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Version : Cicéron, "quand le mal est certain..."ImprimerEnvoyer
Lundi, 09 Juin 2008 12:07
Écrit par Lounaart

 

 

 

Cicéron, « Quand le mal est certain, la plainte ni la peur ne changent le destin »

De divinatione

Atque ego ne utilem quidem arbitror esse nobis futurarum rerum scientiam. Quae enim vita fuisset Priamo, si ab adulescentia scisset quos eventus senectutis esset habiturus ? Abeamus a fabulis, propiora videamus. Clarissimorum hominum nostrae civitatis gravissimos exitus in Consolatione conlegimus. Quid igitur ? Ut omittamus superiores, Marcone Crasso putas utile fuisse, tum cum maxumis opibus fortunisque florebat, scire sibi, interfecto Publio filio exercituque deleto, trans Euphratem cum ignominia et dedecore esse pereundum ? An Cn. Pompeium censes tribus suis consulatibus, tribus triumphis, maximarum rerum gloria laetaturum fuisse, si sciret se in solitudine Aegyptiorum trucidatum iri amisso exercitu, post mortem vero ea consecutura quae sine lacrimis non possimus dicere ? Quid vero Caesarem putamus, si divinasset fore ut in senatu, quem maiore ex parte ipse cooptasset, in curia Pompeia ante ipsius Pompei similacrum tot centurionobus suis inspectantibus a nobilissimis civibus, partim etiam a se omnibus rebus ornatis, trucidatus ita iaceret ut ad eius corpus non modo amicorum, sed ne servorum quidem quisquam accederet quo cruciatu animi vitam acturum fuisse ? Certe igitur ignoratio futurorum malorum utilior est quam scientia.

 

 

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Corrigé


En outre, je pense pour ma part que la connaissance des événements à venir ne nous est pas même utile.
Quelle aurait été la vie de Priam, s’il avait su dès l’adolescence quels événements il devait subir dans sa vieillesse ?
Laissons là les récits mythiques, regardons des faits plus proches. Dans notre Consolation, nous avons recueilli les morts les plus affreuses des hommes les plus illustres de notre cité.
Donc quoi ? Pour ne pas parler des anciens (ut omittamus = pour oublier), est-ce que tu penses qu’il eût été utile à Marcus Crassus de savoir, quand il était au faîte de sa fortune et de son pouvoir, qu’il allait être tué dans la honte et le déshonneur au-delà de l’Euphrate, après que son fils Publius eût été massacré et son armée anéantie ?
Est-ce que tu penses vraiment que Cnaeius Pompée se serait réjoui de ses trois consulats, de ses trois triomphes, de sa gloire pour les grandes actions <qu’il avait menées>, s’il avait su que, dans le désert Égyptien, après avoir perdu son armée, il allait être tué (trucidatum iri = participe futur passif) s’il avait su ces événements qui ont suivi sa mort, événements que nous ne pouvons raconter sans pleurer ?
Eh quoi (= Quid vero) ? Si César avait présagé que, après avoir été tué par les citoyens les plus en vue, qui plus est honorés par lui-même de toutes sortes de récompenses, dans le sénat, dont il avait lui-même choisi la plupart des membres, dans la curie de Pompée et devant la statue de Pompée lui-même, sous les yeux de tant de ses centurions, il resterait étendu de telle manière qu’aucune personne, non seulement de ses amis, mais en plus de ses esclaves, ne pût s’approcher de son corps, avec quel tourment moral (=quo cruciatu animi) aurait-il vécu ?
Assurément, l’ignorance des maux de l’avenir est plus utile que leur connaissance.

 

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