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5. Le cinéma russe et soviétique des années 1910-20.
Il est marqué par 1 domination des compagnies étrangères, notamment Pathé, jusqu’en 1910-11.
1911 : Développement de la production russe. Se développe dans une optique de films historiques.
Avant 1917, développement aussi de films érotiques et noirs.
En 1914, on compte 270 films produits, mais très peu ont été vendus à l’étranger.
C’est l’époque de pogroms qui affectent la production car un grand nombre de juifs se trouvent dans le cinéma et la vie intellectuelle en général.
Mars 1917 : fin du régime tsariste.
En //, fondation de l’Union du cinéma qui est favorable à la révolution bourgeoise.
Mais aussi, création d’un soviet dans le milieu du cinéma.
Mise en place de la « 10e muse » qui est une association antibolchévique.
Les cinéastes rejoignent l’armée blanche qui se trouve en Crimée.
1918-20 : Interruption totale du cinéma faute de pellicules.
Développement d’un groupe d’opérateurs prenant part aux combats politiques et armés.
Développement d’une nouvelle théorie du cinéma.
Tous les grands cinéastes russes de l’époque ont été formés sur le tas.
Proletkult : Création en 1917. Cf. article sur wikipédia qui englobe d’autres formes artistiques.
Il regroupe des artistes bolchéviques. Succès énorme auprès des jeunes artistes et du public. Est marginalisé en 1920 par Lénine.
NEP (Nouvelle politique économique) dès 1921.
Elle permet l’importation de films étrangers qui auront une grande influence sur les cinéastes russes. Par ex, Eisenstein sera influencé par Griffith.
1919 : Nouveau départ de cinéastes russes pour l’étranger.
Dès 1923 des studios ouvrent en Ukraine et en Géorgie. La même année, l’URSS va compter 2500 salles de cinéma, soit 10 fois plus qu’en 1914.
Quelques cinéastes soviétiques :
Eisenstein (1898-1948).
Est d’origine allemande et juive. Il est né en 1898. Il s’engage dans l’armée rouge dès 1917. Grande érudition.Il se lance dans le théâtre, d’abord dans le but de le « détruire ». Utilisation d’acteurs non professionnels et de grandes masses de population. Développe un théâtre militant.
La Grève (est réalisé en 1924 mais sort en 1925) est son premier film. A un succès énorme en 1925.
Ce film lui permet d’exposer ses théories cinématographiques. Il raconte l’histoire d’un groupe, non d’un individu. Volonté politique mais aussi volonté esthétique très affirmée, tant au niveau du montage que de la lumière par ex.
Il produit très vite Le Cuirassé Potemkine (1925).
Ce film lui permet de faire connaître le nouveau cinéma soviétique à l’étranger. Film entièrement vu du point de vue des marins, des insurgés. Le cuirassé comme
synecdoque de la société russe d’alors, avec ces différences sociales énormes. Chez Eisenstein la composition des images est chargée de sens. La scène des hamacs est avant tout un travail esthétique. Recherche de types chez les personnages, de typologies où le physique renvoie au social. Ex : Les marins sont grands, musclés etc. Les officiers sont maigres et parfois petits etc.
Scène de la viande avariée : Différents angles ont été choisis. Travail sur le contre-jour. Scène essentielle car c’est elle qui va déclencher la révolte. Les officiers obligent les marins à la consommer alors que dans le même temps eux mangent normalement. Présentation manichéenne avec les officiers vus comme cruels, à la différence des marins, des sans-grades. Film où la propagande et la recherche esthétique se rejoignent.
Scène célèbre du massacre sur les escaliers monumentaux d’Odessa, avec notamment le landau qui dévale au milieu des combats. Opposition entre l’apparence inhumaine des soldats qui tirent sur la foule (apparaissent comme des mécaniques) et la foule, les innocents… Plan sur le landau en travelling avant en plongée avec vue sur le bébé. L’innocence renversée par la sauvagerie inhumaine des soldats, instruments du pouvoir tsariste. En dehors du plan sur le bébé, le héros du film est collectif.
Chez Eisenstein le montage est essentiel, il permet de transformer le film en discours, ce qu’il a fait avec Le cuirassé Potemkine. Mais en contre partie, elle fragmente trop l’œuvre.
Dziga Vertov (1896-1954).
Il va théoriser l’idée selon laquelle le cinéma ne doit pas faire appel à la réalité.L’homme à la caméra (1928) : Est avant tout un exercice de style.
Film issu d’un courant de cinéma qui exerce une emprise totale sur le sujet.
Grand nombre de position de la caméra : Il utilise le travelling, le gros plan, les plongées, toutes les échelles de plans etc.
C’est le montage entre les images qui va produire le discours. Ce film est assez narcissique car il se filme lui-même.
Influence de Vertov sur les cinéastes des années 1968. Godard crée un courant Vertov.
Poudovkine. (1893-1953).
Pour lui le montage crée le sens. Cf. Effet Koulechov.Explication rapide de l’effet Koulechov avec ici un c/c de Wikipédia, ce sera plus rapide :
L'Effet Koulechov est un biais cognitif mis en évidence par le théoricien russe Lev Koulechov lors d'une expérience mise en place en 1922 dans l'école de cinéma russe dont il était directeur, le VGIK.
L'effet Koulechov désigne la propension d'une image à influer sur le sens des images qui l'entourent dans un montage cinématographique. Les images ne prenant alors sens que les unes par rapport aux autres. Le spectateur étant amené inconsciemment à interpréter les images dans leur succession et non indépendamment les unes des autres. Cet effet est à la base de la narration cinématographique.
Pour mettre en évidence cette contamination sémantique, Lev Koulechov développe une expérience scientifique (psychologie cognitive). Il choisit un gros plan de l'acteur russe Mosjoukine dans lequel celui-ci est particulièrement inexpressif. Il fait alors trois tirages de ce plan auquel il fait précéder trois images différentes. Dans le premier montage, avant le plan de Mosjoukine, il insère un gros plan d'une assiette de soupe. Dans le second montage, il insère, à la place de l'assiette de soupe, un cadavre dans un cercueil. Enfin, il insère un plan d'une femme allongée sur un canapé. Interrogés après le visionnage de chaque séquence, les spectateurs doivent caractériser le sentiment exprimé par l'acteur. Dans le premier cas, les spectateurs croient percevoir la faim, dans le second, la tristesse et dans le dernier le désir.
En fait, les montages vidéos font appel à l'inconscient des individus pour déterminer de manière cognitive ce que "pense" l'acteur.
Il se fait connaître en 1926 pour La mère de l’écrivain de Gorki. Grand succès commercial, même à l’étranger. Influence de Griffith avec l’usage du montage alterné.
Les derniers jours de Saint-Pétersbourg (1927):
Il montre la prise de conscience d’un paysan pour la Révolution.
Utilise des acteurs professionnels. Rôle important des objets (influence du kammerspiel allemand).
Ce film a un certain lyrisme. Il montre une nature généreuse et des paysans pauvres. Oppression du pouvoir tsariste. Utilisation très variée de l’échelle des plans, du gros plan au plan général, et important travail sur la lumière.
Boris Barnett(1902-1965).
Il s’agit d’un cinéma de fiction du quotidien. Cf. Okraïna en 1933.La jeune fille au carton à chapeau en 1927 au moment de la NEP.
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