cabinet) qui jouait au
ballon aussi, dit que Mazarin en eut, dès ce jour, l’imagination saisie.
_ _
_ _ _ _
§
29 – page 67-68
[Retour à Paris ] Santé de Richelieu
faiblissant, on a des vues sur l’archevêché de Paris. M. le Comte a plus de
100 000 livres de rentes en tant que custodi nos ; il va démissionner
en faveur de Retz et lui remettre l’argent. Du coup, Retz ne va pas quitter
tout de suite la soutane ! Veut faire de grandes actions. En attendant, il
fait une retraite pour travailler ; n’a plus de relation qu’avec Mme de
Guéméné.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _
§
30 – page 68
« […]
était à la ruelle du lit ; (le
début d’une histoire n’est pas raconté) ; mettre à cette belle femme un mouchoir sur les yeux qd pièce
éclairée ; référence à la Vénus de Médicis
§
31 – page 68-69
Quinze
jours avant cette aventure, Mme la princesse de Guéméné a « vu le
diable » évoqué par M. d’Andilly amoureux, lui aussi, de cette femme. Au
bout de six semaines, il parvient à la faire sortir de Port-Royal, où elle
faisait parfois des retraites.
§
32 – page 69
Retz
a une relation avec Mme de Guéméné et Mme de La Meilleraye, ce qui le
réconforte un peu de sa profession. Un jour, Richelieu qui aime railler mais
n’aime pas qu’on le raille, raille Mme de Guéméné et tout le monde remarqua
qu’il voulait désigner Retz. Elle fut outrée et Retz plus encore, car il y a
une espèce de ménage entre eux (= vivent comme s’ils étaient mariés).
§
33 – page 69
Mme
de la Meilleraye plut à Richelieu, au point que le maréchal (son mari) s’en
aperçut avant de partir à l’armée : il lui fait scène de façon à faire
croire qu’il est jaloux alors qu’il est ambitieux avant tout. Richelieu fait la
cour à la dame, la fait venir chez lui, mais elle le hait parce qu’il lui a
fait épouser son cousin de la Meilleraye et pour cela lui a fait perdre sa
fortune en forçant son père à la doter richement. Retz (dans les confidences de
la dame puisqu’il couche avec) pense qu’elle ne tardera pas au brillant de
cette faveur et que le mari, ambitieux et faible pour la cour, s’en
accommodera.
§
34 – page 69-70
Retz,
dans cette passion avec la Maréchale, est content de triompher de Richelieu.
Mais rageur lorsqu’il s’aperçoit que le Maréchal souhaite aller souvent à Rueil
(chez Richelieu) et que la dame lui fait moins de confidences… Donc, la colère
de Mme de Guéméné (cf § 32), la jalousie de Retz pour Mme de La Meilleraye, et
son aversion pour sa profession faillirent à produire un des plus grands et
des plus fameux événements de notre siècle. [Attention à la note !!]
§
35 – page 70
La
Rochepot (son cousin, domestique de feu M. le duc d’Orléans dont il reçoit les
confidences) hait Richelieu, d’une part parce que Richelieu a fait persécuter
et mettre en effigie sa mère (Mme Du Fargis) et d’autre part parce qu’il vient
encore de refuser que son père, prisonnier à la Bastille, obtienne le régiment
de Champagne. Ensemble ils font le panégyrique du Cardinal et critiquent la
faiblesse de Monsieur (= Gaston d’Orléans, frère du roi) parce qu’il a dit à M.
le Comte qu’il devait se cacher à Sedan, et lui a promis de l’y rejoindre,
alors qu’il est retourné à la cour.
§
36 – page 70
La
Rochepot et Retz décident de se servir de la faiblesse de Monsieur pour
exécuter ce que la hardiesse de ses domestiques fut sur le point de lui faire
faire à Corbie. Ce dont il va entretenir sa destinatrice un moment pour qu’elle
comprenne mieux :
§
37 – page 70-71
[Parenthèse :
analepse : le complot de Corbie]
Les
ennemis (=Espagnols, en guerre contre la France) sont entrés en Picardie. Le
roi s’y rend accompagné de Monsieur son frère, pour général, et de Monsieur le
Comte pour lieutenant général. Les deux détestent Richelieu. Victoire de la
France à Corbie.
*
L’Espinai, Montrésor, La Rochepot entreprennent Monsieur pour qu’il se
débarrasse de Richelieu ;
*
Saint-Ibar, Varicarville, Bardouville, Beauregard font pareil avec M. le Comte.
§
38 – page 71
[Parenthèse :
analepse : le complot de Corbie][fin de la parenthèse]
La
chose fut résolue mais pas exécutée, Retz se demande pourquoi étant donné
qu’ils avaient Richelieu entre leurs mains à Amiens. De retour à Paris,
Monsieur et Monsieur le Comte pris de frayeur. Monsieur le Comte se retira à
Sedan, Monsieur alla à Blois. M. de Rais, qui n’était pour rien dans le
complot, mais attaché à M le Comte, se jeta dans Belle-île. Le roi envoie deux
personnes à Blois pour ramener son frère qui, de retour à Paris, a encore plus peur
car ses domestiques entretenaient cette peur (pour leur propre sécurité). Retz
et Rochepot comptent sur ce penchant pour l’amener à se débarrasser de
Richelieu. (Trait sur ce travers de Monsieur.)
§
39 – page 72
La
Rochepot, constatant que Monsieur diffère toujours de passer à l’action, a un
stratagème hasardeux mais qui l’est moins qu’il ne le paraît.
§
40 – page 72-73
Richelieu
devait baptiser Mademoiselle, et donc se rendre au Dôme ; la proposition
de La Rochepot est de continuer de faire voir à Monsieur qu’il doit se défaire
de Richelieu. De moins lui parler du détail mais de lui en parler en général,
de façon à pouvoir dire par la suite qu’il était au courant du complot. De lui
dire qu’il faut que des gens l’exécutent à sa place, mais en sa présence et en
son nom, à la chapelle, le jour de la cérémonie. Et de lui dire qu’il avouera
immédiatement en être à l’origine tant le roi lui-même serait content d’être
débarrassé d’un tyran. (ils le croyaient eux-mêmes, cf note).
§
41 – page 73
Retz
avoue qu’après avoir beaucoup critiqué avec La Rochepot, la faiblesse de
Monsieur et celle du Comte à Amiens, il prend peur alors qu’il est sur le point
d’exécuter l’action qu’il a lui-même suggérée à La Rochepot. Mais La Rochepot
se moque de lui et le convainc de poursuivre. Son futur crime lui semble
justifié par de grands exemples du passé. Le soir même il engage Lannoy (=
marquis de Piennes) et La Rochepot s’assure de La Frette, du marquis de Boisy,
de L’Estourville, dont il sait qu’ils sont attachés à Monsieur et qu’ils
haïssent Richelieu. Prêts à s’exécuter. Mais la fortune entre en
jeu : Richelieu ou Mademoiselle, il ne sait plus, tombe malade : la
cérémonie n’a pas lieu. (voir la note : Retz a involontairement inversé
les événements). Monsieur retourne à Blois, le marquis de Boisy les assure du
secret mais leur dit qu’il ne participera plus à un complot parce qu’il vient
de recevoir une grâce de Richelieu.
§
42 – page 73-74
Adresse
à la destinataire : il confesse que cette entreprise ne lui a jamais plu.
§ supplémentaire Pochothèque :
Adresse à la destinatrice : il a tant de plaisir à lui raconter tout cela.
§
43 – page 74
C’est
folie que de conjurer, mais cela rend les gens sages par la suite, au moins
pour quelques temps ; le péril durant après l’occasion, on est prudent
dans les moments qui la suivent.
§
44 – page 74
La
Rochepot, le coup manqué, se retire à Commercy, pour 7 ou 8 mois. Le marquis de
Boisy va retrouver son père (duc de Rouanné) en Poitou. Piennes, La Frette et
L’Estourville rentrent chez eux. Ses attachements le retiennent à Paris, mais
il étudie toute la journée, et donne les apparences d’un bon ecclésiastique.
Ils ont si bien réussi à cacher leur complot que Richelieu, pourtant le mieux
informé, n’en a jamais rien su. Après la mort de Richelieu cela s’est su à
cause de l’imprudence de La Frette et de L’Estourville.
§
45 – page 74
La
déclaration de Monsieur le Comte nous tira, quelque temps après, de nos
tanières, (…). Il faut reprendre son histoire un peu de plus loin.
§
46 – page 74-75
Il
reprend donc : Monsieur le Comte s’était retiré à Sedan. Sitôt arrivé il
avait assuré au Roi sa fidélité, et l’avait respectée, malgré les personnes qui
le sollicitaient pour devenir chef de parti. Retz sait tout cela de Campion,
domestique du Comte, resté à Paris. Retz lui répond qu’il a raison. Ce jour-là,
Retz partait pour l’Italie.
Il
va expliquer les raisons de son sentiment envers le comte :
§
47 – page 75
[Portrait
de M. le Comte]
Il
est vaillant mais ne peut pas être un chef de parti, car il n’en a pas les
qualités requises. « y a-t-il une action plus grande au monde que la
conduite d’un parti ? » « je suis persuadé qu’il faut plus de
grandes qualités pour former un bon chef de parti que pour faire un bon
empereur de l’univers. »
§
48 – page 75-76
Voilà
pourquoi Retz ne voulait pas que le Comte fasse la guerre civile.
§
49 – page 76
Toute cette année-là et la
suivante, grâce à Varicarville, le Comte résiste ; mais Richelieu se
défiant trop de lui l’a amené malgré lui à entrer dans la guerre civile.
§
50 – page 76
A
la demande du Comte, Retz se rend à Sedan ; discussion avec M. de
Bouillon, de Saint-Ibar, de Bardouville et de Varicarville. M. de Bouillon et
de Saint-Ibar veulent qu’il entre dans la guerre civile, Varicarville lui
déconseille de le faire.
§
51 – page 76-77
Retz
explique pourquoi il ne doit pas entrer dans la guerre civile :
*
un prince de sang ne doit s’engager que si sa réputation ou sa dignité sont en
jeu ; ce n’est pas le cas pour le comte ;
*
sa retraite à Sedan le met à l’abri des bassesses de la cour (ex :Richelieu
qui veut lui faire épouser sa nièce) ;
*
que sa retraite lui attire la faveur du public en raison de la haine générale
contre Richelieu.
Plus
glorieux pour le comte de :
*
se soutenir par sa vertu vs les artifices de Richelieu ;
*
mieux vaut être sage que d’allumer un feu dont on ne connaît pas l’issue ;
*
Richelieu est exécré, mais pas encore au plus haut point ;
*
Santé de Richelieu défaillante, donc si elle décline, il pourra dire que s’il
n’a pas agi, c’est pour le repos de l’Etat ;
*
Si sa santé s’améliore, Richelieu fera des abus qui le rendront plus exécrable
encore, et qu’il sera alors meilleur temps d’agir.
§
52 – page 77-78
M.
de Bouillon se fâche après Retz, qui lui répond bien. C’est le début de leur
amitié. Pendant les 2 jours que Retz reste à Sedan, le Comte change 5 fois
d’avis ; mais M. de Bouillon l’emporte : il va s’engager. On fait
venir don Miguel de Salamanque, ministre d’Espagne, et on demande à Retz de
gagner des gens dans Paris ; pour ce faire, on lui donne de quoi toucher
de l’argent. Il revient à Paris.
§
53 – page 78-79
Retz
peut maintenant penser à ses propres intérêts : cette guerre va lui
permettre de se distinguer. Il a alors 25 ans passés. « Je pensai aux
moyens de me distinguer : je les imaginai, je les suivis ».
§
54 – page 79-80
Retz
va trouver MM. les maréchaux de Vitri et de Bassompierre, M. le comte de
Cramail et MM. Du Fargis et Du Coudray-Montpensier prisonniers à la
Bastille ; il pense aller trouver d’abord son parent, Du Fargis, mais se
ravise [Portrait de Du Fargis] ; va finalement voir M. le comte de
Cramail, qui est d’accord pour combattre Richelieu. [Portraits rapides de ces
hommes]
§
55 – page 80
Cette
affaire ne peut être en meilleures mains qu’en celle des prisonniers.
§
56 – page 80-81
Le
8ème jour, il revoit M. le Comte de Craimail qui l’assure du succès
de leur entreprise (se défaire de Richelieu). Il s’est assuré de M. le maréchal
de Vitri, de M. le Comte et de l’Arsenal. Au passage, Retz remarque que les
prisonniers disposent de toute leur liberté à la Bastille !
§
57 – page 81
M.
d’Estampes, Président du Grand Conseil, et M. l’Escurier, doyen de la chambre
des comptes sont comme M. le Comte le lui avait dit : tout prêts pour
cette entreprise qui sera un succès.
§
58 – page 81-82
Retz
s’ouvre de leur projet à Parmentier (substitut du procureur général) et à
L’Espinai (auditeur de la Chambre des comptes). Parmentier disposera (mais sans
lui révéler le projet, car il ne sait pas garder un secret) de Brigalier, très
puissant dans le peuple.
§
59 – page 82-83
M.
le Comte transmet à Retz douze mille écus ; il les confie à sa tante de
Maignelais pour qu’elle fasse des aumônes et l’accompagne : cela lui donne
l’occasion de connaître les gens du peuple, et c’est ce qu’il voulait. Il y a
aussi des gens qui viennent chez elle à « l’aumône secrète » ;
Retz est ravi parce que ce sont ces personnes-là qui sont les plus
intéressantes lors des séditions.
« Les
riches n’y viennent que par force ; les mendiants y nuisent plus qu’ils
n’y servent, parce que la crainte du pillage les fait appréhender. Ceux qui y
peuvent le plus sont les gens qui sont assez pressés dans leurs affaires pour
désirer du changement dans les publiques, et dont la pauvreté ne passe
toutefois pas jusques à la mendicité publique. » Le « voile » de sa tante couvre ses projets.
§
60 – page 83
Varicarville
et Beauregard, restés à Sedan, lui disent régulièrement que M. le Comte n’a
plus hésité depuis qu’il a pris son parti. Un jour, le Comte, qui était resté
ferme durant 3 mois, change de sentiment dès qu’il obtient de la maison
d’Autriche ce qu’il avait demandé.
§
61 – page 83-84
Retz
va à Sedan trouver le comte ; ils arrivent tous à le faire changer d’avis.
Retz repart à Paris, puis, dernier voyage à Sedan.
§
62 – page 84
Retz
va à Givet avec Metternich et constate qu’en effet tout va bien pour les
troupes du général Lamboi qui vont attaquer celles de M. le maréchal de
Chastillon qui commandait les armes de France (sur la Meuse à ce moment-là). Il
revient à Paris avec trente-deux blancs signés de M. le Comte ; il rend
compte de tout à M. le maréchal de Vitri qui fit ordre de l’entreprise.
§
63 – page 84-86
Citation
de cet ordre par Retz : c’est l’organisation du plan après la victoire de
l’armée : « Monsieur le Comte donna la bataille, et il la
gagna. » mais « Monsieur le Comte est tué dans le moment de sa
victoire, et il est tué au milieu des siens, sans qu’il y en ait jamais eu un
seul qui ait pu dire comme sa mort est arrivée. » Il faut donc
maintenant cacher ce qui était prévu. Retz est étonné, car tout le monde a su
garder le secret, même ceux qui étaient à Sedan et qui donc ne craignaient rien
à le dévoiler.
§
64 – page 86
« La
mort de M. le Comte me fixa dans ma profession, parce que je crus qu’il n’y
avait plus rien de considérable à faire […] » De plus :
*
la santé de Richelieu faiblit, et l’ « archevêché de Paris commençait
à flatter mon ambition. »
*
Mme de Guéméné s’est retirée à Port-Royal depuis 6 semaines ;
*
Il s’est dégoûté de l’Arsenal.
§
65 – page 86-87
« La
vérité est que j’en devins beaucoup plus réglé, au moins pour
l’apparence. » Mène une vie
studieuse, fait presque de son logis une académie, ne fréquente que Mme de
Pommereux en guise de galanterie. Il devient à la mode chez les gens de sa
profession.
§
66 – page 87
Chez
Mme d’Hambure, il a une discussion avec Métrézat (pasteur protestant de
Charenton) en 9 conférences qui durent 9 jours : M. de Turenne et M. le
maréchal de La Force ont assisté à 3 ou 4 de ces conférences [note !]. Un
gentilhomme se convertit en l’écoutant ; cela fait grand bruit dans Paris
parce qu’il n’a « pas encore vingt-six ans. » [en vrai : 27ans]
Cet événement entraîna un effet sans rapport avec la cause qu’il racontera
après. Pour l’instant, il va raconter un point de la conférence :
§
67 – page 87
M.
Métrézat n’a pas mis Retz dans l’embarras devant le nonce alors qu’il en avait
l’opportunité.
§
68 – page 87
« Je vous ai dit
ci-dessus que cette conférence produisit un effet bien différent de sa cause.
Le voici : »
§
69 – page 87-88
M. de Lisieux (directeur de
conscience de Mme de Vendôme qui s’est prise d’affection pour Retz) décide de
convertir M. de Turenne et d’en attribuer l’honneur à Retz. [Portrait flatteur
de M. de Lisieux]
§
70 – page 88-89
Dix
ans plus tard, Retz a appris que si M. de Turenne écoutait tant M. de Lisieux,
c’était pour permettre à M. le comte de Brion (son ami), amoureux de Mlle de
Vendôme (appelée ensuite Mme de Nemours) de la voir plus souvent…
§
71 – page 89
Ils
voient une pièce de Corneille.
§
72 – page 89-91
[Episode des Capucins noirs]
Au
bas de la descente des Bons-Hommes, à la fin de la représentation, le carrosse
stoppe ; tous effrayés, car ils croient voir des
« diables » ; M. de Turenne et Retz sortent l’épée, les femmes
crient. En fait, il ne s’agit que de religieux !
§
73 – page 91
Le
lendemain, Retz et M. de Turenne, échangeant à propos de cette aventure et se
rendant compte qu’ils s’étaient mutuellement trompés sur ce qu’ils pensaient
que l’autre ressentait, en déduisent que « […] tout ce que nous lisons
dans la vie de la plupart des hommes est faux. »
Retz :
« Qui peut donc écrire la vérité que ceux qui l’ont sentie ? Et le
président de Thou a eu raison de dire qu’il n’y a de véritables histoires que
celles qui ont été écrites par les hommes qui ont été assez sincères pour
parler véritablement d’eux-mêmes. Ma morale ne tire aucun mérite de cette
sincérité ; car je trouve une satisfaction si sensible à vous rendre
compte de tous les replis de mon âme et de ceux de mon cœur, que la raison, à
mon égard, a beaucoup moins de part que le plaisir dans la religion et
l’exactitude que j’ai pour la vérité. »
§
74 – page 91-92
Mlle
de Vendôme ressent du mépris du coup pour Brion, mais vante le courage de Retz,
qui en profite pour la séduire.
§
75 – page 92
Portrait
de Mlle de Vendôme (remarque sur Mlle de Guise)
§
76 – page 92-93
Deux
voyages à Anet : un de quinze jours, l’autre de six semaines. Il va
plus ou moins loin dans les faveurs de Mlle de Vendôme.
§
77 – page 93
Donc,
pour Retz, occupations ecclésiastiques plus d’autres… Les ecclésiastiques
souhaitent qu’il succède à son oncle mais Richelieu ne l’aime pas. Il a déjà
expliqué pourquoi, mais voici deux occasions qui l’aigrirent bien
davantage :
§
78 – page 93-94
La
première : un jour, dans un cabinet, il dit à feu M. le président de Mesme
que Richelieu « n’avait aucune grande qualité qui ne fût la cause ou
l’effet de quelque grand défaut. » C’est répété à Richelieu…
La
seconde : des faux-monnayeurs ont accusé M. le président Barillon (qui est
alors en prison) et d’autres de leur avoir demandé de tuer Richelieu ;
Retz se rend à la prison
d’Amboise
pour en informer Barillon et le faire sortir d’Amboise ; Richelieu
l’apprend, mais M. de Lisieux prend sa défense. Du coup, s’il avait vécu, Retz
serait remonté dans son estime, selon Lisieux.
§
79 – page 94-95
Richelieu
meurt avant que M. de Lisieux ait rétabli Retz dans son estime ; le Roi,
quoique content, garde pour amis ceux qui étaient avec Richelieu, et pour
ennemis ceux qui étaient contre Richelieu ; à l’exception de Retz, qu’il
accueille très bien.
§
80 – page 95
« Voici
les raisons de ce bon traitement, que nous ne sûmes nous-mêmes que la veille de
sa mort. Il des dit à la Reine. »
§
81 – page 95
« Ces
deux raisons sont deux aventures […] desquelles je ne vous ai pas parlé, parce
que je n’ai pas cru que n’ayant aucun rapport à rien par elles-mêmes, elles
méritassent seulement votre réflexion. » « Je vous dois dire de plus,
pour la vérité, que je ne m’en suis pas souvenu dans le commencement de ce
discours, et qu’il n’y a que leur suite qui les ait remises dans ma
mémoire. »
§
82 – page 95-96
1ère
raison : Retz sort une jeune fille des griffes de sa tante, une
épinglière, et la place ensuite dans un couvent ; le Roi l’apprend.
§
83 – page 96
Transition.
§
84 – page 96
2ème
raison : « un an devant cette première aventure… » :
Retz et Coustenan se battent pour un cheval ; Retz ne le tue pas ;
Coustenan le raconte ensuite au Roi. « Je reprends le fil de mon
discours. »
§
85 – page 96-97
Comme
le Roi semble bien disposé en faveur de Retz, sa famille travaille pour qu’il
obtienne la coadjutorerie à la suite de son oncle ; Monsieur de Paris (son
oncle, donc) finit par en être d’accord. La Sorbonne, les curés, le chapitre
l’en remercient. Du coup, Mazarin, De Noïers et de Chavigny montrent au
roi qu’il ne faut pas que les corps ne doivent pas se désigner eux-mêmes des
archevêques.
Echec
donc pour Retz.
§
86 – page 97-98
Autre
obstacle à la coadjutorerie : M. de Noïers, la visant pour lui-même, fait
proposer par le Roi pour Retz l’évêché d’Arles ; Retz n’en a pas envie, et
prend le risque d’aller trouver le Roi pour refuser : il allègue qu’étant
très jeune, il aura besoin de conseils, et que le Languedoc, c’est éloigné… Le
Roi accepte son refus. Retz peut continuer à espérer la coadjutorerie, surtout
en cas de régence de la reine.
§
87 – page 98
« Le Roi mourut. »
M. de Beaufort puis M. l’Evêque de Beauvais veulent prendre la première place,
mais ce ne sont que des crétins. [petits portraits]. La Reine demande alors à
Retz de demander à son père d’être premier ministre. Refus du père de Retz,
alors, « elle se mit entre les mains de M. le cardinal de
Richelieu. » [voir note ! super mensonge !!]
§
88 – page 98
Temps où l’on ne refuse
rien ; Retz trouve donc sa place facilement. « La Reine est si
bonne ! », maître mots dans Paris.
§
89 – page 98-99
Mme
de Maignelais et M.de Lisieux demandent à la Reine la coadjutorerie pour
Retz ; elle l’a refuse car elle ne l’accordera qu’à son père. Le père de
Retz fait alors le déplacement au Louvre ; Retz devient coadjuteur. Le Roi
l’aurait demandé à la Reine la veille de sa mort, car il l’avait toujours eu
dans l’esprit depuis les aventures de l’épinglière et de Coustenan. Quel rapport ?
« et voilà toutefois comme la plupart des choses se font. »
[voir note : la coadjutorerie résulte plutôt des pressions exercées par le
clan Gondi]
§
90 – page 99
Il
devient coadjuteur la veille de la Toussaint ; le lendemain, il monte en
chaire dans Saint-Jean, « pour y commencer l’Avent, que j’y prêchai. Mais il
est temps de prendre un peu d’haleine. »
§
91 – page 99
« Il
me semble que je n’ai été jusques ici que dans le parterre, ou tout au plus
dans l’orchestre, à jouer et à badiner avec les violons ; je vas monter
sur le théâtre, où vous verrez des scènes, non pas dignes de vous, mais un peu
moins indignes de votre attention. »
Fin de la
première partie de la Vie du cardinal de Rais.
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