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Rocco
Cardinal de Retz, Mémoires : résuméImprimerEnvoyer
Mardi, 10 Juillet 2007 17:42
Écrit par Aïnara
(Rédigés de 1662 à sa mort, 1718) PREMIERE PARTIE (44 pages) § 1 – page 55 Madame : adresse à la destinataire. Va « donner l’histoire de ma vie », puisqu’elle le lui a demandé ; ne cachera rien, malgré ses fautes. § 2 – page 55-56 Sera sincère. Mises en garde concernant l’écriture : « Je vous supplie […] de ne pas être surprise de trouver si peu d’art et au contraire tant de désordre en toute ma narration […] – « Je mets mon nom à la tête de cet ouvrage, pour m’obliger davantage moi-même à ne diminuer et à ne grossir en rien la vérité. » Pacte de lecture. Président de Thou, César : exemples § 3 – page 56 Sa naissance – libelles depuis contre lui § 4 – page 56 Attichi (frère de la comtesse de Maure) veut se battre en duel contre Melbeville (enseigne-colonel des gardes). Attichi prend Retz comme second, Melbeville prend Bassompierre. Duel Attichi/Melbeville et Retz /Bassompierre ; Poursuites, proches interviennent ; fin des poursuites. « et ainsi je demeurai là avec ma soutane et un duel. » § 5 – page 56-57 Son père apprend le duel, il le ramène à Paris ; veut se consoler avec Mme du Châtelet, mais elle est engagée avec le comte d’Harcourt ; Retz menace le comte en duel ; duel, puis se réconcilient ; informent le marquis de Boisi du déroulement du duel, mais sous le secret ; or, indiscrétion de Noirmoutier (informé par Boisi) ; mais pas de poursuite. « et je demeurai encore là avec ma soutane et deux duels. » § 6 – page 57-58 Portrait-éloge de son père, mais ce dernier veut l’attacher à l’église alors qu’il n’est pas fait pour cela ; réflexions sur la piété. Retz ne serait pas resté homme d’Eglise sans un incident qu’il va raconter. § 7 – page 58 (l’incident en question)

Henri de Gondi (son oncle) obligé de rompre le traité de mariage entre le duc de Mercoeur (= Louis de Bourbon, petit fils de Henri IV) et sa fille, Catherine ; il vient trouver le père le Retz en lui annonçant qu’il donne sa fille aînée Catherine à son fils aîné (= le frère aîné de Retz) ; Retz voudrait en profiter pour épouser la sœur de Catherine parce qu’elle a 80000 livres de rente ; il sait que son père n’y songe pas, alors il feint d’avoir envie d’entrer dans l’Eglise pour ne pas éveiller les soupçons ; confiant, son père le mène en Bretagne. Retz forme des chimères par rapport à la jeune fille, Melle de Scepeaux. Petit portrait de Melle de Scépaux et intentions intéressées de Retz.

 

§ 8 – page 58-59

(l’incident en question)

Réussit à feindre le dévot ; il est écouté de Melle de Scepeaux, mais pour l’être davantage, il paie cent pistoles à une vieille fille de chambre (appréciée d’elle) pour qu’elle lui fasse croire qu’elle est vouée à entrer dans les ordres ; lui-même lui dit qu’on le destine à être prêtre. Ca marche, il envisage de la mener en Hollande. Mais il lui faut de l’argent : il fait alors croire à son père qu’il doit aller s’occuper de l’économat de ses abbayes.

 

§ 9 – page 59

(l’incident en question)

Part dès le lendemain à Busai (5 lieues de Machecoul) pour affermer Busai ; traite avec un marchand de Nantes qui profite de sa précipitation ; reçoit 4000 écus. Arrive un accident.

 

§10 – page 59-60

(l’incident en question)+ (l’accident)

Les yeux de Melle de Retz ; un jour, elle montre « tout ce que la morbidezza des Italiens a de plus tendre… »; dans un miroir, le comte de Palluau le remarque : il va tout raconter à Mme de Retz (= la sœur aînée de la jeune fille ) et il a dit depuis à Retz que la conduite de Melle de Scépeaux prouvait qu’elle n’en était  pas à sa première conduite amoureuse.

 

§ 11 – page 60

(l’incident en question)+ (l’accident)

Mme de Retz en informe son père, qui le dit au père de Retz : le lendemain, sous un faux prétexte, Retz est conduit à Paris (via Nantes, Tours, Orléans) ; comme son père lui  prend son argent de peur qu’il ne tente de s’échapper, il comprend qu’il a été découvert.

 

§ 12 – page 60-61

(l’incident en question)+ (l’accident)

A Paris, retrouve Equilli (son cousin, 20 ans de plus) qui souhaite l’aider dans son projet d’enlever Melle de Retz pour l’épouser ; il lui prête de l’argent. Retz emprunte aussi au président Barillon. Equilli lui mande un pilote de sa galère. Retz avoue son projet d’enlèvement à Mme de Lesdiguière.

.

 

§ 13 – page 61

« Ce nom m’oblige à interrompre le fil de mon discours, et vous en verrez les raisons dans la suite. »

 

 

 

§ 14 – page 61

(Digression : Interruption du discours)

Il querelle Praslin : duel dans le bois de Boulogne : grands coups échangés ; ils sont séparés par Meillancour (son second) et le chevalier Du Plessis (second de Praslin) ; Retz aurait voulu que ce duel soit mis sur la place publique, mais il n’en fut rien.

 

§ 15 – page 61

On  le met en garde contre Mlle de Roche.

 

§ 16 – page 62

M. le cardinal de Richelieu hait Mme la princesse de Guéméné (car sûr que c’est elle qui a transmis à Marie de Médicis une lettre d’amour qu’il avait écrite pour la reine, sa belle fille (Anne d’Autriche), via Mme du Fargis, dame d’atour) ; par vengeance il voulut que M. le maréchal de Brézé rende publiques les lettres de Mme de Guéméné trouvées dans la cassette de M. de Montmorenci (qd il fut pris à Castelnaudari) ; mais Brézé les rend à Mme de Guéméné. Or le cardinal craint Brézé, parce qu’il est apprécié du Roi. Il pouvait tout en France, à la réserve de ce dernier point ; car Brézé déteste M.de La Meilleraie et ne supporte pas que Richelieu l’apprécie.

 

§ 17 – page 62

Mais Richelieu apprécie beaucoup M. de la Meilleraie. « Enfin, il le destinait à la place que nous avons vu avoir été tenue depuis si glorieusement par M. de Turenne. » (1ere fois que Turenne est cité).

 

§ 18 – page 62-63

Pour démêler cette brouillerie dans sa famille, Richelieu réunit les 2 chefs de cabale (Brézé et M.de La Meilleraie) dans la confidence de ses galanteries, confidence qu’il n’eut que pour eux deux. A savoir pour Marion de Lorme et Mme de Fruges : paix fourrée entre les deux hommes, dont Mme de Guéméné fut sur le point d’être la victime.

 

§ 19 – page 63

M. de La Meilleraie (= le Grand Maître) amoureux de Mme de Guéméné (non réciproque) ; il enrage. Il croit pouvoir la menacer car Richelieu avait enfin obligé Brézé à lui remettre les lettres (écrites à Montmorenci) [Retz a dit, page 62, que le maréchal de Brézé les avait rendues à Mme de Guéméné : inadvertance ?]  ; Richelieu donne lettres à La Meilleraie qui en laisse échapper quelque chose à Mme de Guéméné : elle tombe dans mélancolie et s’en va à Couperai, où elle ne veut voir personne.

_ _ _ _ _ _ _

§ 20 – page 63-64

Retz se met à l’étude et entreprend d’imiter Richelieu. Ses proches s’y opposent parce que c’est bon pour les pédants, mais il poursuit, avec succès. Cela plaît à Richelieu ; de plus, M. de La Meilleraie parle en bien de lui à Richelieu qui ordonne même à M. de Lingendes de le mener chez lui.

 

§ 21 – page 64

Voici la source de ma première disgrâce ; il ne se rend pas chez Richelieu pour lui faire la cour, il refuse de devenir sa créature, son domestique. Pourtant, défaut signalé de Richelieu : « [il] avait au souverain degré le faible de ne point mépriser les petites choses. »

 

D’ailleurs, Retz en fait les frais à ce moment là : autrefois, à 18 ans, [en vrai 25], il avait écrit La Conjuration de Jean-Louis de Fiesque ; il avait prêté son livre à Lozières, qui l’a passé à Boisrobert, qui lui-même l’a transmis à Richelieu ; après sa lecture, Richelieu dit en présence du maréchal d’Estrées et de Senneterre : « Voilà un dangereux esprit ». Senneterre le rapporte au père de Retz ; malgré cela, Retz continue à ne pas aller voir Richelieu, par solidarité avec Mme de Guéméné qui le hait.

 

§ 22 – page 64-65

Réussit dans les actes de Sorbonne ; veut réussir dans les sermons. On lui conseille de commencer par de petits couvents, il fait l’inverse : il prêche les gdes fêtes en présence de la Reine + cour ; cela lui attira un second éloge de la part de Richelieu : comme on le complimente, Richelieu dit : « Il ne faut pas juger des choses par l’événement ; c’est un téméraire. » Retz a alors 22 ans.

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§ 23 – page 65

M. le Comte (Louis de Bourbon, comte de Soisson) part à Sedan de crainte d’être arrêté et lui demande de cacher Vanbroc, un joueur de luth. Retz le cache dans la soupente, mais arrivée du prévôt de l’Ile ; personne ne lui révèle la présence de Vanbroc. Risque une nouvelle contusion à l’égard de la cour. En voici une autre.

 

§ 24 – page 65-66

Fin de la licence à la Sorbonne ; il prétend à la première place dans les actes (le classement final) Il a en effet, dit-il, été meilleur que l’abbé de La Mothe-Houdancourt.

 

§ 25 – page 66

Richelieu reconnaît l’abbé de La Mothe-Houdancourt comme son parent : il envoie à en Sorbonne le Grand Prieur de La Porte pour le recommander ; dès que Retz l’apprend, il va trouver M. de Raconis (évêque de Lavaur) pour le prier d’annoncer à Richelieu qu’en raison du respect qu’il lui devait,  il s’était désisté de sa prétention à la première place aussitôt qu’il avait appris que Richelieu y prenait part.

Le lendemain, Lavaur vient le trouver pour lui dire que Richelieu disait que l’abbé de La Mothe obtiendrait la première place non en raison du désistement de Retz, mais par son mérite. Retz est outré par la réponse. Finalement il gagne la première place de 84 voix : Richelieu furieux et « fit mon éloge, tout de nouveau, avec une aigreur incroyable. »

 

 

§ 26 – page 66-67

Toute ma famille s’épouvanta. Tous souhaitent l’éloigner et l’envoyer en Italie. Il part à Venise jusqu’à mi-août. Fait galanterie à la signora Vendranina, noble Vénitienne. Le président de Maillié (ambassadeur pour le Roi) lui recommande de sortir car il y a là péril dans ces aventures. Il fait le tour de la Lombardie et se rend à Rome fin septembre. M. le maréchal d’Estrées, qui y est ambassadeur, lui dit comment vivre ; il se résout, à tout hasard, d’acquérir de la réputation dans une cour ecclésiastique où l’on me verrait avec la soutane.

 

 

 

 

 

§ 27 – page 67

J’exécutai fort bien ma résolution. Se comporte très bien. Pas de galanterie et beaucoup de modestie dans ses habits.  Il dispute dans les Ecoles de Sapiens où «  la fortune contribua encore à me relever. »

 

§ 28 – page 67

Le prince de Schemberg (ambassadeur d’obédience de l’Empire) lui fait dire, alors qu’il joue au ballon dans les thermes de lui quitter la place. Il fait répondre qu’il l’aurait fait si cela lui avait été demandé par civilité, mais que, comme s’il s’agit d’un ordre, il ne peut en recevoir d’aucun ambassadeur que de celui du Roi. L’autre insiste ; il se met sur la défensive. Les Allemands ne poussent pas l’affaire. La victoire d’un abbé sur un ambassadeur fait grand éclat à Rome ; si grand que Roze (secrétaire du cabinet) qui jouait au ballon aussi, dit que Mazarin en eut, dès ce jour, l’imagination saisie.

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§ 29 – page 67-68

[Retour à Paris ] Santé de Richelieu faiblissant, on a des vues sur l’archevêché de Paris. M. le Comte a plus de 100 000 livres de rentes en tant que custodi nos ; il va démissionner en faveur de Retz et lui remettre l’argent. Du coup, Retz ne va pas quitter tout de suite la soutane ! Veut faire de grandes actions. En attendant, il fait une retraite pour travailler ; n’a plus de relation qu’avec Mme de Guéméné.

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§ 30 – page 68

« […] était à la ruelle du lit ; (le début d’une histoire n’est pas raconté) ; mettre à cette belle femme un mouchoir sur les yeux qd pièce éclairée ; référence à la Vénus de Médicis

 

§ 31 – page 68-69

Quinze jours avant cette aventure, Mme la princesse de Guéméné a « vu le diable » évoqué par M. d’Andilly amoureux, lui aussi, de cette femme. Au bout de six semaines, il parvient à la faire sortir de Port-Royal, où elle faisait parfois des retraites.

 

§ 32 – page 69

Retz a une relation avec Mme de Guéméné et Mme de La Meilleraye, ce qui le réconforte un peu de sa profession. Un jour, Richelieu qui aime railler mais n’aime pas qu’on le raille, raille Mme de Guéméné et tout le monde remarqua qu’il voulait désigner Retz. Elle fut outrée et Retz plus encore, car il y a une espèce de ménage entre eux (= vivent comme s’ils étaient mariés).

 

§ 33 – page 69

Mme de la Meilleraye plut à Richelieu, au point que le maréchal (son mari) s’en aperçut avant de partir à l’armée : il lui fait scène de façon à faire croire qu’il est jaloux alors qu’il est ambitieux avant tout. Richelieu fait la cour à la dame, la fait venir chez lui, mais elle le hait parce qu’il lui a fait épouser son cousin de la Meilleraye et pour cela lui a fait perdre sa fortune en forçant son père à la doter richement. Retz (dans les confidences de la dame puisqu’il couche avec) pense qu’elle ne tardera pas au brillant de cette faveur et que le mari, ambitieux et faible pour la cour, s’en accommodera.

 

 

 

 

§ 34 – page 69-70

Retz, dans cette passion avec la Maréchale, est content de triompher de Richelieu. Mais rageur lorsqu’il s’aperçoit que le Maréchal souhaite aller souvent à Rueil (chez Richelieu) et que la dame lui fait moins de confidences… Donc, la colère de Mme de Guéméné (cf § 32), la jalousie de Retz pour Mme de La Meilleraye, et son aversion pour sa profession faillirent à produire un des plus grands et des plus fameux événements de notre siècle.  [Attention à la note !!]

 

§ 35 – page 70

La Rochepot (son cousin, domestique de feu M. le duc d’Orléans dont il reçoit les confidences) hait Richelieu, d’une part parce que Richelieu a fait persécuter et mettre en effigie sa mère (Mme Du Fargis) et d’autre part parce qu’il vient encore de refuser que son père, prisonnier à la Bastille, obtienne le régiment de Champagne. Ensemble ils font le panégyrique du Cardinal et critiquent la faiblesse de Monsieur (= Gaston d’Orléans, frère du roi) parce qu’il a dit à M. le Comte qu’il devait se cacher à Sedan, et lui a promis de l’y rejoindre, alors qu’il est retourné à la cour.

 

§ 36 – page 70

La Rochepot et Retz décident de se servir de la faiblesse de Monsieur pour exécuter ce que la hardiesse de ses domestiques fut sur le point de lui faire faire à Corbie. Ce dont il va entretenir sa destinatrice un moment pour qu’elle comprenne mieux :

 

§ 37 – page 70-71

[Parenthèse : analepse : le complot de Corbie]

Les ennemis (=Espagnols, en guerre contre la France) sont entrés en Picardie. Le roi s’y rend accompagné de Monsieur son frère, pour général, et de Monsieur le Comte pour lieutenant général. Les deux détestent Richelieu. Victoire de la France à Corbie.

* L’Espinai, Montrésor, La Rochepot entreprennent Monsieur pour qu’il se débarrasse de Richelieu ;

* Saint-Ibar, Varicarville, Bardouville, Beauregard font pareil avec M. le Comte.

 

§ 38 – page 71

[Parenthèse : analepse : le complot de Corbie][fin de la parenthèse]

La chose fut résolue mais pas exécutée, Retz se demande pourquoi étant donné qu’ils avaient Richelieu entre leurs mains à Amiens. De retour à Paris, Monsieur et Monsieur le Comte pris de frayeur. Monsieur le Comte se retira à Sedan, Monsieur alla à Blois. M. de Rais, qui n’était pour rien dans le complot, mais attaché à M le Comte, se jeta dans Belle-île. Le roi envoie deux personnes à Blois pour ramener son frère qui, de retour à Paris, a encore plus peur car ses domestiques entretenaient cette peur (pour leur propre sécurité). Retz et Rochepot comptent sur ce penchant pour l’amener à se débarrasser de Richelieu. (Trait sur ce travers de Monsieur.)

 

§ 39 – page 72

La Rochepot, constatant que Monsieur diffère toujours de passer à l’action, a un stratagème hasardeux mais qui l’est moins qu’il ne le paraît.

 

 

 

 

§ 40 – page 72-73

Richelieu devait baptiser Mademoiselle, et donc se rendre au Dôme ; la proposition de La Rochepot est de continuer de faire voir à Monsieur qu’il doit se défaire de Richelieu. De moins lui parler du détail mais de lui en parler en général, de façon à pouvoir dire par la suite qu’il était au courant du complot. De lui dire qu’il faut que des gens l’exécutent à sa place, mais en sa présence et en son nom, à la chapelle, le jour de la cérémonie. Et de lui dire qu’il avouera immédiatement en être à l’origine tant le roi lui-même serait content d’être débarrassé d’un tyran. (ils le croyaient eux-mêmes, cf note).

 

§ 41 – page 73

Retz avoue qu’après avoir beaucoup critiqué avec La Rochepot, la faiblesse de Monsieur et celle du Comte à Amiens, il prend peur alors qu’il est sur le point d’exécuter l’action qu’il a lui-même suggérée à La Rochepot. Mais La Rochepot se moque de lui et le convainc de poursuivre. Son futur crime lui semble justifié par de grands exemples du passé. Le soir même il engage Lannoy (= marquis de Piennes) et La Rochepot s’assure de La Frette, du marquis de Boisy, de L’Estourville, dont il sait qu’ils sont attachés à Monsieur et qu’ils haïssent Richelieu. Prêts à s’exécuter. Mais la fortune entre en jeu : Richelieu ou Mademoiselle, il ne sait plus, tombe malade : la cérémonie n’a pas lieu. (voir la note : Retz a involontairement inversé les événements). Monsieur retourne à Blois, le marquis de Boisy les assure du secret mais leur dit qu’il ne participera plus à un complot parce qu’il vient de recevoir une grâce de Richelieu.

 

§ 42 – page 73-74

Adresse à la destinataire : il confesse que cette entreprise ne lui a jamais plu.

 

§ supplémentaire Pochothèque : Adresse à la destinatrice : il a tant de plaisir à lui raconter tout cela.

 

§ 43 – page 74

C’est folie que de conjurer, mais cela rend les gens sages par la suite, au moins pour quelques temps ; le péril durant après l’occasion, on est prudent dans les moments qui la suivent.

 

§ 44 – page 74

La Rochepot, le coup manqué, se retire à Commercy, pour 7 ou 8 mois. Le marquis de Boisy va retrouver son père (duc de Rouanné) en Poitou. Piennes, La Frette et L’Estourville rentrent chez eux. Ses attachements le retiennent à Paris, mais il étudie toute la journée, et donne les apparences d’un bon ecclésiastique. Ils ont si bien réussi à cacher leur complot que Richelieu, pourtant le mieux informé, n’en a jamais rien su. Après la mort de Richelieu cela s’est su à cause de l’imprudence de La Frette et de L’Estourville.

 

§ 45 – page 74

La déclaration de Monsieur le Comte nous tira, quelque temps après, de nos tanières, (…). Il faut reprendre son histoire un peu de plus loin.

 

§ 46 – page 74-75

Il reprend donc : Monsieur le Comte s’était retiré à Sedan. Sitôt arrivé il avait assuré au Roi sa fidélité, et l’avait respectée, malgré les personnes qui le sollicitaient pour devenir chef de parti. Retz sait tout cela de Campion, domestique du Comte, resté à Paris. Retz lui répond qu’il a raison. Ce jour-là, Retz partait pour l’Italie.

 

Il va expliquer les raisons de son sentiment envers le comte :

 

§ 47 – page 75

[Portrait de M. le Comte]

Il est vaillant mais ne peut pas être un chef de parti, car il n’en a pas les qualités requises. « y a-t-il une action plus grande au monde que la conduite d’un parti ? » « je suis persuadé qu’il faut plus de grandes qualités pour former un bon chef de parti que pour faire un bon empereur de l’univers. »

 

§ 48 – page 75-76

Voilà pourquoi Retz ne voulait pas que le Comte fasse la guerre civile.

 

§ 49 – page 76

Toute cette année-là et la suivante, grâce à Varicarville, le Comte résiste ; mais Richelieu se défiant trop de lui l’a amené malgré lui à entrer dans la guerre civile.

 

§ 50 – page 76

A la demande du Comte, Retz se rend à Sedan ; discussion avec M. de Bouillon, de Saint-Ibar, de Bardouville et de Varicarville. M. de Bouillon et de Saint-Ibar veulent qu’il entre dans la guerre civile, Varicarville lui déconseille de le faire.

 

§ 51 – page 76-77

Retz explique pourquoi il ne doit pas entrer dans la guerre civile :

* un prince de sang ne doit s’engager que si sa réputation ou sa dignité sont en jeu ; ce n’est pas le cas pour le comte ;

* sa retraite à Sedan le met à l’abri des bassesses de la cour (ex :Richelieu qui veut lui faire épouser sa nièce) ;

* que sa retraite lui attire la faveur du public en raison de la haine générale contre Richelieu.

Plus glorieux pour le comte de :

* se soutenir par sa vertu vs les artifices de Richelieu ;

* mieux vaut être sage que d’allumer un feu dont on ne connaît pas l’issue ;

* Richelieu est exécré, mais pas encore au plus haut point ;

* Santé de Richelieu défaillante, donc si elle décline, il pourra dire que s’il n’a pas agi, c’est pour le repos de l’Etat ;

* Si sa santé s’améliore, Richelieu fera des abus qui le rendront plus exécrable encore, et qu’il sera alors meilleur temps d’agir.

 

§ 52 – page 77-78

M. de Bouillon se fâche après Retz, qui lui répond bien. C’est le début de leur amitié. Pendant les 2 jours que Retz reste à Sedan, le Comte change 5 fois d’avis ; mais M. de Bouillon l’emporte : il va s’engager. On fait venir don Miguel de Salamanque, ministre d’Espagne, et on demande à Retz de gagner des gens dans Paris ; pour ce faire, on lui donne de quoi toucher de l’argent. Il revient à Paris.

 

§ 53 – page 78-79

Retz peut maintenant penser à ses propres intérêts : cette guerre va lui permettre de se distinguer. Il a alors 25 ans passés. « Je pensai aux moyens de me distinguer : je les imaginai, je les suivis ».

 

§ 54 – page 79-80

Retz va trouver MM. les maréchaux de Vitri et de Bassompierre, M. le comte de Cramail et MM. Du Fargis et Du Coudray-Montpensier prisonniers à la Bastille ; il pense aller trouver d’abord son parent, Du Fargis, mais se ravise [Portrait de Du Fargis] ; va finalement voir M. le comte de Cramail, qui est d’accord pour combattre Richelieu. [Portraits rapides de ces hommes]

 

§ 55 – page 80

Cette affaire ne peut être en meilleures mains qu’en celle des prisonniers.

 

§ 56 – page 80-81

Le 8ème jour, il revoit M. le Comte de Craimail qui l’assure du succès de leur entreprise (se défaire de Richelieu). Il s’est assuré de M. le maréchal de Vitri, de M. le Comte et de l’Arsenal. Au passage, Retz remarque que les prisonniers disposent de toute leur liberté à la Bastille !

 

§ 57 – page 81

M. d’Estampes, Président du Grand Conseil, et M. l’Escurier, doyen de la chambre des comptes sont comme M. le Comte le lui avait dit : tout prêts pour cette entreprise qui sera un succès.

 

§ 58 – page 81-82

Retz s’ouvre de leur projet à Parmentier (substitut du procureur général) et à L’Espinai (auditeur de la Chambre des comptes). Parmentier disposera (mais sans lui révéler le projet, car il ne sait pas garder un secret) de Brigalier, très puissant dans le peuple.

 

§ 59 – page 82-83

M. le Comte transmet à Retz douze mille écus ; il les confie à sa tante de Maignelais pour qu’elle fasse des aumônes et l’accompagne : cela lui donne l’occasion de connaître les gens du peuple, et c’est ce qu’il voulait. Il y a aussi des gens qui viennent chez elle à « l’aumône secrète » ; Retz est ravi parce que ce sont ces personnes-là qui sont les plus intéressantes lors des séditions.

« Les riches n’y viennent que par force ; les mendiants y nuisent plus qu’ils n’y servent, parce que la crainte du pillage les fait appréhender. Ceux qui y peuvent le plus sont les gens qui sont assez pressés dans leurs affaires pour désirer du changement dans les publiques, et dont la pauvreté ne passe toutefois pas jusques à la mendicité publique. » Le « voile » de sa tante couvre ses projets.

 

§ 60 – page 83

Varicarville et Beauregard, restés à Sedan, lui disent régulièrement que M. le Comte n’a plus hésité depuis qu’il a pris son parti. Un jour, le Comte, qui était resté ferme durant 3 mois, change de sentiment dès qu’il obtient de la maison d’Autriche ce qu’il avait demandé.

 

§ 61 – page 83-84

Retz va à Sedan trouver le comte ; ils arrivent tous à le faire changer d’avis. Retz repart à Paris, puis, dernier voyage à Sedan.

 

 

 

§ 62 – page 84

Retz va à Givet avec Metternich et constate qu’en effet tout va bien pour les troupes du général Lamboi qui vont attaquer celles de M. le maréchal de Chastillon qui commandait les armes de France (sur la Meuse à ce moment-là). Il revient à Paris avec trente-deux blancs signés de M. le Comte ; il rend compte de tout à M. le maréchal de Vitri qui fit ordre de l’entreprise.

 

§ 63 – page 84-86

Citation de cet ordre par Retz : c’est l’organisation du plan après la victoire de l’armée : « Monsieur le Comte donna la bataille, et il la gagna. » mais « Monsieur le Comte est tué dans le moment de sa victoire, et il est tué au milieu des siens, sans qu’il y en ait jamais eu un seul qui ait pu dire comme sa mort est arrivée. » Il faut donc maintenant cacher ce qui était prévu. Retz est étonné, car tout le monde a su garder le secret, même ceux qui étaient à Sedan et qui donc ne craignaient rien à le dévoiler.

 

§ 64 – page 86

« La mort de M. le Comte me fixa dans ma profession, parce que je crus qu’il n’y avait plus rien de considérable à faire […] » De plus :

* la santé de Richelieu faiblit, et l’ « archevêché de Paris commençait à flatter mon ambition. »

* Mme de Guéméné s’est retirée à Port-Royal depuis 6 semaines ;

* Il s’est dégoûté de l’Arsenal.

 

§ 65 – page 86-87

« La vérité est que j’en devins beaucoup plus réglé, au moins pour l’apparence. » Mène une vie studieuse, fait presque de son logis une académie, ne fréquente que Mme de Pommereux en guise de galanterie. Il devient à la mode chez les gens de sa profession.

 

§ 66 – page 87

Chez Mme d’Hambure, il a une discussion avec Métrézat (pasteur protestant de Charenton) en 9 conférences qui durent 9 jours : M. de Turenne et M. le maréchal de La Force ont assisté à 3 ou 4 de ces conférences [note !]. Un gentilhomme se convertit en l’écoutant ; cela fait grand bruit dans Paris parce qu’il n’a « pas encore vingt-six ans. » [en vrai : 27ans] Cet événement entraîna un effet sans rapport avec la cause qu’il racontera après. Pour l’instant, il va raconter un point de la conférence :

 

§ 67 – page 87

M. Métrézat n’a pas mis Retz dans l’embarras devant le nonce alors qu’il en avait l’opportunité.

 

§ 68 – page 87

« Je vous ai dit ci-dessus que cette conférence produisit un effet bien différent de sa cause. Le voici : »

 

§ 69 – page 87-88

M. de Lisieux (directeur de conscience de Mme de Vendôme qui s’est prise d’affection pour Retz) décide de convertir M. de Turenne et d’en attribuer l’honneur à Retz. [Portrait flatteur de M. de Lisieux]

 

§ 70 – page 88-89

Dix ans plus tard, Retz a appris que si M. de Turenne écoutait tant M. de Lisieux, c’était pour permettre à M. le comte de Brion (son ami), amoureux de Mlle de Vendôme (appelée ensuite Mme de Nemours) de la voir plus souvent…

 

§ 71 – page 89

Ils voient une pièce de Corneille.

 

§ 72 – page 89-91

[Episode des Capucins noirs]

Au bas de la descente des Bons-Hommes, à la fin de la représentation, le carrosse stoppe ; tous effrayés, car ils croient voir des « diables » ; M. de Turenne et Retz sortent l’épée, les femmes crient. En fait, il ne s’agit que de religieux !

 

§ 73 – page 91

Le lendemain, Retz et M. de Turenne, échangeant à propos de cette aventure et se rendant compte qu’ils s’étaient mutuellement trompés sur ce qu’ils pensaient que l’autre ressentait, en déduisent que « […] tout ce que nous lisons dans la vie de la plupart des hommes est faux. »

Retz : « Qui peut donc écrire la vérité que ceux qui l’ont sentie ? Et le président de Thou a eu raison de dire qu’il n’y a de véritables histoires que celles qui ont été écrites par les hommes qui ont été assez sincères pour parler véritablement d’eux-mêmes. Ma morale ne tire aucun mérite de cette sincérité ; car je trouve une satisfaction si sensible à vous rendre compte de tous les replis de mon âme et de ceux de mon cœur, que la raison, à mon égard, a beaucoup moins de part que le plaisir dans la religion et l’exactitude que j’ai pour la vérité. »

 

§ 74 – page 91-92

Mlle de Vendôme ressent du mépris du coup pour Brion, mais vante le courage de Retz, qui en profite pour la séduire.

 

§ 75 – page 92

Portrait de Mlle de Vendôme (remarque sur Mlle de Guise)

 

§ 76 – page 92-93

Deux voyages à Anet : un de quinze jours, l’autre de six semaines. Il va plus ou moins loin dans les faveurs de Mlle de Vendôme.

 

§ 77 – page 93

Donc, pour Retz, occupations ecclésiastiques plus d’autres… Les ecclésiastiques souhaitent qu’il succède à son oncle mais Richelieu ne l’aime pas. Il a déjà expliqué pourquoi, mais voici deux occasions qui l’aigrirent bien davantage :

 

§ 78 – page 93-94

La première : un jour, dans un cabinet, il dit à feu M. le président de Mesme que Richelieu « n’avait aucune grande qualité qui ne fût la cause ou l’effet de quelque grand défaut. » C’est répété à Richelieu…

La seconde : des faux-monnayeurs ont accusé M. le président Barillon (qui est alors en prison) et d’autres de leur avoir demandé de tuer Richelieu ; Retz se rend à la prison

 

d’Amboise pour en informer Barillon et le faire sortir d’Amboise ; Richelieu l’apprend, mais M. de Lisieux prend sa défense. Du coup, s’il avait vécu, Retz serait remonté dans son estime, selon Lisieux.

 

§ 79 – page 94-95

Richelieu meurt avant que M. de Lisieux ait rétabli Retz dans son estime ; le Roi, quoique content, garde pour amis ceux qui étaient avec Richelieu, et pour ennemis ceux qui étaient contre Richelieu ; à l’exception de Retz, qu’il accueille très bien.

 

§ 80 – page 95

« Voici les raisons de ce bon traitement, que nous ne sûmes nous-mêmes que la veille de sa mort. Il des dit à la Reine. »

 

§ 81 – page 95

« Ces deux raisons sont deux aventures […] desquelles je ne vous ai pas parlé, parce que je n’ai pas cru que n’ayant aucun rapport à rien par elles-mêmes, elles méritassent seulement votre réflexion. » « Je vous dois dire de plus, pour la vérité, que je ne m’en suis pas souvenu dans le commencement de ce discours, et qu’il n’y a que leur suite qui les ait remises dans ma mémoire. »

 

§ 82 – page 95-96

1ère raison : Retz sort une jeune fille des griffes de sa tante, une épinglière, et la place ensuite dans un couvent ; le Roi l’apprend.

 

§ 83 – page 96

Transition.

§ 84 – page 96

2ème raison : « un an devant cette première aventure… » : Retz et Coustenan se battent pour un cheval ; Retz ne le tue pas ; Coustenan le raconte ensuite au Roi. « Je reprends le fil de mon discours. »

 

§ 85 – page 96-97

Comme le Roi semble bien disposé en faveur de Retz, sa famille travaille pour qu’il obtienne la coadjutorerie à la suite de son oncle ; Monsieur de Paris (son oncle, donc) finit par en être d’accord. La Sorbonne, les curés, le chapitre l’en remercient. Du coup, Mazarin, De Noïers et de Chavigny montrent au roi qu’il ne faut pas que les corps ne doivent pas se désigner eux-mêmes des archevêques.

Echec donc pour Retz.

 

§ 86 – page 97-98

Autre obstacle à la coadjutorerie : M. de Noïers, la visant pour lui-même, fait proposer par le Roi pour Retz l’évêché d’Arles ; Retz n’en a pas envie, et prend le risque d’aller trouver le Roi pour refuser : il allègue qu’étant très jeune, il aura besoin de conseils, et que le Languedoc, c’est éloigné… Le Roi accepte son refus. Retz peut continuer à espérer la coadjutorerie, surtout en cas de régence de la reine.

 

 

 

 

§ 87 – page 98

« Le Roi mourut. » M. de Beaufort puis M. l’Evêque de Beauvais veulent prendre la première place, mais ce ne sont que des crétins. [petits portraits]. La Reine demande alors à Retz de demander à son père d’être premier ministre. Refus du père de Retz, alors, « elle se mit entre les mains de M. le cardinal de Richelieu. » [voir note ! super mensonge !!]

 

§ 88 – page 98

Temps où l’on ne refuse rien ; Retz trouve donc sa place facilement. « La Reine est si bonne ! », maître mots dans Paris.

 

§ 89 – page 98-99

Mme de Maignelais et M.de Lisieux demandent à la Reine la coadjutorerie pour Retz ; elle l’a refuse car elle ne l’accordera qu’à son père. Le père de Retz fait alors le déplacement au Louvre ; Retz devient coadjuteur. Le Roi l’aurait demandé à la Reine la veille de sa mort, car il l’avait toujours eu dans l’esprit depuis les aventures de l’épinglière et de Coustenan. Quel rapport ? « et voilà toutefois comme la plupart des choses se font. » [voir note : la coadjutorerie résulte plutôt des pressions exercées par le clan Gondi]

 

§ 90 – page 99

Il devient coadjuteur la veille de la Toussaint ; le lendemain, il monte en chaire dans Saint-Jean, « pour y commencer l’Avent, que j’y prêchai. Mais il est temps de prendre un peu d’haleine. »

 

§ 91 – page 99

« Il me semble que je n’ai été jusques ici que dans le parterre, ou tout au plus dans l’orchestre, à jouer et à badiner avec les violons ; je vas monter sur le théâtre, où vous verrez des scènes, non pas dignes de vous, mais un peu moins indignes de votre attention. »

 

Fin de la première partie de la Vie du cardinal de Rais.

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