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AF : Syntaxe, la négationPDFImprimerEnvoyer
Dimanche, 13 Avril 2008 12:41
Écrit par mag59

La négation est un "procédé logique et grammatical qui consiste en une inversion de la valeur de vérité". En latin, elle est produite par différents morphèmes, dont la forme non, seule conservée par l'ancien français. En français moderne, la négation est rendue par une forme composée dont le premier et le second morphème, ne et pas, encadrent le verbe.
La forme non du latin est exploitée par l'ancien français sous les deux formes : tonique et atone. L'adverbe de négation non est tonique et prédicatif alors que la forme atone ne est plus faible, toujours conjointe au verbe ; en revanche, elle peut saturer la première position et subir l'enclise.

1) NON.


La forme forte de la négation s'emploie en l'absence de verbe, quand une forme prédicative est nécessaire :
dans des groupes antithétiques, qui peuvent être syntagmes nominaux, propositions ou phrases elliptiques, elle est renforcée par un forclusif. La forme faible, plus rare dans cette construction, apparaît néanmoins en concurrence.
On trouve en français moderne une survivance de ces tournures avec la locution et non.
dans des tournures exceptives introduites par la conjonction de subordination se : le verbe de la principale doit être nié ; une seconde négation produit alors un effet de négativité inversée. La proposition ainsi construite est une subordonnée hypothétique elliptique.
La soudure des deux formes : sinon que l'on connaît en français moderne, est acquise au XVème siècle.
dans les réponses négatives, non peut être employé seul, mais c'est encore rare et il est plus souvent associé au pronom personnel, avec lequel il forme une enclise. Dans notre texte du XIIIème siècle, on ne tient plus compte de la personne qui serait sujet de la phrase restituée mais on emploie systématiquement la forme nennil.
Non est également employé avec un verbe vicarient (auxiliaire ou semi-auxiliaire), verbe qui a perdu de prédicativité et rend nécessaire l'emploi d'une forme forte.

2) NE.


Non prédicative, le forme ne ne peut se passer d'un verbe : elle apparaît en position préverbale, éventuellement éloignée par des pronoms conjoints.

Ne explétif et semi-négatif.

La négativité n'est pas toujours pleine : les ne semi-négatif et explétif (minimal discordantiel) renvoient à une négativité en cours d'élaboration. La négation est dans ces deux cas toujours facultative ; elle n'apparaît par ailleurs qu'en subordonnée et dans un contexte négatif.
La forme s'emploie dans les cas suivants :
dans des subordonnées circonstancielles comparatives instaurant un rapport d'inégalité avec une proposition régissante positive. On notera que le morphème de négation, qui n'est pas obligatoire, est systématiquement employé dans La Queste.
dans des propositions complétives qui suivent certains verbes : sont suivis du morphème semi-négatif les verbes de doute niés, les verbes de défense, d'empêchement, de dénégation et de refus ; sont suivis du morphème explétif les verbes de crainte et les verbes d'imminence contrecarrée (derrière un verbe d'imminence contrecarrée, le morphème peut avoir une pleine valeur négative).
Ce morphème s'emploie fréquemment en ancien français.
dans les tours exceptifs : ne...que, ne...fors (ne plus), ne...mes/mais (sauf), ne...se...non.

La négation simple.


Ne, seul ou renforcé par un adverbe, peut nier un verbe. L'opposition entre emploi seul ou renforcé n'est pas arbitraire :
Dans une séquence peu actualisée (tournure hypothétique, interro-négative, modaux...), on privilégie la négation simple.
En revanche, on préfère employer un forclusif dans un contexte pleinement actualisé. Au départ, le forclusif est de nature variable : nom, pronom, adverbe, il indique quelque chose de petit, mais ne porte pas le sème de négativité.

Les forclusifs :

Les forclusifs sans charge sémantique, des opérateurs abstraits : les substantifs en rapport avec l'infiniment petit pas, point, mie, vont progressivement passer dans la classe grammaticale des adverbes.
[ Pas l'emporte quantitativement au XIIIème siècle mais point survit jusqu'au XVIIème, porteur d'une négation plus forte. ]
Les forclusifs porteurs d'une charge sémantique peuvent se combiner : onques mes, ja mais... Les sèmes qu'ils transmettent sont les suivants :
Onques et ja appartiennent au domaine temporel et sont respectivement tournés vers le passé et futur.
Rien, nul, aucun et nient sont du domaine quantitatif.
Mais, plus, gueres portent les deux sèmes.

La forme renforcée devient de plus en plus fréquente jusqu'à devenir la forme régulière en français moderne. La forme simple ne résiste plus que dans des tournures figées ou en langage littéraire ou soutenu. Ainsi est-on passé d'une langue synthétique à une langue analytique.
On notera que le forclusif, facultatif en ancien français, est ressenti en français moderne, comme le principal porteur de la négation : le fait que la langue orale omet le premier morphème en témoigne.

L'adverbe de coordination.


Une des formes de ne est issue du latin nec qui permet de coordonner deux négations. En ancien français, deux éléments positifs en contexte virtuel sont coordonnés par ne. On traduira le morphème en français moderne par et/ou. L'adverbe de coordination négatif sera remplacé par ni, afin de le distinguer de la négation simple.

Commentaires  

 
0 #1 camker29 02-09-2008 19:44
Ce plan n'est valable que pour le capes : en effet, c'est prendre un critère morphologique pour une question de syntaxe. Le plan agreg est :
I. La négation avec ellipse du verbe
Non, nenil, ne gié
II. La négation sans ellipse du verbe
La plupart des emplois de ne

ça change pas grand chose dans le fond mais bon, c'est le plan agreg.
 

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