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Librement inspirée de l'étude de Karine Gros (édition Classiques&Cie, Hatier)
DOM JUAN ou le Festin de Pierre
Molière
LE TITRE
Le nom « Dom Juan » (Dom : Dom et non Don, selon l'étymologie latine Dominum, titre honorifique espagnol réservé aux membres de la noblesse (équivalent de Seigneur). La graphie de Don Juan diffère selon les époques. Certains auteurs ont utilisé soit Dom (Molière, Dorimon), soit Don (Pouchkine, Montherlant, Schmitt), alors que Villiers dissimule le titre honorifique en n'utilisant que l'initiale (D.), qui désigne couramment un séducteur invétéré, ne correspond pas exactement à l'image du personnage de Molière, beaucoup plus complexe (à la fois libertin et homme de défi).« Le Festin de Pierre » fait référence à l'épisode final où la Statue honore l'invitation de Dom Juan. Elle renvoie également à certains motifs mythologiques liés à la pierre, aux thèmes de l'absorption et de l'anéantissement.
LES UNITÉS
Molière fait subir un traitement particulier à la règle des trois unités :VRAISEMBLANCE ET BIENSÉANCES
Plusieurs règles caractérisent le théâtre classique. La vraisemblance tout d'abord est exigée, mais elle diffère de la vérité historique. Aristote a souligné son importance: « Le rôle du poète est de dire non pas ce qui a lieu réellement, mais ce qui pourrait avoir lieu dans l'ordre du vraisemblable ou du nécessaire. » Il faut présenter aux spectateurs des situations et des personnages exemplaires, mais sans choquer.
Aussi la règle des bienséances est-elle également primordiale. Elle impose l'adéquation du registre de langue à la situation, au personnage, et la cohérence des caractères et de l'intrigue ; elle interdit que l'on se batte sur scène ou que l'on y meure. Les bienséances expliquent l'importance des récits fournis dans les scènes d'exposition, à la suite des entractes, ou chaque fois que des actions violentes ne peuvent être représentées sur la scène. Conformément aux bienséances, aucun acte violent n'est représenté sur scène dans Dom Juan: en effet, lorsque le protagoniste porte secours à Dom Carlos attaqué par des voleurs, le combat a lieu hors-scène (entre la scène 2 et la scène 3 de l'acte III). Mais les diverses censures imposées à la pièce montrent que l'auteur a choqué les dévots de son temps.
PLURALITÉ DES LIEUX
Aux règles de vraisemblance et de bienséance s'ajoute celle des trois unités qui concerne la structure dramatique. Dans L'Art poétique (1674), renouant ainsi avec les préceptes d'Aristote, Boileau demande : « Qu'en un Lieu, qu'en un jour un seul Fait accompli/ Tienne jusqu'à la fin le Théâtre rempli. » Parce que l'unité de lieu doit être respectée, la pièce, le plus souvent, se déroule dans des lieux favorables aux rencontres, maison ou place publique dans la comédie, antichambre d'un palais ou salle du trône dans la tragédie.
Le traitement du lieu dans Dom Juan doit donc être pris en compte. Dans les actes I et II, le décor est constitué d'un «palais» donnant sur « un jardin », puis d'un « hameau de verdure» et d'une «grotte au travers de laquelle on voit la mer ». Cette diversité des lieux permet à Dom Juan d'aller et venir à sa guise et participe de la progression dramatique. En effet, à la mobilité réelle du premier acte succède, au deuxième acte, une mobilité plus symbolique, qui se situe au niveau des sentiments. Si la ville incitait Dom Juan à quitter Done Elvire et à partir librement, la campagne, quant à elle, le pousse à accumuler de nouvelles conquêtes et l'oblige à fuir par crainte de représailles: « Monsieur, je viens vous avertir qu'il ne fait pas bon ici pour vous », prévient La Ramée (II, 5). Dès les premiers actes, les multiples évocations de l'espace sont déjà riches de sens: une valeur symbolique est conférée aux décors.
Celui du troisième acte est composé d'« une forêt et une manière de temple entouré de verdure ». Le décor naturel est au premier plan ; « le temple », symbole sacré, est relégué au second plan. C'est pourtant de ce lieu que part le châtiment final. Il abrite en effet la Statue du Commandeur. Le lieu naturel n'est pas un asile de paix. Ironiquement, c'est dans la forêt que Dom Juan rencontre Dom Carlos (III, 3), et il ne s'y déplace pas avec facilité. La forêt est un labyrinthe, il s'y perd sans l'avoir voulu. « Mais, tout en raisonnant, je crois que nous nous sommes égarés. » (III, 1) Si la «nature» de Dom Juan est de ne pas évoluer – il rester« épouseur à toutes mains » (I, 1) –, la forêt, élément naturel, ne permet aucune évolution, comme le prouve la « nécessité extrême » où se trouve le Pauvre. La dernière scène de cet acte propose un renversement dans l'organisation spatiale : le temple passe au premier plan par la volonté de Dom Juan, qui affirme «j'ai envie de l'aller voir», avant de conclure, péremptoire, « Allons, sortons d'ici » (III, 5).
Le quatrième acte, selon les règles classiques, doit être celui des rebondissements. L'action s'y déroule dans un «appartement », lieu unique dont la signification est double. Synonyme d'intérieur familier pour le héros, cet univers clos contredit a priori son incessant désir de fuite. Il ne s'agit plus ici de fuir, mais de chasser « les fâcheux » de son univers intime. La confrontation de Dom Juan avec son père est dramatique: le public attendait depuis le début de la pièce que le héros rencontrât un personnage à sa hauteur. Par quatre fois, le seuil de l'appartement donjuanesque est franchi. Deux fois, Dom Juan se débarrasse des importuns. Deux fois, il tente de retenir ses visiteurs: il convie Done Elvire à rester, accepte d'offrir le repas promis à la Statue. Cet acte met peut-être en scène la seule croyance du personnage: « Deux et deux » ne sont-ils pas « quatre », comme l'affirme Dom Juan (III, 1)?
L'acteV se déroule dans un lieu imprécis, « dans une campagne près de la ville, puis près du tombeau ». Comme dans l'acte IV, nous assistons à quatre scènes de rencontre, mais dans un espace public. L'hypocrisie est une attitude publique, son châtiment vient du Ciel et doit être exemplaire : autant de raisons pour que les personnages évoluent à l'extérieur. Au dénouement, Dom Juan est entraîné dans un autre espace, invisible, qu'il a toujours nié, celui de la damnation.
L'utilisation de l'espace souligne la progression dramatique : espaces clos et intime, naturel, public, voire surnaturel, se succèdent au fur et à mesure des évolutions d'une intrigue dont les spécificités ont conduit Molière à faire bon marché de l'unité de lieu.
DUALITÉ DU TEMPS
Pour ne pas contrevenir à la règle du vraisemblable, le temps de l'action, selon les règles de la dramaturgie classique, doit correspondre globalement au temps vécu par les personnages et ne pas excéder vingt-quatre heures.
Très vite, on a reproché à Dom Juan son manque d'unité temporelle. L'action ne se déroule pas en une seule journée, son déroulement obéit à une disposition précise. De l'exposition au dénouement, la pièce dure deux jours. Le premier nous mène à la fin de l'acte IV. Après une interruption de douze heures environ, l'acte V se déroule l'après-midi de la seconde journée. Molière a-t-il choisi cette temporalité particulière à cause de la multiplicité des entrées, des sorties et des coups de théâtre? Une telle raison semble peu convaincante.
Molière semble plutôt vouloir opposer, dans ces deux journées, deux étapes de la vie de son protagoniste. La valeur du temps se modifie au cours de ces deux journées. Durant la première, il n'a presque aucune influence sur l'action ni sur les agissements du protagoniste. Mais il prend dans la journée suivante une importance considérable, avec la mention d'une échéance proche. Pendant quatre actes, en effet, temps, espace et intrigue sont à l'image du héros qui va et vient sans fin. A l'acte V, tout change. Les nouvelles visites ne peuvent plus être perçues avec autant de légèreté et d'insouciance par Dom Juan. Celui-ci doit désormais rendre des comptes à la société, et au Ciel, qui lui offre sa dernière chance de se repentir. Une nouvelle temporalité s'instaure donc. Les échéances se précisent, la valeur du temps doit être reconnue. Il est l'heure du repentir et du châtiment.
Puisqu'il y a bien deux moments opposés dans cette pièce, la règle d'unité de temps devenait caduque et Molière a su concevoir une nouvelle temporalité en accord avec le personnage et l'intrigue.
COMPLEXITÉ DE L'ACTION
L'unité d'action, enfin, impose une seule intrigue pour faciliter la compréhension des spectateurs. Jacques Scherer explique qu'il faut, « pour que l'action soit unifiée, qu'on ne puisse en retirer aucun élément sans rendre la pièce inintelligible, que tous les éléments utiles soient présents d'une manière continue de l'exposition au dénouement, et que ces éléments s'enchaînent, comme dit Aristote, «selon le vraisemblable ou le nécessaire », c'est-à-dire, sans être amenés par un pur hasard ». Il faut également soigner le «rapport des intrigues accessoires avec la principale».
Dans Dom Juan, le dérèglement des structures dramatiques peut s'expliquer par la nature même du personnage, par sa manière de percevoir le temps, d'accumuler les actions, d'arpenter l'espace à une allure telle que divers lieux se succèdent sur scène de manière surprenante. La première journée accumule une série d'aventures inattendues, entrecoupées de moments de comédie, et qui concernent un héros nullement soucieux de son avenir. Cette multiplicité d'événements a incité les commentateurs à critiquer l'absence d'unité d'action.
Qu'on en juge: après l'arrivée inopinée de Done Elvire (I, 2), un naufrage retarde l'enlèvement d'une jeune femme (II,1). Puis la colère de deux paysannes empêche Dom Juan de mener simultanément deux intrigues amoureuses (II, 4). Après que La Ramée lui a conseillé de fuir (II, 5), Dom Juan rencontre un Pauvre (III, 2), avant de voler au secours d'un homme en mauvaise posture (III, 3). Par la suite, découvrant un magnifique monument, Dom Juan apprend qu'il s'agit du tombeau du Commandeur (III, 5). A l'acte IV, il doit affronter divers importuns qui viennent le déranger chez lui. Mais Dom Juan ne se départit jamais de son insouciance cynique. Le temps est lié au hasard et au plaisir. Nonobstant la multiplication des événements, cette première journée est dépourvue de réelle tension.
Molière, contrairement à Tirso de Molina, n'a pas fait de Done Elvire la fille du Commandeur et s'est refusé une facilité qui aurait permis de respecter l'unité de l'intrigue. Il a privilégié un intérêt dramatique qu'il s'est efforcé de renouveler constamment. Quoi de plus approprié, pour soutenir l'intérêt dramatique, qu'une intrigue en forme de poursuite généralisée, Dom Juan après les femmes, Done Elvire après Dom Juan, Dom Carlos et Dom Alonse après le Séducteur, Dom Louis après son fils? Parce que Dom Juan se caractérise par ses nombreux défis et conquêtes, une telle accumulation peut sembler irreprésentable, voire inacceptable. Jean Rousset reconnaît que « la dramaturgie de la pièce s'accorde avec le libre abandon du héros aux suggestions de l'instant : une technique du déroulement discontinu, sans causalité forte qui déterminerait la succession des scènes à partir d'un noyau initial ; les personnages surgissent sans préparation, puis disparaissent, reviennent une fois, s'effacent définitivement».
BILAN
Dom Juan, on le voit, malmène systématiquement les unités classiques, et une telle entreprise ne doit rien au hasard. En 1663, deux ans avant Dom Juan, dans la scène 6 de La Critique de l'École des femmes, Molière indique qu'il subordonne en effet ces règles au plaisir du spectateur. Celles-ci, selon le dramaturge, « ne sont que quelques observations aisées que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter le plaisir que l'on prend à ces sortes de poèmes. [...] Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n'est pas de plaire. [...] Laissons-nous aller de bonne foi aux choses qui nous prennent par les entrailles et ne cherchons point de raisonnements pour nous empêcher d'avoir du plaisir ».
Le respect du public et celui d'une dynamique propre à la pièce priment dans l'esprit du Molière sur des règles assimilées à de rigides carcans.
LA STRUCTURE
L'exposition : acte I, scènes 1 et 2 ; le noeud : acte I, scène 3 ; les péripéties : de l'acte III, scène 1 à la scène 5 de l'acte V ; le dénouement : scène 6 de l'acte V.
LE GENRE ET LES REGISTRES
Pour les passages comiques, on se reportera aux scènes avec les paysans (acte II : parlures, situation), à celle dans laquelle Sganarelle ne parvient pas à construire son propos et tombe (III, 1), à l'épisode du créancier (IV, 4). Si nous retrouvons des caractéristiques propres à la comédie (relation maître-valet, personnage de Sganarelle, lazzi, comique de gestes, de mots, de situation), la mort de Dom Juan et certaines scènes de tension éloignent parfois la pièce du genre de la comédie.
Le spectateur peut éprouver de la pitié pour les femmes abusées et pour le père de Dom Juan. Cette pièce est désignée comme une comédie, ce qui peut surprendre. Non seulement le protagoniste meurt à la fin de la pièce, mais le langage est souvent élevé. Sont évoqués des sujets sérieux tels que la religion, le péché, le repentir. Enfin, la majorité des personnages sont de haute condition, choix dramaturgique plus caractéristique de la tragédie.
LES PERSONNAGES
Tableau des personnages
Actes I II III IV V 'Nombre de scènes où le personnage est présent.
Scènes 1 2 3 1 2 3 4 5 1 2 3 4 5 1 2 3 4 5 6 7 8 1 2 3 4 5 6
Dom Juan ++ ++++ + ++++ +++++++ +++ 25
Sganarelle + + + + + + + + + + I + + + + o + + + + o + o + + + 26
Done Elvire + + + 3
Gusman + 1
Dom Carlos + + + 3
Dom Alonse + 1
Dom Louis + + 2
Un Pauvre + 1
Charlotte + + + + o 5
Mathurine + o 2
Pierrot + + 2
La Statue o + + 3
La Violette + + 2
Ragotin + 1
M. Dimanche + 1
La Ramée + 1
Suite de
Dom Juan o o o 3
Suite de
Dom Alonse o 1
Un spectre + 1
Sganarelle accompagne toujours Dom Juan, il est présent du début à la fin de la pièce, y compris à la scène 1. Son rôle est important : il insère des répliques légères dans les moments de tension, et replace ainsi la pièce dans le registre comique. Toutefois, s'il est plus présent que Dom Juan (26 scènes contre 25), il se cache parfois (III, 4) ou se tait (IV, 4 ; V, 1 ; V, 3) restituant ainsi la prédominance de son maître. Dom Juan présent, c'est lui qui domine l'échange. Jusqu'à la confrontation finale avec la Statue, il affirme toujours sa maîtrise de l'action et du langage, même au moyen d'une simple remarque cynique (l'invitation à s'asseoir lancée à son père), ou d'une feinte hypocrite (IV, 4).
Au premier acte, Sganarelle, présent dans toutes les scènes, contribue au comique de l'acte. Dans l'acte II, la présence continue de Charlotte souligne la prédominance d'une thématique amoureuse. Mais Charlotte ne parle plus dès que le danger, annoncé par La Ramée, réapparaît. On quitte alors le domaine de la comédie. A l'acte III, Dom Juan et Sganarelle assurent la liaison entre les scènes, jusqu'au moment où Sganarelle court se cacher lors du duel. Dans l'acte suivant, le couple maître-valet permet à nouveau d'assurer les liaisons entre les scènes. A la scène 4, on note le silence de Sganarelle, personnage comique, lors de l'admonestation de Dom Juan par Dom Louis : cela permet de conserver la tonalité noble, sinon tragique, des propos énoncés. Il en va de même dans l'acte V. Dans Dom Juan, la liaison entre les scènes est toujours assurée par au moins un personnage présent d'une scène à l'autre.
On peut s'étonner de la juxtaposition de noms nobles et paysans (peu concevable dans une logique de strict partage des genres). Certains prénoms sont d'origine française, mais la scène se passe en Sicile. Le nom du valet, bien connu, annonce la tonalité comique de la pièce. Celui de M. Dimanche, « jour du Seigneur », n'est pas non plus sans finalité comique : c'est avec une facilité déconcertante que Dom Juan se débarrasse de lui, comme il se débarrasse de tout précepte religieux.
Homme de défi, libertin, Dom Juan refuse la stabilité aussi bien dans le domaine des sentiments (« la constance n'est bonne que pour les ridicules ») que dans le domaine social. Il refuse d'assumer l'héritage paternel, et ne comprend pas que son père puisse affirmer que les nobles n'ont part « à la gloire de [leurs] ancêtres qu'autant [qu'il s'efforcent] de leur ressembler».
Sganarelle incarne parfois la voix de la raison, mais il est surtout un personnage comique qui détend l'atmosphère après des moments de tension. En ce sens, c'est un classique valet de comédie. Toutefois, son rôle est particulier : il ne s'agit pas de favoriser des projets de mariage de deux jeunes amants, mais d'aider un maître déjà marié à multiplier les conquêtes amoureuses.
Molière présente différentes classes sociales. À travers l'évolution du personnage d'Elvire, il a voulu montrer une femme pieuse et forte, honnête sans être naïve. Les paysannes sont présentées, selon la tradition, comme des personnes crédules et facilement trompées.
LA REPRÉSENTATION DE LA SOCIÉTÉ
Le fait que Dom Juan présente des personnages de diverses couches sociales (les paysans, un marchand, des nobles, un valet) pourrait faire penser que la pièce est le reflet de la société du XVIIe siècle. Or, significativement, le clergé n'est pas représenté alors que Dom Juan ne cesse au cours de la pièce de défier l'autorité religieuse. En réalité, il s'agit moins pour Molière de proposer une peinture de la société que de faire rire. A l'exception de la scène du Pauvre, dont la signification est plus complexe, les scènes où figurent les personnages secondaires ont une utilité essentiellement dramatique.
ENJEUX ET PORTÉE DE LA PIÈCE
Pour les passages censurés, voir I, 1 ; I, 3 ; III, 1 ; III, 2 ; V, 6. Ces passages abordent des sujets religieux. La censure, entre autres, de l'expression « ni Saint, ni Dieu » provient du refus des dévots d'exhiber ainsi un parallèle entre la croyance en Dieu et la croyance populaire au loup-garou et au Moine-Bourru. La dérision a été censurée.| < Précédent | Suivant > |
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