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(Rédigés de 1662 à sa mort, 1718) DEUXIEME PARTIE (811 pages) § 1 – page 100 « Je commençai mes sermons de l’Avent dans Saint-Jean-en-Grève, le jour de la Toussaints » ; succès de ses sermons. § 2 – page 100 « Le grand secret de ceux qui entrent dans les emplois est de saisir d’abord l’imagination des hommes par une action que quelque circonstance leur rende particulière. » § 3 – pages 100-101 Retz fait une retraite à Saint-Lazare « où je donnai à l’extérieur toutes les apparences ordinaires. » Mais sa conduite intérieure est plus difficile (l’archevêché de Paris est dégradé par la conduite de son oncle). « Je pris, après six jours de réflexion, le parti de faire le mal par dessein, ce qui est sans
comparaison le plus criminel devant Dieu, mais ce qui est sans doute le plus sage devant le monde […] » Donc, Retz va poursuivre ses galanteries, mais le fera discrètement. § 4 – page 101 Il sort de Saint-Lazare. § 5 – pages 101-102 Bref portrait de Monsieur l’archevêque de Paris (son oncle) : faible et vaniteux. Retz va agir à l’inverse. Il acquiert une réputation de civilité, et quand elle est établie, il prend l’occasion d’un contrat de mariage pour disputer la signature à M. de Guise. Le Conseil lui accorde la préséance. Il constate à cette occasion, par le soutien qu’il obtient, que « descendre jusques aux petits est le plus sûr moyen pour s’égaler aux grands. » Il fait sa cour à la Reine, est bien reçu par Mazarin qui est content de lui parce qu’il n’a pas pris part à la cabale des Importants, où il a pourtant des amis. § 6 – pages 102-103 [Ce qu’est la cabale des Importants] : [Le commencement] La Reine donne sa confiance à Mazarin ; jalousie de M. de Beaufort (« amant irrité »). Il : * ne ménage pas Monsieur ; * outre M. le Prince (= Henri II de Bourbon, père du Grand Condé) en faisant allusion à des lettres que Mme de Longueville (= sœur de Condé, donc fille de M. le Prince) auraient écrites à Coligni. M. de Beaufort créé la Cabale des Importants, avec Beaupui, Fontrailles, Fiesque, puis Montrésor et Béthune. Montrésor et Béthune incitent M. de Beaufort à faire des avances à Retz pour qu’il entre dans la cabale ; il refuse, parce qu’il doit la coadjutorerie à la Reine. Montrésor lui montre que d’une part, il ne la doit pas à la Reine mais à feu le Roi et que d’autre part, à l’époque, la Reine « ne donnait rien à force de ne rien refuser ». Retz répond : « Vous me permettrez d’oublier tout ce qui pourrait diminuer ma reconnaissance et de ne me ressouvenir que ce qui la doit augmenter. » Ces paroles plaisent au Cardinal (elles lui ont été rapportées par Goulas.) M. de Beaufort arrêté. Cette prison – qui correspond au début de l’établissement de Mazarin – n’a pas eu l’éclat qu’elle aurait dû produire. § 7 – pages 103-104[La cabale des Importants] : [L’arrestation de M. de Beaufort]
Mazarin craint, ou feint de craindre, les Importants.
La Rivière, pour se défaire de Montrésor (un Important), fait craindre les Importants à Mazarin, et M. le Prince en fait de même de peur que son fils (le Grand Condé, M. le Duc ici) se mette en danger en combattant M. de Beaufort, comme il avait failli le faire pour Mmes de Longueville et de Montbazon.
Le palais d’Orléans et l’hôtel de Condé réunis pour tourner en ridicule Beaufort et les Importants ; Beaufort se fait arrêter, et les importants sont accusés d’avoir voulu attenter à la vie de Mazarin.
Retz dit n’avoir jamais cru à ce complot, et plus tard, dans la Fronde, même les proches de Beaufort n’en ont jamais eu vent…
Huit jours avant l’arrestation de Beaufort, le marquis de Nangis voulait entrer dans la cabale des Importants ; Retz l’en a dissuadé parce qu’ « il y a des temps où il ne sied pas bien à un honnête homme d’être disgracié. » Il va faire le plan de l’état où les choses se trouvèrent à la mort du feu Roi. « C’est par où je devais commencer ; mais le fil du discours m’a emporté. »
§ 8 – pages 104-105
A la louange de Richelieu ; il a :
* voulu abattre le parti de la religion protestante (dessein entrepris par l’oncle de Retz Þ Mensonge !)
* voulu attaquer la maison d’Autriche (jamais entrepris Þ erreur !! voir note)
Le Roi (Louis XIII) bénéficie de la valeur de Monsieur le Duc (= Gd Condé) grâce à la victoire de Rocroi.)
A sa mort, Louis XIII limite les pouvoirs d’Anne d’Autriche en créant un conseil où il nomme Mazarin, Monsieur le Chancelier, M. Bouteiller, M.de Chavigny.) Le public ne les aime pas parce que ce sont des créatures de Richelieu. Ils auraient été chassés et la mémoire de Richelieu aurait été condamnée par le Parlement, si :
* M. de Beaufort eût eu le sens commun ;
* M. de Beauvais n’eût pas été une bête mitrée ;
* le père de Retz était entré dans les affaires.
§ 9 – page 105
On croyait la Reine persécutée, et cela lui tenait lieu de mérite.
§10 – pages 105-106
[Après la mort du Roi, premiers pas de la régence]
M. le duc d’Orléans veut disputer la Régence et se fait aider de La Frette qui arrive avec ses troupes à Saint-Germain ; Retz oblige Nangis à mettre ses troupes à la disposition de la Reine.
* Monsieur se contente d’être lieutenant général de l’Etat ;
* Monsieur le Prince déclaré chef du Conseil ;
* le Parlement confirme la régence de la Reine, mais sans limitation.
Grande libéralité de la Reine. Tout va bien ; de plus, la victoire de Rocroi a anéanti l’infanterie d’Espagne. Mazarin paraît très doux. La Reine accorde tout, sauf un service à Nantis, mais que Retz lui fait obtenir.
§ 11 – page 106
Les suites de l’arrestation de Beaufort : Retz en profite pour généraliser sur l’exercice du pouvoir.
§ 12 – pages 106-108
[L’effet de l’arrestation de Beaufort]
Comme il a été arrêté en un temps où les gens ne le sont plus, Mazarin peut dire qu’il y a été plus ou moins contraint. Description des manœuvres de Mazarin et de leurs effets.
* « …l’on attribuait à la douceur de son naturel les occasions qu’il n’avait pas de mal faire. »
* « Enfin il fit si bien qu’il se trouva sur la tête de tout le monde, dans le temps que tout le monde croyait l’avoir encore à ses côtés. »
Ce qui surprend Retz, c’est que les grands hommes s’y sont laissés prendre. Enumération [Les hommes, le Parlement, le Clergé] de leur aveuglement.
« Voilà comment tout le monde se trouva en un instant mazarin. »
§ 13 – page 108
Ce que Retz vient de décrire correspond aux quatre premières années de la Régence ; à peine quelques disputes : l’une entre Monsieur et M. le Duc pour des bagatelles, l’autre entre Monsieur le Duc (= le Grand Condé) et Mazarin, pour la charge d’amiral (surintendance des mers) que M. le duc voulait récupérer. Retz ne détaillera pas.
§ 14 – page 108
M. de Paris (son oncle) part de Paris deux mois après le sacre de Retz, et demande à ce dernier de prendre soin de son diocèse. Retz commence par aller dans le monastère de la Conception. Il y est contraint par la Reine : il ne voulait pas s’y rendre, parce qu’il y a 80 très belles jeunes filles ; mais finalement, il s’y comporte très bien : « cette conduite, qui dura six semaines, donna un merveilleux lustre à ma chasteté. »
§ 15 – pages 108-109
Il ne peut pas faire grand-chose dans le diocèse de son oncle parce que ce dernier est très jaloux et qu’il ne veut pas le froisser. Du coup, il manœuvre pour tirer du mérite de ce qu’il n’y fait pas ! Il trouve même le moyen d’en tirer des avantages : s’il avait été le maître, il n’aurait pu faire que ce qui est praticable, alors que là, il peut faire croire qu’il ferait beaucoup, si on le lui permettait !!
§ 16 – page 109
En observant cette manœuvre, Mazarin a pris ombrage du pouvoir de Retz à Paris.
§ 17 – page 109
Retz examine la capacité des prêtres de son diocèse et les classe en trois catégories : les capables / ceux qui peuvent le devenir / ceux qui ne le seraient jamais. Ensuite, il les place dans des maisons distinctes ; cela coûte de l’argent, mais il en reçoit de toute part.
§ 18 – pages 109-110
Cela fâche Mazarin, qui fait revenir M. de Paris pour qu’il ordonne à Retz d’interrompre l’exécution de son dessein. Retz s’incline. Mais quelques jours plus tard, alors que M. de Morangis lui reproche ses dépenses, il répond : « César, à mon âge, devait six fois plus que moi. » Ce propos est rapporté à Mazarin.
§ 19 – page 110
L’assemblée du clergé en 1645.
§ 20 – page 110
Lors de cette assemblée, la Compagnie décide de faire venir les six prélats que Richelieu avait exilés après l’assemblée qui eut lieu en 1640-1641. La cour l’apprend et lors des délibérations, c’est à Retz de parler le premier.
§ 21 – pages 110-111
La Reine lui demande de s’expliquer ; elle ne comprend pas ses raisons ; elle l’envoie chez le Cardinal, qui ne les comprend pas mieux et lui demande de se rétracter. Retz ne peut le faire, et va trouver Monsieur d’Arles. Ensemble, ils retournent chez le Cardinal. Retz ne se souvient plus de la façon dont s’est réglée cette affaire.
§ 22 – page 111
[le mariage de la reine de Pologne]
Trois ou quatre mois plus tard : l’évêque de Varmie veut que la reine de Pologne se marie dans Notre-Dame. (un évêque ou un archevêque ne peut céder sa place qu’à un cardinal de la maison royale).
§ 23 – pages 111-112
[le mariage de la reine de Pologne]
Retz reçoit dans Notre-Dame une lettre de cachet lui ordonnant de laisser l’évêque de Varmie marier la reine de Pologne. Retz va se rendre à Fontainebleau, où se trouve la cour, pour régler ce problème.
§ 24 – page 112
[le mariage de la reine de Pologne]
Il va trouver le Cardinal Mazarin pour lui prouver que l’évêque de Varmie ne peut faire cette cérémonie.
§ 25 – page 112
[le mariage de la reine de Pologne]
A cette occasion, Retz constate que Mazarin veut le fâcher avec la Reine. Mazarin semble comprendre qu’il a eu tort d’envoyer cet ordre, mais se met tout de même en colère ; il envoie Retz auprès de la Reine. Il la trouve « sifflée et aigrie » et accepte seulement de donner audience au chapitre.
§ 26 – pages 112-113
[le mariage de la reine de Pologne]
Le doyen et les seize députés arrivent devant la Reine le lendemain. La Reine les envoie auprès du Cardinal qui parle avec extravagance ; Retz et Mazarin s’emportent l’un contre l’autre ; bon mot de Retz.
§ 27 – page 113
[le mariage de la reine de Pologne]
Retz invite les députés à dîner chez lui. Arrive M. le maréchal d’Estrées qui lui avoue que la Reine lui ordonne d’aller la trouver ; Retz s’y rend avec les députés. La Reine est tout adoucie, elle lui dit que Mazarin l’aime comme un fils et lui demande d’aller le trouver pour arranger l’affaire. Retz se dit contraint de le faire, parce qu’il s’agit d’une demande de la Reine.
§ 28 – pages 113-115
[le mariage de la reine de Pologne]
Le cardinal est encore plus doux que la Reine, s’excuse et met la dispute sur le compte d’une confusion entre le français et l’italien. Cependant il reporte sa décision par rapport au mariage de la Reine de Pologne. Quatre ou cinq jours plus tard, Retz reçoit de Saintot, lieutenant des cérémonies, une lettre de son oncle, l’archevêque de Paris, lui ordonnant de laisser M. l’évêque de Varmie faire la cérémonie. Fureur (cachée) de Retz qui admet : « Si j’eusse été bien sage, je me serais contenté de ce que j’avais fait jusque-là, parce qu’il est toujours judicieux de prendre toutes les issues que l’honneur permet pour sortir des affaires que l’on a avec la cour ; mais j’étais jeune […] » Retz feint d’être content de ce que son oncle l’aie tiré d’affaire, mais fait venir les principaux du chapitre qui le soutiennent. Mazarin est obligé de céder, mais décide de faire se tenir la cérémonie dans la chapelle du Palais-Royal ; Retz lui écrit pour lui en montrer l’impossibilité et Mazarin le raille. Retz va donc trouver la reine de Pologne pour la menacer : il se verra contraint d’annuler son mariage, si celui-ci n’est pas conforme aux règles. La reine de Pologne, qui ne veut pas de difficultés, se plie aux exigences de Retz.
§ 29 – page 115
Transition : ces histoires ne sont pas très intéressantes, mais elles ont un rapport avec les conflits plus grands de la suite. Il va raconter encore « deux ou trois historiettes de même nature » :
§ 30 – page 115
[Le jour de Pâques : Monsieur / Retz]
Après le mariage de la reine de Pologne. Le jour de Pâques, à Notre-Dame, un officier des gardes de M. le duc d’Orléans fait ôter le drap de pied de Retz qui se trouve sous la chaire de M. l’archevêque pour y placer celui de Monsieur. Retz laisse faire pour ne pas disputer la préséance à un fils de France. Mais le théologal l’informe que le coadjuteur ne peut être séparé de l’archevêque. Retz le signale donc à Monsieur, qui fait replacer le drap de pied de Retz à la place du sien. On lui donne l’encens devant Monsieur. Au sortir de l’église, Retz lui dit qu’il serait honteux de ce qui vient de se passer s’il n’avait appris que, la veille, le dernier frère convers des carmes n’avait fait la même chose, sans difficulté. Monsieur le prend comme un bon mot.
§ 31 – pages 116-117
[Le jour de Pâques : Monsieur / Retz] [Renversement]
Le lendemain, La Rivière montre à Monsieur que Retz lui a fait un outrage public. Monsieur décide que Retz doit retourner à Notre-Dame pour recevoir l’encens après lui. La Reine convoque Retz et lui demande d’aller à Notre-Dame le dimanche suivant pour obéir à la volonté de Monsieur et ainsi réparer l’erreur ; refus de Retz ; elle l’envoie auprès du cardinal qui veut obtenir la même chose de lui. Querelle. Il sort du Palais-Royal.
§ 32 – page 117
[Le jour de Pâques : Monsieur / Retz] [Soutien de M. le Duc]
M. le maréchal d’Estrées et M. de Senneterre viennent chez Retz pour le convaincre en lui montrant que Monsieur pourrait très bien le faire porter de force à Notre-Dame pour recevoir l’encens après lui. Retz trouve cela ridicule mais le soir-même, l’avis lui en est transmis par M. de Choisy, chancelier de Monsieur. Il se met sur la défensive. « Cette sottise est, à mon opinion, la plus grande de toutes celles que j’ai faites en ma vie. Elle me réussit toutefois. » L’audace de Retz plaît à Monsieur le Duc, qui prend son parti et décide de régler cette affaire avant son départ pour l’armée.
§ 33 – pages 117-118
[Le jour de Pâques : Monsieur / Retz] [Soutien de M. le Prince]
La cour craint la rupture entre Monsieur et Monsieur le Duc ; Monsieur le Prince la craignant encore davantage vient trouver Retz pour lui faire entendre raison. Il révèle ainsi à Retz que son fils, (= Monsieur le Duc) est très attaché à ses intérêts. Retz refuse d’entendre raison, jusqu’à ce que Monsieur le Prince lui montre que cela mettrait sa maison en difficulté. Du coup, Retz cède. Monsieur le Prince en est tellement touché qu’il décide de suivre Retz : il va, devant la cour, expliquer qu’il n’a en rien disputé la préséance à Monsieur, qu’il n’a fait que respecter l’ordre de l’Eglise. Mazarin et M. de La Rivière enragent…Tout s’arrange.
§ 34 – page 118
Transition : cette affaire et le mariage de la reine de Pologne l’ont brouillé à la cour. Les courtisans essaient de s’en servir, mais « toutes les puissances ne peuvent rien contre la réputation d’un homme qui la conserve dans son corps. » Le clergé se déclare pour lui.
§ 35 – pages 118-119
La fin de l’assemblée du clergé approche ; Retz se fait bien voir de la cour et de Mazarin à l’occasion du don qui est fait au Roi ; Mazarin l’invite à un repas en tête à tête, tout va bien, « Mais j’étais trop bien à Paris pour être longtemps bien à la cour. » Retz est très libéral pour le peuple, et il va l’être davantage encore [prolepse], ce qui va le fâcher de nouveau avec Mazarin : « la cour prit de l’ombrage de moi dans le temps même où je n’avais pas fait seulement réflexion que je lui en pusse donner. » [Allusion à Machiavel par rapport à Mazarin]
§ 36 – pages 119-120
« …on est plus souvent dupe par la défiance que par la confiance. » La défiance de Mazarin envers Retz va l’amener à lui faire une nouvelle « pièce » trois mois plus tard :
§ 37 – page 120
[Nouveau problème avec Mazarin]
Le cardinal de Richelieu avait dépossédé Monsieur l’évêque de Léon de la maison de Rieux ; l’assemblée de 1645 décide de la lui restituer ; Mazarin s’y oppose mais finit par céder devant l’insistance de l’assemblée. Il charge Retz de s’en occuper, et multiplie les promesses. Puis, alors que les choses sont avancées, il change d’avis et « me fit presser par la Reine de tourner l’affaire d’un biais qui m’aurait infailliblement déshonoré ». Retz fait preuve de patience, puis décide d’informer les provinces de la situation. Intervention de Monsieur le Duc qui l’aide en allant trouver Mazarin. « J’eus mon expédition. »
§ 38 – pages 120-121
Rappel : les quatre premières années de la régence « emportées par ce mouvement de rapidité que M. le cardinal de Richelieu avait donné à l’autorité royale. » Mazarin, a cru que ce mouvement de rapidité était le naturel, « et cette méprise fut l’occasion de la guerre civile. » Il dit l’ « occasion », car la « cause » vient de plus loin.
§ 39 – page 121
[Histoire passée : les rois et le pouvoir]
Les rois n’ont pas toujours été aussi absolus qu’ils le sont. Rôle des Etats généraux et des Parlements qui servent d’intermédiaires entre le peuple et le roi. Les rois les plus sages ont su s’appuyer sur cet intermédiaire, mais les rois les plus mal habiles y ont vu un obstacle « à leurs dérèglements et à leurs caprices ».
* Saint-Louis l’a estimé ;
* Charles V aussi (erreur de Retz sur les sources) ;
* Louis XI a donné atteinte à la bonne foi ;
* Louis XII l’aurait rétablie, mais mal conseillé par le cardinal d’Amboise (il lui aurait fait prolonger les guerres d’Italie)
* François Ier n’a pas soumis des règles à son autorité à cause de la cupidité du connétable de Montmorency ;
* François II n’a pas mis de bornes à son pouvoir à cause de MM. De Guise.
En fait, Retz montrent que les rois mal conseillés n’ont pas su mettre des bornes à leur autorité.
§ 40 – pages 121-122
[Histoire passée : les rois et le pouvoir]
* Charles IX et Henri III : la cour a pris pour révolte tout ce qui n’était pas soumission ;
* Henri IV : a su tenir compte des remontrances de Miron ;
* Louis XIII pas assez autoritaire (maréchal d’Ancre et M. de Luynes = des ignorants selon lui)
§ 41 – page 123
[Critique de l’action politique de Richelieu]
Richelieu : s’est servi de tout ce qui s’est passé durant les deux derniers siècles pour former une tyrannie. Il a fait des crimes de ce qui faisait dans le siècle passé, les vertus des Mirons, Harlais, Marillacs, Pibracs, Faies. Référence à l’emprisonnement du président Barillon.
§ 42 – pages 123-124
[Histoire passée : les rois et le pouvoir]
* Conduite des rois les plus sages : respect des lois ;
* Les ministres, davantage préoccupés par leur fortune, ne pensent qu’à les renverser ;
* Richelieu plus qu’aucun autre ;
* Sentences sur le fait que les lois et les armes doivent s’équilibrer. (topos)
« Les lois désarmées tombent dans le mépris ; les armes qui ne sont pas modérées par les lois tombent bientôt dans l’anarchie. »
* Exemple de la République romaine ;
* CCL : « aveuglement de ceux qui ne font consister l’autorité que dans la force. »
§ 43 – page 123
« Mais pourquoi chercher des exemples étrangers où nous en avons tant de domestiques ? »
Référence à Pépin le Bref et à Hugues Capet qui ont détrôné leurs prédécesseurs / les maires du Palais et les Comtes de Paris ont fait de même en affaiblissant et en changeant les lois ; les princes peu éclairés s’imaginent toujours qu’ils vont acquérir du pouvoir de cette manière, et en réalité se font détrôner.
§ 44 – page 124
[Sur Richelieu / Mazarin]
Richelieu avait toutes ces vues, mais il les sacrifia à son intérêt ; il ne se donna aucune règle ; et s’il avait eu un successeur de son mérite, la France aurait haï le nom de « ministre » ; mais Mazarin trop nul. « Comme ces deux ministres ont beaucoup contribué, quoique fort différemment, à la guerre civile, je crois qu’il est nécessaire que je vous en fasse le portrait et le parallèle. »
§ 45 – pages 124-125
[Portrait de Richelieu] ? Voir contribution de Cath Lecam Verdier
§ 46 – page 125
[Portrait de Richelieu : CCL]
§ 47 – pages 125-126
[Portrait de Mazarin] ? Voir contribution de Cath Lecam Verdier
§ 48 – page 126
[Mazarin]
CCL : il est normal qu’il y ait eu beaucoup de maladresses dans une administration aussi différente de celle de Richelieu.
§ 49 – page 126
[Mazarin]
Au début, l’arrestation de Beaufort avait beaucoup marqué les esprits en faveur de Mazarin ; mais lui-même, au bout de quatre mois, se crut supérieur à Richelieu. Il fit beaucoup de fautes « dont les moindres étaient d’une importance extrême, par une considération qui mérite une observation particulière. »
§ 50 – page 127
[Mazarin]
Mazarin suit la conduite de Richelieu, mais comme il n’y voit pas les écueils, il ne prend pas non plus les appuis qu’avait pris Richelieu.
§ 51 – page 127
[Mazarin] [Un exemple à l’appui]
Richelieu avait fait exprès d’abaisser les corps (corporations), mais il n’avait pas oublié de ménager les particuliers !! Quant à Mazarin : « tout contribua à le tromper et à se tromper soi-même. »
§ 52 – pages 127-128
[Mazarin et la France] [métaphore filée de la maladie]
Le mauvais état de la France est dû :
* au renversement des anciennes lois ;
* à l’anéantissement des « milieux » (= les corps comme le Parlement, les Etats généraux..) entre les peuples et les Rois ;
* à l’autorité despotique.
Richelieu : remèdes violents qui ont épuisé « le corps et les parties »
Mazarin : médecin très inexpérimenté qui finit par croire que le faux repos auquel il parvient est de la santé.
Attitude : des provinces / des Parlements / des grands.
Mazarin n’agit pas. « Le mal s’aigrit ; la tête s’éveilla : Paris se sentit, il poussa des soupirs ; l’on n’en fit point de cas : il tomba en frénésie. Venons au détail. »
§ 53 – page 128
[Quand un pays est dans la léthargie – généralités]
Mazarin gouverné par le surintendant des finances Emery, « l’esprit le plus corrompu de son siècle » ; Retz rappelle son passé de condamné à mort [Confusion de Retz]. Retz généralise ? sentence.
CCL : « c’est dans ce même moment où l’on revient de la léthargie, mais pour des convulsions. »
§ 54 – pages 128-129
[Quand un pays est dans la léthargie – comment il en sort – généralités]
Deux exemples : les Suisses sortis de leur léthargie par trois paysans, et les Hollandais par le prince d’Orange. Et l’étincelle de vie qui fait sortir un pays de la léthargie est donnée par le Parlement ; ensuite le peuple se soulève. C’est ce qu’il s’est passé lors de la précédente révolution.
§ 55 – pages 129-130
[Pour sortir de la léthargie : le rôle du Parlement]
Le Parlement « gronda sur l’édit du tariffe » et le peuple se souleva. Il chercha des lois, ne les trouva pas [en fait, Tout l’effort des parlementaires légalistes tend à obtenir que le roi fasse, de sa propre volonté, ce que le « public » attend de lui : alchimie mystérieuse supposant qu’on évite avec soin toute définition de compétences, qui aboutirait, soit à fixer des bornes constitutionnelles au pouvoir royal, soit à le laisser s’étendre despotiquement. Le grand reproche adressé ici à Mazarin et à la Régente, c’est d’avoir méconnu, par ignorance, ces règles tacites et d’avoir porté le débat sur la place publique, contraignant ainsi le Parlement à une opposition ouverte.]
« Venons aux faits particuliers, qui vous ferons voir à l’œil ce détail. »
§ 56 – page 130
Il va en donner deux détails ; « Je ne toucherai les autres qu’en courant. »
§ 57 – page 130
[le premier détail ]
En août 1647, le Parlement éclate contre l’édit du tariffe ; cet édit avait été vérifié par la Cour des aides. Comme le Parlement est sur le point d’en cesser l’exécution, les messieurs du Conseil (Cour des aides) acceptent qu’il soit porté devant le Parlement, en pensant qu’ils allaient réussir à l’éluder. Mais tous sont sur le point de le rejeter. La Reine intervient. Le chancelier prétend que la vérification de l’édit appartient à la Cour des aides, le premier président la conteste pour le Parlement. Propos maladroit de Mazarin qui échauffe les esprits.
§ 58 – pages 130-131
[le premier détail ]
Emeri fait en sorte que les huit chambres se réunissent le lendemain pour en discuter. Aucun accord n’est trouvé et la Cour des aides, voyant que le Parlement allait refuser l’édit (et serait suivi par le peuple) et pour sauver l’apparence à l’autorité royale fait supprimer l’édit. Quelques jours plus tard, apparition de cinq édits encore plus onéreux : la tactique envisagée : faire accepter au Parlement l’édit du tariffe. Le Parlement revient en effet sur cet édit, mais avec tant de modifications que la cour ne veut pas l’accepter. Elle donne en septembre un arrêt du Conseil d’en haut pour casser l’arrêt du Parlement. La chambre des vacations répond par un autre arrêt pour faire exécuter celui du Parlement.
§ 59 – page 131
[le premier détail ]
* le Conseil remet sur le tapis une déclaration enregistrée deux ans auparavant pour l’établissement de la chambre du domaine (charge terrible pour le peuple) ;
* le peuple se mutine, se rend au Palais, maltraite le président de Thoré, fils d’Emeri ;
* le Parlement obligé de décréter contre les séditieux ;
* la cour (ravie de commettre le peuple avec le Parlement) appuie le décret des régiments des gardes ;
* le bourgeois s’alarme ;
* les gardes sont rue Saint-Denis ;
* le provôt des marchands avertit le Palais-Royal que tout est sur le point de prendre les armes ;
* on fait retirer les gardes en alléguant qu’ils n’étaient là que pour accompagner le roi qui se rendait à Notre-Dame ;
* le lendemain, le roi se rend à Notre-Dame pour couvrir le jeu ;
* le surlendemain, il monte au Parlement où il porte 5-6 édits très ruineux (qui ne sont communiqués aux gens du Roi que dans l’audience) ;
* le premier président s’élève contre cette façon de porter le roi au Parlement pour obtenir des suffrages.
§ 60 – pages 131-132
[le premier détail ]
* le lendemain, les maîtres des requêtes (qui du fait d’un des édits sont passés de 72 à 84) décident de ne pas souffrir cette nouvelle création ;
* la Reine les fait interdire des conseils ;
* ils se rendent dans la Grande-Chambre et se font porter opposants à l’édit de création de leurs confrères ;
* on leur donne acte de leur opposition.
§ 61 – page 132
[le premier détail ]
* le jour même, les chambres s’assemblent pour vérifier les édits ;
* la Reine s’offense qu’on discute des édits consacrés par la présence du Roi ;
* le premier président rétorque que c’est une pratique du Parlement (la raison : liberté des suffrages) ;
* la Reine comprend puis quand elle s’aperçoit que les édits vont être tellement modifiés qu’ils en seront infructueux, elle fait interdire au Parlement de continuer à prendre connaissance des édits jusqu’à ce qu’il lui eût déclaré en forme s’il prétendait borner l’autorité du Roi ;
* le Parlement parvient à duper la Reine : il fait ajouter aux arrêts qui portaient les modifications que le tout serait exécuté sous le bon plaisir du Roi ;
* la Reine satisfaite, puis elle se rend compte que cela n’empêchera pas que les édits soient rejetés par le commun suffrage du Parlement, elle ordonne que tous les édits soient exécutés, et sans aucune modification.
§ 62 – pages 132-133
[le premier détail ]
* le lendemain, le duc d’Orléans va à la Chambre des comptes porter les édits qui la concernent ;
* et en l’absence de M. le Prince (à l’armée), M. le prince de Conti va porter à la Cour des aides ceux qui la concernent.
§ 63 – page 133
[le second détail ]
« J’ai couru jusques ici à perte d’haleine sur ces matières […] pour me trouver plus tôt sur une autre sans comparaison plus importante, et qui […] envenima toutes les autres. »
* Les premiers présidents de chacune des deux cours ont répondu avec vigueur au duc d’Orléans et au prince de Conti ;
* La Cour des aides demande une union avec la Chambres des comptes pour la réformation de l’Etat ;
* Accord ; ces deux compagnies s’assurent du Grand Conseil ;
* les trois ensemble demandent la jonction au Parlement ; jonction accordée avec joie.
§ 64 – page 133
[le second détail ]
Cette union prend pour motif la réformation de l’Etat ; mais Retz souligne que le vrai motif peut être l’intérêt particulier des officiers, puisque l’un des édits réduisait considérablement leurs gages. La cour en profite pour les discréditer aux yeux du peuple.
§ 65 – pages 133-134
* la Reine leur fait dire qu’elle accepte cette réunion puisqu’il s’agit de défendre des intérêts particuliers (ce qui est autorisé pour tout le monde), mais qu’elle l’aurait refusée s’il s’était agi de s’ingérer du gouvernement de l’Etat ;
* le Parlement, aigri par des arrestations, ne tombe pas dans le panneau et soutient son arrêt d’union par des exemples.
* Le président de Novion en trouve et ils sont sur le point de délibérer sur l’exécution quand Le Plessis Guénégaud (secrétaire d’Etat) apporte un arrêt du Conseil d’en haut qui casse l’union des quatre compagnies ;
* Le Parlement n’en tient pas compte et donne avis aux trois autres compagnies de se trouver le lendemain dans la salle de Saint-Louis ;
* la cour est outrée et veut avoir entre les mains la feuille de l’arrêt ; Le Plessis-Guénégaud et Carnavalet emmènent Du Tillet (greffier en chef) la récupérer au greffe ;
* le peuple se soulève.
§ 66 – page 134
* le lendemain matin, le Parlement reçoit l’ordre de se rendre au Palais-Royal muni de cet arrêt ; le premier président s’y rend, mais sans la feuille de l’arrêt ;
* en réaction, le chancelier fait lire un second arrêt, (cassant le précédent) : défense de s’assembler sur peine de rébellion.
§ 67 – page 135
* les quatre compagnies méprisent l’arrêt du conseil d’en haut et se réunissent dès l’après-dînée dans la salle de Saint-Louis ;
* le Parlement se réunit comme à l’ordinaire pour délibérer de cet arrêt qui interdit la continuation des assemblées ;
* la délibération dure longtemps ce qui permet à Monsieur de proposer un accommodement.
§ 68 – pages 135-136
Feinte de la cour pour discréditer les compagnies : leur accorder ce qui servait leur intérêt particulier. Le Parlement donne un arrêt [le 26 juin 1648, qui confirme celui du 13 mai] pour casser les arrêts du Conseil. La Cour cède et permet l’arrêt d’union et les délibérations pour le bien de l’état.
§ 69 – page 136
Mazarin a bien fait de céder, il ne pouvait agir autrement sans risquer des barricades, mais les gens l’ont accusé de faiblesse. Il a ôté la surintendance à Emeri, et l’a exilé.
§ 70 – pages 136-137
La Chambre de Saint-Louis fait sept propositions ; l’une d’elles consiste à supprimer les Intendants ; danger pour la cour qui demande un délai de trois mois ; on lui accorde trois jours. Le chancelier montre à quel point cela ruinerait les affaires du Roi. Comme le Parlement ne cède pas mais le Chancelier obtient que les intendants ne soient pas révoqués par un arrêt du Parlement, mais par une déclaration du Roi (afin de préserver l’image de ce dernier). La proposition passe, mais lorsque la déclaration est portée au Parlement elle est défectueuse : il y est bien notifié la révocation des intendants, mais pas l’analyse de leurs comptes.
§ 71 – page 137
Expédient de la cour : première déclaration : création d’une chambre de justice, pour faire le procès aux délinquants (ils ne passent plus par le Parlement…et l’exécution dépend des ministres…) + deuxième déclaration : le peuple est déchargé du huitième des tailles (alors qu’on avait promis au Parlement de le décharger du quart).
§ 72 – pages 137-138
Troisième déclaration : aucune levée d’argent n’est possible qu’en vertu de déclarations vérifiées par le Parlement. La compagnie ne tombe pas dans le piège : arrêt du Parlement : toutes les levées d’argent ordonnées par déclarations non vérifiées n’auront pas lieu. Mazarin, très en colère, fait monter le Roi au Parlement, à cheval et en grande pompe et y porte une déclaration pleine de belles promesses.
§ 73 – page 138
La compagnie examine la déclaration, en particulier le point qui interdit aux compagnies de continuer les assemblées de la Chambre de Saint-Louis. Les premiers présidents haranguent Monsieur et Monsieur le prince de Conti. Monsieur obtient que l’examen de la déclaration soit reporté au 17 du mois.
§ 74 – pages 138-139
Le Parlement examine en effet tous les articles, et porte un arrêt sur le troisième : aucune levée d’argent ne sera possible qu’en vertu de déclarations vérifiées par le Parlement. Echec du duc d’Orléans qui voulait modifier cette clause. La cour se sert de l’éclat de la bataille de Lens pour amener les peuples à opprimer le Parlement.
§ 75 – page 139
Transition.
§ 76 – page 139
Quelques mots sur la victoire de Lens (dont la nouvelle est arrivée à la cour le 24 août 1648), gagnée par Monsieur le Prince ; Mazarin ne montre pas assez d’enthousiasme. Retz apprend ce détail par Chastillon. [Eloge de Retz pour Monsieur le Prince (= M. de Condé)]
§ 77 – pages 139-140
Monsieur de Chavigni : Retz le sent capable d’aigrir la situation, parce qu’il hait le cardinal ; il le dit à Mme de Lesdiguières et se rend au Palais-Royal pour y continuer ce qu’il avait commencé.
« Il est nécessaire, pour l’intelligence de ces deux dernières paroles, que je vous rende compte d’un petit détail qui me regarde en mon particulier. »
§ 78 – page 140
[le détail][Pause réflexive]
Pause réflexive : Retz sait que Mazarin ne l’aime pas. Retz a beaucoup d’ambition, veut faire de grandes choses mais se reprochait « la contrariété que je trouvais en mon cœur à les entreprendre. » Finalement, il se rend compte que « cette opposition ne venait que d’un bon principe. »
§ 79 – pages 140-141
[le détail][Pause réflexive]
Il doit la coadjutorerie à la Reine, et donc, malgré les incitations de Montrésor et de Laigue, il n’agit pas contre la Cour.
Portraits peu flatteurs de Montrésor et de Laigue ; Laigue est sous l’influence de Montrésor, et les deux hommes « ne me laissaient pas un jour de repos, pour me faire voir, s’imaginaient-ils, ce que, sans vanité, j’avais vu plus de six mois devant eux. »
§ 80 – pages 141-142
[le détail][Pause réflexive]
En même temps, il prend des précautions contre Mazarin : à la cour, en y étant sincère et zélé, et auprès du peuple en continuant ses aumônes.
Lors du troisième voyage de Monsieur l’Archevêque en Anjou, il reprend du service, et fait part à la cour de tout ce qu’il constate. Mazarin s’en sert pour faire croire qu’ils sont en si bons termes que Retz lui rapporte tout. Retz trouve une parade.
§ 81 – page 142
[le détail][Pause réflexive]
Durant trois ou quatre mois, Mazarin contre Retz. Il en tire deux réflexions dont il fait part à M. le maréchal de Villeroi :
* « il sied encore plus mal à un ministre de dire des sottises que d’en faire »
* « les avis que l’on leur donne passent pour des crimes toutes les fois que l’on ne leur est pas agréable. »
§ 82 – page 142
Reprise (suite du § 77)
Retz se rend à la cour pour avertir la Reine et Mazarin des éventuelles manœuvres de Chavigni ; Mazarin annonce que cette victoire va lui permettre de montrer qu’il n’a aucun sentiment de vengeance à l’encontre des compagnies, bien au contraire. « J’avoue que je fus dupe. Je le crus : j’en eus joie. »
§ 83 – pages 142-143
Le lendemain, Retz prêche à Saint-Louis des jésuites devant le Roi et la Reine ; Mazarin est présent.
§ 84 – page 143
Le lendemain de la fête, le 26 d’août de 1648 :
* enlèvement de Broussel (conseiller de la Grande Chambre), conduit à Saint-Germain ;
* enlèvement de Blancmesnil (président aux Enquêtes), conduit au bois de Vincennes.
§ 85 – pages 143-144
Paris éclate. Retz, bien que piqué parce qu’il a été dupé (voir § 82), décide de suivre son devoir et d’informer la Reine de l’agitation. Il en informe Chapelain, Gomberville et Blot qui dînaient chez lui.
* Arrivé au Marché-Neuf, le peuple l’assaille ; il répond que la Reine leur rendra justice ;
* Arrivé sur le Pont-Neuf, il rencontre le maréchal de La Meilleraie, qui l’accompagne au Palais-Royal pour dire la vérité de la situation à la Reine.
Le peuple crie : « Broussel ! Broussel ! »
§ 86 – page 144
Au Palais-Royal, ils trouvent : la Reine, M. le duc d’Orléans, Mazarin, M. de Longueville, le maréchal de Villeroi, l’abbé de La Rivière, Bautru, Guitaut et Nogent. Retz se met au service de la Reine, mais : « il est vrai de dire qu’auprès des princes il est aussi dangereux et presque aussi criminel de pouvoir le bien que de vouloir le mal. »
§ 87 – pages 144-146
M. de La Meilleraie et Retz essaient de montrer que le soulèvement du peuple est réel. Personne n’en tient compte. Retz dénonce les mascarades de chaque personnage, lui compris. Seul l’abbé de La Rivière semble convaincu du danger, mais il est « le poltron le plus signalé de son siècle ».
§ 88 – page 146
* Le bonhomme de Vennes (lieutenant-colonel des gardes) vient annoncer que les bourgeois se soulèvent ;
* Le maréchal de la Meilleraie prend cette occasion pour fanfaronner ;
* Le chancelier vient confirmer le soulèvement du peuple ; on le croit ;
* mais arrive Senneterre qui parle de l’apaisement de la foule.
§ 89 – pages 146-147
Considérations sur la flatterie /la peur.
Guitaut donne son avis : il faut rendre Broussel mort ou vif. Retz précise que le libérer vivant est la seule manière de calmer les esprits ; la Reine s’emporte, elle préfèrerait l’étrangler de ses propres mains. Le Cardinal lui glisse un mot à l’oreille, elle se radoucit.
§ 90 – pages 147-148
Arrive le lieutenant civil qui confirme le soulèvement du peuple ; Mazarin comprend enfin la situation.
§ 91 – pages 148-149
Le cardinal se donne jusqu’au lendemain pour prendre une décision et la Reine annonce qu’elle va libérer Broussel à condition que le peuple se sépare. Elle charge Retz de l’annoncer. Retz qui voit le piège, demande à la Reine de mettre cela par écrit ; mais il est entraîné par La Meilleraie qui ne comprend rien. Retz s’incline, mais ne promettra rien en son nom propre, il se contentera de rapporter les paroles de la Reine.
§ 92 – pages 149-150
Maladresse de La Meilleraie qui amplifie le tumulte. Intervention de Retz ; bataille, des blessés, Retz reçoit une pierre au-dessous de l’oreille ; un garçon d’apothicaire le menace, puis le reconnaît. Retz est acclamé par la foule.
§ 93 – page 150
Retz fait lâcher les armes aux fripiers des Halles, « ce qui fut le salut de Paris ».
§ 94 – pages 150-151
Il escompte en être remercié par le Palais-Royal ; l’inverse se produit : alors qu’il retourne au Palais-Royal, il rencontre La Meilleraie qui le présente en sauveur à la Reine. Celle-ci a un sourire narquois et congédie Retz.
§ 95 – pages 151-152
Il rentre chez lui ; le peuple l’interroge. Il donne une bonne image de la cour et rappelle que la Reine libèrera les prisonniers.
§ 96 – page 152
Il rentre, fait soigner sa blessure. « J’avais fort hasardé mon crédit dans le peuple, en lui donnant des espérance de la liberté de Broussel ». Il commence à douter de la parole de la Reine ; n’a-t-elle pas l’intention de le perdre dans le peuple ? Il se repent de ces réflexions lorsqu’arrive Montrésor qui lui apprend que la Reine n’est pas contente de lui.
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§ 97 – pages 152-153
Retz ne le croit pas.
§ 98 – page 153
« J’étais sur le point de m’endormir tranquillement… ». Laigue arrive d’un dîner chez la Reine : il confirme : on s’est moqué de Retz et on l’a accusé d’avoir soulevé le peuple tout en feignant de le calmer. Pause réflexive : ambition
§ 99 – pages 153-154
Retz ne veut penser qu’aux devoirs qu’il a envers la Reine. Mais arrive Argenteuil, son homme de confiance, qui lui fait dire de la part de La Meilleraie qu’il est en danger. En effet, le Palais-Royal pense qu’il a excité la sédition et que le peuple s’est définitivement calmé. On parle d’envoyer Retz à Quimper-Corentin, Broussel au Havre-de-Grâce et d’interdire le Parlement et lui commander de se retirer à Montargis. Il conclut : « l’on pendra demain qui l’on voudra. »
§ 100 – page 154
Réactions de Laigue et de Montrésor. Retz leur demande un quart d’heure de réflexion.
§ 101 – page 155
Retz prend la décision de devenir chef de parti.
§ 102 – pages 155-156
A minuit, il annonce à Laigue et à Montrésor : « je serai, demain devant midi, maître de Paris. » Ils tentent en vain de le modérer. Retz fait venir Miron qui est d’accord pour prendre les armes au premier signal qu’il donnera.
§ 103 – pages 156-157
Retz et Miron font placer des manteaux noirs sans armes, dans les lieux où ils ont appris que l’on avait posté des gens de guerre.
§ 104 – page 157
Ils commencent à installer des barricades.
§ 105 – page 157
A six heures du matin, il est réveillé par le secrétaire de Miron qui lui confirme qu’ils ont bien fait de placer des barricades ; quelque chose se prépare au Palais-Royal.
§ 106 – page 157
Le chancelier marche droit au Palais et deux compagnies des gardes suisses s’avancent du côté du faubourg, vers la porte de Nesle. « Voilà le moment fatal. »
§ 107 – pages 157-158
Retz donne l’ordre d’attaquer ; le chancelier est obligé de se réfugier dans l’hôtel d’O. Le peuple rompt les portes et y pénètre.
§ 108 – page 158
Toute la ville prend les armes. Plus de 1200 barricades. Il fait rompre un hausse-cou sur lequel la figure du jacobin qui tua Henri III était gravée. Il affirme ainsi publiquement son respect pour la monarchie.
§ 109 – pages 158-159
L’argentier de la Reine vient trouver Retz pour lui demander de calmer le peuple. Il feint de n’avoir pas le pouvoir de le faire.
§ 110 – page 159
Le Parlement donne arrêt d’aller en corps et en habit au Palais-Royal pour réclamer les prisonniers. Les barricades tombent devant le Parlement.
§ 111 – pages 159-160
Le premier président (= Molé) parle à la Reine mais elle s’emporte, les menace, eux, ainsi que leurs femmes et leurs enfants. Elle s’enferme dans la petite chambre.
§ 112 – page 160
Le président de Mesme (= Président du Parlement), craignant la réaction du peuple, fait faire une nouvelle tentative ; M. le duc d’Orléans fait entrer vingt membres dans la chambre grise. Le premier président exhorte à nouveau la Reine. Nouvelle colère, elle se jette dans la petite galerie.
§ 113 – page 160
Proposition de Mazarin : les prisonniers seront libérés si le Parlement ne continue pas ses assemblées ; le Parlement est sur le point de délibérer sur la proposition lorsque qqn s’avise qu’il ne faut pas le faire au Palais-Royal ; rendez-vous est pris pour l’après-dînée au Palais, où M. le duc d’Orléans est prié de se rendre.
§ 114 – pages 160-161
Le Parlement sort du Palais-Royal :
* première barricade (à la barrière des Sergents) : le Parlement rassure en rapportant la promesse de la Reine de libérer Broussel :
* deuxième barricade : idem
* troisième barricade (à la Croix du Tiroir) : la promesse est insuffisante. Tous essaient de fuir, à l’exception du premier président, ferme et inébranlable. Face aux menaces du peuple, il s’en retourne au Palais-Royal.
§ 115 – page 161
Portrait élogieux du premier président ; il convainc tout le monde au Palais-Royal, hormis la Reine. Monsieur, des princesses et Mazarin la font plier : « …voyez donc ce qu’il est à propos de faire. » On délibère et il en sort un arrêt par lequel il fut ordonné que la Reine serait remerciée de la liberté accordée aux prisonniers.
§ 116 – pages 161-162
Le peuple ne pose pas les armes tant qu’il n’a pas vu Broussel ; d’ailleurs, le Parlement n’en donne pas l’ordre non plus ; le lendemain, libération de Broussel. En deux heures les barricades sont rompues et Paris est redevenu calme. [En vrai, la tranquillité ne revint que le 29 août !]
§ 117 – page 162
Adresse à la destinataire : il vient de raconter le préalable de la guerre civile ; mais peut-être souhaite-t-elle connaître les ressorts qui ont permis à tous ces corps de s’ébranler en même temps. On dirait qu’il y a de l’intrigue là-dessous, parce que « les historiens […] ont pris le vraisemblable pour le vrai en ce fait. », mais il n’en est rien :
§ 118 – page 162
[le petit complot]
Il n’y a pas eu d’intrigues dans les affaires publiques avant la nuit qui a précédé les barricades, excepté l’intrigue du cabinet. « Je m’explique. » Longueil (conseiller de la Grande Chambre) voulait établir le président de Maisons, son frère, dans la surintendance des finances et il a pensé se rendre considérable dans l’esprit des ministres dès les premiers mouvements du Parlement grâce à son amitié avec Broussel.
§ 119 – pages 162-163
[le petit complot]
Le président de Viole (= seigneur d’Atis, président de la 4e chambre des Enquêtes depuis 1647) fut l’un des premiers à témoigner de la chaleur dans son corps ; or, comme il était ami intimissime de Chavigni (créature de Richelieu à qui il devait sa fortune, perdue sous la Régence, d’où sa haine contre Mazarin), on a pensé que Chavigni le gouvernait. C’est bien léger, parce que deux hommes ne pouvaient rien face quatre compagnies composées de tant d’officiers.
§ 120 – pages 163-164
[le petit complot]
Brefs portraits du président de Viole et de Broussel ; les premiers hommes qui se joignirent à eux furent Charton (président aux Requêtes) et Blancmesnil (président aux Enquêtes). Il n’y a donc pas eu de cabale (sinon, on aurait choisi des hommes d’une autre envergure !) à l’origine de la guerre civile, mais bien un dérangement des lois. « …on ne doit rechercher la cause de la révolution que je décris que dans le dérangement des lois, qui a causé insensiblement celui des esprits, et qui fit que devant que l’on se fût presque aperçu du changement, il y avait déjà un parti. » D’ailleurs, aucun n’a vu ce qui allait arriver ou de ce qui pouvait arriver. « Tout se disait, et tout se faisait dans l’esprit des procès. »
§ 121 – page 164
Réflexions d’ordre général.
§ 122 – page 164
Etat de confusion au moment des barricades et « l’erreur de ceux qui prétendent qu’il ne faut point craindre de parti quand il n’y a point de chef. Ils naissent quelquefois dans une nuit. » Plein de chefs sont nés en un moment (trop d’ailleurs pour le bien du parti.)
§ 123 – pages 164-165
Les barricades levées, Retz va chez Mme de Guéméné qui lui apprend que le cardinal l’en tient pour responsable (des barricades ou de leur levée ???). Le lendemain, il se rend chez la Reine : elle le traite très bien, lui dit qu’elle regrette de ne pas l’avoir écouté, et qu’elle a eu tort de suivre les avis de Chavigni.
§ 124 – page 165
Le cardinal l’accueille très chaleureusement : « Il n’y avait que moi en France qui fût homme de bien ; tous les autres n’étaient que des flatteurs infâmes, et qui avaient emporté la Reine, malgré ses conseils et les miens. Il me déclara qu’il ne voulait plus rien faire que par mes avis. » Des « fadaises » selon Retz ; Broussel, qui a assisté à la scène, s’est moqué en sortant du Cardinal.
§ 125 – page 165
Retz rentre chez lui, résolu à se méfier, et pour le peuple, et pour lui. Les moyens lui en semblent simples. Il fait l’état de la situation :
* le Parlement est en train de délibérer (sur les rentes de l’Hôtel de Ville) ;
* l’armée victorieuse de Lens va s’installer autour de Paris et il sera facile d’affamer la ville ;
*
§ 126 – pages 165-166
Saint-Ibar, son parent, le presse de prendre des mesures avec Espagne (Saint-Ibar est familier avec l’Espagne par le biais de Fuensaldagne (capitaine général aux Pays-Bas sous l’archiduc)). Retz reçoit des offres de l’Espagne ; il les refuse. Ils montre aux Espagnols que :
* il ne souffrira pas l’oppression de Paris ;
* il veut faire mesurer les démarches du Parlement ;
* il attend Monsieur le Prince.
En outre, il compte sur les vacations du Parlement qui sont proches : les commissions ne s’assemblant plus la cour ne sera plus pressée par les délibération, cela créera un repos, ménagé par M. le Prince.
§ 127 – pages 166-167
« L’impétuosité du Parlement rompit mes mesures ; ». Il :
* achève le règlement pour le paiement des rentes de l’Hôtel de ville ;
* fait des remontrances pour la décharge du quart entier des tailles ;
* des remontrances pour le prêt à tous les officiers subalternes ;
* demande la continuation des assemblées, même pendant les vacations, pour travailler au tarif.
La Reine les accorde pour quinze jours. Retz a tout fait pour empêcher ce coup, et il a persuadé Longueil et Broussel.
Mais, réunion à 11h du soir, avec Novion, Blancmesnil et Viole le soupçonnent d’être de complicité avec la cour. Petit portrait élogieux du Président Le Cogneux et portrait charge de Blancmesnil.
§ 128 – page 167
Transition : « …l’on a plus de peine, dans les partis, à vivre avec ceux qui en sont qu’à agir contre ceux qui y sont opposés. »
§ 129 – page 167
La Reine conduit le Roi à Ruel. Le Parlement est consterné. De plus, quelques autres mauvaises nouvelles sont publiées (ex : Erlac et les Allemands ont passé la Somme) ; conclusion de Retz : « …j’aurais encore plus de peine à soutenir les esprits que je n’en avais eu à les retenir. »
§ 130 – page 168
Pause réflexive : embarras de Retz. « Je me résolus à un parti »
§ 131 – pages 168-169
La fortune va favoriser le projet de Retz. La Reine fait arrêter Chavigni et l’envoie au Havre-de-Grâce. Retz va trouver Viole (ami intime de Chavigni) pour lui montrer qu’il est en danger et qu’il doit l’aider à réveiller le Parlement.
§ 132 – page 169
Longueil se joint à Retz ; du coup, le président de Viole, poussé par la peur, fait une grande action : il profite de ce que le président de Mesme présente au Parlement sa commission pour la Chambre de Justice pour montrer qu’il y a plus pressé, que Paris va être assiégée, que l’on enferme les meilleurs serviteurs du Roi, et qu’il faut faire revenir le Roi à Paris. Et que le responsable de ces malheurs étant Mazarin, il fallait délibérer sur l’arrêt donné en 1617 par lequel il était défendu aux étrangers de s’immiscer dans le gouvernement du royaume.
§ 133 – pages 169-170
Cela réveille le Parlement qui décide de faire des remontrances à la Reine pour qu’elle ramène le Roi à Paris.
§ 134 – page 170
Le premier président.
§ 135 – page 170
Retz travaille sous terre : il projette d’envoyer Saint-Ibar à Bruxelles pour traiter avec le comte de Fuensaldagne afin que les Espagnols lui prêtent la main si Paris était attaqué.
§ 136 – pages 170-171
Retz apprend par M. de Chastillon que Monsieur le Prince est enragé contre Mazarin. Retz renonce à son projet et décide de se rendre à la cour à Ruel après l’arrivée de M. le Prince puisqu’il y sera désormais en sécurité.
§ 137 – pages 171-172
Retz est très bien reçu à Ruel par la Reine et Mazarin. Monsieur le Prince lui glisse discrètement un rendez-vous pour le lendemain.
§ 138 – page 172
Retz se loue du discours qu’il prononce à Monsieur le Prince ( !). Ils mettent au point une stratégie dont le but est d’amener la Reine à suivre les avis de Monsieur le Prince.
§ 139 – page 172
« Vous en verrez la suite après que je vous aurai dit un mot de ce qui se passa immédiatement auparavant. »
§ 140 – pages 172-173
La Reine avait quitté Paris pour attendre le retour des troupes avec lesquelles elle comptait affamer la ville ; elle répondit donc à la remontrance lui ordonnant de ramener le Roi à Paris en alléguant qu’il s’agissait des vacances ordinaires du Roi. Monsieur le Prince (non encore informé par Retz) soutient la Reine, de même que M. le duc d’Orléans et le prince de Conti.
§ 141 – pages 173-174
Le lendemain, arrêt du Conseil ?????
La compagnie décide de délibérer dès le lendemain sur la proposition de 617. Retz veut ralentir le processus parce qu’il risque d’engager Monsieur le Prince, malgré lui, dans les intérêts de la cour.
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§ 142 – pages 174-175
Mais la compagnie, trop zélée, donne l’arrêt pour obliger la Reine à quitter Ruel. Monsieur le Prince veut freiner cet élan du Parlement qui va les mettre en difficulté.
§ 143 – page 175
Monsieur le Prince va se rendre à Ruel pour arranger la situation ; il va faire en sorte que la Reine, M. le duc d’Orléans et lui-même écrivent au Parlement pour envoyer des députés à Ruel afin de résoudre les problèmes.
§ 144 – page 175
Retz se fait des éloges par la bouche de Monsieur le Prince.
§ 145 – pages 175-176
Retz montre à Monsieur le Prince que Mazarin ne doit pas assister à cette conférence. Le Parlement est d’accord avec la proposition : ses députés se rendront le lendemain à Saint-Germain. Mazarin en est exclu alors même que le président de Viole et le Roi s’y trouvent ! Affront.
§ 146 – pages 176-177
Le Parlement obtient que l’on ne retienne personne en prison sans l’interroger plus de trois jours. Ce qui oblige de fait à libérer Chavigni.
§ 147 – page 177
Le Parlement obtient tout ce qu’il demande et croit céder beaucoup en promettant de ne plus continuer ses assemblées. [Le Parlement prend beaucoup de pouvoir.]
§ 148 – page 177
Le lendemain, c’est-à-dire le 24 octobre 1648, le Parlement prend ses vacations. [Note : 1) liste de ce que le Parlement obtient ; 2) ce jour-là, paix de Westphalie signée à Münster : Retz n’en parle pas.]
Quelques jours plus tard, la Reine rentre à Paris avec le Roi.
« Je rapporterai les suites, après que je vous aurai rendu compte de deux ou trois incidents qui survinrent dans le temps de ces conférences. »
§ 149 – page 177-178
[Les incidents] [Le 1er]
Mme de Vendôme demande la justification pour son fils, le duc de Beaufort, qui s’était évadé de la prison du bois de Vincennes. Retz agit.
§ 150 – page 178
[Les incidents][le 2e ]
Mazarin lui fait parvenir par M. de la Meilleraie 40000 écus de la part de la Reine pour le service rendu lors de la journée des barricades. Retz refuse l’argent. Il ne se laisse pas avoir par la cour comme M. de La Meilleraie.
§ 151 – pages 178-179
[Les incidents][le 3e ]
« Mais voici le point où je donnai dans le panneau. » Mazarin intrigue pour que le maréchal d’Estrée fasse mine de céder à Retz le gouvernement de Paris. Celui-ci est sur le point d’accepter, quand, en accord avec Mazarin, le maréchal d’Estrée fait marche arrière ; cela a permis à Mazarin de donner une mauvaise image (d’intéressé) à Retz dans le peuple. [Note : Mazarin n’a pas intrigué, c’est Retz qui a demandé le gouvernement de Paris !!]
§ 152 – page 179
[Les incidents][le 3e : suite ]
Retz a le tort de s’emporter et de dire du mal du Cardinal au neveu du maréchal, Brancas, qui est un délateur et qui rapporte tout « aux grands ». « Je reviens aux affaires publiques. »
§ 153 – pages 179-180
[suite du § 148, page 177]
Le peuple s’était calmé ; l’échauffement reprend avec la Saint-Martin (11 novembre) et les vendanges.
§ 154 – page 180
Chacun aurait dû trouver son compte dans la déclaration du Parlement (celle du 24 octobre 1648), et Mazarin, aurait pu s’en attribuer le bénéfice s’il eût été assez intelligent.
§ 155 – pages 180-181
Mais ni le peuple, ni le Parlement, ni M. le duc d’Orléans n’en profitent.
§ 156 – page 181
M. le Prince ne s’alarme pas non plus, et Mazarin n’y comprend rien. Du coup, dès la fin des vacations, le Parlement se réunit à nouveau, et la Chambre des Comptes et la Cour des aides modifient énormément cette déclaration.
§ 157 – pages 181-182
* La Cour des aides interdit de mettre les tailles en parti ; puis, sur la demande du Palais-Royal, modifie et permet de faire des prêts pour les tailles sur six mois ;
* Réaction du Parlement qui s’assemble le 30 décembre : d’une part cette modification de la Cour des aides ne convient pas, d’autre part il sait qu’une autre déclaration de la Chambre des comptes autorise pour toujours ces mêmes prêts ;
* dès le 16 décembre, M. le duc d’Orléans et M. le Prince s’étaient rendus au Parlement pour ne faire travailler les députés que sur les articles de la déclaration auxquels le ministère aurait contrevenu ; réaction aigre, mais le Parlement avait accepté ;
* mais, on a accusé M. le Prince de lever le doigt dans un geste menaçant.
§ 158 – page 182
Ca se calme mais le calme ne dura pas.
§ 159 – page 182
Le 2 janvier, le Parlement se rassemble à nouveau et La Reine fait sortir le Roi et la cour de Paris, le jour de la fête des rois, à quatre heures du matin.
§ 160 – page 182
Les ressorts de cette sortie faciles à comprendre ; voici ceux qui ont fait agir M. le Prince :
§ 161 – pages 182-183
M. le Prince avait discuté avec Broussel et Longueil, et puis, il n’aime pas se brouiller avec la cour, et la Reine et Mazarin le flattent ; donc, il commence à flancher dans ses résolutions. Retz a essayé à maintes reprises de l’éclairer. Voici l’un des discours qu’il lui a tenu (le 16 décembre) :
§ 162 – page 183
[le discours de Retz à M. le Prince]
§ 163 – pages 183-184
[le discours de Retz à M. le Prince]
§ 164 – pages 184-185
[le discours de Retz à M. le Prince]
§ 165 – pages 185-186
[le discours de Retz à M. le Prince]
§ 166 – pages 186-187
[le discours de Retz à M. le Prince]
§ 167 – pages 187-188
[le discours de Retz à M. le Prince]
§ 168 – pages 188-189
Retz dit qu’il a dicté ce discours à Laigue. [vrai ou écrit au moment de la rédaction des Mémoires ?] Ce discours n’a pas convaincu M. le Prince. Le défaut de cet homme est de n’avoir pas assez de suite dans les idées.
§ 169 – pages 189-190
Retz comprend que la cour souhaite toujours attaquer Paris, en l’affamant. Retz assure M. le Prince de son soutien en tout, sauf en ce qui concerne Paris.
§ 170 – page 190
Retz est en train de dicter ce discours à Laigue lorsque arrivent Saint-Ibar et Montrésor qui lui persuade de traiter avec les Espagnols à Bruxelles. Retz s’y soumet.
§ 171 – pages 190-191
Mais la fortune va l’aider à ne pas agir ainsi. Il se rend chez Mme de Longueville et comprend qu’elle éprouve du ressentiment envers la cour. En outre, elle n’apprécie pas M. le Prince et M. de Conti est entre ses mains. Cela fait naître des idées dans l’esprit de Retz, « dont je vous rendrai compte après que je vous aurai un peu éclairci le détail que je vous viens de toucher. »
§ 172 – page 191
[Parenthèse]
Melle de Bourbon adorait son frère aîné (= Condé= M. le Prince) ; mais quand elle s’est mariée, et est devenue Mme de Longueville, elle l’a détesté. Mme de Longueville aimait d’amour Coligni.
§ 173 – pages 191-192
Il comprend donc qu’il va pouvoir se servir du nom de M. de Conti, ce qui est bien mieux que de faire intervenir l’Espagne. Il pourra s’assurer de : M. de Longueville, le maréchal de la Mothe, M. de Bouillon (mais la femme de ce dernier a des accointances avec l’Espagne). Défauts et qualités de ces personnes pour une telle entreprise.
§ 174 – page 192
Retz s’ouvre de ses projets à Mme de Longueville et l’y fait entrer. Il se résout à ne pas traiter avec l’Espagne et à attendre que quelqu’un bouge avant lui.
§ 175 – pages 192-193
Portrait de Mme de Longueville. Il a des vues sur elle. Elle est la maîtresse du prince de Marcillac (= La Rochefoucauld, auteur des Maximes, mais comme son père est toujours en vie, il ne porte pas encore ce titre.) Il la séduit, pour s’assurer M. de Conti, mais ne va pas plus loin parce qu’il est ami avec son mari.
§ 176 – page 193
Trois ou quatre semaines plus tard, La Rochefoucauld est de retour (ils sont amants à la barbe de M. de Longueville).
§ 177 – pages 193-194
M. de La Rochefoucauld est avec eux. De même que : M. le prince de Conti, M. et Mme de Longueville, le maréchal de la Mothe, qui s’engagent à se déclarer publiquement si Paris est attaqué. Broussel, Longueil et Viole promettent tout au nom du Parlement (qui n’en est pas informé !), seul M. de Bouillon les soutient sans le dire à personne d’autre qu’à Retz. Retz amoureux de Mme de Bouillon, mais elle n’est pas intéressée…
§ 178 – page 194
Retz essaie de modérer la cour avec une proposition de Launai-Gravé, proposition discutée chez Viole avec des membres du Parlement. Mais Mazarin ne la reçoit pas, alors qu’il aurait pu ainsi éviter la guerre civile.
§ 179 – page 194
La cour ne faisant pas d’effort, Retz décide de l’attaquer, et surtout d’attaquer Mazarin personnellement.
§ 180 – pages 194-195
Défaut de Mazarin : il est ridicule. A la demande de Retz, Marigni compose un pamphlet contre Mazarin ; puis « Je pris cet instant pour mettre l’abomination dans le ridicule… »
§ 181 – page 195
Voilà comment : la cour avait donc décidé d’autoriser les prêts par des déclarations (voir § 157 page 181) ; Retz réunit curés, chanoines, docteurs, religieux, et, en faisant mine de protéger Mazarin, le fait passer pour un usurier.
§ 182 – pages 195-196
Nuit du 5 au 6 janvier 1649 : le Roi sort de Paris ; le matin, un argentier de la Reine vient lui dire de venir à Saint-Germain dans la journée ; il acquiesce mais n’ira pas.
§ 183 – page 196
Blancmesnil et d’autres s’inquiètent : on dit que le Roi marche au Palais; Retz les rassure : le Roi a quitté Paris. Même si M. le Prince a entraîné son frère, le prince de Conti à Saint-Germain, il reviendra vite à Paris puis que Mme de Longueville y est restée !!
§ 184 – pages 196-197
* Les bourgeois prennent la porte Saint-Honoré ;
* Retz fait occuper celle de la Conférence ;
* Le Parlement prend peur ; Retz trouve une solution : « il y a des espèces de frayeurs qui ne se dissipent que par des frayeurs d’un plus haut degré. » Il fait état d’une lettre dans laquelle le Roi justifie son départ de Paris par le fait que certains officiers de son Parlement auraient comploté contre lui. Effet escompté atteint : le Parlement prend peur et ordonne que le bourgeois prenne les armes.
§ 185 – pages 197-198
Il faut que le premier pas de désobéissance vienne du Parlement, et non d’un particulier. Retz trouve ainsi un prétexte au fait qu’il n’a pas rejoint la Reine à Saint-Germain : il fait mine de s’y rendre et d’être attaqué en cours de route.
§ 186 – page 198
Mais mauvaise nouvelle : M. de Longueville, en revenant de Normandie, apprenant que le Roi est à Saint-Germain, s’y rend ! Du coup, Mme de Longueville craint que M. le Prince ne fasse arrêter M. de Conti. Le maréchal de la Mothe annonce qu’il suivra en tout M. de Longueville, et M. de Bouillon se fâche de ce que ces personnes qui étaient « sûres » selon Retz, ne le soient pas au final.
§ 187 – page 198
* Saint-Ibar vient relancer Retz : qu’il l’envoie traiter avec les Espagnols ; refus de Retz.
* Retz décide d’envoyer le maréchal de Noirmoutier à Saint-Germain afin de sonder l’état d’esprit de M. le prince de Conti et de M. de Longueville. Il y va à six heures du soir.
§ 188 – pages 198-199
Le lendemain, (7 janvier) arrive une lettre du Roi qui exile le Parlement à Montargis. Ils n’en tiennent pas compte et décident de cesser d’envoyer des gens à Saint-Germain pour assurer la Reine de la fidélité du Parlement.
§ 189 – page 199
Arrêt du Parlement : la Reine doit nommer les gens du Parlement qu’elle accuse d’avoir comploté contre le Roi afin qu’ils soient punis. Broussel, Charton, Viole, Loisel, Amelot et cinq autres ne sont pas suivis quand ils demandent l’éloignement de Mazarin.
§ 190 – page 199
La Reine veut également exiler la Chambre des comptes à Orléans, et le Grand-Conseil à Mantes. Retz sent le Parlement faiblir.
§ 191 – pages 199-200
Défection de M. de Conti, M. de Longueville, MM. De Bouillon et de la Mothe affaiblissent le tribunat ; mais Mazarin refuse de recevoir les gens du Roi : excès d’autorité qui va servir la Fronde.
§ 192 – page 200
Retz montre à ses amis qu’il faut agir, parce que M. le Prince a assuré la Reine qu’il prendrait Paris en 15 jours et M. le Tellier promet d’affamer la ville.
§ 193 – page 200
Les gens du Roi font leur rapport (voir page 200, §192) ; le Parlement donne le fameux arrêt du 8 de janvier 1649, par lequel le cardinal de Mazarin fut déclaré ennemi du Roi et de l’Etat.
§ 194 – pages 200-201
L’après-dînée, la Fronde s’organise. On supplie la Reine de ramener le Roi à Paris ; elle refuse tant que le Parlement s’y trouve.
§ 195 – page 201
[9 janvier]
Le lendemain matin, 9 de janvier, le Roi fait parvenir une lettre ordonnant au Parlement de se rendre à Montargis.
§ 196 – page 201
[9 janvier]
Tous les corps de la ville et tous les colonels et capitaines de quartier jurent une union pour la défense de Paris. Tout va bien pour les frondeurs. De plus, Retz apprend par Montargis (qu’il avait envoyé en reconnaissance à Saint-Germain) que M. le prince de Conti et M. de Longueville sont avec eux ; Mme de Longueville apprend qu’il en est de même pour M. de La Rochefoucauld.
§ 197 – page 201
Mais Retz va rencontrer « un des plus grands obstacles » de sa vie.
§ 198 – pages 201-202
[9 janvier]
Retz reçoit la visite de M. de Brissac (qui a épousé sa cousine et avec lequel il n’a pas d’affinité) qui vient lui annoncer qu’il est avec eux ; méfiance de Retz qui en effet comprend que Brissac n’est au courant de rien et veut seulement servir ses intérêt particuliers ; ce même Brissac lui annonce l’arrivée de D’Elbeuf qui, n’ayant pas trouvé ce qu’il voulait à Saint-Germain va rallier la Fronde.
§ 199 – pages 202-203
Situation difficile pour Retz ; il attend M. de Conti, sans qui le maréchal de la Mothe ne se déclarera pas, M. de Bouillon, en voyant D’Elbeuf attendra de voir M. de Conti pour se déclarer, le provôt des marchands est pour la cour, le premier président l’est un peu aussi.
§ 200 – page 203
Retz ne dispose même pas d’un quart d’heure pour réfléchir. M. D’Elbeuf arrive, et annonce qu’il va offrir ses services à l’Hôtel de Ville ; Retz lui conseille d’aller plutôt au Parlement. D’Elbeuf n’en tient pas compte.
§ 201 – page 203
Démarches de Retz :
* Il envoie un mot à l’Hôtel de Ville afin qu’ils renvoient D’Elbeuf au Parlement ;
* Il fait jeter dans les peuples la défiance de l’union entre d’Elbeuf et La Rivière ;
* Il prévient les membres du Parlement de se défier de d’Elbeuf.
§ 202 – page 203
Le président Le Cogneux montre à Retz un billet de d’Elbeuf qui dit : « dans trois jours il me rendra ses devoirs. » Retz et d’Elbeuf ne s’aiment pas, Retz en donne la raison [intrigue].
§ 203 – page 203
Retz prêt à se déclarer officiellement contre d’Elbeuf et à l’accuser d’intelligence avec la cour. Mais l’extrémité est grande.
§ 204 – page 203
M. de Longueville et M. le prince de Conti sont bloqués à la porte Saint-Honoré car le peuple ne veut pas les laisser passer. Intervention de Retz qui parvient à les conduire à l’Hôtel de Longueville.
§ 205 – page 203
Retz se rend chez d’Elbeuf pour lui faire une proposition.
§ 206 – page 203
L’idée était de ménager d’Elbeuf et de lui montrer que son intérêt se trouvait dans une alliance avec M. de Longueville et le prince de Conti. Mais d’Elbeuf ne l’a pas attendu et s’est rendu à l’Hôtel de Ville. Le premier président reçoit d’Elbeuf à bras ouverts, précipite l’assemblée des chambres et le fait déclarer général.
§ 207 – page 203
Apprenant cela, Retz file à l’Hôtel de Longueville pour décider Longueville et Conti à se rendre au Parlement. Mais il n’arrive pas à les faire bouger. Entre temps, d’Elbeuf se rend à l’Hôtel de Ville pour y prêter serment. Retz n’est que moyennement inquiet, parce que d’Elbeuf n’a pas su saisir la première occasion qui s’est présentée à lui (vois § 205, p.203) ; il ne saura peut-être pas saisir la seconde. Cependant, il demande à Conti de se rendre au Parlement pour l’après-dînée pour s’offrir à la Compagnie.
§ 208 – page 203
Il emmène Conti ; ils arrivent au Palais avant d’Elbeuf. Retz constate que la méfiance du peuple envers Conti ne s’est pas dissipée. On acclame Retz.
§ 209 – page 203
M. d’Elbeuf arrive, acclamé lui aussi. M. le prince de Conti s’offre à la Compagnie, mais d’Elbeuf annonce qu’il refuse de quitter le bâton de général qu’on vient de lui offrir. Le Parlement, qui se défie de Conti, soutient d’Elbeuf. Selon Retz, le crédit de d’Elbeuf dans le peuple ne durera pas, contrairement au sien. « Je ne me trompai pas dans ma pensée, comme vous allez voir. »
§ 210 – page 203
Retz met sur la place publique la servitude de d’Elbeuf envers la cour. En outre, l’attitude de M. de Conti l’a fait monter dans l’estime des peuples.
§ 211 – page 203
Marigni écrit une mazarinade contre d’Elbeuf Monsieur d’elbeuf et ses enfants. Il se rend chez Bouillon avec M. de Longueville et le maréchal de la Mothe. M. de Bouillon se rallie à la Fronde.
§ 212 – page 203
Parenthèse : d’Elbeuf / Retz.
§ 213 – page 203
« Je reviens à l’exécution du projet que je vous ai déjà touché ci-dessus. » Le peuple ne prendra pas parti pour d’Elbeuf, Retz décide donc d’agir avec ostentation.
§ 214 – page 203
Conti, Longueville et Retz se rendent en grande pompe au Palais.
§ 215 – page 203
M. le Prince de Conti offre ses services à la Compagnie, et comme gage de sa bonne foi annonce qu’il installe sa famille à l’Hôtel de Ville ; en outre, M. de Bouillon le soutient ouvertement. D’elbeuf continue de refuser de rendre le bâton de général, mais « il n’était plus temps de contester, il fallait plier. »
§ 216 – page 203
Suite de la stratégie de Retz : intervient le maréchal de la Mothe qui dit la même chose que M. de Bouillon.
§ 217 – page 203
M. le Premier Président est ravi de cette discorde qui affaiblit la faction (il est pour la cour), mais le président de Mesme craint que ces messieurs ne fassent alliance sur leur dos. Ils vont donc prendre une décision maintenant.
§ 218 – page 203
Pendant ces délibérations, Retz s’empresse d’amener Mme de Longueville et de Bouillon à l’Hôtel de Ville ; c’est du plus bel effet.
§ 219 – page 203
D’Elbeuf est averti qu’il est perdu s’il ne s’accommode pas ; il plie. Le duc d’Elbeuf, le duc de Bouillon et le maréchal de la Mothe seront les lieutenants généraux du prince de Conti, lui-même général en chef.
§ 220 – page 203
C’était le matin du 11 janvier. L’après-dînée, d’Elbeuf somme la Bastille et le soir il y a une scène à l’Hôtel de Ville « de laquelle il est à propos de vous rendre compte, parce qu’elle eut beaucoup plus de suite qu’elle ne méritait. » Noirmoutier, Matha, Laigue et La Boualie entrent dans la chambre de Mme de Longueville, alors qu’il y a des dames. Retz critique La Rochefoucauld ; ça a dû lui être rapporté : « je n’ai pu aussi jamais deviné d’autre cause de la première haine que M. de La Rochefoucauld a eue pour moi. »
§ 221 – page 203
Adresse à la destinataire : galerie des portraits.
§ 222 – page 203
La Reine
§ 223 – page 203
M. le duc d’Orléans
§ 224 – page 203
M. le Prince
§ 225 – page 203
M. de Longueville
§ 226 – pages 215-216
M. de Beaufort
§ 227 – page 216
M. d’Elbeuf
§ 228 – page 216
M. de Bouillon
§ 229 – page 216
M. de Turenne
§ 230 – pages 216-217
Le maréchal de la Mothe
§ 231 – page 217
M. le prince de Conti
§ 232 – page 217-218
M. de La Rochefoucauld
§ 233 – page 218
Mme de Longueville
§ 234 – page 218-219
Mme de Chevreuse
§ 235 – page 219
Mlle de Chevreuse
§ 236 – page 219
Mme la Palatine
§ 237 – page 219
Mme de Montbazon
§ 238 – page 219-220
Molé, premier président
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§ 239 – page 220
Ne fera pas son portrait. « Je reprends le fil de l’histoire. »
§ 240 – page 220
En huit jours, Paris constitue une armée. La Bastille se rend.
§ 241 – pages 220-221
Retour de M. de Beaufort à Paris. Montbazon en avertit Retz qui va le trouver chez Prudhomme.
§ 242 – page 221
Retz a dit beaucoup de bien de Beaufort dans le peuple, alors qu’il était arrêté. Il compte maintenant l’utiliser comme fantoche. Beaufort est le petit-fils d’Henri IV.
§ 243 – page 222
Ils se rendent à l’Hôtel de Ville ; Beaufort demande à être reçu par le Parlement pour répondre de l’accusation intentée contre lui, à savoir d’avoir entrepris contre Mazarin.
§ 244 – page 222
MM. de Luines et de Vitri rentrent à Paris et entrent dans la Fronde. Le 19 janvier 1649, le Parlement donne un arrêt : il s’empare des recettes de l’Etat pour défendre Paris.
§ 245 – page 222
M. le Prince place ses troupes (le maréchal du Plessis à Saint-Denis, le maréchal de Gramont à Saint-Cloud, Palluau à Sèvres). Mazarin se méfie de M. le prince. Quand celui-ci revient à Saint-Cloud, il éclate de colère contre Mme de Longueville (à qui Madame la princesse la mère raconte tout par écrit le lendemain). Dans cette lettre, des propos contre Retz, mais aussi un remerciement pour ce qu’il a fait pour la Reine d’Angleterre (= fille de Henri IV).
§ 246 – page 222-223
[Retz et la Reine d’Angleterre]
Elle loge au Louvre ; il va la trouver, elle n’a pas de quoi se chauffer ; il lui fait obtenir par le Parlement quarante mille livres.
§ 247 – pages 223-224
La Reine veut faire trancher la gorge d’un cornette du régiment de Retz ; il parvient à le faire libérer.
§ 248 – page 224
Transition : Retz ne donnera que les moments importants du siège de Paris (du 9 janvier 1649 au 1er avril 1649), mais avant, il va faire « deux ou trois remarques qui méritent la réflexion. »
§ 249 – page 224
[1ere remarque]
Il n’y a pas eu beaucoup de privations durant le siège de la ville. [Faux : voir note]
§ 250 – pages 224-225
[2ème remarque]
Toute les provinces se sont également soulevées (il en donne le détail). [Affirmation exagérée : voir note]
§ 251 – page 225
[3ème remarque]
Durant ces trois mois de siège, le Parlement ne traita que de bagatelles.
« Je reviens au détail. »
§ 252 – page 225
Le 18 janvier, Retz admis au Parlement. Engagement signé par les principales personnes du parti : MM. de Bouillon, de Beaufort, de la Mothe, de Noirmoutier, de Vitri, de Brissac, de Maure, de Matha, de Cugnac, de Barierre, de Silleri, de La Rochefoucauld, de Laigue, de Béthune, de Luines, de Chaumont, de Saint-Germain d’Achon et de Fiesque.
§ 253 – page 225
Le 21 janvier, arrêt du Parlement contre Mazarin, mais l’arrêt n’est pas reçu par la Reine, puisqu’elle n’a pas autorisé le Parlement à siéger.
§ 254 – pages 225-226
Le 24 Janvier, entreprise sur Corbeil déjouée par M. le Prince.
§ 255 – page 226
Le 25 janvier, on saisit tout ce qu’il y a dans la maison de Mazarin.
§ 256 – page 226
Le 29 janvier mort de Tancrède.
§ 257 – page 226
Le 01 février : M. d’Elbeuf favorise le passage des vivres qui viennent de Brie.
§ 258 – page 226
Le 08 février : Talon, appuyé du premier président et du président de Mesme veut faire un pas dans la soumission à la Reine ; refus du Parlement.
§ 259 – page 226
Le soir même : on apprend que Monsieur le Prince et M. d’Orléans marchent vers Charenton où se tient Clanleu.
§ 260 – pages 226-227
Victoire de Monsieur le Prince (qui perd Chastillon, lieutenant général de son armée). Mort de Clanleu.
§ 261 – pages 227-228
Le 10 février : M. de la Mothe et Bouillon vont favoriser le retour de Noirmoutier.
§ 262 – page 228
Le 11 février : Brillac (conseiller des Enquêtes) propose au Parlement de signer la paix avec la cour. La veille, le président Aubry avait fait la même proposition à la Chambre des comptes. La cour se sert de ces deux hommes. Le Parlement prendra une décision le lendemain.
§ 263 – pages 228-229
Le 12 février : un hérault demande à parler à la compagnie ; il a un paquet pour elle, un pour Conti et un pour l’Hôtel de Ville. Arrestation de La Valette que le provôt des marchands envoie à la Conciergerie.
§ 264 – pages 229-230
Le Parlement délibère pour savoir s’il doit recevoir le hérault. Tout cela sent le coup fourré de la cour. Retz prend Broussel à part.
§ 265 – page 230
Le Parlement, sous l’impulsion de Broussel, refuse de recevoir le hérault. Des gens du Roi vont se rendre à Saint-Germain pour en informer la Reine.
§ 266 – pages 230-232
Le Parlement en oublie de délibérer sur la proposition de Brillac. Selon Retz, le chevalier de La Valette avait projeté d’assassiner M. de Beaufort et lui-même.
Le 19 février : un gentilhomme envoyé de M. l’archiduc Léopold, gouverneur des Pays-Bas pour le Roi d’Espagne demande audience à la Compagnie. A ce moment, les gens du Roi de retour de Saint-Germain annoncent qu’ils ont été très bien reçus par la Reine. Talon conclut en affirmant qu’on pourrait s’acheminer vers la paix en faisant une députation à Saint-Germain et il confirme qu’il ne faut pas donner audience à l’envoyé de façon à montrer à la Reine qu’on lui est fidèle.
§ 267 – pages 232-233
[Il reprend cette histoire d’un peu plus loin]
Retz fait écrire par Montrésor à Saint-Ibar qu’il est prêt à écouter les propositions des Espagnols, mais que cela reste discret. Ce qui motive sa démarche, c’est que les Espagnols peuvent commencer à penser qu’il a des accointances avec la cour, et il craint qu’ils ne cèdent aux avances de Mazarin. Il se met d’accord avec M. et Mme de Bouillon ; ils vont faire « ouvrir la scène » par d’Elbeuf ; à cette fin, ils déguisent Arnolfini, moine bernardin en cavalier, sous le nom de don Josef de Illescas et l’envoient faire des propositions à d’Elbeuf.
§ 268 – pages 233-234
Le lendemain, d’Elbeuf annonce donc à un groupe de membres du Parlement qu’il a une affaire à leur communiquer. On lit le fameux billet et on conclut qu’on va recevoir les propositions de l’Espagne. Le tout est de savoir comment.
§ 269 – pages 234-235
Retz apprend par Mme de Bouillon que Fuensaldagne veut un engagement réciproque et qu’il estime que seul Retz est apte à l’apporter. Retz considère qu’il faut un traité entre l’Espagne et le Parlement.
§ 270 – page 235
Retz se dit qu’un traité secret avec l’Espagne n’est plus possible ; il faut qu’il se fasse avec le Parlement.
§ 271 – pages 235-236
Retz se méfie de M. de Bouillon qui a des intérêts avec l’Espagne et qui pourrait un jour le chasser de Paris. M. et Mme de Bouillon veulent faire une alliance avec Retz et l’Espagne.
§ 272 – pages 236-237
M. de Bouillon explique à Retz qu’il faut que le Parlement reçoive l’envoyé d’Espagne, qu’il faut feindre que Retz n’est au courant de rien (à vérifier). Il faut faire comprendre que le fait de recevoir l’envoyé d’Espagne au Parlement suppléera à la signature de Retz sans laquelle il a ordre de ne rien faire.
§ 273 – page 237
Le bernardin accepte et se met sous les ordres de Bouillon et de Retz. Retz a appris entre temps que de toute façon il avait ordre de suivre en tout et pour tout M. et Mme de Bouillon.
§ 274 – pages 237-239
[fin de l’explication de ce qui a précédé : reprise du § 266 page 232]
Donc, suite au billet reçu par d’Elbeuf, Retz soutient qu’il faut que le Parlement reçoive l’envoyé. Les membres présents du Parlement ne sont pas d’accord. Le président Le Cogneux, pensant que Retz a en sa possession une lettre de l’archiduc contenant des informations qu’ils n’ont pas s’aligne sur l’avis de Retz. Finalement il sera reçu au Parlement, et on lui explique ce qu’il devra dire. Retz racontera son discours, mais auparavant, il va rendre compte de ce qui s’est passé lorsque M. le prince de Conti demanda audience au Parlement pour cet envoyé.
§ 275 – page 239
[Parenthèse]
Le président de Mesme (qui est pour la cour) ne veut pas que l’envoyé d’Espagne s’exprime au Parlement.
§ 276 – pages 239-240
Réaction du président de Mesme et réflexions de Retz (à vérifier).
§ 277 – page 240
Cohue au Parlement ; Retz fait entretenir l’échauffement. Au final, on accepte l’audience de l’envoyé d’Espagne.
§ 278 – pages 240-241
[Le discours de l’envoyé]
On fait entrer l’envoyé qui explique la lettre de l’archiduc :
* Mazarin a fait des propositions à son Altesse impériale qu’il a refusées (il en donne les raisons) ;
* le Parlement est le seul arbitre de la paix ;
* Il a fait avancer dix-huit mille hommes à la frontière, prêts à intervenir si le Parlement le souhaite ;
* Il met ses hommes au service de la Fronde.
§ 279 – page 241-242
Avant l’arrivée de l’envoyé, le président de Mesme a attaqué Retz qui s’en est bien tiré en laissant passer l’orage.
§ 280 – page 242-243
Comme le discours lu par l’envoyé a flatté le Parlement, Retz répond au président de Mesme sur les accusations qu’il lui avait lancées.
§ 281 – page 243-244
Retz a eu le dernier mot et du coup a dissipé l’idée qu’il gouvernait le Parlement par ses cabales.
§ 282 – page 244-245
Le Parlement va porter à la Reine copie de ce discours accompagné de remontrances afin qu’elle donne la paix au peuple et qu’elle retire ses troupes de Paris.
§ 283 – page 245-246
Le discours prononcé par le président Le Cogneux est approuvé. M. de Bouillon et Retz en informent l’archiduc, et ils expliquent par un courrier ce que le prince de Conti et les généraux demandent pour faire un traité avec l’Espagne et ce que Retz donne personnellement comme engagement. « Je vous rendrai compte de ce détail et de sa suite après que je vous aurai raconté ce qui se passa le même jour, qui fut le 19 de février. »
§ 284 – page 246
[Le même jour, donc :]
Pendant ce temps, Noirmoutier part pour ravitailler Paris ; il a failli échouer à cause de La Rochefoucauld, mais succès de l’entreprise.
§ 285 – page 246
Transition : un troisième « acte » a eu lieu ce 19 février.
§ 286 – page 246-248
[Le même jour, donc :][Suite du §283 page 246] [Discours de Retz chez Bouillon]
Chez M. et Mme de Bouillon : Retz explique les faiblesses du Parlement et montre que le premier président et le président de Mesme n’hésiteront pas à montrer à Mazarin où est son intérêt.
§ 287 – pages 248-249
[Discours de Retz chez Bouillon]
Retz : Brillac et le président Aubri avaient proposé une paix avec la cour que le Parlement était sur le point d’accepter. Quand le Parlement faiblit ainsi, il faut le ranimer.
§ 288 – page 249
[Discours de Retz chez Bouillon]
L’union des généraux avec l’Espagne est d’un côté trop secrète, d’un autre pas assez.
§ 289 – pages 249-250
[Discours de Retz chez Bouillon]
M. de Beaufort et Retz ont beaucoup de crédit dans le peuple ; d’un côté, ils doivent le montrer au Parlement, mais c’est également risqué. S’ils soulèvent le peuple, ils font perdre au Parlement son autorité, et s’ils ne le soulèvent pas, le Parlement ne croira pas qu’ils ont le pouvoir de le faire, et il n’hésitera pas à faire des avances à la cour, avances qui certes le perdront mais qui perdront Retz et Bouillon avant.
§ 290 – page 250
[Discours de Retz chez Bouillon]
Remèdes ?
§ 291 – pages 250-251
M. de Bouillon demande à Retz de mettre ce discours par écrit, ce qu’il fait. Retz récapitule la situation, se félicite de s’en être ouvert à Bouillon.
§ 292 – pages 251-252
[Le lendemain : Réponse de Bouillon]
M. de Bouillon lit ce discours et convie Retz à venir le trouver le lendemain. Il propose un remède, auquel il sait que Retz va s’opposer : laisser le Parlement faire des faux-pas et se discréditer dans le peuple, faire pareil avec l’Hôtel de Ville et de faire emprisonner à la première occasion les personnes dont ils ne sont pas sûrs.
§ 293 – page 252
Voilà la proposition que lui fait Bouillon, après avoir eu confirmation par Longueil qu’en effet le Parlement commençait à vouloir négocier avec la cour. Retz y a déjà pensé, mais ne le cache à Bouillon.
§ 294 – pages 252-253
[Réponse de Retz à Bouillon, par écrit]
S’ils enfoncent le Parlement dans l’esprit du peuple, quand eux-mêmes voudront gouverner, ils auront les mêmes problèmes en retour ; le Parlement faiblit, et le peuple aussi.
§ 295 – pages 253-255
[Réponse de Retz à Bouillon, par écrit]
Quand ils voudront gouverner, ils devront faire la même chose que ce que fait le Parlement ; donc, s’ils le perdent, ils en subiront les mêmes effets. Exemple de la Ligue et de M. du Maine.
La cour pourrait ôter le prétexte de la guerre civile en levant le siège de Paris et en renvoyant Mazarin ; en outre, il ne serait pas bon de créer des divisions dans le parti. Voici les remèdes :
§ 296 – pages 255-256
[Réponse de Retz à Bouillon, par écrit] [Les remèdes]
La cour s’est aveuglée et s’aveugle encore en croyant, par ex. que le bourgeois l’a soutient ; le Parlement est en train de s’aveugler de la même manière : il ne voit pas le crédit que prennent Retz et Beaufort dans le peuple ni le fait que le peuple commence à gronder contre lui ; pour qu’il s’en rende compte, il faudrait un gros coup ; mais Retz rappelle qu’il ne faut pas créer de divisions, mais qu’il faut lui montrer qu’il ne peut faire son bien qu’avec Retz, Bouillon et Beaufort.
§ 297 – page 256
[Réponse de Retz à Bouillon, par écrit] [Les remèdes]
Il propose de sortir l’armée de Paris, mais de le faire demander par le Parlement.
§ 298 – pages 256-257
Fin de la lecture du discours aux Bouillon ; M. de Bouillon lui apprend un secret qu’il doit garder : M. de Turenne est sur le point de se déclarer pour le parti.
§ 299 – page 257
Retz leur en apprend un autre : Peronne et Mézières sont avec la Fronde.
§ 300 – page 257-258
Mise en garde de M. de Bouillon à Retz : il faut rester vigilant quand on vient d’apprendre de bonnes nouvelles.
§ 301 – page 258
Le 24 février, le premier président et le président de Mesme se rendent à Saint-Germain pour rendre compte de l’audience de l’envoyé d’Espagne ; la Reine, Monsieur le Prince et M. d’Orléans les assurent qu’ils retireront leur troupes de Paris dès que le Parlement aurait choisi des députés pour traiter.
§ 302 – pages 258-259
Le 24 février M. le Prince veut jeter les farines de Gonesse dans la rivière. Les Frondeurs parviennent à empêcher le coup.
§ 303 – pages 259-260
Le 24 février, Flammarin arrive à Paris pour présenter à la Reine d’Angleterre des condoléances pour la mort de son mari de la part du frère de celle-ci, M. le duc d’Orléans. Il en profite pour nouer des intelligences avec La Rochefoucauld, blessé (voir § 284 page 246). Retz apprend tout cela par Mme de Pommereux, de laquelle Flammarin est amoureux et à qui il dit tout). En fait, La Rivière veut obtenir le cardinalat ; Mazarin lui fait croire que le seul obstacle est le prince de Conti ; La Rochefoucauld lui explique que son seul but est de réunir la famille royale, et que tout est de la faute de Retz, qui a profité de son absence pour mettre sous son influence Mme de Longueville et Conti.
§ 304 – page 260
Retz, informé de tous ces propos par Mme de Pommereux, ordonne à Flammarin de sortir de Paris, son passeport étant expiré.
§ 305 – pages 260-261
Le 26 février Grancei assiège Brie-Comte-Robert ; les généraux n’interviennent pas parce que la place ne vaut rien. Retz utilise cela pour montrer que si l’armée n’est pas intervenue, c’est parce qu’on n’avait pas réussi à faire sortir les troupes de Paris suffisamment vite.
§ 306 – page 261
Habileté de Retz : se fait prier huit jours pour accepter ce qu’il avait décidé : faire sortir les troupes de Paris.
§ 307 – page 261
Noirmoutier sort de Paris et ramène une grande quantité de grain et de farine ; M. le Prince n’a pas pu l’en empêcher.
§ 308 – pages 261-262
Le 27 février, le premier président fait le compte rendu de ce qui s’est passé à Saint-Germain (= § 301 page 258) et propose d’en délibérer l’après-dînée au Palais ; le peuple se soulève, accusant le parlement d’intelligence avec Mazarin. Retz et M. de Beaufort parviennent à l’apaiser, mais le Parlement pense qu’ils l’ont soulevé ! Retz et Beaufort font dire à M. le prince de Conti qu’il ne pourra se rendre au Palais et qu’il faut reporter les délibérations au lendemain. Pendant ce temps aura lieu une discussion chez M. de Bouillon. « …nous nous trouvions entre un peuple qui criait la guerre, un Parlement qui voulait la paix, et les Espagnols, qui pouvaient vouloir l’une et l’autre à nos dépens, selon leur intérêt. »
§ 309 – page 262
Conseil de Fronde chez Bouillon ; embarras :
* Le prince de Conti « y parla comme un homme qui voulait la guerre et y agit comme un homme qui voulait la paix. » Retz pense qu’il attend quelque faveur de Saint-Germain ;
* M. d’Elbeuf veut faire emprisonner le Parlement à la Bastille !! ;
* M. de Bouillon ne peut pas dire qu’il attend Turenne ;
* Retz ne veut pas donner les raisons pour lesquelles il est d’avis de laisser faire sans intervenir pour l’instant (il veut attendre que tout soit en place pour pouvoir gouverner le Parlement) ;
* M. de Beaufort ne comprend pas que l’on ne se serve pas de l’appui que Retz et lui ont dans le peuple (alors qu’on ne l’instruit de rien parce qu’il est avec Mme de Montbazon, infidèle) ;
* M. de Bouillon, d’accord avec Retz, ne le soutient pas plus que ça pour des intérêts qui lui sont propres.
§ 310 – page 263
Ils craignent que le Parlement n’accède aux volontés de la cour ; donc, certains veulent la sédition. Embarras de Retz : s’il ne prévient pas l’émotion, elle lui sera imputée, et s’il la combat, c’est ennuyeux puisqu’il ne peut pas leur dire pourquoi.
§ 311 – page 263
Finalement, Retz se déclare, donne son avis et ses raisons, sans toutefois parler de l’arrivée de Turenne.
§ 312 – pages 263-264
M. de Bouillon le soutient. Quand ils restent seuls tous les deux, Retz comprend que lorsque leurs troupes seraient hors de Paris + que le traité avec l’Espagne serait conclu + que M. de Turenne se serait déclaré, M. de Bouillon s’affranchirait du Parlement. Retz reconnaît qu’il fera de même, mais que pour l’instant il a besoin du Parlement (la Fronde n’a pas lieu d’être sans lui, voir note) certes, M. de Bouillon aura l’appui de l’Espagne, mais… ; en conclusion, ils doivent tous deux faire un fonds certain à l’intérieur du royaume avant de se détacher du Parlement.
§ 313 – pages 265-266
Colère de Mme de Bouillon, de retour dans la pièce, car elle veut que Retz et son mari se rendent maîtres du Parlement. Retz lui explique qu’il vaut mieux attendre. Mais si le Parlement fait des pas vers la cour ? Il les fera, mais Retz est persuadé qu’ils demeurent en état de se moquer du Parlement. Mme de Bouillon lui fait signer un billet avec son sang, dans lequel il jure de rester uni à Bouillon contre le Parlement si Turenne se déclare pour la Fronde. »
§ 314 – page 266
Retz apprend par un biller du vicaire Saint-Paul que d’Elbeuf a fait payer des gens pour qu’ils crient le lendemain au Palais contre la paix. Bouillon lui fait passer un mot : « Il n’y a point de sûreté pour vous demain au Palais. »
§ 315 – page 266
Arrivée de M. d’Elbeuf à qui Bouillon fait croire que le peuple pense qu’il est d’intelligence avec Mazarin ; il n’est donc pas raisonnable qu’il se trouve au Palais demain, alors qu’il y aura foule.
§ 316 – page 266
La ruse de Bouillon aboutit : il convainc d’Elbeuf qu’il doit en effet se rendre au Palais, mais accompagné de Retz. D’Elbeuf n’a pas compris que Retz et Bouillon s’étaient entendus !
§ 317 – pages 266-267
Retz, d’Elbeuf et Beaufort au Parlement. Retz et Beaufort acclamés et on croit qu’ils ont manigancé pour troubler les délibérations du Parlement, alors qu’ils travaillent en sens inverse depuis 8 jours.
§ 318 – pages 267-268
M. le premier président et M. le président de Mesme ont modifié la réponse de la Reine afin qu’elle agréée le Parlement. MENSONGE DE RETZ : voir note.
On accepte que des représentants aient les pleins pouvoirs pour aller négocier avec la Reine, où elle le veut. Le premier président craint quelque retournement de situation après cet accord général.
§ 319 – page 268
On apprend que le peuple menace de tuer tous ceux qui veulent négocier avant que Mazarin soit expulsé. Retz et Beaufort vont calmer les séditieux. Le Parlement peut sortir tranquille. Cela lui donna une audace qui faillit à le perdre. « Vous le verrez dans la suite. »
§ 320 – page 268-269
Le 2 mars, lettre de M. le duc d’Orléans et de M. le Prince dans laquelle ils se disent ravis que le Parlement accepte de traiter avec la Reine, mais nient qu’elle ait promis l’ouverture des passages. Scandale au Parlement. On fait dire aux personnes qui étaient allées demander des passeports de déclarer qu’il n’y aura aucune conférence tant que la parole donnée au premier président n’est pas exécutée. Retz pense naïvement qu’il va pouvoir profiter de l’occasion pour raviver un peu le Parlement ; il fait demander par Broussel de continuer les levées et de donner de nouvelles commissions. Proposition acclamée. M. le Prince de Conti va les délivrer.
§ 321 – page 269
Le 3 mars M. de Beaufort, en accord avec Bouillon, le maréchal de la Mothe et Retz annonça qu’ils feraient ouvrir les passages d’ici peu si le Parlement cessait de croire aux propositions trompeuses, parce que si le bruit des négociations cessait, le pays entier se déclarerait pour Paris. Tout le monde juge que le traité va être rompu.
§ 322 – page 269
Mais les gens du Roi reviennent de Saint-Germain ; la Reine a à peine promis de laisser passer cent muids de blé par jour. « Ce galimatias ne laissa pas de passer pour bon dans le Parlement. » On se prépare à aller dès le lendemain à la conférence que la Reine a assignée à Ruel.
§ 323 – pages 269-271
Conférence chez Bouillon avec Conti, Beaufort, d’Elbeuf, le maréchal de La Mothe, Brissac, le président de Bellièvre et Retz : faut-ils envoyer les généraux à Ruel ? Réponse : non, malgré l’opposition de d’Elbeuf. Puis, Bouillon fait mine d’avoir une idée : et si on envoyait les généraux dans un camp ? Tout le monde est d’accord, excepté d’Elbeuf, mais il ne voit pas qu’il a été trompé.
§ 324 – page 271
Le lendemain, le 4 mars, les députés sortent pour Ruel, et leur armée sort pour le camp formé entre Marne et Seine. Tout le Parlement s’en réjouit, mais certains par l’idée erronée que l’armée étant sortie de Paris, le peuple ne serait plus échauffé par les gens de guerre. Senneterre « le plus habile homme de la cour » pénétra leur dessein.
§ 325 – page 272
Le lendemain, le Cardinal avoua que Senneterre avait raison : car d’une part, M. le Prince a remarqué que les troupes seraient plus difficiles à attaquer que si elles étaient restées dans Paris, et d’autre part parce que le Parlement se met à parler plus haut.
§ 326 – pages 272-273
L’après-dînée du 4 mars : conflit à propos de la présence de Mazarin à la conférence de Ruel ; les députés sont sur le point de céder ; manœuvre de Retz ; les députés restent fermes dans leur résolution de ne pas participer à une conférence à laquelle assisterait Mazarin.
§ 327 – page 273
La cour se radoucit ; on trouve une solution : des députés vont discuter dans une pièce et faire leurs rapports régulièrement (Voir note)
§ 328 – page 273
Transition : Retz se contentera de marquer les principales délibérations « que je mêlerai, par l’ordre des jours, dans la suite de celles du Parlement, et des autres incidents qui se trouveront avoir du rapport aux unes et aux autres. »
§ 329 – page 273
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] : [1) Chez Conti ; 2) Chez Bouillon ; 3) chez Conti]
Ce même jour, le 5 mars don Francisco Pizarro, second envoyé de l’archiduc, arrive avec trois lettres ; celle pour Retz indique que le Roi d’Espagne ne se fie pas en sa parole, mais se fiera en celle qu’il donnera à Mme de Bouillon.
§ 330 – page 274
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez Conti]
Discussion chez M. le prince de Conti à l’hôtel de Ville : faut-il faire alliance avec l’Espagne ?
* Conti et Mme de Longueville (menés par La Rochefoucauld) veulent se lier avec Espagne ;
* M. d’Elbeuf cherche tout ce qui peut lui rapporter de l’argent ;
* Mme de Montbazon veut vendre cher M. de Beaufort aux Espagnols, donc celui-ci fait mine d’éprouver des scrupules à se lier à des ennemis de l’Etat ;
* Le maréchal de La Mothe suivra l’avis de M. de Longueville, et celui-ci, d’après sa femme, ne voudra pas s’engager.
Analyse de Retz.
§ 331 – page 274-276
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez Conti]
Discours de M. de Bouillon : ils ont fait des pas envers l’Espagne, se sont engagés, ils doivent donc traiter avec les Espagnols ; mais pas à n’importe quelles conditions. Il leur demande d’être plus mesurés. Et comme lui-même pourrait ne vouloir traiter avec les Espagnols que pour un intérêt particulier, il dit tout cela sous couvert de Retz, qui a annoncé dès le début qu’il n’agirait en rien pour son intérêt propre. Retz lui sert de caution.
§ 332 – page 276
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez Conti]
Le discours convainc. Retz et Bouillon sont chargés de traiter avec les envoyés.
§ 333 – page 276
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Retz et Bouillon seulement. Ils doivent proposer la paix avec les Espagnols ; mais comment faire alors qu’ils ne sont pas assez assurés pour traiter sans le Parlement (Turenne ne s’est toujours pas déclaré) et que le Parlement n’est pas fiable ?
§ 334 – pages 276-277
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Discours de Bouillon : avant de traiter avec les envoyés d’Espagne, il faut savoir ce que Retz et lui feront si le Parlement traitait une paix honteuse avec la cour malgré leur avis.
§ 335 – page 278
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Discours transcrit de Retz : Si le Parlement conclut une paix honteuse, il faut le laisser faire. Il faut aussi se défendre de la tyrannie : « il faut, à mon sens, que messieurs les généraux signent un traité, dès demain, avec Espagne, par lequel elle s’engage de faire entrer incessamment son armée en France jusques à Pont-à-Vère, et de ne lui donner de mouvement, au moins en deçà de ce poste, que celui qui sera concerté avec nous. »
§ 336 – pages 278-279
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Un messager de Turenne arrive justement (exemple d’interruption dramatique) avec de "bonnes nouvelles" : Turenne arrive, il marche sur Paris avec son armée. Le messager a également un papier pour Retz (qui contient en fait ce que Turenne a écrit en chiffre à Mlle de Bouillon) : le vicomte de Lamet confirme que tout va bien, que Turenne va le rejoindre.
§ 337 – page 279-280
« Permettez-moi, je vous supplie, une petite digression en ce lieu, qui n’est pas indigne de votre curiosité. » Retz s’interroge sur les motifs qui ont fait prendre à Turenne, pour un temps très limité, le parti de la Fronde. Il n’a jamais pu les trouver.
§ 338 – page 280
Transition : il reprend le discours qu’il tenait aux Bouillon avant l’interruption du messager.
§ 339 – page 280-281
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Suite du discours de Retz : Ils doivent accepter de ne poser les armes que lorsque la paix générale sera conclue, et les Espagnols doivent faire acte de soumission au Parlement (du moins en parole). Il faut accorder aux Espagnols ce qu’ils demandent, vu qu’ils sont maintenant assuré de Turenne. De plus, leur intérêt particulier et leur intérêt publics sont compatibles : l’intérêt du public est la paix, et leur intérêt particulier sera de monter qu’ils en sont les auteurs.
§ 340 – page 281-282
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Suite du discours de Retz : Retz rappelle les intérêts personnels de chaque frondeur. Il ne faut pourtant songer qu’à faire la paix, le reste en découlera. Demander l’exclusion de Mazarin. Leur armée, avec celle des Espagnols et Turenne est beaucoup plus forte que celle de Monsieur le Prince. La cour va être obligée de plier.
§ 341 – pages 282-283
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Suite du discours de Retz : Grâce à Turenne, ils vont pouvoir réaliser l’union de l’Espagne et du Parlement ; pour cela, il faut profiter de l’absence du premier président et du président de Mesme. Ils font passer leur arrêt, et si d’aventure les deux présidents s’y opposaient, Retz et Bouillon se rendraient maîtres du Parlement. Mais Bouillon ne doit rien dire par rapport à Turenne, pour le cas où ce dernier ne viendrait pas. [cf note]
§ 342 – pages 283-284
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Suite du discours de Bouillon : Il émet des réserves : certes, l’Espagne veut la paix, mais elle la veut à n’importe quel prix ; elle les laisserait donc tomber à la première occasion. De plus, le peuple n’accepterait pas une paix sans l’exclusion de Mazarin, et s’ils le chassent, la cour se retournera contre eux, et qui les assure que l’Espagne sera là pour les soutenir ?
§ 343 – pages 284-285
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. de Bouillon]
Echanges d’arguments :
* Retz : il faut traiter avec les Espagnols ;
* Bouillon : il faut amuser les Espagnols et le Parlement en attendant Turenne.
§ 344 – page 285
Réflexion de Retz : certes, Bouillon pourra amuser un temps les Espagnols, mais il ne pourra pas le faire avec le Parlement, qui est déjà en train de conférer à Ruel ; pour Retz, il est indispensable de faire une déclaration publique au Parlement (ce que rejette Bouillon). S’ils agissent comme le suggère Bouillon et que l’une de leur corde vient à leur manquer, ils seront contraints de s’appuyer sur le peuple, chose que Retz redoute plus que tout.
§ 345 – pages 285-286
Ils ne tombent pas d’accord ; ils décident d’en reparler le lendemain chez le prince de Conti, avec MM. De Beaufort, d’Elbeuf, de La Mothe, de Brissac, de Noirmoutier et de Bellièvre.
§ 346 – pages 286-287
Retz rentre chez lui :
* Il craint que M. de Bouillon traite en douce avec les Espagnols comme il l’entend ;
* Il reçoit de grosses propositions de la Reine.
Du coup, s’il en a reçu, les autres aussi, et puisque même Bouillon commence à faire des compromissions en un temps où tout leur sourie, que vont faire les autres ?
Bouillon attend que Mazarin lui cède Sedan : « il préfère ce petit intérêt à celui qu’il pouvait trouver à donner la paix à l’Europe. » Défauts de Bouillon.
§ 347 – page 287
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. le prince de Conti]
Le lendemain, le prince de Conti et d’Elbeuf appuient l’avis de M. de Bouillon. Il y a eu négociation entre eux, pense Retz.
§ 348 – pages 287-288
[Réflexion]
Retz, avec le soutien de quelques frondeurs, aurait pu emporter la décision ; mais il décide de se faire honneur de la nécessité. [L’explication suit :]
§ 349 – page 288
[Retour en arrière]
La veille, Retz était allé trouver les envoyés d’Espagne et les avait trouvés changés ; ils étaient toujours pour signer la paix, mais voulaient maintenant, comme M. de Bouillon, deux traités.
§ 350 – pages 288-290
Suite à cela, Retz est allé trouvé le président de Bellièvre et la mené chez Croissi ; les deux sont d’accord avec lui, mais Croissi trouve un expédient : Retz n’a qu’à faire mine d’être d’accord avec Bouillon, mais au moment de signer le traité de paix, il refusera d’apposer sa signature ; les envoyés et Fuensaldagne comprendront bien ainsi que ce traité n’est pas dans l’intérêt de l’Espagne. M. de Bouillon se verra donc obligé de se soumettre.
[Fin de la parenthèse]
§ 351 – page 290
[Discussions sur la négociation avec l’Espagne] [Chez M. le prince de Conti]
Retz feint de s’incliner devant l’autorité du prince de Conti qui décide de suivre M. Bouillon. Rendez-vous pris à minuit à l’Hôtel de Ville (chez Conti) pour la signature.
§ 352 – pages 290-291
[Chez Conti]
Retz refuse de signer le traité ; or les envoyés insistent : monsieur l’archiduc exige sa signature. En refusant de signer, Retz leur fait comprendre que ce traité n’est avantageux pour personne.
§ 353 – page 291
[Chez Conti]
Retz leur donne néanmoins sa parole : si le Parlement s’accommode avec la cour, il laissera aux Espagnols de retirer leurs troupes.
§ 354 – pages 291-292
Les deux raisons pour lesquelles Retz a fait cette promesse :
* Fuensaldagne n’engagera pas ses troupes ;
* il montre qu’il est résolu à ne supporter aucune perfidie.
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§ 355 – page 292
[Chez Conti]
M. de Bouillon essaie encore de convaincre Retz, mais il échoue. Le traité est signé. Depuis, Retz a appris que les Espagnols avaient versé de l’argent à Mme de Monbazon et à M. d’Elbeuf.
§ 356 – pages 292-293
Retz reçoit des nouvelles de Laigue qui est le représentant officiel des Frondeur à Bruxelles. Laigue lui fait part des bonnes intentions de l’archiduc, de la sincérité de Fuensaldagne, et il s’imagine gouverner ce dernier. « je n’ai jamais rien vu de si sot. »
§ 357 – pages 293-294
Noirmoutier, ami intime de Laigue, veut le rejoindre à Bruxelles ; Retz et ses amis sont obligés d’accéder à sa demande.
§ 358 – page 294
Transition : Les conférences chez Bouillon et à l’Hôtel de Ville eurent lieu les 5, 6 et 7 mars. Il va rendre compte de ce qui se passa ces jours-là au Parlement et à Ruel.
§ 359 – pages 294-295
La conférence de Ruel commence mal : la Reine ne laisse pas passer les cent muids de blé comme promis, et elle veut que le Parlement ne s’assemble pas durant trois ans. Refus des députés.
§ 360 – page 295
Tout cela créé de l’agitation à Paris ; les généraux, pensant qu’ils obtiendraient bien des avantages si la Reine se trouvait plus embarrassée, font crier le Parlement et Retz aussi.
§ 361 – pages 295-296
Le 8 mars : On dit au Parlement que Turenne offre ses troupes contre Mazarin, ennemi de l’Etat. Comme tous craignent que Mazarin ne donne de l’argent aux troupes de Turenne pour les acheter, Retz fait voter le fait qu’on lui donne de l’argent. D’autres arrêts du Parlement.
§ 362 – page 296
On écrit au premier président afin qu’il n’accepte aucune proposition tant que le blé ne passe pas, et tant que les passages ne sont pas ouverts pour les vivres et le courrier.
§ 363 – page 296
Le 9 mars : on va encore plus loin. Arrêt qui annonce que l’on sursoit à la conférence tant que les promesses de la cour ne sont pas tenues.
§ 364 – page 296
M. de Longueville promet de marcher sur Saint-Germain. [note : promesse qu’il ne peut tenir]
§ 365 – pages 296-297
Le 10 mars : Miron vient annoncer au Parlement que les Parlements de Rennes n’attend que M. de La Trémouille pour rejoindre Longueville et que Le Mans s’est également déclaré pour les Frondeurs.
§ 366 – page 297
Le 11 mars : Le Parlement donne les pleins pouvoirs à M. de La Trémouille sur les recettes générales.
§ 367 – page 297
Le premier président veut l’autorisation de poursuivre la conférence de Ruel ; le président de Bellièvre lui fait savoir qu’elle ne sera accordée que lorsque la quantité de blé promise serait reçue.
§ 368 – page 297
On protège Roland, un bourgeois de Reims qui a chassé de la ville M. de La Vieuville parce qu’il s’était déclaré pour Saint-Germain.
§ 369 – page 297-298
On dirait que la paix est loin : et bien non ! Le 11 mars, malgré l’interdiction du Parlement de participer à cette conférence, la paix a été faite et signée. « Voilà le dénouement de ce contretemps. »
§ 370 – page 298
Quand Turenne s’est déclaré, la cour a essayé de soudoyer son armée.
* Mme de Montbazon promet M. de Beaufort à la Reine, mais la Reine comprend que ce ne sera pas possible tant que Retz ne fera pas parti du marché ;
* M. d’Elbeuf ne peut rien ;
* Le maréchal de La Mothe n’est accessible que par M. de Longueville, mais si la Reine s’assure de lui par Anctauville, Retz s’en assure encore davantage par Varicarville ;
* M. de Bouillon veut négocier avec la cour, mais ses prétentions sont extrêmement hautes ;
* Les incertitudes de La Rochefoucauld ne plaisent pas à La Rivière ;
* La Rivière pense que s’assurer de M. de Conti ne suffit pas s’ils ne s’assurent pas en même temps de son frère, M. le Prince (qui n’est pas facile en ce qui concerne le cardinalat de son frère) ;
* Retz n’est pas facile à ébranler, vu qu’il a refusé toutes les propositions de la Reine. (voir § 346, p.286)
§ 371 – page 298-299
Mazarin parvient à amuser les généraux pendant qu’il fait parvenir huit cent mille livres à l’armée de Turenne pour l’acheter et qu’il fait signer la paix aux députés de Ruel contre les ordres de leur corps. Défaut de mémoire de Retz signalé : M. le Prince lui a peut-être dit qu’il avait lui-même avancé les huit cent mille livres, « je ne m’en ressouviens pas précisément. »
§ 372 – pages 299-300
Depuis la signature de la paix de Ruel, le président de Mesme a assuré plusieurs fois à Retz depuis, qu’elle était le résultat d’un accord pris entre Mazarin et lui, la nuit du 8 au 9 mars.
* Le Cardinal savait que M. de Bouillon attendait les troupes de Turenne et des Espagnols pour la traiter, en demandant en échange la moitié du royaume ;
* Le président de Mesme a alors répondu : « Il n’y a de salut que de faire le coadjuteur cardinal. »
Mazarin a répondu que c’était pire, parce que Retz ne négocierait que pour la paix générale. Le président de Mesme a alors annoncé qu’il signerait la paix, malgré l’avis de son corps, parce que s’il attendait, il prenait le risque d’être exclu du Parlement : « il faut que nous payions de nos personnes pour sauver l’Etat. »
§ 373 – page 300
Les justifications du président de Mesmes. Les raisons pour lesquelles Retz le croit.
§ 374 – page 301
La paix fut donc signée le 11 mars. Voici les articles :
§ 375 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Le Parlement se rendra à Saint-Germain : les articles de la paix seront publiés ; ensuite, il pourra faire ses fonctions ordinaires à Paris.
§ 376 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Le Parlement n’a plus le droit de siéger les chambres assemblées, sauf pour l’accueil des nouveaux et pour les mercuriales, et ce pour toute l’année 1649.
§ 377 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Tous les arrêts (non particuliers) rendus par le Parlement depuis le 6 janvier sont nuls.
§ 378 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Les lettres de cachets, déclarations, arrêts du Conseil sur les mouvements présents sont nuls.
§ 379 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Les gens de guerre levés seront licenciés et Sa Majesté fera aussi lever ses troupes.
§ 380 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Les habitants poseront les armes.
§ 381 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Le député de l’Archiduc sera renvoyé sans réponse.
§ 382 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Les papiers et meubles pris aux particuliers seront rendus.
§ 383 – page 301
[Les articles de la paix de Ruel]
Tous ceux qui ont pris les armes ne pourront être poursuivis en justice.
§ 384 – page 301 -302
[Les articles de la paix de Ruel]
Le Roi donnera une décharge générale pour tout ce qui a été pris.
§ 385 – page 302
[Les articles de la paix de Ruel]
Le Roi fera révoquer le semestre du Parlement d’Aix (ce Parlement se plaignait de l’institution d’un semestre qui (système d’alternance semestrielle) qui réduisait de moitié leurs fonctions.) (voir § 165, p.185)
§ 386 – page 302
[Les articles de la paix de Ruel]
La Bastille sera rendue au Roi.
§ 387 – page 302
[Les articles de la paix de Ruel]
Autres articles mais « qui ne méritent pas d’être rapportés. » [Voir note !!]
§ 388 – pages 302-303
Retz apprend la nouvelle de la paix aux Bouillon ; M. de Bouillon reconnaît que Retz avait raison. Arrivent M. le Prince de Conti, M. d’Elbeuf, M. de Beaufort et M ; le maréchal de La Mothe : tous sont surpris de la nouvelle. Mazarin a très bien su cacher son jeu. « Je reviens au conseil que nous tînmes cheux M. de Bouillon. »
§ 389 – pages 303-304
[Conseil chez Bouillon]
Seuls M. de Bouillon a su reconnaître qu’il s’était trompé et que Retz avait raison. Retz demande à M. le prince de Conti de fermer la scène. Réaction de chacun des hommes.
§ 390 – pages 304-305
[Conseil chez Bouillon]
Discours de Retz : il ne faut pas signer cette paix :
* dans les articles, il n’est pas fait mention de Turenne, les généraux et M. de Longueville n’ont pas assez de temps pour se décider ;
* on n’a pas tous les articles, et vu la teneur de ceux-là, on peut craindre les autres ;
* le public sera furieux, et il ne faut pas le laisser faire seul ;
* le Parlement est toujours pour la paix, il fera donc n’importe quoi
§ 391 – page 305
[Conseil chez Bouillon]
Discours de Retz : il faut ignorer ce traité de paix (qui n’a pas encore été annoncé publiquement) et signer un traité de paix générale avec les Espagnols ; envoyer cet arrêt au Parlement en demandant d’insister sur ce point et sur l’exclusion de Mazarin. Si les députés de la Compagnie refusent, ils prendront leur place.
§ 392 – pages 305-306
[Conseil chez Bouillon]
Retz reçoit deux lettres lui rapportant le contenu des articles de paix et lui signalant que Mazarin a signé. Retz conclut qu’il ne faut pas accepter le retour des députés. La raison : les députés feront lecture des articles au moment où eux-mêmes proposeront la paix générale : le peuple attaquera le premier président et le président de Mesme, et ils en seront tenus responsables.
§ 393 – pages 306-307
[Conseil chez Bouillon]
M. de Bouillon propose de leur fermer les portes de la ville ; Retz s’y opposent parce qu’ils passeraient pour des tyrans du Parlement. En effet, concède Bouillon, il faut qu’ils passent pour des déserteurs.
M. de Bouillon : il faut les laisser entrer et lire les articles ; cela échauffera le peuple et le Parlement et on pourra les renvoyer pour obtenir de meilleures conditions. Ils auront ainsi le temps de réfléchir, tout en attendant l’armée des Espagnols, de Turenne et de M. de Longueville.
§ 394 – pages 307-308
[Conseil chez Bouillon]
Retz comprend que M. de Bouillon craint qu’une paix générale ne serve pas ses intérêts personnels. Retz ne fait mine de rien, mais montre l’inconvénient qu’il y a à laisser un délai : le peuple va s’enflammer, le Parlement qui peut changer d’avis. En outre, ils attendent quatre armées, et trois sont indépendantes de l’Espagne ; donc même si l’Espagne les lâchait (rappel de la crainte de Bouillon), ils s’en sortiraient quand même.
§ 395 – page 308-309
[Conseil chez Bouillon]
Retz est prêt à sacrifier la coadjutorerie si l’on suit son avis. M. de Bouillon reconnaît qu’il a des intérêts particuliers, mais promet qu’il ne les sacrifiera jamais à l’intérêt général.
§ 396 – page 309
[Conseil chez Bouillon]
Retz aurait pu emporter M. de Beaufort et le maréchal de La Mothe mais ne le fait pas parce qu’il comprend qu’il ne peut rien faire contre M. de Bouillon qui a l’appui de Turenne et des Espagnols. Il plie donc. On décide d’envoyer le lendemain M. le Prince de Conti au Parlement, mais pour ne parler qu’en général, pour signaler qu’au vu des rumeurs d’une paix signée, il va se rendre à Ruel pour ses intérêts et pour ceux des généraux.
§ 397 – page 309-310
Retz doute de l’arrivée de Turenne.
§ 398 – page 310
Le 12 mars : Le prince de Conti tient le discours prévu au Parlement. Retz constate l’agitation du peuple et craint ses réactions.
§ 399 – page 310-311
Le 13 mars : Echauffement général au Parlement ; ils veulent faire annuler la paix de Ruel. Retz : « Vous voyez si j’avais raison quand je disais, cheux M. de Bouillon, que dans le mouvement où seraient les esprits au retour des députés, nous ne pourrions pas répondre d’un quart d’heure à l’autre. »
§ 400 – page 312-258
Le président de Cogneux propose que le Parlement renvoie les députés à Ruel pour modifier les articles, mais il est interrompu par le peuple qui gronde et qui réclame M. de Beaufort. Celui-ci sort et le calme provisoirement.
§ 401 – page 312
Nouvelle intervention du peuple, avec à sa tête un avocat, nommé Du Boile : il réclame les articles de la paix pour brûler la signature de Mazarin. Cela ne peut se faire sans brûler également celle de M. le duc d’Orléans, rétorque le président de Novion. Le peuple veut pendre les députés s’ils ont signé ce traité de leur propre chef, et s’ils y ont été forcés, il faut révoquer la paix.
§ 402 – pages 312-313
Décision du premier président : les députés vont retourner à Ruel pour faire un nouveau traité de paix qui ne devra en aucun cas être signé par Mazarin.
§ 403 – pages 313-314
Le premier président est menacé par le peuple, mais il reste ferme ; il croit que Retz a soulevé le peuple. Retz continue cependant à admirer son courage.
§ 404 – page 314
Retz va parler au peuple pour le calmer ; il assure que la paix de Ruel ne sera pas acceptée, à condition que le peuple reste tranquille. Il va chercher le premier président qu’il embrasse, M. de Beaufort en fait autant avec le président de Mesme, qui peuvent ainsi sortir du Parlement sans danger.
§ 405 – pages 314-315
M. de Bouillon essaie de montrer à Retz qu’il a eu raison, et qu’ils peuvent maintenant attendre Turenne. Retz n’est pas d’accord : le Parlement a peur, ce qui va le faire aller vers la paix.
§ 406 – page 315
Le lendemain, soit le 14 mars : on annonce qu’on lira le 15 le procès verbal des articles de la paix de Ruel.
§ 407 – page 315
Le 15 mars : lecture de ce procès verbal.
§ 408 – page 315
Les termes de l’arrêt.
§ 409 – pages 315-316
Le 16 mars, Machaut, conseiller, fait remarquer que « faire instance et obtenir » est différent de ce qui vient d’être écrit, à savoir « faire instance d’obtenir » ; mais arrive une lettre du Roi qui se dit satisfait de l’arrêt de la veille et qui envoie des passeports pour les députés des généraux. Cela suffit pour faire oublier l’essentiel au Parlement. L’après-dînée, les députés partent pour Ruel.
§ 410 – pages 316-317
[à l’Hôtel de Ville, le 16 mars au soir]
« Vous les y retrouverez, après que je vous aurai rendu compte de ce qui se passa à l’Hôtel de Ville le soir de ce même 16. »
Mais avant, il va raconter un détail :
* Pour protéger les portes du Palais (suite au bruit du 13 mars), le Parlement y fait placer les compagnies des colonelles de la ville, qui sont très virulentes contre Mazarin, mais qui sont constituées de Bourgeois hostiles au pillage.
* Ces compagnies sont très dépendantes de Retz ; donc, quand elles agissent mal, on en tient Retz responsable. Or, elles sont allées jusqu’à mener le président de Thoré sur le quai proche de l’horloge pour le jeter dans la rivière.
* Retz fait tout pour calmer l’agitation ;
* du coup, voyant qu’il n’y a pas tant d’agitation que cela, le premier président et ses adhérents en profitent pour insulter les généraux ; si les généraux avaient répondu assez fort pour se faire entendre du peuple, le peuple aurait déchiré le Parlement.
* Le président de Mesme les querelle sur ce qu’ils n’ont pas agi assez vite ;
* Païen, conseiller de la Grande-Chambre dit des impertinences à M. de Bouillon, qui ne répond pas pour ne pas envenimer la situation. Mais cela l’amène à réfléchir.
* M. de Bouillon demande donc à Retz, qui connaît bien le terrain, de venir le soir même à l’Hôtel de Ville afin d’entendre un discours à M. le prince de Conti et aux généraux.
§ 411 – pages 317-318
[Le discours de M. de Bouillon à l’Hôtel de Ville]
M. de Bouillon récapitule les changements d’avis du Parlement ; il faut suivre l’avis de Retz afin d’éviter une paix honteuse.
§ 412 – page 318
Ils sont d’accord. Ils se retrouveront le lendemain, à trois heures, chez M. de Bouillon pour voir comment présenter la chose au Parlement.
§ 413 – pages 318-319
Gabriel de Tolède arrive : il vient faire ratifier le traité de paix signé avec les Espagnols, mais l’archiduc souhaite renouer le traité pour la paix qu’avait proposé Retz ; en outre, le Roi d’Espagne voudrait que Retz accepte dix mille pistoles. Retz refuse.
§ 414 – page 319
L’armée de Turenne, achetée par la cour, l’a abandonné.
§ 415 – page 319-320
Réaction de Bouillon : faire ce qui était prévu au Parlement.
§ 416 – pages 320-321
Retz lui montre que ce qui était possible la veille, avec l’armée de Turenne, ne l’est plus désormais. Retz ne s’est pas méfié de la présence de don Gabriel de Tolède ; celui-ci, le voyant changé à l’annonce de l’échec de Turenne, ne s’ouvre plus de son projet. D’ailleurs il fera une cabale contre Retz.
§ 417 – page 321
Selon Bouillon, c’est une chance que la nouvelle de la désertion de Turenne soit tombée avant qu’ils aient parlé au Parlement, car le Parlement se serait tourné contre eux si le fondement sur lequel on l’avait engagé était tombé. Alors que maintenant, ils peuvent fonder de nouveau la proposition.
§ 418 – pages 321-322
Retz n’est pas d’accord. Selon lui, plus rien n’empêche le Parlement de faire la paix, et c’est sur ce principe qu’ils doivent délibérer. Comme la conversation s’échauffe, M. de Bellièvre propose de la mettre par écrit.
[Prolepse : qques jours avant son arrestation]
§ 419 – page 322
[chez Bouillon] [Retranscription des discours par M. de Bellièvre]
Discours de Retz : le Parlement est versatile ; une proposition qui lui plaît un jour peut lui déplaire le lendemain ; c’est pourquoi il fallait l’engager quand on attendait Turenne. On aurait ainsi pu négocier tout en étant armés.
§ 420 – pages 322-323
[chez Bouillon] [Retranscription des discours par M. de Bellièvre]
Discours de Retz : Ils ont beaucoup différé, parce que Bouillon le voulait ainsi, mais maintenant la situation n’est plus la même.
§ 421 – page 323
[chez Bouillon] [Retranscription des discours par M. de Bellièvre]
Discours de Retz : Ils n’ont plus les moyens de proposer la paix générale au Parlement. Et s’il la proposaient, cela aurait l’effet inverse : on penserait qu’ils n’agissent que pour écarter la paix signée à Ruel, ce qui la rendrait intéressante aux yeux de ceux-là mêmes qui n’y pensent pas. Ils ne peuvent plus proposer au Parlement cette paix générale, ou alors tout le monde pensera qu’ils ont un commerce important avec l’Espagne.
§ 422 – pages 323-324
[chez Bouillon]
Bouillon va discuter avec Don Gabriel de Tolède alors qu’il devait écrire sa réponse. Ce qui en donne la certitude à Retz c’est qu’en rentrant chez lui, il avait une lettre chiffrée de Laigue lui apprenant que les Espagnols, bien qu’ayant confiance en lui, croyaient encore davantage Mme de Bouillon.
« Je vous rendrai compte de la grande dépêche en chiffre, après que j’aurai achevé ce qui se passa cheux M. de Bouillon. »
§ 423 – page 324
[chez Bouillon]
Retz constate l’ignorance crasse de Don Gabriel de Tolède. « C’est une grande faute que d’envoyer de tels négociateurs. J’ai observé qu’elle est très commune. » M. de Bouillon, à la lecture du discours de Retz, conteste, mais pas vivement. Il glisse à l’oreille de Retz qu’il n’est en effet pas de leur avis, mais que ce qui importe surtout c’est que don Gabriel pense qu’il ne l’est pas. « je vous en dirai demain la raison. »
§ 424 – pages 324-325
[chez lui]
Retz, de retour chez lui, trouve la lettre de Laigue (cf haut de page) : il y est dit qu’ils ont eu tort de ne pas laisser entrer l’Espagne davantage en France, que tout le monde haïssant Mazarin Paris serait vite soutenu de toute part, qu’il faut avoir confiance en l’Archiduc et en Fuensaldagne.
§ 425 – page 325
L’armée d’Espagne va s’approcher de Paris ; mais il faut lui faire confiance. [Note !!!]
§ 426 – pages 325-226
Pause réflexive de Retz suite à l’agitation due à cette lettre chiffrée. Il récapitule la situation qui n’est pas à l’avantage des Frondeurs. Le peuple va se soulever. Et tous ces malheurs lui seront imputés à cause du crédit qu’il a dans le peuple.
§ 427 – pages 326-327
Retz, embarrassé, décide d’aller se confier à son père. En chemin, il décide de tout faire pour la paix en sous main, mais de donner l’apparence d’être contre afin de se maintenir avec le peuple et « pour demeurer à la tête d’un parti non armé, que je pourrais armer ou ne pas armer dans les suites, selon les occasions. » Son père tombe d’accord avec lui, d’autant qu’il a reçu pour son fils plein de propositions de la cour, et qu’il n’y voit aucune sûreté. Il décide de faire partager sa résolution à MM. de Bouillon, de Beaufort et de La Mothe-Houdancourt lors de leur assemblée de l’après-dînée.
§ 428 – pages 327-328
M. de Bouillon fait reporter leur assemblée au lendemain. Le soir même, Retz trouve M.de Beaufort : « très persuadé que nous n’avions plus rien à faire que fermer les portes de Paris aux députés de Ruel, qu’à chasser le Parlement, qu’à se rendre maître de l’Hôtel de Ville et qu’à faire avancer l’armée d’Espagne dans nos faubourgs. » [idées de Bouillon]. Puis, le lendemain, il se rend compte qu’ils ont tous été achetés par l’or espagnol.
§ 429 – page 328
Ils pensent tous que la désertion de l’armée de Turenne les oblige de se rendre, par le moyen du peuple, maître du Parlement et de l’Hôtel de Ville.
§ 430 – pages 328-329
Retz essaie de les faire changer d’avis :
* M. de Bouillon veut s’engager avec l’Espagne ;
* Retz emporte MM. de Beaufort et La Mothe en leur montrant qu’ils ne trouveraient aucune bonne place dans un parti qui serait vite sous la coupe de l’Espagne ;
* La Mothe est d’accord mais il attend l’avis de M. de Longueville ;
Retz montre à Bouillon que si le Parlement avait été engagé avant, la défection de Turenne n’aurait rien changé à son engagement dans la guerre. Mais il n’y a plus rien à faire maintenant, à moins de s’appuyer sur le peuple, et Retz ne le veut pas.
§ 431 – pages 329-330
Comment agir alors sans le peuple, demande M. de Bouillon.
Retz veut laisser faire la paix et veut en même temps n’en point être. Cela convient également à M.de Bouillon, même s’il ne veut pas jouer ce personnage. Il s’en explique :
§ 432 – pages 330-331
Discours de Retz : si M. de Bouillon réclame l’exclusion de Mazarin, il aura le soutien du peuple (et il sera craint et recherché par les autres). S’il ne veut pas s’y engager, qu’il laisse au moins Retz le faire, il en tirera deux avantages : cela donnera à Bouillon plus de temps avant que la paix soit conclue pour traiter son accommodement, et après la paix conclue, Mazarin aura plus d’égards pour ceux dont il craindra la réunion avec Retz.
§ 433 – pages 331-332
Mais Bouillon continue à soutenir qu’il faut faire la guerre en se rendant, par le moyen du peuple, maître du Parlement. Désaccord, mais Retz ne fait aucune difficulté pour se plier à l’avis de la majorité.
§ 434 – page 332
Mais Bouillon souhaite débattre encore avant de voter (il sait qu’il n’a pas la majorité, il voulait juste piéger Retz). Il fait comprendre à Retz qu’il ne peut pas parler de certaines choses devant les autres, qu’il est « pris » par sa femme.
§ 435 – page 332-333
M. de Bouillon (Beaufort et La Mothe étant sortis « ouvrir une espèce de bureau ») a le temps de glisser à Retz qu’il est d’accord avec lui, mais que sa femme veut soit qu’il s’accommode avec la cour, soit qu’il traite avec l’Espagne. Il demande à Retz de l’aider à s’accommoder avec la cour.
§ 436 – pages 333-334
Retour de Beaufort et de La Mothe avec le président de Bellièvre. Bouillon reprend la discussion : s’il suivait l’avis de Retz, il perdrait sa maison et qu’il doit tout en la conjoncture à son frère, dont les intérêts ne correspondent pas à une conduite de cette nature. Il leur persuade qu’il respecte les règles en n’entrant pas dans le jeu de Retz, et il regarde particulièrement le président de Bellièvre, « Je le remarquai, et je vous en dirai tantôt la raison. ». Mais que Retz consente à la paix avec exclusion de Mazarin devant le Parlement, et Bouillon les soutiendra.
§ 437 – page 334
Sensible joie de Retz.
§ 438 – pages 334-335
Joie de tous. Plan d’attaque ; Bouillon convaincra les Espagnols, ils feront agréer cette idée aux autres frondeurs. Crainte par rapport à La Rochfoucauld.
§ 439 – pages 335-336
Retz-Bouillon : Bouillon lui dit qu’il n’a pas voulu dévoiler ce qui le poussait à agir ainsi (= sa femme) devant le président de Bellièvre parce qu’il lui a reproché de trop suivre l’avis de sa femme.Il prendrait le parti de Retz, qui est hasardeux, s’il était seul mais avec une femme et huit enfants. Retz est content et le comprend.
§ 440 – page 336
Il ne ment pas sur ses sentiments pour Bouillon.
§ 441 – pages 336-337
En attendant que tous les Frondeurs soient réunis chez le prince de Conti, M. de Bouillon va trouver les Espagnols afin de leur montrer tout l’intérêt qu’ils trouveront dans le plan que les Frondeurs ont monté. La pensée de se rendre maîtres du Parlement est devenue impraticable puisque Retz s’y oppose.
§ 442 – pages 337-338
Il parvient à les convaincre d’autant plus facilement qu’ils ont ordre de suivre ses avis. Il convainc aussi facilement les généraux à qui cela donnera l’occasion de parler haut au Parlement et de traiter avec la cour le soir…M. de Longueville a également agréé la proposition. Tout le monde est content. Retz et Bouillon se rendent chez ce dernier où les attendent les Espagnols. Il leur fait un pont d’or pour retirer leurs troupes sans qu’il parût qu’ils le fissent par nécessité. Retz loue les qualités d’orateur de Bouillon.
§ 443 – page 338
Propos élogieux de Retz et du président de Bellièvre qui évoquent l’adresse de M. de Bouillon dans ses discours.
§ 444 – page 338
Retz rentré chez lui y trouve Varicarville. Adresse à la destinataire : pris qu’il l’était dans les histoires de la guerre civile, il a omis de lui parler de ce qui se passait en Normandie, depuis que M. de Longueville s’y trouve, c’est-à-dire le 20 janvier.
« Comme j’ai toujours été persuadé que tout ce qui s’écrit sur la foi d’autrui est incertain, je n’ai fait état, dès le commencement de cet ouvrage, que de ce que j’ai vu par moi-même, et si je m’en croyais encore, j’en demeurerais précisément en ces termes. » Cependant, comme les événements sont rapportés par Varicarville, « gentilhomme de son siècle le plus véritable », il va en faire le récit.
§ 445 – pages 338-339
Le Parlement de Rouen, la Basse et la Haute Normandie…se déclarèrent pour les Frondeurs. Mais le Roi a envoyé M. le Comte d’Harcourt qui a réussi à tenir ces villes et à les resserrer dans les murailles de Rouen. Varicarville n’attribue pas cela au manque de courage de Longueville mais son « incertitude naturelle, qui lui faisait continuellement chercher des ménagements. » Anctauville était son négociateur et il avait fait un voyage à Saint-Germain, mais sans inquiétude pour Retz, d’autant que Varicarville lui a dit qu’il le préviendrait s’il s’amollissait.
§ 446 – pages 339-340
Quand Paris a penché pour la paix, Retz en a averti Longueville ; selon Varicarville, il a eu tort. Retz pensait que le fait de demander à Varicarville de le surveiller serait suffisant, mais il a oublié que Longueville écoutait davantage Anctauville qui le poussait à négocier avec la cour.
§ 447 – pages 340-341
Le voyage de Anctauville à la cour n’ayant rien donné, Longueville s’est servi de la conférence de Ruel pour entrer dans un traité. ???
§ 448 – pages 341-342
[Retour au Parlement et à la conférence]
Les députés sont donc retournés à Ruel le 16 mars ; le lendemain, ils vont à Saint-Germain où doit se tenir la seconde conférence. Le premier président, dans le but de perdre les généraux dans le public, lit les propositions liées aux intérêts particuliers avant les articles sur lesquels le Parlement demande réformation. Du coup, tous les officiers adressent leurs prétentions.
§ 449 – page 342
Cela jette un air de ridicule sur toute la Fronde. Bouillon est confus car il s’en sent responsable. Tous veulent leurs privilèges. « Les plus désintéressés s’imaginèrent qu’ils seraient les dupes des autres, si ils ne se mettaient aussi sur les rangs. » Même le frère aîné de Rais lui reproche encore de ne pas lui avoir fait rendre la généralité des galères. Un seul homme résiste : M. de Brissac ; mais Matha lui ayant montré qu’il avait tort, il demandera un emploi « que vous verrez dans la suite. »
§ 450 – pages 342-343
Retz décide de s’élever au-dessus des autres : il fait déclarer par le prince de Conti, le 19 mars qu’il ne veut aucun avantage. Cela a pour effet de faire avancer la déclaration prévue par les généraux contre Mazarin.
§ 451 – page 343
Le soir du 19 mars, M. de Bouillon réunit les Frondeurs chez le prince de Conti ; il décide que le lendemain, au Parlement, Conti déclarera que les généraux se sont vus contraints d’avancer leurs prétentions particulières pour se prémunir au cas où Mazarin resterait au ministère. Mais aussitôt que Mazarin sera exclu, ils renonceront à leurs prétentions.
§ 452 – pages 343-344
Le 20 mars, Conti fait la déclaration. Cela aurait pu très bien fonctionner, parce que la cour aurait alors pensé que les généraux avaient fait part de leurs prétentions dans le seul but de faire exclure Mazarin ; mais comme Mazarin avait auparavant fait circuler dans le public la liste des prétentions, cela n’eut pas l’effet escompté. C’est une grande faute de M. de Bouillon, car « qui, dans les grandes affaires, donne lieu aux manquements des autres, est très souvent plus coupable qu’eux. »
§ 453 – page 344
« Voici une des plus signalées sottises que j’aie faites dans tout le cours de ma vie. » M. de Bouillon avait promis un pont d’or aux Espagnols pour se retirer ; comme ils entendent sans cesse des rumeurs de conférences, ils rappellent régulièrement à Retz la promesse qu’il leur avait faite, à savoir de ne pas les laisser se faire surprendre. Retz presse donc Bouillon de leur faire ce pont d’or. Bouillon souhaite retarder le départ de l’armée d’Espagne parce qu’il négocie avec la cour la récompense de Sedan. Finalement, il cède, par probité. Retz envoie un courrier à Noirmoutier.
§ 454 – pages 344-345
M. de Bouillon montre aux envoyés d’Espagne comment ils peuvent quitter la France sans perdre la face. Il leur fait écrire une lettre.
§ 455 – pages 345-346
M. le Prince de Conti envoie Retz lire cette lettre au Parlement à sa place ; du coup, on le croit de
connivence avec l’Espagne ; le 22 mars, Bouillon l’aide à sortir de ce mauvais pas : ils ajoutent que si l’Archiduc ne tient pas ses promesses, Conti et les généraux se joindront à l’armée du Roi.§ 456 – page 346
Cela arrangeait Bouillon que l’on croie Retz de connivence avec l’Espagne. Voilà pourquoi : Le cardinal croyait Retz contre la paix ; et comme Retz avait lu cette lettre au Parlement en même temps que le comte de Maure demandait l’exclusion de Mazarin, il les a crus de connivence. Il prend peur « et comme ses frayeurs ne se guérissaient, pour l’ordinaire, que par la négociation, qu’il aimait fort », il aida à l’avancée de la négociation entre Bouillon et M. le Prince à propos de Sedan, parce qu’il croyait Bouillon de connivence avec Retz. Mais quand il vit qu’il n’y avait pas de suite, il pensa qu’il pouvait les attaquer.
§ 457 – pages 346-347
Retz et Bouillon décide d’attaquer Mazarin ; ils obligent le prince de Conti de proposer au Parlement d’ordonner à ses députés de se joindre au comte de Maure pour l’expulsion de Mazarin.
§ 458 – page 347
Le 27 mars, le prince de Conti fait cette proposition, et elle passe.
§ 459 – pages 347-348
Retz a failli se trouver mal dans le peuple ; il en expose les raisons puis expose celles grâce auxquelles il s’est relevé. Liste ironique.
« Je reviens à la conférence de Saint-Germain ».
§ 460 – page 348
Les députés ont donc commencé cette conférence de façon méchante en énumérant les prétentions particulières des généraux ; Mazarin promit beaucoup, mais ne donna rien. « Vous verrez, par la suite, qu’il eût fait sagement d’y mêler un peu d’or. »
§ 461 – page 348
La cour se dit ravie de la démarche des Espagnols et leur envoie M. de Brienne pour le traité de paix.
§ 462 – pages 348-349
La Reine, M. le duc d’Orléans et M. le Prince restent fermes sur leur refus d’exclure Mazarin.
§ 463 – page 349
On se met d’accord sur les intérêts du Parlement de Normandie.
§ 464 – page 349
La Reine accepte les modifications du traité de paix de Ruel :
* pas de lit de justice à Saint-Germain ;
* l’interdiction pour le Parlement de s’assembler en 1649, pourvu qu’il la respecte, ne sera pas inscrite ;
* la Reine tiendra les autres promesses ;
* elle ne réclamera pas trop vite la Bastille et s’engage à la laisser à Louvière (fils de M. de Broussel).
§ 465 – page 349
Amnistie accordée dans tous les termes demandés par les Frondeurs ; suit la liste des noms.
§ 466 – page 350
La Reine veut mettre à part, dans l’amnistie, Noirmoutier et de Laigue sous prétexte qu’ils sont encore dans l’armée d’Espagne. Mais elle est accordée sans distinction.
§ 467 – page 350-351
Monsieur le président de Mesme, qui veut couler Retz, demande pourquoi il n’est pas compris dans une amnistie particulière ; Brissac, naïf, dit qu’il faut le lui demander. Retz fait répondre que n’ayant jamais agi que pour le bien de l’Etat, il ne veut pas être compris dans l’amnistie. Donc, il n’est pas nommé dans la déclaration. « Vous ne pouvez croire à quel point cette bagatelle aida à me soutenir dans le public. »
§ 468 – page 351
Le 30 mars, les députés rentrent à Paris.
§ 469 – page 351
Le 31 mars, M. de Bouillon a eu des mots avec messieurs les présidents, parce qu’il n’a obtenu que la récompense de Sedan (déjà promise, et dont la restitution est incertaine) ; il souhaite soulever le peuple, mais cela ne prendrait plus, d’autant que l’armée d’Espagne est partie !
§ 470 – page 351
Mme de Bouillon fond en larmes parce qu’elle croit que son mari a pris le mauvais parti par sa faute. Réflexion de Retz : Bouillon ne sait pas toujours prendre les bonnes décisions.
§ 471 – pages 351-352
Le 1er avril 1649, jeudi saint, la déclaration de la paix est vérifiée par le Parlement. Bouillon demande à Retz de venir au Parlement parce que le peuple gronde, et que s’il ne l’y voit pas, il va penser que c’est parce qu’il est hostile à ce traité de paix. En chemin il calme tout le monde en assurant qu’il ne s’accommoderait jamais avec Mazarin.
§ 472 – page 352
Dans le Palais, les gardes proposent de massacrer tous ceux qui sont pour Mazarin ; Retz leur parle. Quand il entre dans la Grande Chambre le premier président lui lance : « Il vient de faire des huiles qui ne sont pas sans salpêtre. » Retz ne répond pas, car s’il l’avait fait, et que le peuple l’avait entendu, il n’y aurait pas eu un seul survivant ! M. de Bouillon a fait honte de cette phrase au premier président à l’après-dînée.
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